| Rapports
sur les relations éthniques /
Reports on Ethnic Relations |
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following section is consisted of part, full or summaries of
articles from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité
ou de résumés d'articles provenant d'origines
diverses (journaux,bulletins, etc..).
08
/ 29 / 2003
IRIN
"Deux
autres généraux détenus dans une vague d’arrestations"
Deux
autres généraux ivoiriens ont été
arrêtés dans le cadre d’une interpellation
de plus de cinquante personnes soupçonnées d'avoir
participé au projet d’assassinat du président
Laurent Gbagbo, ont annoncé des sources militaires ce vendredi.
Le
général Abdoulaye Coulibaly, écarté
de l’armée depuis trois ans, a été
détenu jeudi soir à l’aéroport d’Abidjan
à sa descente d’avion en provenance de Paris où
il a séjourné pendant six semaines, ont précisé
les sources à IRIN.
Le
général Soumaila Diabakate a été interpellé
à son bureau au ministère de la Défense plus
tôt dans la journée, ont-elles ajouté.
Les
deux hommes ont été des figures de proue de la junte
militaire qui s’est emparée du pouvoir en décembre
1999 et a ensuite dirigé cette ancienne colonie française
jusqu’aux présidentielles de l’an 2000 remportées
par M. Gbagbo.
Les
sources militaires ont indiqué que plus de cinquante personnes
ont été détenues en Côte d’Ivoire
pour être interrogées au sujet du complot d’assassinat
présumé, et d’autres arrestations sont en
cours. Un troisième général, Alain Mouandou,
également contrôleur général de la
police, a été détenu mercredi.
La
France a également interpellé onze personnes en
fin de semaine dernière en relation avec le complot. Il
s’agit du sergent-chef Ibrahim Coulibaly, autre protagoniste
important du putsch de 1999 dirigé par le colonel Robert
Gueï, ainsi que de plusieurs mercenaires présumés.
L’un des interpellés à Paris, le chauffeur
de l’ambassade ivoirienne, a été relâché
depuis.
La
Côte d'Ivoire, qui produit quarante pour cent du cacao mondial,
a sombré dans la guerre civile le 19 septembre dernier
à l’issue d’une tentative de coup d’Etat
manqué ourdie par Gueï, tué aux premières
heures de la rébellion.
Les
forces rebelles occupent désormais tout le Nord du pays
et, en dépit de la signature d’un accord de paix
en janvier 2003 ainsi que de la mise en place d’un gouvernement
de réconciliation nationale inclusif en mars, la suspicion
règne entre Gbagbo et ses sympathisants, d’une part,
et les forces rebelles et les partis de l’opposition parlementaires,
d’autre part.
Le
désarmement et la démobilisation des rebelles, dont
le démarrage était prévu le 1er août,
sont donc gelés.
Au
début de cette semaine, Pascal Affi N'Guessan, une importante
personnalité du parti de M.Gbagbo, le Front populaire ivoirien
(FPI), a accusé en vrac le groupe rebelle Mouvement patriotique
de Côte d'Ivoire (MCPI), le premier ministre indépendant,
Seydou Diarra, ainsi que le parti d’opposition, Rassemblement
des républicains (RDR) de l’ancien premier ministre
Alassane Dramane Ouattara, de complicité dans le projet
d’assassinat.
Les
semaines passées, le MPCI, M. Diarra, et tous les principaux
partis d’opposition, ont accusé M. Gbagbo d’entrave
au processus de paix à cause de son refus de nommer des
personnalités consensuelles aux ministères de la
Défense et de l’Intérieur, toujours vacants,
de même que sa résistance à appliquer d’autres
aspects de l’accord de paix négociée sous
l’égide de la France.
Bien
que les rebelles, officiellement appelés ‘Forces
Nouvelles’, disposent de neuf ministres au gouvernement,
ils accusent M. Gbagbo de constituer un obstacle dans l'évolution
du processus de réconciliation.
