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Deux autres généraux détenus dans une vague d’arrestations
Un général de la police arrêté dans le cadre du complot
Le gouvernement donne l'ordre de réintégrer les combattants
Plus de 5 000 travailleurs immigrés ont besoin de nourriture à Guiglo
54 prisonniers politiques amnistiés
Le gouvernement invité à enquêter sur les abus
Rapports sur les relations éthniques / Reports on Ethnic Relations

The following section is consisted of part, full or summaries of articles from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité ou de résumés d'articles provenant d'origines diverses (journaux,bulletins, etc..).


08 / 29 / 2003

IRIN

"Deux autres généraux détenus dans une vague d’arrestations"

Deux autres généraux ivoiriens ont été arrêtés dans le cadre d’une interpellation de plus de cinquante personnes soupçonnées d'avoir participé au projet d’assassinat du président Laurent Gbagbo, ont annoncé des sources militaires ce vendredi.

Le général Abdoulaye Coulibaly, écarté de l’armée depuis trois ans, a été détenu jeudi soir à l’aéroport d’Abidjan à sa descente d’avion en provenance de Paris où il a séjourné pendant six semaines, ont précisé les sources à IRIN.

Le général Soumaila Diabakate a été interpellé à son bureau au ministère de la Défense plus tôt dans la journée, ont-elles ajouté.

Les deux hommes ont été des figures de proue de la junte militaire qui s’est emparée du pouvoir en décembre 1999 et a ensuite dirigé cette ancienne colonie française jusqu’aux présidentielles de l’an 2000 remportées par M. Gbagbo.

Les sources militaires ont indiqué que plus de cinquante personnes ont été détenues en Côte d’Ivoire pour être interrogées au sujet du complot d’assassinat présumé, et d’autres arrestations sont en cours. Un troisième général, Alain Mouandou, également contrôleur général de la police, a été détenu mercredi.

La France a également interpellé onze personnes en fin de semaine dernière en relation avec le complot. Il s’agit du sergent-chef Ibrahim Coulibaly, autre protagoniste important du putsch de 1999 dirigé par le colonel Robert Gueï, ainsi que de plusieurs mercenaires présumés. L’un des interpellés à Paris, le chauffeur de l’ambassade ivoirienne, a été relâché depuis.

La Côte d'Ivoire, qui produit quarante pour cent du cacao mondial, a sombré dans la guerre civile le 19 septembre dernier à l’issue d’une tentative de coup d’Etat manqué ourdie par Gueï, tué aux premières heures de la rébellion.

Les forces rebelles occupent désormais tout le Nord du pays et, en dépit de la signature d’un accord de paix en janvier 2003 ainsi que de la mise en place d’un gouvernement de réconciliation nationale inclusif en mars, la suspicion règne entre Gbagbo et ses sympathisants, d’une part, et les forces rebelles et les partis de l’opposition parlementaires, d’autre part.

Le désarmement et la démobilisation des rebelles, dont le démarrage était prévu le 1er août, sont donc gelés.

Au début de cette semaine, Pascal Affi N'Guessan, une importante personnalité du parti de M.Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), a accusé en vrac le groupe rebelle Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MCPI), le premier ministre indépendant, Seydou Diarra, ainsi que le parti d’opposition, Rassemblement des républicains (RDR) de l’ancien premier ministre Alassane Dramane Ouattara, de complicité dans le projet d’assassinat.

Les semaines passées, le MPCI, M. Diarra, et tous les principaux partis d’opposition, ont accusé M. Gbagbo d’entrave au processus de paix à cause de son refus de nommer des personnalités consensuelles aux ministères de la Défense et de l’Intérieur, toujours vacants, de même que sa résistance à appliquer d’autres aspects de l’accord de paix négociée sous l’égide de la France.

Bien que les rebelles, officiellement appelés ‘Forces Nouvelles’, disposent de neuf ministres au gouvernement, ils accusent M. Gbagbo de constituer un obstacle dans l'évolution du processus de réconciliation.

Le MPCI a démenti en public toute participation dans la tentative de déstabilisation et a réitéré son attachement à l’accord de paix. Il a néanmoins demandé haut et fort la libération du sergent-chef Coulibaly, qui entretiendrait des liens étroits avec le mouvement rebelle.

