| Rapports
sur les relations éthniques /
Reports on Ethnic Relations |
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The
following section is consisted of part, full or summaries of
articles from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité
ou de résumés d'articles provenant d'origines
diverses (journaux,bulletins, etc..).
02
/ 20 / 2003
IRIN
L'article: "Les affrontements continuent
à l'ouest"
Les
rebelles du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire et les
soldats loyalistes se sont affrontés à deux reprises
mercredi près de Zuénoula (centre-ouest), a rapporté
jeudi le porte-parole de l'armée ivoirienne, le colonel
Jules Yao-Yao. Il a déclaré que des combats ont
eu lieu à Badiefla, un village situé à 20
km au nord-ouest de Zuénoula. Ils ont duré de 7H00
GMT à 11H00GMT, ont repris à 14H30 GMT et ont pris
fin à 18H00 GMT.
Il
n'y a eu aucune confirmation immédiate de l'incident par
une source indépendante.
M.
Yao Yao a signalé que dix soldats ont été
blessés, dont trois gravement, et que l'un des blessés
a disparu. L'armée n'a pas de précision sur les
pertes du côté rebelle, a-t-il ajouté. Le
porte-parole a indiqué, dans un communiqué, que
les combattants du MPCI avaient utilisé des lances-roquettes,
des mortiers et des kalachnikovs. "Cette attaque constitue
une nouvelle violation du cessez-le-feu", a poursuivi M.
Yao-Yao.
Il
a déclaré que les commandements de l'armée
française et de la force ouest-africaine, qui patrouillent
la ligne de cessez-le-feu séparant les deux forces belligérantes,
ont été informés de l'incident.
Le
cessez-le-feu a été signé le 17 octobre,
soit un mois après le début de l'insurrection. Depuis
cette date, les deux côtés s'accusent l'un l'autre
de violation de la trêve. En janvier, un autre cessez-le-feu
a été signé avec les deux groupes rebelles
qui ont surgi à l'ouest de la Côte d' Ivoire. En
dépit du cessez-le-feu, cette région est devenue
la plus instable de la Côte d'Ivoire.
02
/ 19 / 2003
VANGUARD
(Nigeria)
The article: "Rebels hold talks
with Burkina leader"
Ivory
Coast's main rebel movement held talks with President Blaise Compaore
on Burkina Faso during a West African tour to garner support for
their claim to key posts in a new unity government. An AFP journalist
said the talks, led by Guillaume Soro, the executive secretary
of the Ivory Coast Patriotic Movement (MPCI) holding the northern
half of the world's top cocoa producer since September, and Compaore
went on till late Monday. Ivory Coast has charged that its northern
neighbour Burkina Faso helped foment the rebellion that has split
the country in two for five months, a charge repeatedly denied
by the Ouagadougou government.
The
MPCI delegation earlier held talks with Nigerian President Olusegun
Obasanjo and Mamadou Tandja of Niger. The rebel delegation was
accompanied by Mohamed Ibn Chambas, executive secretary of the
15-nation Economic Community of West African States (ECOWAS),
which has been trying to mediate and end to Ivory Coast's worst
crisis. According to Burkina Faso's state-run Sidwaya newspaper,
Louis Dacoury Tabley, the man in charge of the MPCI's external
relations department, was also present at the meeting with Compaore.
The rebels flew into Ouagadougou, the Burkina Faso capital, on
a plane belonging to the president of Niger and were received
at the airport by Burkinabe Foreign Minister Youssouf Ouedraogo.
Soro said the group was determined "to seek a political settlement
to the crisis. "We will continue to tour the capitals to
seek peace and reconciliation in Ivory Coast," he added.
His delegation went to Nigeria before heading to Niger.
Niger
and Nigeria are both members of a five-nation contact group set
up by the Economic Community of West African States (ECOWAS) to
try to mediate an end to a conflict which threatens to destabilise
volatile west Africa. Rebels hold the mainly Muslim north and
part of the west, while the government controls the mostly Christian
south. After Soro's MPCI team met Nigerian President Obasanjo
on Sunday and Monday, they issued a joint statement saying that
Nigeria would "take an active role" in ensuring that
a controversial peace deal was implemented in full. The rebels
claim the French-brokered deal gave them the key defence and interior
ministries in a power-sharing government but this has been rejected
by the country's armed forces and four leading political parties.
In Nigeria, "President Obasanjo urged all sides to the ongoing
crisis in Cote d'Ivoire to continue to utilise dialogue and negotiations
to return the country to peace and stability," an ECOWAS
statement said. Soro led the rebel side in unsuccessful talks
Friday in the Ghanaian capital Accra with the new "consensus"
prime minister Seydou Diarra on the formation of a government
to end the ruinous war.
