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Obasanjo, Kufuor attendus à Abidjan jeudi
Le Chef de la police renvoyé après la mort d’un journaliste français
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The following section is consisted of part, full or summaries of articles from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité ou de résumés d'articles provenant d'origines diverses (journaux,bulletins, etc..).


10 / 29 / 2003 

IRIN


"Obasanjo, Kufuor attendus à Abidjan jeudi"

Les présidents de Nigeria et du Ghana sont attendus en visite de travail en Côte d'Ivoire, jeudi, pour discuter des actions urgentes à prendre pour redémarrer le processus de paix du pays en stagnation, ont informé des sources diplomatiques.

Les sources à Abidjan et à Abuja, la capitale nigériane, ont indiqué à IRIN que les Présidents John Kufuor du Ghana et Olusegun Obasanjo du Nigeria viendraient demander au Président Gbagbo, de prendre en considération les trois principales préoccupations des rebelles, qui occupent la moitié nord de la Côte d'Ivoire depuis 13 mois.

Il s'agit de :

- La réforme de l'article 35 de la constitution pour permettre aux ivoiriens avec un parent étranger d'occuper les plus hautes fonctions gouvernementales dont le siège présidentiel.

- La révision du code de la nationalité pour rendre l'obtention de la nationalité ivoirienne plus accessible aux immigrants ouest-africains et leur progéniture .

- La promulgation de nouvelles lois sur le foncier pour attribuer des titres de propriété légaux aux immigrants, qui ont occupé et cultivé des terres pendant plusieurs années avec le consentement de la communauté locale.

Si M. Gbagbo décidait de d'engager des actions législatives aussitôt, la Communauté des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) pourrait convenir d'un sommet de réconciliation entre les leaders rebelles et lui dans la capitale ghanéenne Accra ,la semaine prochaine, ont-ils ajouté.

Le Ghana a abrité deux rencontres du même type plus tôt cette année, pour consolider le processus de paix vacillant en Côte d'Ivoire.

"Si le Président accepte ses propositions, il pourrait se tenir une rencontre Accra III au Ghana dès la semaine prochaine," a estimé une source.

La visite d'un jour, prévue à Abidjan par les leaders ghanéen et nigérian, suit deux semaines d'intenses activités diplomatiques en Afrique de l'Ouest pour empêcher la Côte d'Ivoire de replonger dans un conflit.

Les rebelles ont signé un accord de paix avec les partis politiques dont celui du Président Gbagbo en janvier, et sont entrés dans le gouvernement de large ouverture dit de réconciliation nationale en avril. Toutefois, ils ont repoussé et suspendu les plans de désarmement et de démobilisation le 23 septembre, en protestant que M. Gbagbo refusait la délégation de pouvoir effectif au gouvernement.

Durant les deux semaines passées, le Président Gbagbo a effectué des visites au Ghana et au Nigeria pour discuter de l'impasse, pendant que le leader des rebelles, Guillaume Soro a entrepris une tournée au Burkina Faso, au Ghana, au Nigeria et au Sénégal.

L'opposant ivoirien Alassane Ouattara et l'ancien Président Henri Konan Bédié ont également fait partie de cette locomotive diplomatique.

Un diplomate a estimé que l'obstacle potentiel qui empêcherait une nouvelle rencontre de M. Gbagbo et les rebelles, était l'insistance du Président de soumettre à un référendum les mesures législatives réclamées par les rebelles, et recommandées par les accords de paix de janvier.

Ce qui serait pratiquement impossible puisque le pays est divisé en deux depuis le déclenchement de la guerre civile en septembre 2002.

"Comment pourrait-on organiser un référendum quand le désarmement n'a pas encore commencé ? " s'est demandé un diplomate.


10 / 28 / 2003 

IRIN

"Echec de l’attaque de l’agence de la Banque Centrale au Nord"

Un groupe important d'hommes armés a essayé en vain de s'introduire dans une succursale de la Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) à Korhogo, une la ville sous contrôle rebelle au Nord du pays. Ils ont été cependant repoussés par les commandants rebelles locaux, après d'intenses combats, a expliqué un témoin mardi.