M. Diarra, un ancien fonctionnaire public et diplomate, perçu comme une personnalité politique neutre, porté à la tête du gouvernement jusqu’à la tenue de nouvelles élections en 2005, avait jusqu’ici gardé le silence. Des sources proches du cabinet du premier ministre ont révélé que ses conseillers étaient divisés sur l’attitude à adopter : opposer un démenti public ou garder le silence. Certains craignaient qu’une déclaration publique de M. Diarra incite le FPI à le traîner davantage dans la boue.

Un proche collaborateur de M. Ouattara, qui a été disqualifié dans la course électorale contre M. Gbagbo aux présidentielles de l’an 2000 en raison des doutes sur sa nationalité ivoirienne, a catégoriquement affirmé que ni lui ni son parti n’avaient rien à avoir avec le complot présumé. Cissé Bacongo Ouattara, directeur à Abidjan du cabinet du leader du RDR exilé, a déclaré pour sa part : "C’est juste un faux prétexte du FPI pour tourner le dos à Marcoussis" (l’accord de paix).

La vague d’arrestations et les accusations assourdissantes émanant du FPI ont exacerbé la tension dans la capitale économique, Abidjan, où de nombreux habitants attendent du président un comportement plus conciliant pour redresser la situation.

"Tout dépend de Gbagbo. Lui-seul a le pouvoir d’apaiser ou d’aggraver la situation", a opiné N'guessan Yao, un employé du service public qui achetait un billet de loterie dans une échoppe. Il a déclaré à IRIN qu’il fallait que le chef de l’Etat se calme.

Un conférencier universitaire a averti qu’il existe un véritable danger d’interruption du processus de paix si la ligne dure adoptée par M. Gbagbo aboutit au retrait des ministres rebelles du gouvernement. Selon lui, les rebelles seraient les grands perdants, avant d’ajouter : "J’ai peur que les Forces nouvelles commettent des actes terroristes qui risquent de déstabiliser tout le monde".

De nombreux passants consultés par IRIN dans le quartier populaire de Yopogou ont tout simplement exprimé leur écœurement devant les luttes politiques de l’année écoulée qui ont jeté l’économie dans la récession.

"Nous sommes las de la crise", a commenté Arthur Boga, un retraité. « C’est juste une querelle de politiciens. Ils nous ont tous mis dans la merde et on vivrait mieux ici sans eux"

 

08 / 28 / 2003

IRIN

"Un général de la police arrêté dans le cadre du complot"

Un haut fonctionnaire de la police et plusieurs officiers de l’armées figurent parmi une trentaine de personnes interpellées en Côte d’Ivoire ces derniers jours après la découverte d’un complot présumé visant à assassiner le président Laurent Gbagbo, apprend-on de sources militaires.

Les sources ont confirmé les informations parues dans les journaux d’Abidjan affirmant que le général Alain Mouandou, contrôleur général de la police nationale, figurait parmi les personnes détenues depuis la fin de la semaine.

La campagne d’arrestation semble se poursuivre. Des sources proches de sa famille ont indiqué que le major Marcel Koffi M'Bahia a été emmené de son domicile par des hommes non identifiés qui ont perquisitionné la maison dans la nuit de mercredi.

Onze personnes ont été arrêtées à la fin de la semaine en France dans une opération en rapport avec le complot présumé. Il s’agit de l’adjudant Ibrahim Coulibaly, une personnalité clé dans le coup d’Etat de 1999 qui avait hissé au pouvoir le gouvernement militaire éphémère du colonel Robert Gueï.

L’un des interpellés en France, le chauffeur de l’ambassade ivoirienne à Paris, a été relaxé jeudi. Les autres sont en garde à vue dans le cadre de la loi de lutte contre le terrorisme et sont accusés de projeter d’utiliser des mercenaires dans un complot pour déstabiliser la Côte d’Ivoire.

M. Coulibaly, en exil au Burkina Faso depuis trois ans maintenant, a été impliqué dans plusieurs tentatives de putsch. A une date récente, les autorités l’ont accusé de participation dans la tentative de putsch du 19 septembre dernier contre Gbagbo, dans laquelle Gueï a été tué. Le putsch a échoué mais a conduit à une guerre civile pendant laquelle les forces rebelles ont pris le contrôle du Nord du pays.

Un accord de paix conclu en janvier sous l’égide de la France était supposé mettre fin au conflit et un gouvernement de réconciliation nationale incluant neuf ministres rebelles a été formé en mars.