02
/ 18 / 2003
IRIN
L'article: "Tournée des rebelles dans les
capitales régionales pour recueillir un soutien"
Le
principal mouvement rebelle de la Côte d'Ivoire, le Mouvement
Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), effectue une tournée
régionale pour recueillir un soutien à sa cause,
à la veille du Sommet France-Afrique qui, si l'on en croit
certaines sources, sera dominé par la crise ivoirienne.
Une
délégation du MPCI s'est rendue lundi au Nigeria,
au Niger et au Burkina Faso, pour rencontrer leurs chefs d'Etats
respectifs. Des haltes sont normalement prévues par les
rebelles au Bénin, au Mali et au Sénégal,
qui désirent désormais qu'on se réfère
à eux comme les "Forces Nouvelles". Ils espèrent
recueillir un soutien régional et obtenir des dirigeants
ouest-africains qu'ils fassent pression sur le président
ivoirien Laurent Gbagbo pour qu'il applique l'Accord de Paris.
Le
secrétaire général du MPCI, Guillaume Soro,
a déclaré à la presse à Ouagadougou,
capitale du Burkina Faso, que le groupe s'inscrivait désormais
dans la voie politique pour trouver une solution négociée
à la crise ivoirienne, et qu'il continuera de faire le
tour des capitales de la région pour chercher la paix et
la réconciliation en Côte d'Ivoire, en proie à
l'insurrection depuis le 19 septembre dernier.
En
fin de semaine dernière, le MPCI avait averti que si un
nouveau gouvernement n'était pas formé dimanche,
il marchera sur Abidjan. Bien qu' aucun nouveau gouvernement n'ait
été annoncé, les rebelles n'ont pas mis leur
menace à exécution. Lundi, ils ont indiqué
qu'ils allaient attendre les résultats du Sommet France-Afrique,
prévu à Paris à partir de mercredi, avant
de prendre de nouvelles décisions.
On
ignore encore quand sera annoncé le nouveau gouvernement
car le nouveau premier ministre, Seydou Diarra, a quitté
Abidjan pour Paris mardi. M. Gbagbo a fait savoir qu'il n'assistera
pas au Sommet de cette année.
Dans
le même contexte, l'alliance des "Jeunes Patriotes",
l'organisation derrière la série de manifestations
qui ont eu lieu depuis le 24 janvier, a annoncé qu'à
partir de mercredi, elle allait observer un ‘sit-in' d'une
semaine devant la base militaire française située
près de l'aéroport international d'Abidjan, pour
protester contre le rôle de la France dans la crise.
La
communauté française, notamment les commerces et
les établissements scolaires appartenant à des Français,
a payé les frais de l'implication du gouvernement de Paris
dans les efforts tendant à résoudre la crise. Dans
les jours qui ont suivi les assises de Paris, des écoles
et des commerces ont été saccagés par des
manifestants favorables au gouvernement ivoirien, qui ont accusé
la France de trahir son ancienne colonie.
La
France a actuellement un dispositif d'environ 3 000 soldats à
travers le pays, chargés d'assurer la protection des ressortissants
français et de faire respecter le cessez-le-feu signé
en octobre dernier.
Autre
signe de la détérioration de la sécurité
dans le pays: la réaction de la Banque africaine de développement
(BAD), qui avait son Siège à Abidjan depuis 1963.
La BAD vient d'évacuer son personnel d'Abidjan pour le
transférer à Tunis, en Tunisie. Les membres du personnel
avait reçu l' ordre de quitter la Côte d'Ivoire dimanche
au plus tard.
02
/ 17 / 2003
IRIN
L'article: "Des
milliers de personnes pénètrent en Sierra Leone"
Des
milliers de Libériens déplacés sont entrés
en Sierra Leone à la suite de l'intensification des hostilités
entre les troupes gouvernementales libériennes et les rebelles
à Bo, une localité frontalière, a rapporté
le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (BCAH/OCHA).
Bo
se trouve à environ 120 km à l'ouest de la capitale,
Monrovia, à la frontière entre le Liberia et la
Sierra Leone.
Les
affrontements ont débuté le 14 février, soit
deux jours après que les rebelles du mouvement Libériens
unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD)
aient capturé Robertsport, la capitale du comté
du Grand Cape Mount. Ils se sont ensuite étendus à
Tienne, également dans le Grand Cape Mount. Tienne se trouve
sur l'autoroute Ibrahim Babaginda, le principal axe routier entre
Monrovia et la frontière avec la Sierra Leone.