Le
MPCI a démenti en public toute participation dans la tentative
de déstabilisation et a réitéré son
attachement à l’accord de paix. Il a néanmoins
demandé haut et fort la libération du sergent-chef
Coulibaly, qui entretiendrait des liens étroits avec le
mouvement rebelle.
M.
Diarra, un ancien fonctionnaire public et diplomate, perçu
comme une personnalité politique neutre, porté à
la tête du gouvernement jusqu’à la tenue de
nouvelles élections en 2005, avait jusqu’ici gardé
le silence. Des sources proches du cabinet du premier ministre
ont révélé que ses conseillers étaient
divisés sur l’attitude à adopter : opposer
un démenti public ou garder le silence. Certains craignaient
qu’une déclaration publique de M. Diarra incite le
FPI à le traîner davantage dans la boue.
Un
proche collaborateur de M. Ouattara, qui a été disqualifié
dans la course électorale contre M. Gbagbo aux présidentielles
de l’an 2000 en raison des doutes sur sa nationalité
ivoirienne, a catégoriquement affirmé que ni lui
ni son parti n’avaient rien à avoir avec le complot
présumé. Cissé Bacongo Ouattara, directeur
à Abidjan du cabinet du leader du RDR exilé, a déclaré
pour sa part : "C’est juste un faux prétexte
du FPI pour tourner le dos à Marcoussis" (l’accord
de paix).
La
vague d’arrestations et les accusations assourdissantes
émanant du FPI ont exacerbé la tension dans la capitale
économique, Abidjan, où de nombreux habitants attendent
du président un comportement plus conciliant pour redresser
la situation.
"Tout
dépend de Gbagbo. Lui-seul a le pouvoir d’apaiser
ou d’aggraver la situation", a opiné N'guessan
Yao, un employé du service public qui achetait un billet
de loterie dans une échoppe. Il a déclaré
à IRIN qu’il fallait que le chef de l’Etat
se calme.
Un
conférencier universitaire a averti qu’il existe
un véritable danger d’interruption du processus de
paix si la ligne dure adoptée par M. Gbagbo aboutit au
retrait des ministres rebelles du gouvernement. Selon lui, les
rebelles seraient les grands perdants, avant d’ajouter :
"J’ai peur que les Forces nouvelles commettent des
actes terroristes qui risquent de déstabiliser tout le
monde".
De
nombreux passants consultés par IRIN dans le quartier populaire
de Yopogou ont tout simplement exprimé leur écœurement
devant les luttes politiques de l’année écoulée
qui ont jeté l’économie dans la récession.
"Nous
sommes las de la crise", a commenté Arthur Boga, un
retraité. « C’est juste une querelle de politiciens.
Ils nous ont tous mis dans la merde et on vivrait mieux ici sans
eux"
08
/ 28 / 2003
IRIN
"Un
général de la police arrêté dans le
cadre du complot"
Un
haut fonctionnaire de la police et plusieurs officiers de l’armées
figurent parmi une trentaine de personnes interpellées
en Côte d’Ivoire ces derniers jours après la
découverte d’un complot présumé visant
à assassiner le président Laurent Gbagbo, apprend-on
de sources militaires.
Les
sources ont confirmé les informations parues dans les journaux
d’Abidjan affirmant que le général Alain Mouandou,
contrôleur général de la police nationale,
figurait parmi les personnes détenues depuis la fin de
la semaine.
La
campagne d’arrestation semble se poursuivre. Des sources
proches de sa famille ont indiqué que le major Marcel Koffi
M'Bahia a été emmené de son domicile par
des hommes non identifiés qui ont perquisitionné
la maison dans la nuit de mercredi.
Onze
personnes ont été arrêtées à
la fin de la semaine en France dans une opération en rapport
avec le complot présumé. Il s’agit de l’adjudant
Ibrahim Coulibaly, une personnalité clé dans le
coup d’Etat de 1999 qui avait hissé au pouvoir le
gouvernement militaire éphémère du colonel
Robert Gueï.