La tentative d'irruption à Korhogo tard dans la nuit de dimanche, suivait une attaque similaire opérée 24 heures avant à l'agence BCEAO de la ville rebelle de Man, à l'Ouest, et l'assaut lancé le 25 septembre contre la branche BCEAO de la capitale rebelle, Bouaké, où 50 milliards de francs CFA ($83 millions de dollars US) ont été dérobés.

Trois témoins de l'attaque de Korhogo ont décrit à IRIN que dans la ville proche de Ouangolodougou, près de la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, les agresseurs étaient des combattants rebelles, loyaux à un seigneur de guerre inconnu, qui demeurait actuellement hors de Côte d'Ivoire. Ils ont précisé que les soi-disant braqueurs de banque sont arrivés en ville en provenance de Bouaké, à bord d'un convoi de 10 véhicules de type pick-up et 4x4.

Toutefois, ils ont été repoussés par les forces loyales aux deux commandants rebelles locaux, connus sous les pseudonymes de "Kosovo" et "Adams." Personne n'a été blessé par les feux croisés des tirs, et la population locale s'est empressée de conspuer les agresseurs défaits, ont révélé les témoins.

Kosovo a déclaré à IRIN lundi, qu'il ne voulait pas de la venue des troupes françaises d'interposition pour aider à ramener l'ordre à Korhogo, comme ce fut le cas à Bouaké et à Man. "Nous n'avons pas besoin de l'armée française parce que nous pouvons nous occuper des choses nous-mêmes," a-t-il affirmé.

Aucun commentaire n'a filtré des officiels, au siège de la BCEAO à Dakar, qui sont restés injoignables à Dakar comme à Abidjan. La BCEAO administre le franc CFA, monnaie utilisée en Côte d'Ivoire et dans la plupart des pays francophones de l'Afrique de l'Ouest.

Les rebelles, officiellement appelés "les forces nouvelles," ont occupé la moitié nord de la Côte d'Ivoire depuis le déclenchement d'une guerre civile en septembre 2002. Ils ont signé un accord de paix avec les partis politiques, dont celui du Président Laurent Gbagbo en janvier, et ont rejoint un gouvernement de large ouverture dit de réconciliation nationale en avril. Cependant, ils refusent jusqu'à présent de désarmer.

Les force nouvelles ont suspendu leur participation au processus de paix le 23 septembre, accusant M. Gbagbo de ne pas déléguer son autorité compétente aux ministres du gouvernement, afin qu'ils puissent diriger leurs différents départements.

La Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a engagé une initiative diplomatique pour réunir à nouveaux les deux parties, pour empêcher que l'impasse ne dégénère et n'aboutisse à la reprise des hostilités.

10 / 27 / 2003 

IRIN


"La force française se déploie à Man après l'attaque d'une banque"

Plus de 100 soldats de la force de maintien de la paix française (la force Licorne) ont été envoyés dans la ville de Man, pour restaurer l'ordre dans cette tumultueuse cité sous contrôle rebelle, dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, suite à l'attaque d'une banque au cours du week-end, a informé lundi le Lieutenant-Colonel Georges Peillon, un porte-parole de la force.

Il a déclaré à IRIN que des intrus se sont introduits avant l'aube de dimanche, dans le bureau de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BECEAO), qui émet et gère le franc CFA, la monnaie en vigueur en Côte d'Ivoire.

Ils ont forcé l'ouverture d'un coffre et ont dérobé des équipements informatiques. Cependant, il n'est pas clairement établi si de l'argent avait été emporté, a-t-il ajouté.

Le mois dernier, 23 personnes ont été tuées au cours d'intenses combats, lorsque des intrus sont entrés par effraction dans une autre branche de la BCEAO, dans la capitale rebelle de Bouaké, et se sont enfuis avec 50 milliards de francs CFA ($83 millions de dollars US) en billets de banque.