"Le
mouvement de milliers de Libériens vers la Sierra Leone
[est] en train de créer une nouvelle situation de réfugiés
dans ce pays", a signalé OCHA. Au Liberia, a ajouté
OCHA, des milliers de déplacés qui étaient
retournés au Cape Mount, à Bomi et à Gbarpolu
[des comtés de l'ouest du pays] en septembre 2002, ont
convergé vers des camps dans le comté de Montserrado,
ce qui réduit encore plus les maigres ressources des communautés
d'accueil, et limite la capacité de réponse de la
communauté humanitaire. Les déplacés ont
fait état d'exactions de la part des soldats armés.
Les
troupes gouvernementales continuent de se regrouper à Brewerville
et à Virginia, à 10 km à l'ouest de Monrovia,
et les opérations de 'fouilles" se sont intensifiées
autour de Monrovia. Il existe également une inquiétude
au sujet du recrutement d'adolescents envoyés sur la ligne
de front.
OCHA
a également fait savoir qu'une équipe sanitaire
dans le comté Grand Kru, au sud-est, a signalé la
résurgence d'une maladie cutanée à Sasstown,
tandis que quatre rapatriés de la Côte d'Ivoire seraient
morts de la méningite à Grand Gedeh. "Après
une flambée épidémique de fièvre jaune
à Macenta et Nzérékoré, en Guinée,
l'OMS et le ministère de la Santé ont commencé
une surveillance dans les districts situés à Nimba-Bong,
le long de la frontière avec la Guinée", a
indiqué OCHA dans son bulletin humanitaire pour la période
du 1er au 14 février. "L'UNICEF a commandé
des vaccins et du matériel supplémentaires, ce qui
donnerait un élan aux progammes administrés par
le National Drug Service".
D'autre
part, l'OMS a offert au ministère de la Santé mercredi
deux véhicules et de la fourniture de bureau d'une valeur
équivalent à 39 904 dollars pour la mise en œuvre
d'un programme contre l'onchocercose dans cinq comtés du
sud-est du pays: Sinoe, Maryland, Grand Gedeh, Grand Kru and River
Gee.
02
/ 14 / 2003
IRIN
L'article: "Poursuite
des discussions sur le suivi de l'Accord de Paris"
Le
premier ministre ivoirien, Seydou Diarra, et les trois membres
de la délégation du Mouvement Patriotique de Côte
d'Ivoire (MPCI), rebelle, se sont rencontrés vendredi à
Accra, au Ghana, pour discuter de la mise en œuvre d'un accord,
qui prévoit la participation des rebelles au nouveau gouvernement
nationale de réconciliation (GNR).
Leur
rencontre a lieu un jour après la première réunion
à Abidjan du comité de suivi de ce même accord.
La
réunion à huis clos était présidé
par le nouveau Représentant spécial du Secrétaire-Général
de l'ONU pour la Côte d'Ivoire, Albert Tevoedjre, qui a
pris ses fonctions mardi.
Le
Comité de suivi a été établi en vertu
de l'Accord de Linas-Marcoussis, signé le 24 janvier dans
la localité française du même nom par les
principales formations politiques ivoiriennes et par les trois
mouvements rebelles impliqués dans la crise. Le mandat
du Comité de suivi consiste à veiller à la
mise en œuvre de l'accord de paix.
L'accord
conclu par l'entremise de la France stipule que le comité
a le pouvoir de notifier les entités nationales, régionales
et internationales des "obstructions et déficiences"
dans l'application de l'accord, destiné à ramener
la paix en Côte d'Ivoire.
Le
comité est également composé de la France,
de l'UE, du FMI, de la Banque mondiale, de la Communauté
économique des Etats d'Afrique de l' Ouest (CEDEAO), du
G8 et de la Francophonie.
Le
rôle des rebelles dans le nouveau gouvernement
Les
problèmes délicats liés à l'accord
concernent la participation des rebelles au gouvernement. Les
informations faisant état de l'attribution aux rebelles
des portefeuilles de la Défense et de l'Intérieur
ont déchaîné une vague de protestation au
début de ce mois, au cours de laquelle des citoyens et
des établissements français ont été
attaqués.
Des
organisation favorables au gouvernement ont fait savoir qu'elles
ne permettraient pas à des éléments armés
de siéger au gouvernement car cela légitimerait
la rébellion. Cependant, le MPCI a déclaré
qu'il ne ferait pas marche arrière, d'autant plus qu'un
accord a été bel et bien conclu à l'issue
d'un sommet sur la Côte d'Ivoire, tenu à Paris les
25-26 janvier, leur octroyant les deux ministères.
