| Reports
on Ethnic Relations / Rapports sur les relations
éthniques |
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The
following section is consisted of part, full or summaries of
articles from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité
ou de résumés d'articles provenant d'origines
diverses (journaux,bulletins, etc..).
05
/ 26 / 2003
CAMEROON-INFO.NET
L'article:
"La
fête du 20 mai est passée. Le débat sur la
paix et l’unité nationale demeure"
(Séverin Alega M.)
Une
fête fortement colorée selon les échos dans
les différentes provinces.
Le
SDF a fait ce qu’il avait promis: défiler en noir,
signe de deuil, signe de l’enlisement du processus démocratique
au Cameroun. A lire la dernière édition de The
Herald, le déroulement du défilé dans
les villes de Bafoussam, Bafang, et Mbouda a connu quelques perturbations.
La décision des militants du Social Democratic Front de
porter du noir et surtout, comme l’année dernière,
de brandir une urne transparente n’a pas plu aux autorités
administratives. Pour éviter tout débordement, ces
autorités ont fait appel aux forces de maintien de l'ordre.
Par endroits, signale l’article de Tendong David, des échauffourées
ont été enregistrées. Le constat de ces faits
isolés a amené Dikalo à titrer à la
une de l’édition de mercredi dernier: «Deuil
de l’Etat unitaire» ; un titre traduisant un point
de vue que ne partage malheureusement pas Cameroon Tribune.
Le quotidien bilingue écrit avec un zeste de sarcasme:
«Le 20 mai 2003 restera dans les mémoires comme l’une
des fêtes les plus populaires au Cameroun. La preuve, à
Yaoundé, le protocole d’Etat s’est trouvé
obligé de rajouter les chaises dans les tribunes pour faire
asseoir tous les invités. Mais, les spectateurs installés
dans les tribunes de fortune ont dû faire des pieds et des
mains pour trouver une place et suivre la parade civile et militaire».
La Nouvelle Presse quant à elle retient deux messages
essentiels du 31ème anniversaire de l’Etat unitaire.
«Le premier: les Camerounais croient résolument que
l’intolérance, l’esprit d’exclusion des
uns et les ambitions démesurées des autres ne peuvent
plus permettre de tomber dans la formule facile de régionalisme
ou de sécession susceptible de remettre en cause l’unité
nationale. Le second message, poursuit l’éditorial
de Jacques Blaise Mvié, en se mobilisant ainsi lors de
cette fête qui peut être la dernière célébrée
avant la prochaine élection présidentielle, ils
ont tenu à exprimer leur solidarité envers un homme
qui a su s’imposer, non pas avec les discours dont on fait
les crucifix pour envoyer les Camerounais au gibet, mais avec
des mots francs, sincères et réalistes devant la
grave crise économique que traverse notre pays depuis des
années».
L'article:
"L’unité
nationale et la paix sociale en question…"
(Séverin
Alega M.)
A l’opposé des opinions précédentes,
La Nouvelle Expression note que «Jadis la fête
célébrant la conscience nationale de tout un peuple
a été détournée au seul profit d’une
subtile diversion qui ne dit pas son nom. Les questions à
coloration identitaire ne cessent de diviser le pays». La
pertinence de la question anglophone par exemple qui appelle l’ouverture
du chantier de la décentralisation mérite une attention
particulière pour limiter les velléités de
revendications séparatistes. Et parlant des replis identitaires,
Henri Epée Ndoumbé de Dikalo abonde dans
le même sens. Ainsi, écrit-il dans un billet, «Au
fil des années, les Camerounais ont fini par se référer
beaucoup plus à leur appartenance ethnique qu’à
toute autre valeur. La prolifération des associations ethniques
et autres regroupements régionaux (Ngondo, Ngu’on,
Mbog Liaa, Essingan…!) en est une preuve vivante. A la fin,
c’est l’unité nationale, en dépit des
discours luminescents sur la question qui en subit inexorablement
les contrecoups. Le danger, poursuit l’article, réside
en ceci que ces associations risquent de devenir des groupes où
l’on prêche cette forme d’intolérance
qui cultive chez l’homme le besoin de se marginaliser et
de renoncer totalement à son appartenance nationale».