Il n’en reste pas moins que la méfiance est à son plus fort entre Gbagbo et le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI). Bien qu’il n’y ait pas eu de combats entre l’armée nationale et les rebelles depuis avril, la tension est monté d’un cran ces dernières semaines et a atteint son paroxysme avec les informations dévoilant le projet d’assassinat.

Cette situation fait craindre aux diplomates que la trêve, surveillée par 4 000 militaires français et par 1 300 hommes de la force ouest-africaine de maintien de la paix, vole en éclats.

Mercredi, Pascal Affi N'Guessan, figure de proue du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo, a accusé le premier ministre Seydou Diarra, ancien diplomate et fonctionnaire public à la tête du gouvernement de réconciliation nationale, de complicité dans ce dernier complot.

Dans la même foulée, il a accusé l’ex-premier ministre Alassane Dramane Ouattara, un musulman du Nord disqualifié dans la course aux élections présidentielles de 2000 contre Gbagbo, de participation dans le complot.

La tension n’a cessé de monter ces derniers mois entre Diarra et Gbagbo, le premier ministre indépendant ayant réclamé les pouvoirs nécessaires pour mener à bien son programme de réconciliation nationale. Il a également exprimé sa frustration devant le fait que le présidant n’ait pas nommé de ministres acceptables par toutes les grandes formations politiques aux postes délicats de la Défense et de l’Intérieur.

Le MPCI a insisté que ces ministres soient désignés avant qu’il commence le désarmement et autorise les autorités administratives à retourner dans le Nord du pays.

Le mouvement rebelle s’est publiquement dissocié de toute tentative d’assassinat de Gbagbo et de déstabilisation du gouvernement. Il a également réitéré son attachement à l’accord de paix conclu en janvier.

Il n’empêche que le MPCI a lancé une grande campagne en faveur de la libération de Coulibaly. Mamadou Diomandé, l’ex-porte parole du MPCI en Europe, a également été interpellé en France.

08 / 20 / 2003

IRIN

"Le gouvernement donne l'ordre de réintégrer les combattants"

Le gouvernement ivoirien a donné l'ordre de réintégrer dans les forces armées nationales tous les soldats qui ont pris les armes contre les autorités étatiques puis ont déserté les rangs de l'armée, a annoncé mardi à la télévision nationale le ministère de la Défense.

La décision, précise un communiqué du ministère, s'appliquera à tous les membres des Forces armées ivoiriennes (FANCI) ayant déserté l'armée et participé à des actes de rébellion contre l'Etat. Il s'agit entre autres de soldats qui ont été menacés de sanctions pour leur participation à une série d'incidents militaires survenus dans le pays depuis l'an 2000, y compris à la tentative de coup d'Etat de septembre 2002 qui a plongé le pays dans la crise actuelle.

Le porte-parole des FANCI, le colonel Aka N'Goran, a indiqué que l'ordonnance affecte des soldats impliqués dans des actes contre l'Etat entre le 18 septembre 2000 - date à laquelle des soldats ont lancé un assaut contre le domicile du général Robert Guei - et le 10 août 2003.

Les coups d'Etat manqués et les autres actes de rébellion ayant marqué cette période vont de l'offensive armée avortée début janvier 2001, à la violence pré-électorale en décembre 2000 et jusqu'à la mutinerie transformée en coup d'Etat le 19 septembre 2002.

Le porte-parole a refusé de préciser le nombre exact de soldats que les autorités prévoient de réinsérer.

Bien qu'elle fut rendue publique mardi, la décision est entrée en vigueur le 12 août, soit six jours après que le Parlement ivoirien ait voté à l'unanimité une loi d'amnistie en faveur de tous les soldats ivoiriens ayant pris part à des actes de rébellion contre l'Etat.

La décision intervient après la libération, le 9 août, de 54 prisonniers politiques, conformément à la loi d'amnistie. De l'avis de certains analystes, l'amnistie constitue une nouvelle tentative de la part des autorités ivoiriennes de mettre en œuvre l'Accord de Linas-Marcoussis visant à promouvoir la paix et la réconciliation dans ce pays en proie à la guerre.

L'application de l'accord, qui porte le nom d'un faubourg de Paris où il fut signé le 24 janvier, au plus fort du conflit, a exacerbé les tensions entre le gouvernement de Laurent Gbagbo, l'armée ivoirienne et les forces rebelles. Les affrontements ont été interrompus à l'issue de la déclaration officielle de la fin de guerre le 4 juillet.