"Je
vais à Accra juste pour écouter ce que Seydou Diarra
aura à dire… il n 'y a plus de compromis à
faire. Tout a déjà été discuté",
a souligné à la presse Guillaume Soro, le secrétaire
général du MPCI. Le MPCI a monté les enjeux
en annonçant qu'il marchera sur la capitale économique,
Abidjan, si le GNR n'était pas installé dimanche
à minuit.
Mercredi,
le sous comité du Congrès américain sur l'Afrique
a indiqué que la Côte d'Ivoire était une "catastrophe
en marche", mais qu'il espérait que l'accord de Linas-Marcoussis
marquera le début de la fin du conflit.
Le
président du sous comité, Ed Royce, a ajouté
néanmoins: "Il m'est difficile de voir comment ce
plan de paix, appuyé par la France, n'est pas une récompense
à des rebelles qui se sont frayés un chemin jusqu'à
la table de négociations, et si le plan est suivi, jusqu'à
des postes légitimes dans le pouvoir politique. Il pourrait
s'agir d'une politique réaliste, au vu du niveau d'engagement
de la communauté internationale pour résoudre ce
conflit, mais le prix payé, la légitimisation des
tactiques rebelles, est élevé".
"Il
semble pas vraiment faire grand chose pour briser le cycle de
la violence en Afrique de l'Ouest, et ce n'est pas l'approche
qui a fonctionné en Sierra Leone. Les rebelles menacent
de marcher sur Abidjan si leurs demandes concernant la mise en
œuvre de l'Accord, en particulier l'attribution des portefeuilles
de la Défense et de l'Intérieur, ne sont pas exaucées.
Marcoussis devrait être soutenu, mais dans les limites du
raisonnable".
M.
Diarra, qui a été premier ministre durant la junte
militaire en Côte d'ivoire, en 1999-2000, doit nommer son
gouvernement en fin de semaine.
Les combats continuent à l'ouest
La
crise a été déclenchée en Côte
d'Ivoire le 19 septembre 2002 après un soulèvement
d'une section de l'armée, qui s'est rapidement transformé
en rébellion. Les rebelles tiennent pratiquement tout le
nord et des parties du centre. Bien qu'aucun affrontement majeur
n'y a été signalé l'an dernier, des combats
se sont produits dans l'ouest depuis la fin novembre entre les
forces loyalistes et deux groupes rebelles.
Mercredi,
l'Envoyée humanitaire de l'ONU, Carolyn McAskie, a dépeint
un tableau sombre de la situation dans l'ouest ivoirien, qu'elle
a décrit comme une zone "inacessible", même
pour les partenaires humanitaires traditionnels comme la Croix-Rouge,
célèbre pour son travail dans des conditions de
guerre.
Vendredi,
le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
(HCR) a informé que quelque 40 000 réfugiés
libériens étaient pris dans les combats à
l'ouest du pays et qu'ils désiraient un rapatriement immédiat.
Le
porte-parole du HCR, Peter Kessler, a déclaré ce
vendredi que son organisation s'évertuait à trouver
un pays susceptible d'accueillir les réfugiés libériens
qui se sentent menacés en Côte d'ivoire mais ne peuvent
retourner au Liberia, qui demeure instable. "Nous avons exhorté
des pays d 'Afrique de l'Ouest à héberger des réfugiés
qui ne peuvent retourner au Liberia, mais jusqu'à présent,
il n'y a pas eu de réponse positive", a-t-il indiqué.
D'après
le HCR, environ 88 000 rapatriés libériens, réfugiés
ivoiriens et ressortissants de pays tiers ont fui au Liberia à
cause de l'insécurité. Des cinq voisins de la Côte
d'Ivoire, le Liberia est celui qui héberge le plus grand
nombre de personnes déplacées par le conflit ivoirien.
02
/ 07 / 2003
IRIN
L'article:
"Le Canada finance un projet de gestion de données
humanitaires"
Le
Canada a accepté de financer un projet visant à
accroître la coordination et la planification de l'action
humanitaire en Côte d'Ivoire en améliorant la collecte
et le traitement des données sur l'impact des quatre mois
de conflit ivoirien.
Le
projet sera réalisé par le Bureau de Coordination
des affaires humanitaires de l'ONU (BCAH/OCHA) et par le Centre
national de télédetection et d'information géographique
(CNTIG) de la Côte d'Ivoire. Il aspire à fournir
aux organisations humanitaires nationales et internationales des
données fiables dans des domaines tels que le mouvement
de population, les besoins alimentaires, l'accès aux soins
de santé et à l'abri.
Dans
le cadre du projet, trois employés du CNTIG attachés
au Bureau d' appui régional d'OCHA pour l'Afrique de l'Ouest,
basé à Abidjan, recueilleront des données
de la base de données du CNTIG. Ces informations seront
complétées par des données fournies par OCHA,
a déclaré à IRIN le directeur du CNTIG, Djamat
Dubois. De son côté, OCHA rendra les données
ainsi compilées largement accessibles aux utilisateurs
potentiels.