Cette analyse donne en partie la réponse à la question
que Le Messager s’est posée: «Paix par-ci,
paix par-là, que redoute le pouvoir ?». L’autre
partie de la réponse que propose Jacques Doo Bell se résume
en ces termes: «En brandissant la paix comme facteur ou
vecteur de la coopération ou de l’aide en provenance
de l’étranger, le régime veut annihiler toute
velléité de changement d’alternance politique
qui plongerait plutôt le pays dans le c! haos. Paul Biya
et ses suppôts claironnent que la paix des vaincus vaut
mieux que toute lutte nationaliste et patriotique». En somme,
c’est une manière pour le pouvoir de dire: «Tenez-vous
tranquille malgré tout. Sinon…» conclut
Le Messager.
05
/ 19 / 2003
CAMEROON-INFO.NET
L'article:
"Le
20 mai: la fête de l’unité nationale"
(Séverin
Alega M.)
Le
programme harmonisé des manifestations officielles marquant
le 31ème anniversaire de l’Etat unitaire ce mardi
prévoit le défilé civil et militaire à
la place des fêtes au Boulevard du 20 mai. Dans la tribune
d’honneur, l’on confirme la présence du président
de la République.
Comme
le souligne Dikalo, M. Paul Biya à cette occasion
a invité «ses amis bailleurs de fonds». MM.
Callisto Madavo, vice-président pour la région Afrique
de la Banque Mondiale et Lofti Chakroum, directeur des opérations
pour la région Afrique de la Banque Africaine de Développement
sont, d’après ce journal, les deux invités
spéciaux du chef de l’Etat. Cette invitation est
qualifiée de «stratégique pour le renforcement
de la coopération». La raison est simple. Ces deux
institutions participent à hauteur de plusieurs centaines
de milliards de FCFA au développement durable du Cameroun.
Les secteurs les plus concernés par les financements sont
la santé, l’éducation, les infrastructures,
les télécommunications, la protection de l’environnement…
La présence à Yaoundé de ces deux personnalités
de la haute finance peut être interprétée
comme une marque de soutien et une réelle ! prise d’engagement
du gouvernement pour la conduite des projets et programmes qui
sont financés par les institutions internationales. Sous
le titre «20 mai 2003, on innove», L’Action
note que la parade à Yaoundé appelle la participation
de 27 établissements scolaires. Outre les fanfares des
forces armées, six fanfares scolaires et universitaires
ont été retenues pour l’animation du défilé.
«Le bouquet d’ouverture est fait d’un bouquet
d’expression artistique. Ce dernier est une forme de mascotte».
Visiblement,
22 formations politiques sont inscrites sur la liste des défilants.
Citant une source proche du SDF (Social Democratic Front), Le
Messager Popoli et Dikalo murmurent que les militants
et sympathisants du « Suffer Don Finish » ne vont
pas arborer les couleurs habituelles du parti. Ils se proposent
de transformer la fête nationale en deuil national. De ce
fait, ils vont défiler avec un foulard noir autour du bras,
signe de deuil, «le deuil de la démocratie au Cameroun».
Dans le chapitre des préparatifs, Mutations s’est
intéressé aux travaux de réfection de l’estrade
du Boulevard du 20 mai, «la tribune de Sisyphe». Petite
révélation de ce quotidien: «Chaque année,
la remise à l’état neuf de la tribune du Boulevard
coûterait trois à cinq cent millions de FCFA prélevés
dans le budget spécial alloué au ministèr!
e de la défense pour les préparatifs du 20 mai».
Selon la publication de Haman Mana, non seulement cet ouvrage
est très mal placé (à la moindre manifestation
qui s’y déroule, la ville est coupée en deux.
Le trafic routier en prend un sérieux coup) mais les factures
des réfections sont élevées. Il conviendrait
de choisir la formule d’une estrade amovible de loin moins
onéreuse.
L'article:
"L’unité
nationale: regards croisés" (Séverin
Alega M.)
«Le
20 mai 1972, rappelle Cameroon Tribune, les Camerounais
ont posé un acte historique, une pierre angulaire dans
l’édification d’une patrie et d’une nation
unies (…) De nouvelles structures ont été
mises en place dans le cadre d’un Etat bilingue et pluriculturel
(…) Pour une nation aussi riche dans sa diversité
que le Cameroun, un pays bilingue comptant plus de 250 ethnies
parlant autant de langues différentes, l’unité
nationale, la stabilité et la paix constituent des acquis
précieux; des acquis à consolider dans un contexte
national encore fragilisé par la pauvreté, les tentations
de replis ou de revendications identitaires». L’un
des plus importants ciments de l’unité nationale
est, d’après L’Action, le quasi équilibre
dans le rythme de croissance des grandes villes qui, en dehors
de Yaoundé et Douala, les deux grandes métropoles,
présentent à quelques exceptions près la
même physionomie. Dans la rubrique «l’Eco de
la semaine», Parfait Siki de L’Action démontre
que «l’économie est le champ où s’exprime
le mieux l’idéal d’union et d’unité».