L’un
des interpellés en France, le chauffeur de l’ambassade
ivoirienne à Paris, a été relaxé jeudi.
Les autres sont en garde à vue dans le cadre de la loi
de lutte contre le terrorisme et sont accusés de projeter
d’utiliser des mercenaires dans un complot pour déstabiliser
la Côte d’Ivoire.
M.
Coulibaly, en exil au Burkina Faso depuis trois ans maintenant,
a été impliqué dans plusieurs tentatives
de putsch. A une date récente, les autorités l’ont
accusé de participation dans la tentative de putsch du
19 septembre dernier contre Gbagbo, dans laquelle Gueï a
été tué. Le putsch a échoué
mais a conduit à une guerre civile pendant laquelle les
forces rebelles ont pris le contrôle du Nord du pays.
Un
accord de paix conclu en janvier sous l’égide de
la France était supposé mettre fin au conflit et
un gouvernement de réconciliation nationale incluant neuf
ministres rebelles a été formé en mars.
Il
n’en reste pas moins que la méfiance est à
son plus fort entre Gbagbo et le Mouvement patriotique de Côte
d'Ivoire (MPCI). Bien qu’il n’y ait pas eu de combats
entre l’armée nationale et les rebelles depuis avril,
la tension est monté d’un cran ces dernières
semaines et a atteint son paroxysme avec les informations dévoilant
le projet d’assassinat.
Cette
situation fait craindre aux diplomates que la trêve, surveillée
par 4 000 militaires français et par 1 300 hommes de la
force ouest-africaine de maintien de la paix, vole en éclats.
Mercredi,
Pascal Affi N'Guessan, figure de proue du Front populaire ivoirien
(FPI), le parti de Gbagbo, a accusé le premier ministre
Seydou Diarra, ancien diplomate et fonctionnaire public à
la tête du gouvernement de réconciliation nationale,
de complicité dans ce dernier complot.
Dans
la même foulée, il a accusé l’ex-premier
ministre Alassane Dramane Ouattara, un musulman du Nord disqualifié
dans la course aux élections présidentielles de
2000 contre Gbagbo, de participation dans le complot.
La
tension n’a cessé de monter ces derniers mois entre
Diarra et Gbagbo, le premier ministre indépendant ayant
réclamé les pouvoirs nécessaires pour mener
à bien son programme de réconciliation nationale.
Il a également exprimé sa frustration devant le
fait que le présidant n’ait pas nommé de ministres
acceptables par toutes les grandes formations politiques aux postes
délicats de la Défense et de l’Intérieur.
Le
MPCI a insisté que ces ministres soient désignés
avant qu’il commence le désarmement et autorise les
autorités administratives à retourner dans le Nord
du pays.
Le
mouvement rebelle s’est publiquement dissocié de
toute tentative d’assassinat de Gbagbo et de déstabilisation
du gouvernement. Il a également réitéré
son attachement à l’accord de paix conclu en janvier.
Il
n’empêche que le MPCI a lancé une grande campagne
en faveur de la libération de Coulibaly. Mamadou Diomandé,
l’ex-porte parole du MPCI en Europe, a également
été interpellé en France.
08
/ 20 / 2003
IRIN
"Le
gouvernement donne l'ordre de réintégrer les combattants"
Le
gouvernement ivoirien a donné l'ordre de réintégrer
dans les forces armées nationales tous les soldats qui
ont pris les armes contre les autorités étatiques
puis ont déserté les rangs de l'armée, a
annoncé mardi à la télévision nationale
le ministère de la Défense.
La
décision, précise un communiqué du ministère,
s'appliquera à tous les membres des Forces armées
ivoiriennes (FANCI) ayant déserté l'armée
et participé à des actes de rébellion contre
l'Etat. Il s'agit entre autres de soldats qui ont été
menacés de sanctions pour leur participation à une
série d'incidents militaires survenus dans le pays depuis
l'an 2000, y compris à la tentative de coup d'Etat de septembre
2002 qui a plongé le pays dans la crise actuelle.