L'accord
a été paraphé jeudi par l'ambassadeur du
Canada, Emile Gauvreau, par Carolyn McAskie, l'Envoyée
spéciale du Secrétaire Général de
l'ONU pour la crise en Côte d'Ivoire, et par Gueï Blé,
le secrétaire permanent du Fonds de contrepartie ivoiro-canadien
(FDCIC), créé pour financer des projets en Côte
d'Ivoire.
Le
Canada, qui avait déjà fourni à la Côte
d'Ivoire un financement humanitaire d'un montant d'1 milliard
de francs CFA (environ 1,65 millions de dollars) aux premiers
jours du conflit, offre 35 millions de francs CFA (57,600 dollars)
pour le projet, par le biais du FDCIC.
02
/ 05 / 2003
IRIN
L'article:
"Entretien
d'IRIN avec le secrétaire exécutif de la CEDEAO,
Mohamed Ibn Chambas"
Mohamed
Ibn Chambas est le secrétaire exécutif de la Communauté
économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui
a présidé aux efforts tendant à rétablir
la paix en Côte d' Ivoire. A l'occasion de sa participation
au Sommet de l'Union Africaine, tenu à Addis Abeba, il
s'est entretenu avec IRIN de l'accord de Marcoussis, un pacte
de paix conclu à la fin janvier entre le gouvernement,
les partis politiques et les groupes rebelles ivoiriens, et du
rôle que pourraient jouer l'UA et l'ONU.
Question:
Quels sont les antécédents de cette crise?
Réponse:
La Côte d'Ivoire était quasiment unique en Afrique
de l'Ouest car pendant une longue période, elle a été
un havre de paix, de stabilité et de relative prospérité.
La prospérité croissante dans ce pays a attiré
de nombreux ressortissants d'autres pays ouest-africains ce qui
fait, qu'avec le temps, la question de savoir qui était
Ivoirien et qui ne l'était pas est devenue une question
politique.
Lors
des dernières élections en particulier, lorsqu'il
a été interdit à certains candidats d'entrer
en lice, cette question a pris le devant de la scène, et
le sentiment d'exclusion, notamment parmi les Ivoiriens originaires
du nord, est certainement l'une des forces de la guerre.
Q:
Pensez-vous que l'accord de Marcoussis peut fonctionner, tel quel,
ou faudrait-il des amendements?
R:
Tout à fait, c'est pourquoi nous estimons que l'accord
de Marcoussis est le cadre approprié pour résoudre
la crise car à Marcoussis, il ne s' agissait pas du partage
des postes et de la formation d'un gouvernement. Il a abordé
les problèmes fondamentaux et a appelé à
des amendements constitutionnels, basés sur un consensus
de toutes les principales formations politiques en Côte
d'Ivoire, qui sont convenues de faire les changements nécessaires
concernant la loi sur la nationalité. Ils ont fait les
changements nécessaires pour n'exclure aucun participant
politique actif. En d'autres termes, modifier les règles
de l'éligibilité pour permettre, disons, à
M. [Alassane Dramane Ouattara, le chef de file de l' opposition]
d'être candidat.
Q:
Pensez-vous que les rebelles peuvent avoir le ministère
de la Défense, ou estimez-vous que cela ne pourra pas marcher?
R: La question de savoir qui aura quel portefeuille doit être
négociée par le Premier Ministre qui, après
tout, est celui qui nomme les membres du gouvernement. L'accord
de Marcoussis n'a pas réparti les postes puisque cela a
eu lieu ultérieurement, dans un effort en vue d'appliquer
Marcoussis et de former un gouvernement de consensus national.
Le partage a eu lieu puis des difficultés ont surgi et,
il faudrait donc un dialogue et des discussions continus de tous
les côtés pour trouver le meilleur moyen de surmonter
le problème de qui va occuper quel poste. Cela ne doit
pas se mettre en travers de l'application de l'accord de Marcoussis,
destiné à résoudre certains des problèmes
vraiment fondamentaux en Côte d' Ivoire.
Q:
Les rebelles doivent-ils avoir un rôle dans le gouvernement?
R:
Nous ne sommes pas entrain de dire que les groupes rebelles doivent
figurer dans le gouvernement. Parfois, il faut que les principes
soient pratiques en y mettant un certain réalisme aussi.