Les officiels au siège de la BCEAO en Côte d'Ivoire, à Abidjan, demeurés injoignables, n'ont pu commenter les événements de Man, ville située à 580 km à l’Ouest du pays.

La ville était originellement le siège du MPIGO (Mouvement Populaire Ivoirien du Grand Ouest), l'un des trois mouvements rebelles, qui de concert, contrôlent le Nord de la Côte d'Ivoire, depuis le déclenchement de la guerre civile en septembre 2002. Man a été pendant plusieurs mois le théâtre de plusieurs combats sporadiques entre des factions rivales des rebelles basées dans le district.

Le porte-parole de l'armée française a expliqué que l'attaque de la banque avait été suivie par des échanges de tirs dans la journée de dimanche à Man. Le calme est revenu après l'arrivée des troupes françaises, quelques heures plus tard. Toutefois, un travailleur humanitaire à Man, contacté par téléphone par IRIN, a signalé de nouveaux tirs dans la ville lundi matin.

Gaspard Deli, un commandant supérieur de la rébellion principale du Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), qui avait été envoyé pour restaurer l'ordre à Man plusieurs semaines auparavant, a déclaré à IRIN au téléphone qu'il n'avait aperçu aucune preuve d'intrusion dans la succursale de la BCEAO.

Il a indiqué que les tirs de dimanche étaient simplement le résultat d'un accrochage entre factions rivales dans la ville.

Sidiki Konaté, le porte-parole officiel des rebelles, a nié les articles publiés dans certains journaux ivoiriens, rapportant que la force Licorne désarmerait les combattants rebelles à Man. Il a précisé que leur présence dans la ville serait temporaire.

"Il n'est pas question de désarmer les Forces Nouvelles (rebelles), et encore moins de redéployer les forces françaises de l'Opération Licorne dans notre zone," a spécifié Konaté à IRIN par téléphone, depuis Bouaké.

M. Peillon, le porte-parole de l'armée française de maintien de la paix, forte de 4000 hommes en Côte d'Ivoire, a déclaré : "Nous resterons ici jusqu'à ce que la sécurité soit rétablie."

Des diplomates et des travailleurs humanitaires ont suggéré en privé, que la direction rebelle, financièrement aux abois, pourrait être le commanditaire des deux attaques de la banque. Ils ont également exprimé des craintes concernant la sécurité de l’agence BCEAO de la ville rebelle de Korhogo, près de la frontière nord avec le Burkina Faso.

Les rebelles ont signé un accord de paix sous les auspices de la France en janvier, et ont rejoint un gouvernement de large ouverture dit de réconciliation nationale en avril. Cependant, ils ont suspendu leur participation au processus de paix le 23 septembre, se plaignant que M. Gbagbo avait failli à la délégation de ses pouvoirs au gouvernement.

Depuis lors, la situation politique en Côte d'Ivoire est bloquée et la tension perdure. La Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) tente d'organiser depuis deux semaines un sommet de réconciliation entre M. Gbagbo et les rebelles pour briser la glace.


10 / 24 / 2003 

IRIN


"Le Chef de la police renvoyé après la mort d’un journaliste français"

Le gouvernement de Côte d'Ivoire a congédié le Chef de la police, à la suite du meurtre du journaliste de la radio française, Jean Hélène, tué de sang-froid par un agent de police à Abidjan.

Le gouvernement a annoncé le transfert de la dépouille du correspondant de Radio France Internationale (RFI), dans la nuit de jeudi, aéroportée par un avion militaire français.

Selon des témoins, le sergent de police Théodore Séry Dago a tiré à bout portant sur Hélène, à l’extérieur des locaux du siège de la police, mardi nuit, pendant que le journaliste attendait d’interviewer un groupe de militants de l’opposition qui étaient sur le point d’être libérés, après plusieurs jours de détention.