Le
porte-parole des FANCI, le colonel Aka N'Goran, a indiqué
que l'ordonnance affecte des soldats impliqués dans des
actes contre l'Etat entre le 18 septembre 2000 - date à
laquelle des soldats ont lancé un assaut contre le domicile
du général Robert Guei - et le 10 août 2003.
Les
coups d'Etat manqués et les autres actes de rébellion
ayant marqué cette période vont de l'offensive armée
avortée début janvier 2001, à la violence
pré-électorale en décembre 2000 et jusqu'à
la mutinerie transformée en coup d'Etat le 19 septembre
2002.
Le
porte-parole a refusé de préciser le nombre exact
de soldats que les autorités prévoient de réinsérer.
Bien
qu'elle fut rendue publique mardi, la décision est entrée
en vigueur le 12 août, soit six jours après que le
Parlement ivoirien ait voté à l'unanimité
une loi d'amnistie en faveur de tous les soldats ivoiriens ayant
pris part à des actes de rébellion contre l'Etat.
La
décision intervient après la libération,
le 9 août, de 54 prisonniers politiques, conformément
à la loi d'amnistie. De l'avis de certains analystes, l'amnistie
constitue une nouvelle tentative de la part des autorités
ivoiriennes de mettre en œuvre l'Accord de Linas-Marcoussis
visant à promouvoir la paix et la réconciliation
dans ce pays en proie à la guerre.
L'application
de l'accord, qui porte le nom d'un faubourg de Paris où
il fut signé le 24 janvier, au plus fort du conflit, a
exacerbé les tensions entre le gouvernement de Laurent
Gbagbo, l'armée ivoirienne et les forces rebelles. Les
affrontements ont été interrompus à l'issue
de la déclaration officielle de la fin de guerre le 4 juillet.
En
dépit de la cessation des combats bien avant le 4 juillet,
des désaccords persistent entre le gouvernement ivoirien
et les groupes rebelles au sujet du désarmement des combattants
et des milices armées, ainsi que de la nomination des ministres
de Affaires de la Famille, de la Défense et de la Sécurité
au sein du gouvernement d'unité nationale.
Dans
un discours à la nation mardi, le Premier ministre Seydou
Diarra a réitéré la nécessité
pour toutes les parties d'appliquer l'accord dans son intégralité.
De
son côté, Albert Tévoedjré, Représentant
spécial du Secrétaire-Général de l'ONU,
Kofi Annan, en Côte d'Ivoire, a conduit une mission de haut
niveau à Korgoho, une localité du Nord (qui, avec
Bouaké et Abidjan, a été une des trois localités
attaquées par les forces rebelles le 19 septembre), pour
s'entretenir avec les dirigeants du Mouvement patriotique de Côte
d'Ivoire (MPCI) des efforts tendant à ramener la paix dans
le pays.
Les
ambassadeurs de la France et des Etats-Unis, ainsi que les chefs
des agences de l'ONU, ont participé à la visite
d'un jour.
08
/ 15 / 2003
IRIN
"Plus
de 5 000 travailleurs immigrés ont besoin de nourriture
à Guiglo"
Plus
de 5 000 travailleurs immigrés, comprenant des déplacés
ivoiriens récemment transférés dans un centre
de passage du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
(HCR) à Guiglo, dans l’Ouest ivoirien, auraient besoin
de nourriture, d'eau et d'installations sanitaires, ont déclaré
à IRIN vendredi des responsables humanitaires.
"Il
y a eu une rupture dans notre chaîne alimentaire et on distribue
des rations réduites aux personnes déplacées
à l'intérieur jusqu'à ce que l'on reçoive
notre prochain stock en octobre ", a indiqué à
IRIN une source proche du Programme alimentaire mondial (PAM).
"Nous
ne sommes pas en mesure de leur fournir une nourriture suffisante,
et il y a de fortes chances que d'autres arrivent au centre ",
ont ajouté les sources.