Mais le principe reste qu'on ne peut changer le gouvernement par
la violence en Afrique – cela est inacceptable et nous restons
attachés à ce principe. Il existe une situation
sur le terrain ou la force dispose clairement d'un certain appui
politique, et il s'agit d'une force réelle avec laquelle
il faut compter, et on ne peut pas l'ignorer. Ainsi, il s'agit
de trouver un équilibre entre le réalisme et le
respect des principes, sans compromettre pour autant le droit
constitutionnel et le respect de la primauté du droit et
de la démocratie, que nous essayons de bâtir.
Q:
Pourquoi faudrait-il que les Ivoiriens fassent confiance à
l'UA pour résoudre ce conflit, au vu de sa performance
ailleurs sur le continent?
R:
La CEDEAO collabore très bien avec l'UA. En ce qui concerne
cette crise précise, l'UA a agi très rapidement
en nommant un représentant spécial et, le président
par intérim, Amara Essy lui-même, a été
très engagé – comme vous le savez, il est
Ivoirien – et le rôle du président Mbeki qui,
dès le début, s'est rendu à Accra pour participer
aux réunions au sommet et a aussi pris part à celles
de Paris et d'Abidjan. Le contexte dans cette affaire est que
la CEDEAO doit jouer le rôle phare et l'UA doit apporter
son appui.
Pour
l'UA, les groupes économiques régionaux sont des
parties prenantes et il faudrait les consolider pour qu'ils puissent
jouer un rôle déterminant dans la résolution
des crises sous régionales, et il faudrait que l'UA assume
un rôle complémentaire de soutien. Les efforts sous
régionaux doivent montrer la voie et nous devrions éviter
le double emploi. Il serait opportun de renforcer les blocs sous
régionaux.
Q:
Si le Conseil de la paix et la sécurité de l'UA
existait et fonctionnait déjà, cette crise aurait-elle
fourni un bon exemple pour envoyer des troupes?
R:
Je dirais encore qu'il faudrait passer par le niveau de la région
car nous avons pris des mesures pour dépêcher des
troupes. Par conséquent, même au niveau continental,
ce que pourrait faire le Conseil de la Paix et la Sécurité
serait de dire comment pourrions-nous aider la CEDEAO. Il serait
trop tôt pour eux d'envoyer des troupes, même pour
l'ONU. C'est pourquoi nous disons à l'ONU "Pourquoi
ne pas envisager une intervention de l'ONU dans le contexte de
ce que la sous région est entrain de faire».
Q:
Les Français ont-ils joué le rôle qui revenait
à la CEDEAO en envoyant des troupes dès le début?
R:
La CEDEAO a envoyé des troupes maintenant. Elles y sont
et, vers la fin de cette semaine, nous aurons un dispositif de
1 300 hommes sur place. Nous avons une force importante et nous
avons très étroitement collaboré avec les
forces françaises pour surveiller les cessez-le-feu, les
trois accords de cessez-le-feu qui ont été signés,
et pour aider dans l' application de l'accord de Marcoussis, qui
reste pour nous le cadre dans le lequel nous devons œuvrer.
Q:
La CEDEAO craint-elle un autre Coup d'Etat en Côte d'Ivoire?
R:
Comme vous n'êtes pas sans le savoir, la position de l'Union
Africaine et de la CEDEAO est que nous ne pouvons reconnaître
aucun gouvernement accédant au pouvoir par le biais d'un
Coup d'Etat ou d'incidents inconstitutionnels. Nous exhortons
les groupes à continuer à observer le cessez-le-feu,
à préserver l'esprit de réconciliation et
de recherche du consensus qui leur a permis d'arriver à
l'accord de Marcoussis. Avec cet état d'esprit, nous pouvons
surmonter même la crise actuelle. Il faudrait que tous les
côtés soient prêts à accepter des compromis.
Ces derniers temps en Afrique, si quelqu'un agit de la sorte,
il ne sera pas reconnu, donc ils doivent agir dans le cadre de
Marcoussis. J'ai été en contact avec toutes les
parties et toutes restent engagées dans un dialogue et
des négociations.
Q:
Alors, quand les Ivoiriens verront-ils la paix?
R:
Nous continuerons à œuvrer dans ce sens et nous voyons
d'ores et déjà que la position de la CEDEAO est
acceptée comme étant le cadre correct pour aborder
la crise. Il est difficile de fixer une date à cet égard.
La sous région agira très rapidement pour essayer
d'aider à inverser cet impact. C'est une situation qu'on
ne peut laisser pourrir. Après le sommet, vous verrez quelques
activités de la part de la sous région pour contacter
les deux côtés et trouver un compromis.
02
/ 04 / 2003
IRIN
The
Article: "African Union backs peace
deal"
African
leaders attending an African Union (AU) summit in Addis Ababa
have agreed to endorse a French-brokered peace agreement aimed
at ending a four-month-old armed conflict in Cote d' Ivoire, South
African President Thabo Mbeki said on Tuesday.