En dépit de la cessation des combats bien avant le 4 juillet, des désaccords persistent entre le gouvernement ivoirien et les groupes rebelles au sujet du désarmement des combattants et des milices armées, ainsi que de la nomination des ministres de Affaires de la Famille, de la Défense et de la Sécurité au sein du gouvernement d'unité nationale.

Dans un discours à la nation mardi, le Premier ministre Seydou Diarra a réitéré la nécessité pour toutes les parties d'appliquer l'accord dans son intégralité.

De son côté, Albert Tévoedjré, Représentant spécial du Secrétaire-Général de l'ONU, Kofi Annan, en Côte d'Ivoire, a conduit une mission de haut niveau à Korgoho, une localité du Nord (qui, avec Bouaké et Abidjan, a été une des trois localités attaquées par les forces rebelles le 19 septembre), pour s'entretenir avec les dirigeants du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) des efforts tendant à ramener la paix dans le pays.

Les ambassadeurs de la France et des Etats-Unis, ainsi que les chefs des agences de l'ONU, ont participé à la visite d'un jour.

 

08 / 15 / 2003

IRIN

"Plus de 5 000 travailleurs immigrés ont besoin de nourriture à Guiglo"

Plus de 5 000 travailleurs immigrés, comprenant des déplacés ivoiriens récemment transférés dans un centre de passage du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Guiglo, dans l’Ouest ivoirien, auraient besoin de nourriture, d'eau et d'installations sanitaires, ont déclaré à IRIN vendredi des responsables humanitaires.

"Il y a eu une rupture dans notre chaîne alimentaire et on distribue des rations réduites aux personnes déplacées à l'intérieur jusqu'à ce que l'on reçoive notre prochain stock en octobre ", a indiqué à IRIN une source proche du Programme alimentaire mondial (PAM).

"Nous ne sommes pas en mesure de leur fournir une nourriture suffisante, et il y a de fortes chances que d'autres arrivent au centre ", ont ajouté les sources.

L'agence a lancé un appel de 3 millions de dollars il y a un mois pour l'achat de denrées alimentaires pour des milliers de personnes ayant désespérément besoin d'une assistance alimentaire, en particulier dans l'Ouest et le Nord de la Côte d'Ivoire.

Le groupe, essentiellement constitué de travailleurs immigrés issus du Burkina Faso, est arrivé au centre de passage - pouvant héberger 500 personnes - des locaux de la préfecture et de la municipalité de Guiglo, également confrontés à un énorme problème d'espace.

Certains d'entre eux sont arrivés dans ces locaux après avoir été menacés ou avoir subi des exactions des habitants locaux dans des localités telles que Toulepleu, Blolequin and Duékoué ainsi que dans les régions environnantes, toutes situées dans l'Ouest ivoirien.

Selon certaines informations, la population locale les empêche de travailler sur leurs terres ou dans les plantations de café et de cacao et ce, dans l'objectif de les chasser de la région. L'afflux des nouveaux arrivants continue, ont confirmé des responsables humanitaires.

A Guiglo, "Le Préfet [autorité locale] a rencontré le chef de ce groupe [de travailleurs immigrés] il y a deux semaines et leur a dit que le groupe doit vider les lieux avant les festivités commémorant l'indépendance ", a déclaré vendredi à IRIN le directeur du bureau du HCR à Guiglo.

"On a eu des réunions avec le PAM et avec les organisations non gouvernementales et on s'est rendu compte que la situation était très fragile ", a-t-il expliqué.

M. Wamba a indiqué que les agences et les ONG construisaient de nouveaux sites pour ces déplacés, dont six sont déjà terminés. " Les abris sont prêts mais il n'y a pas de latrines ", a-t-il informé. " Une fois que cela sera fait, nous commencerons alors à transférer les personnes ", a-t-il ajouté.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui s'occupait du rapatriement des personnes déplacées d'autres pays d'Afrique de l'Ouest, a été saisie de quelques demandes de rapatriement émanant de ce groupe. Pendant la semaine du 8 août, l'OIM a évacué de Guiglo et de Duékoué 4 427 immigrés ouest-africains vers le Burkina Baso, le Mali et la Guinée.

 

08 / 12 / 2003

IRIN

"54 prisonniers politiques amnistiés"

Le gouvernement de Côte d'Ivoire a libéré 54 prisonniers politiques, accusés de soutenir les rebelles qui occupent le Nord du pays, suite à l'application d'une loi d'amnistie, approuvée par le Parlement la semaine dernière.