L'agence
a lancé un appel de 3 millions de dollars il y a un mois
pour l'achat de denrées alimentaires pour des milliers
de personnes ayant désespérément besoin d'une
assistance alimentaire, en particulier dans l'Ouest et le Nord
de la Côte d'Ivoire.
Le
groupe, essentiellement constitué de travailleurs immigrés
issus du Burkina Faso, est arrivé au centre de passage
- pouvant héberger 500 personnes - des locaux de la préfecture
et de la municipalité de Guiglo, également confrontés
à un énorme problème d'espace.
Certains
d'entre eux sont arrivés dans ces locaux après avoir
été menacés ou avoir subi des exactions des
habitants locaux dans des localités telles que Toulepleu,
Blolequin and Duékoué ainsi que dans les régions
environnantes, toutes situées dans l'Ouest ivoirien.
Selon
certaines informations, la population locale les empêche
de travailler sur leurs terres ou dans les plantations de café
et de cacao et ce, dans l'objectif de les chasser de la région.
L'afflux des nouveaux arrivants continue, ont confirmé
des responsables humanitaires.
A
Guiglo, "Le Préfet [autorité locale] a rencontré
le chef de ce groupe [de travailleurs immigrés] il y a
deux semaines et leur a dit que le groupe doit vider les lieux
avant les festivités commémorant l'indépendance
", a déclaré vendredi à IRIN le directeur
du bureau du HCR à Guiglo.
"On
a eu des réunions avec le PAM et avec les organisations
non gouvernementales et on s'est rendu compte que la situation
était très fragile ", a-t-il expliqué.
M.
Wamba a indiqué que les agences et les ONG construisaient
de nouveaux sites pour ces déplacés, dont six sont
déjà terminés. " Les abris sont prêts
mais il n'y a pas de latrines ", a-t-il informé. "
Une fois que cela sera fait, nous commencerons alors à
transférer les personnes ", a-t-il ajouté.
L'Organisation
internationale pour les migrations (OIM), qui s'occupait du rapatriement
des personnes déplacées d'autres pays d'Afrique
de l'Ouest, a été saisie de quelques demandes de
rapatriement émanant de ce groupe. Pendant la semaine du
8 août, l'OIM a évacué de Guiglo et de Duékoué
4 427 immigrés ouest-africains vers le Burkina Baso, le
Mali et la Guinée.
08
/ 12 / 2003
IRIN
"54 prisonniers politiques amnistiés"
Le
gouvernement de Côte d'Ivoire a libéré 54
prisonniers politiques, accusés de soutenir les rebelles
qui occupent le Nord du pays, suite à l'application d'une
loi d'amnistie, approuvée par le Parlement la semaine dernière.
Selon
le porte-parole du Ministère de la Justice, 16 soldats
et 38 civils ont été relâchés à
Abidjan samedi dernier. La plupart avait été arrêté
après l'éclatement de la guerre civile en septembre
2002, tandis que d'autres se trouvaient en détention depuis
les troubles liés aux élections présidentielles
de septembre 2000.
Nombre
des amnistiées sont membres du Rassemblement Des Républicains
(RDR), parti d'opposition d'Alassane Ouattara, qui avait trouvé
refuge à l'Ambassade de France au début des combats,
et qui s'est ensuite exilé en France.
M.
Ouattara, un originaire du Nord, qui a servi comme Premier Ministre
sous le premier Président de Côte d'Ivoire Felix
Houphouet Boigny, n'avait pu poser sa candidature aux élections
présidentielles de 2000 au motif qu'il n'était pas
Ivoirien.
Au
nombre des personnalités du RDR libérées
ce week end, figurent Ahmed Bassam, le premier responsable de
ASH, compagnie chargée du ramassage des ordures et du nettoyage
des rues d'Abidjan, et Ali Kéita, responsable des relations
publiques du RDR.