The
agreement was signed on 24 January 2003 in Marcoussis, France,
by Cote d'Ivoire's main political parties and rebel groups. It
was initialed by President Laurent Gbagbo at a 25 January summit
of West African leaders, held also in France.
"Since
that agreement was arrived at there have been lots of demonstrations
in the Ivory Coast against it," Mbeki said at the end of
the two-day summit. "But the summit agreed that it provided
the basis for the resolution of this conflict." It also called
for an "enhanced involvement" by the AU.
"There
needs to be continuing negotiations with the government and with
the rebels to see what amendments might need to be made so that
the Marcoussis agreement becomes acceptable to everybody,"
he said. "And that process has already started."
"There
will be adjustments to the Marcoussis agreement," added Mbeki,
who is the current chairman of the AU.
The
Ivorian conflict began on 19 September as an uprising by members
of the military - a coup attempt, according to the government
- before developing into a full-fledged rebellion. In October,
West African mediators acting under the aegis of the Economic
Community of West African States (ECOWAS) mediated a ceasefire
between loyalist forces and the main rebel group. However little
progress was made in subsequent negotiations between the two sides.
The
Marcoussis agreement marked an apparent breakthrough. It provides
for a government of national reconciliation including representatives
of the ruling party, other major political parties, and the rebels.
Among other things, the agreement provides for a softening of
the conditions presidential candidates have to satisfy along with
other reforms demanded by the rebels and a section of the political
opposition.
However,
pro-government groups have protested almost daily against the
accord. On Saturday hundreds of thousands of people took to the
streets of the Ivorian commercial capital, Abidjan, to demonstrate
their opposition to the peace deal - the largest protest since
the armed conflict began.
Its
detractors claim the peace pact is unacceptable because it gives
cabinet positions to rebels who tried to overthrow the president.
On
Sunday, the presidents of Ghana, Nigeria and Togo traveled to
Abidjan in an effort to salvage the accord but there was no indication
that they made any real headway.
Ghanaian
President John Kufour said at the AU summit that despite the protests,
he felt Cote d'Ivoire would back the accord. "I believe everybody
is in agreement with the Marcoussis Accord," Kufour, 63,
said at the AU summit. "We believe there is still some chance
provided all sides will be open and flexible in the interests
of their country. So far when you look at the agreement as such,
I haven't heard people find much fault with the terms. I think
where the problems come is with the implementation and that is
what everybody is engaged on, trying to find a way forward."
Ghana,
which shares a border with Cote d'Ivoire, is a member of the contact
group set up by ECOWAS to try and solve the conflict, which has
split the country along ethnic and religious lines. The main rebel
group controls the largely Muslim north, while the mainly Christian
south, including Abidjan, remains in government hands. Two smaller
rebel groups operate in the west, along the border with Liberia.
02
/ 03 / 2003
IRIN
L'article:
"Les manifestations continuent; le décès
d'un politicien attribué aux escadrons de la mort"
Des
milliers de femmes ont fait un sit-in devant l'ambassade de France
à Abidjan lundi, dernier incident dans une série
de manifestations dans la capitale économique ivoirienne.
Le but de la manifestation de ce lundi et une manifestation monstre
samedi qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes,
consistait à protester contre les accords récemment
conclus en France pour résoudre quatre mois de conflit.
La
manifestation de samedi a été la plus importante
organisée en Côte d' Ivoire ces dernières
années. Elle a réuni des organisations de la société
civile, des groupes de pression appuyant le gouvernement du président
Laurent Gbagbo, des groupes d'intérêts et un essaim
de Français, Libanais et autres étrangers résidents
en Côte d'Ivoire. Celle de lundi a été organisée
par des associations féminines.
Les
manifestations ont été provoquées par des
accords aux termes desquels un nouveau gouvernement de réconciliation
nationale devra inclure le Front populaire ivoirien (FPI), au
pouvoir, le Rassemblement des Republicains (RDR), de l'opposition,
d'autres partis politiques, et les trois groupes rebelles: le
Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), le Mouvement
pour la Justice et la Paix (MJP) et le Mouvement populaire ivoirien
du Grand Ouest (MPIGO).
Le
MPCI occupe le nord et le nord-ouest du pays. Sa rébellion
a débuté le 19 septembre 2002 par une mutinerie
de soldats, décrite par le gouvernement comme un Coup d'Etat
manqué. Les deux autres groupes rebelles ont leur base
dans l'ouest du pays, le long de la frontière avec le Liberia.