Pour Le Messager qui titre à la une de l’édition
de vendredi dernier «Le 20 mai, l’unité en
trompe l’œil», le 20 mai depuis une trentaine
d’années, est assimilé à la fête
nationale du Cameroun. «Et pourtant, cette date renvoie
singulièrement au référendum qui a conduit
à la naissance de la République unie du Cameroun
(…). L’unité nationale y est de façade.
Elle reste une pure vue de l’esprit. Les combats et les
intérêts n’étant pas les mêmes
pour tous et partout ». Richard Touna est plus précis
dans son constat: «Le 20 mai 2003 comporte sa do! se d’irrationnel
et d’imposture. Les intérêts particuliers (affectifs
et paroissiaux) prennent le dessus sur l’affirmation des
valeurs républicaines».
L'article:
"Présidentielle
2004: la classe politique manœuvre en sourdine" (Séverin
Alega M.)
L’idée
d’une candidature unique de l’opposition relève
de plus en plus de l’irréel.
Le
sujet en tout cas n’est vraiment pas encore une préoccupation
pour le SDF. Approché la semaine derniere par Mutations,
M. John Fru Ndi a laissé entendre que son parti est plus
porté à conduire la restructuration des organes
de base. Le moment venu, il réfléchira sur l’hypothèse
de la candidature unique. Cette démarche semble d’autant
plus logique que le calendrier électoral ne donne aucune
précision sur la date de l’élection présidentielle
2004. Au sujet de sa propre candidature à cette élection
«le Chairman» déclare que la décision
viendrait des militants. Les commentaires de Mutations et du Messager
Popoli qui accompagnent ces prises de position indiquent que,
fort de la «sévère déculottée»
aux législatives de 2002, le SDF s’est muré
dans un silence comme une prostituée morte de honte après
avoir été rec! onnue par son voisin. Cette formation
politique a opté pour "la discrétion ».
La prudence de M. Fru Ndi ressemble, trait pour trait, à
celle qu’affiche depuis un bon bout temps M. Bello Bouba
Maïgari de l’UNDP (Union nationale pour la democratie
et le progrès). En effet, The Post rapporte qu’au
cours d’une récente réunion tenue à
Yaoundé, ce leader d’opinion a estimé que
l’idée d’une candidature unique de l’opposition
est «prématurée». Les partis politiques
doivent à son avis s’occuper d’abord de la
redynamisation de leurs activités et sensibiliser les populations
à s’inscrire massivement sur les listes électorales.
Chronicle, une autre publication anglophone, établit cependant
une convergente de vue entre MM. Fru Ndi et Adamu Ndam Njoya de
l’UDC (Union pour la Démocratie au Cameroun). Les
deux hommes ! politiques ont déjeuné il y a quelques
jours à Bamenda.
Plus
la présidentielle de 2004 se rapproche, plus les manœuvres
électorales se multiplient. L’on se souvient qu’à
un moment donné, on a beaucoup entendu parler de la circulation
d’un mémorandum adressé au président
national du RDPC par le camp de Mila Assouté. Aujourd’hui,
c’est plutôt le mémorandum des élites
du Grand Nord qui fait jaser sous les chaumières. «La
tension monte» comme l’écrit La Nouvelle Expression.
De l’avis de ce trihebdomadaire, le régime tente
de soudoyer certains auteurs du mémorandum. Il est parvenu
à infiltrer le mouvement. «Le ministre chargé
des missions à la présidence de a République,
Philippe Mbarga Mboa avait été mis à contribution.
Grâce à un dignitaire du Nord aujourd’hui au
gouvernement, M. Mbarga Mboa, négociateur à la langue
onctueuse, selon ses proches, a pris attache avec l’ancien
vice Premier ministre chargé ! de l’urbanisme et
de l’habitat, M. Hamadou Moustapha. Celui-ci aurait essayé
de ramener ses frères à la raison. Entre autres
postes ministériels proposés, ceux en rapport avec
les insuffisances de développement constatées dans
le Grand Nord: l’éducation. sceptiques au contraire
de Moustapha, les autres membres du groupe auraient décliné
l’offre d’où la mise en quarantaine actuelle
de Hamadou Moustapha».