La
loi d'amnistie couvre tous ceux qui ont porté atteinte
à la sûreté de l'Etat depuis les présidentielles
de 2000, et, ouvre la voie à la réintégration,
sans préjudices, des policiers et soldats de la rébellion
au sein des forces de sécurité.
Toutefois,
les crimes économiques et les "sérieuses violations"
des droits humains ne sont pas pris en compte par la loi. Les
officiels du gouvernement ont précisé que ceux qui
ont été responsables de tueries en dehors des situations
de combats, de viols et de pillages, devraient être passibles
de jugement.
Bien
que le gouvernement ait libéré les prisonniers politiques
détenus au début de la guerre, l'échange
des prisonniers de guerre avec les rebelles n'a pas encore eu
lieu. Une source de la Force ouest africaine de maintien de la
paix, dépêchée en renfort des troupes françaises
qui veillent à l'observation d'un cessez-le-feu des parties
en belligérance, a estimé que 200 personnes étaient
concernées.
L'armée
et les rebelles ont échangé les listes de détenus
de guerre lors de la réunion du 29 juillet, qui ont cependant
été rejetées parce qu’incomplètes.
Le gouvernement y avait apposé 50 noms, tandis que les
rebelles en avaient inscrit 44.
Les
sources militaires ont admis que la question de la libération
des prisonniers de guerre serait abordée au cours de la
rencontre du 19 août d'un comité conjoint, formé
du gouvernement et des rebelles.
Malgré
l'absence de combats entre les deux parties durant les 4 mois
écoulés, le processus de démobilisation et
de désarmement progresse péniblement. L'adoption
de la loi d'amnistie était supposée conduire les
rebelles à démobiliser, désarmer et à
permettre aux administrateurs du gouvernement de reprendre fonction
dans les territoires sous contrôle rebelles.
Par
ailleurs, les rebelles continuent de réclamer que les postes
vacants des ministères de la Défense et de l'Intérieur
soient pourvus par des candidats acceptables par toutes les principales
factions politiques dans le pays avant qu'ils ne déposent
les armes.
D'autre
part, le Président Gbagbo a nommé six nouveaux membres
en remaniement du Conseil Constitutionnel, dont la fonction est
de valider l'éligibilité des candidats aux présidentiels.
Des sources de l'opposition ont prétendu que le nouveau
Conseil, dirigé par un magistrat, est entièrement
composé de sympathisants du FPI, parti du Président.
Quoique
le FPI soit le parti le plus largement représenté
au Parlement, il fait partie du gouvernement de coalition de réconciliation
nationale, qui inclut des figures de l'opposition et 9 ministres
nommés par les rebelles.
08
/ 05 / 2003
IRIN
"Une
organisation des droits de l'Homme invite le gouvernement à
enquêter sur les abus"
L'organisation
des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a invité
le gouvernement de la Côte d'Ivoire à immédiatement
démanteler les milices civiles, à établir
une commission internationale d'enquête, dans le but de
mener des investigations sur les abus des droits humains commis
pendant la guerre civile, et à déférer leurs
auteurs devant la justice.
L'organisation
sise à New York a déclaré que des abus ont
été commis par les forces de sécurité,
par les rebelles occupant le Nord du pays ainsi, que par les mercenaires
libériens à la solde des deux côtés
durant les onze mois de conflit.
Un
rapport de 55 pages intitulé : 'Pris entre deux guerres
: Violence contre les civils dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire',
a été publié ce mardi au moment où
le parlement ivoirien examinait un projet de loi d'amnistie pour
les combattants des deux parties.
Le
rapport d'HRW fournit des informations sur les nombreux massacres
de civils qui ont suivi la mutinerie de l'armée en septembre
2002, en particulier dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, où
des miliciens non encadrés et des mercenaires libériens
ont été utilisés par les deux camps.
En
dépit du recul des hostilités dans le reste du pays
en mars, la sécurité demeure précaire près
de la frontière libérienne et ce, malgré
une forte présence dans la région des dispositifs
de maintien de la paix français et ouest-africain.