Selon le porte-parole du Ministère de la Justice, 16 soldats et 38 civils ont été relâchés à Abidjan samedi dernier. La plupart avait été arrêté après l'éclatement de la guerre civile en septembre 2002, tandis que d'autres se trouvaient en détention depuis les troubles liés aux élections présidentielles de septembre 2000.

Nombre des amnistiées sont membres du Rassemblement Des Républicains (RDR), parti d'opposition d'Alassane Ouattara, qui avait trouvé refuge à l'Ambassade de France au début des combats, et qui s'est ensuite exilé en France.

M. Ouattara, un originaire du Nord, qui a servi comme Premier Ministre sous le premier Président de Côte d'Ivoire Felix Houphouet Boigny, n'avait pu poser sa candidature aux élections présidentielles de 2000 au motif qu'il n'était pas Ivoirien.

Au nombre des personnalités du RDR libérées ce week end, figurent Ahmed Bassam, le premier responsable de ASH, compagnie chargée du ramassage des ordures et du nettoyage des rues d'Abidjan, et Ali Kéita, responsable des relations publiques du RDR.

La loi d'amnistie couvre tous ceux qui ont porté atteinte à la sûreté de l'Etat depuis les présidentielles de 2000, et, ouvre la voie à la réintégration, sans préjudices, des policiers et soldats de la rébellion au sein des forces de sécurité.

Toutefois, les crimes économiques et les "sérieuses violations" des droits humains ne sont pas pris en compte par la loi. Les officiels du gouvernement ont précisé que ceux qui ont été responsables de tueries en dehors des situations de combats, de viols et de pillages, devraient être passibles de jugement.

Bien que le gouvernement ait libéré les prisonniers politiques détenus au début de la guerre, l'échange des prisonniers de guerre avec les rebelles n'a pas encore eu lieu. Une source de la Force ouest africaine de maintien de la paix, dépêchée en renfort des troupes françaises qui veillent à l'observation d'un cessez-le-feu des parties en belligérance, a estimé que 200 personnes étaient concernées.

L'armée et les rebelles ont échangé les listes de détenus de guerre lors de la réunion du 29 juillet, qui ont cependant été rejetées parce qu’incomplètes. Le gouvernement y avait apposé 50 noms, tandis que les rebelles en avaient inscrit 44.

Les sources militaires ont admis que la question de la libération des prisonniers de guerre serait abordée au cours de la rencontre du 19 août d'un comité conjoint, formé du gouvernement et des rebelles.

Malgré l'absence de combats entre les deux parties durant les 4 mois écoulés, le processus de démobilisation et de désarmement progresse péniblement. L'adoption de la loi d'amnistie était supposée conduire les rebelles à démobiliser, désarmer et à permettre aux administrateurs du gouvernement de reprendre fonction dans les territoires sous contrôle rebelles.

Par ailleurs, les rebelles continuent de réclamer que les postes vacants des ministères de la Défense et de l'Intérieur soient pourvus par des candidats acceptables par toutes les principales factions politiques dans le pays avant qu'ils ne déposent les armes.

D'autre part, le Président Gbagbo a nommé six nouveaux membres en remaniement du Conseil Constitutionnel, dont la fonction est de valider l'éligibilité des candidats aux présidentiels. Des sources de l'opposition ont prétendu que le nouveau Conseil, dirigé par un magistrat, est entièrement composé de sympathisants du FPI, parti du Président.

Quoique le FPI soit le parti le plus largement représenté au Parlement, il fait partie du gouvernement de coalition de réconciliation nationale, qui inclut des figures de l'opposition et 9 ministres nommés par les rebelles.

 

08 / 05 / 2003

IRIN

"Une organisation des droits de l'Homme invite le gouvernement à enquêter sur les abus"

L'organisation des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a invité le gouvernement de la Côte d'Ivoire à immédiatement démanteler les milices civiles, à établir une commission internationale d'enquête, dans le but de mener des investigations sur les abus des droits humains commis pendant la guerre civile, et à déférer leurs auteurs devant la justice.

L'organisation sise à New York a déclaré que des abus ont été commis par les forces de sécurité, par les rebelles occupant le Nord du pays ainsi, que par les mercenaires libériens à la solde des deux côtés durant les onze mois de conflit.