En
vertu de l'accord conclu le 24 janvier à Marcoussis, en
France, à l' issue de neuf jours de négociations
entre les rebelles et les principales formations politiques en
Côte d'ivoire, le nouveau gouvernement devait être
dirigé par un premier ministre de consensus.
L'accord
de Marcoussis a été ratifié par M. Gbagbo
lors d'un sommet des dirigeants ouest-africains le 25 janvier.
Après le sommet, les rebelles ont annoncé que les
portefeuilles de la Défense et de l'Intérieur leur
ont été attribués au sein du gouvernement
de réconciliation nationale. La nouvelle a déclenché
des violentes manifestations à Abidjan, commencées
dans la nuit du 25 au 26 janvier et qui ont continué jusqu'au
28 janvier. Les manifestants ont attaqué les ambassades
de France et du Burkina Faso, des écoles et des commerces
français, des ressortissants français et d' autres
blancs pris pour des Français.
La
violence s'est calmée le 29 janvier, lorsqu'une manifestation
relativement paisible a été organisée.
Le
31 janvier, la nouvelle de l'arrivée de Seydou Diarra -
choisi comme premier ministre durant les négociations en
France - à Abidjan en provenance du Sénégal,
où il a assisté au sommet ouest-africain, a provoqué
une autre manifestation, et des centaines de jeunes ont envahi
le tarmac de l'Aéroport International Félix Houphouët-Boignyt,
retardant le départ du pays de centaines de ressortissants
français. Par la suite, ils ont été escortés
hors du tarmac par les forces de l'ordre.
Les
escadrons de la mort sévissent à nouveau
Dimanche,
une autre manifestation s'est produite après la découverte
dans une rue du quartier populaire d'Adjamé à Abidjan
du corps criblé de balles d'un comédien local bien
connu, Camara va Karamogo. D'après le fils de la victime,
Va Karamogo a été enlevé de son domicile
dans la nuit du samedi par des hommes armés en treillis,
qui se déplaçaient à bord de trois véhicles
sans plaque d'immatriculation. La victime a été
membre du Bureau politique du RDR, de l'opposition, et secrétaire
à la communication au bureau du maire d'Adjamé,
également membre du RDR. L'annonce de cet assassinat a
donné lieu à des émeutes à Adjamé
et à Abobo, un autre quartier pauvre de la ville. Deux
autobus ont été incendiés par les manifestants
qui dénonçaient le gouvernement.
Au
moins une personne serait morte tandis que d'autres ont été
blessées lorsque les forces de l'ordre ont utilisé
des gaz lacrymogènes, frappé et tiré sur
les manfestants de dimanche.
La
mort de Va Karamoko a été attribuée par les
médias et par d'autres observateurs aux escadrons de la
mort, dont les activités ont été signalées
par plusieurs organisations des droits de l'homme, y compris par
une équipe du Haut Commissaire adjoint aux droits de l'homme
de l'ONU, Bertrand Ramcharran, qui a visité la Côte
d'Ivoire du 23 au 29 décembre 2002.
"De
nombreux meurtres de politiciens, d'hommes d'affaires et autres
ont eu lieu dans la capitale économique, Abidjan",
a indiqué la mission dans son rapport, transmis au Conseil
de sécurité de l'ONU par le Secrétaire Général,
Kofi Annan, le 24 janvier 2003. “Selon un témoignage
recueilli, ces assassinats sont organisés par des escadrons
de la mort et par des milices privées”. La mission
a déclaré avoir “compilé des informations
quant au fait que les escadrons de la mort sont constitués
d'éléments proches du gouvernement, de la garde
présidentielle, et d'une milice tribale de l'ethnie du
président”.
Elle
a souligné que les violations du droit à la vie
ont été perpétrées aussi bien par
les forces gouvernementales que par les rebelles, notamment des
exécutions sommaires. Elle a cité une organisation
des droits de l' homme qui aurait affirmé savoir qu'environ
150 exécutions sommaires ont été commises
dans les régions tenues par le gouvenement, tandis que
de nombreux gendarmes et agents de police auraient été
tués dans les villes d 'Abidjan, Bouaké et Korhogo,
lorsque les combattants du MPCI sont entrés dans ces villes
[en septembre].
Le
rapport note néanmoins des mesures prises par le gouvernement
ivoirien dans la sphère des droits de l'homme, en particulier
l'établissement d'un ministère des Droits de l'Homme,
et la publication par le ministère d'un document sur les
efforts du gouvernement pour respecter les droits de l' homme
en plein conflit. “Cet effort du gouvernement, confronté
à une urgence menaçant l'existence de la nation,
est louable, même si l'impact du ministère des Droits
de l'Homme n'est pas encore ressenti dans le pays” , a-t-il
indiqué. >>>>> Le
rapport |