HRW
a accusé tant le gouvernement que les rebelles d'exécutions
sommaires, de violences sexuelles à l'égard des
femmes et des filles, ainsi que de pillage des possessions civiles.
"Les
milices civiles sont un héritage périlleux de la
guerre, et elles demeurent actives dans certaines parties de l'Ouest
", a déclaré Peter Takirambudde, directeur
exécutif de la Division Afrique d'HRW. "Les désarmer
et les tenir responsables de leurs actes devraient constituer
la première priorité du gouvernement de réconciliation
", a-t-il ajouté.
Lors
d'un incident cité dans le rapport, les combattants libériens
soutenus par le gouvernement ivoirien ont tué au début
du mois de mars de cette année plus de soixante civils
à Bangolo, une localité se trouvant sur la ligne
de front, à 400 km au Nord-Ouest d'Abidjan. Pratiquement
toutes les victimes provenaient des ethnies du Nord ivoirien,
considérées comme étant du côté
des groupes rebelles. Certains ont été fusillés
à bout portant et mains liées, explique le rapport.
Moins
de deux semaines plus tard, poursuit HRW, les rebelles ont attaqué
le village avoisinant de Dah, tuant plus de quarante civils. Citant
des témoins, le rapport précise que certaines victimes
ont été brûlées vives quand leurs maisons
ont été incendiées.
Human
Rights Watch fait état d'un mode de collaboration entre
les forces de sécurité ivoiriennes et les milices
civiles locales selon lequel des civils burkinabè ont parfois
été arrêtés et fusillés au grand
jour en plein centre des villes de l'Ouest comme Duékoué.
L'organisation
affirme que les abus tirent leur origine de la discrimination
ethnique et du climat d'impunité datant des élections
présidentielles et législatives de l'an 2000 pendant
lesquelles plusieurs centaines de personnes ont été
tuées ou blessées par les forces de sécurité
et par leurs collaborateurs civils.
"A
moins qu'il y ait un réel engagement à déterminer
la responsabilité pour les abus par tous les côtés
- aussi bien depuis les élections d'octobre 2000 que pendant
le récent conflit - il est difficile de voir comment cette
société très polarisée peut être
réunifiée", a confié M. Takirambudde.
L'ancien
Premier ministre Alassane Ouattara a été disqualifié
comme candidat présidentiel à ces élections
après que les autorités avaient décrété
qu'il n'était pas Ivoirien mais Burkinabé.
La
guerre civile a éclaté le 19 septembre 2002 à
l'issue d'une mutinerie d'hommes armés au quartier général
de la gendarmerie dans la capitale économique, Abidjan,
tandis que d'autres mutins s'emparaient d'autres villes clé
plus à l'intérieur du pays telles Bouaké
et Korhogo.
Un
accord négocié sous l'égide de la France
en janvier 2003 a abouti à la formation en mars d'un gouvernement
de réconciliation nationale, incluant neuf ministres rebelles.
Cette
semaine, le parlement ivoirien se penche sur un projet de loi
d'amnistie, déjà approuvé par le président
Laurent Gbagbo et par le gouvernement du Premier Ministre indépendant,
Seydou Diarra, qui ouvrirait la voie au désarmement et
à la démobilisation des rebelles.
Le
projet de loi couvre tous les membres du personnel civil et militaire
ayant tenté de renverser le gouvernement, après
les élections présidentielles controversées
de septembre 2000. Il exclut néanmoins les crimes économiques,
les violations du droit international humanitaire ainsi que les
'sérieuses violations' des droits de l'Homme.
La
définition exacte de " sérieuses violations
" n'a pas encore été clairement déterminée,
mais des responsables publics ont indiqué qu'elle visait
à couvrir des crimes tels que le viol et le meurtre qui
n'ont rien à avoir avec les combats.
L'amnistie
entend surtout couvrir les actes de désertion et de rébellion
militaire, ce qui permettrait aux soldats et aux agents de police
ayant rejoint les rebelles d'être réincorporés
dans les forces de sécurité.
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