Un rapport de 55 pages intitulé : 'Pris entre deux guerres : Violence contre les civils dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire', a été publié ce mardi au moment où le parlement ivoirien examinait un projet de loi d'amnistie pour les combattants des deux parties.

Le rapport d'HRW fournit des informations sur les nombreux massacres de civils qui ont suivi la mutinerie de l'armée en septembre 2002, en particulier dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, où des miliciens non encadrés et des mercenaires libériens ont été utilisés par les deux camps.

En dépit du recul des hostilités dans le reste du pays en mars, la sécurité demeure précaire près de la frontière libérienne et ce, malgré une forte présence dans la région des dispositifs de maintien de la paix français et ouest-africain.

HRW a accusé tant le gouvernement que les rebelles d'exécutions sommaires, de violences sexuelles à l'égard des femmes et des filles, ainsi que de pillage des possessions civiles.

"Les milices civiles sont un héritage périlleux de la guerre, et elles demeurent actives dans certaines parties de l'Ouest ", a déclaré Peter Takirambudde, directeur exécutif de la Division Afrique d'HRW. "Les désarmer et les tenir responsables de leurs actes devraient constituer la première priorité du gouvernement de réconciliation ", a-t-il ajouté.

Lors d'un incident cité dans le rapport, les combattants libériens soutenus par le gouvernement ivoirien ont tué au début du mois de mars de cette année plus de soixante civils à Bangolo, une localité se trouvant sur la ligne de front, à 400 km au Nord-Ouest d'Abidjan. Pratiquement toutes les victimes provenaient des ethnies du Nord ivoirien, considérées comme étant du côté des groupes rebelles. Certains ont été fusillés à bout portant et mains liées, explique le rapport.

Moins de deux semaines plus tard, poursuit HRW, les rebelles ont attaqué le village avoisinant de Dah, tuant plus de quarante civils. Citant des témoins, le rapport précise que certaines victimes ont été brûlées vives quand leurs maisons ont été incendiées.

Human Rights Watch fait état d'un mode de collaboration entre les forces de sécurité ivoiriennes et les milices civiles locales selon lequel des civils burkinabè ont parfois été arrêtés et fusillés au grand jour en plein centre des villes de l'Ouest comme Duékoué.

L'organisation affirme que les abus tirent leur origine de la discrimination ethnique et du climat d'impunité datant des élections présidentielles et législatives de l'an 2000 pendant lesquelles plusieurs centaines de personnes ont été tuées ou blessées par les forces de sécurité et par leurs collaborateurs civils.

"A moins qu'il y ait un réel engagement à déterminer la responsabilité pour les abus par tous les côtés - aussi bien depuis les élections d'octobre 2000 que pendant le récent conflit - il est difficile de voir comment cette société très polarisée peut être réunifiée", a confié M. Takirambudde.

L'ancien Premier ministre Alassane Ouattara a été disqualifié comme candidat présidentiel à ces élections après que les autorités avaient décrété qu'il n'était pas Ivoirien mais Burkinabé.

La guerre civile a éclaté le 19 septembre 2002 à l'issue d'une mutinerie d'hommes armés au quartier général de la gendarmerie dans la capitale économique, Abidjan, tandis que d'autres mutins s'emparaient d'autres villes clé plus à l'intérieur du pays telles Bouaké et Korhogo.

Un accord négocié sous l'égide de la France en janvier 2003 a abouti à la formation en mars d'un gouvernement de réconciliation nationale, incluant neuf ministres rebelles.

Cette semaine, le parlement ivoirien se penche sur un projet de loi d'amnistie, déjà approuvé par le président Laurent Gbagbo et par le gouvernement du Premier Ministre indépendant, Seydou Diarra, qui ouvrirait la voie au désarmement et à la démobilisation des rebelles.

Le projet de loi couvre tous les membres du personnel civil et militaire ayant tenté de renverser le gouvernement, après les élections présidentielles controversées de septembre 2000. Il exclut néanmoins les crimes économiques, les violations du droit international humanitaire ainsi que les 'sérieuses violations' des droits de l'Homme.

La définition exacte de " sérieuses violations " n'a pas encore été clairement déterminée, mais des responsables publics ont indiqué qu'elle visait à couvrir des crimes tels que le viol et le meurtre qui n'ont rien à avoir avec les combats.

L'amnistie entend surtout couvrir les actes de désertion et de rébellion militaire, ce qui permettrait aux soldats et aux agents de police ayant rejoint les rebelles d'être réincorporés dans les forces de sécurité.

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