05
/ 05 / 2003
CAMEROON-INFO.NET
L'article:
"Journée
internationale de la presse: opinions et analyses"
(Séverin Alega
M.)
Au-delà
des activités contenues dans le programme des manifestations
du ministère de la communication à savoir les tables
rondes, les conférences et le vernissage d’une exposition
des photos et des journaux, les directeurs de publication ont
ouvert leurs colonnes aux différents publics pour une appréciation
objective de l’évolution de la liberté de
la presse au Cameroun. Les rédacteurs opèrent de
ce point de vue une sorte d’introspection.
Du
côté des pouvoirs publics camerounais, il n’y
a point de doute, la liberté de la presse fait des avancées
significatives depuis le début des années 90. Pour
s’en convaincre, il convient simplement de lire la déclaration
du ministre de la communication publiée par Cameroon
Tribune. M. Jacques Fame Ndongo estime en effet que: «la
presse est libre au Cameroun et les trois cents organes (presse
écrite, audiovisuelle, cybernétique) qui fonctionnent
dans cet Etat participent d’un faisceau de lignes éditoriales
reflétant toutes les sensibilités politiques, économiques,
sociales et culturelles de notre pays. La presse est diversifiée
(…) Il n’existe ni répression ni coercition
étatiques». Ce point de vue s’oppose à
la grille de lecture que le journal L’Action rapporte
de la table ronde sur la problématique de la liberté
de presse organisée vendre! di dernier à l’ESSTIC
(Ecole supérieure des sciences de l’information et
de la communication). D’après le Pr Charles Boyomo
Assala, journaliste et enseignant à l’université
de Yaoundé II, «La liberté de la presse est
le plus violée par celui qui est sensé la protéger,
c’est-à-dire l’Etat. La torture, «la
bastonnade, les perquisitions non autorisées, les peines
privatives, les intimidations sont le lot quotidien des journalistes.
Pourtant, les journalistes jouent un rôle primordial dans
le processus démocratique; sans eux la démocratie
est grippée». Dans la même lancée, Séverin
Tchounkeu, directeur de publication de La Nouvelle Expression
déclare: «Dans notre pays, les sanctions ou menaces
de sanction fragilisent la presse du point de vue économique.
Il y a là un risque qui est celui de la récupération
des entreprises de presse par des groupes d’intérêt
disposant de moyens financiers. L’entreprise de presse ne
peut être financée par les banques, si en plus son
fonctionnement est perturbé par des saisies, elle est à
la merci des lobbies qui vont dès lors lui dicter leur
loi qui ne cadre pas forcément avec les aspirations démocratiques
et la préservation de la paix sociale». Boniface
Forbin du bihebdomadaire d’expression anglaise The Herald
lie le problème de la presse à celui de l’indépendance
de la justice. Pour lui, un organe judiciaire indépendant
impose automatiquement le respect de la presse. Et c’est
toute la société qui se développe. L’administration
publique doit se confiner dans les tâches d’arbitrage
en cas de conflit ou de délit et non s’interférer
outrageusement dans la vie des organes de presse.
S’agissant
des récents dérapages - affaire Mutations,
suspension de La Tribune de l’Est, de Canal 2
et de Magic FM - il y a lieu de penser, comme le souligne
The Post, que si rien n’est fait, la presse au Cameroun
tend vers le retour à la censure administrative. Plus généralement,
explique Le Messager, le fondement des différents
écarts de comportement est intimement lié aux disparités
observées dans la rémunération des journalistes.
L’enquête menée par Jean-François Channon,
Venant Mboua , Jacques Doo Bell et Richard Touna révèle
que les salaires mensuels oscillent entre 40 000 et 500 000 FCFA
selon qu’on exerce dans le secteur privé ou dans
le secteur public. «Cette rémunération tranche
nettement avec celle des patrons et responsables administratifs
bien au-dessus du besoin». La précarité des
moyens serait à la base du harcèlement des prestataires
de service de la communication et des pots-de-vin communément
désignés sous le vocable local «Gombo».
Au plan de la protection sociale des personnels, le journal de
Pius Njawé affirme: «l’immatriculation des
journalistes et autres employés des organes de presse privés
donne des insomnies aux différents patrons. Conséquence,
les médias privés restent un territoire par excellence
de l’emploi informel et précaire».
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