Le policier a été désarmé et immédiatement mis aux arrêts par ses collègues. Il a comparu devant la cour martiale, vendredi, sous l’inculpation de meurtre.

Le Procureur militaire, Ange Kessi, a déclaré : "C’est un crime crapuleux qui n’avait aucune justification militaire ou morale… Je peux dire qu’il risque 20 ans de prison, compte tenu des faits en présence."

Le gouvernement a annoncé, à la sortie du Conseil des ministres jeudi, que le Général Adolphe Baby avait été relevé de ses fonctions de Directeur Général de la police nationale, au lendemain de cet accident, et serait remplacé par le Colonel Yapo Kouassi.

Par ailleurs, le Ministre de la sécurité intérieure, Martin Bléou, a rapidement nié les suppositions, selon lesquelles, Séry Dago exécutait des ordres lorsqu’il a tué le journaliste.

"Les premiers résultats de l’enquête en cours, indiquent qu’il a agi de son propre chef. Il a même désobéi aux instructions de ses supérieurs," a répondu M. Bléou aux journalistes. "C’est un meurtre délibéré et la procédure (d’investigation) ne prendra pas plus de deux semaines."

Interrogé par IRIN sur le pourquoi du licenciement du Chef de la police, alors que le gouvernement croyait que Séry Dago, âgé de 28 ans avait agi seul, le Président Laurent Gbagbo a admis que c’était une décision politique que le gouvernement était en droit de prendre.

M. Gbagbo a émis cette remarque au cours d’une rencontre avec la presse étrangère en Côte d'Ivoire, vendredi nuit. Il a exprimé ses regrets quant au meurtre du journaliste français, ajoutant qu’il ne pouvait “trouver aucune explication » pour qualifier cet assassinat. Il a donné l’assurance que le policier serait jugé pour ce crime.

M. Gbagbo a toutefois relevé que : "C’est la guerre et en temps de guerre les gens deviennent passionnés." questionné à maintes reprises sur la garantie de sécuriser des journalistes étrangers en Côte d'Ivoire, le président a évité de s’engager dans des mesures concrètes.

Il a suggéré à la place que les correspondants étrangers dans le pays, qui ont été accusés par les médias locaux de la frange pro-gouvernementale de faire l’apologie des rebelles occupant le Nord du pays, rencontrent la presse ivoirienne pour discuter de leurs différences.

Des sources de la police ont révélé à IRIN que M. Bléou avait voulu se débarrasser de M. Baby, depuis son accession le mois dernier au ministère de la Sécurité Intérieur, pour son incapacité à juguler la corruption et le comportement délictueux de ses officiers.

Ils ont indiqué que l’assassinat d’un chauffeur de taxi à Abidjan par un policier qui réclamait des dessous de table, faisait partie des points de litige. Cette mort a débouché sur une grève de deux jours des transporteurs.

Cette semaine, le meurtre du journaliste français a été la goutte d’eau finale.

Dans l’intervalle, le Sénégal a ordonné l’expulsion de la correspondante de RFI, Sophie Malibeaux, vendredi, accusée de faire une couverture tendancieuse de la rebellions séparatiste dans la région australe de la Casamance.

L’expulsion a été émise le 7 octobre, et confirmée par le Président Abdoulaye Wade, après une rencontre avec les instances dirigeantes de RFI à Dakar, le mercredi dernier. Des sources témoins des échanges les ont qualifiés d’"orageux."

Alpha Sall, le Secrétaire général de l’Union des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest a condamné l’expulsion de Malbeaux du pays qui a la réputation d’avoir la meilleure tolérance d’opinion en Afrique. " Les lignes dures des régimes de la région seront perçues comme un signal d’encouragement pour rendre la vie plus dure à la presse. » a-t-il averti.

L’observatoire international de la liberté de la presse, Reporters Sans Frontières (RSF) a également condamné l’expulsion de Malbeaux. "Ce pays a été pendant de nombreuses années un exemple à suivre en matière de liberté de la presse», a déclaré le Secrétaire général de RSF, Robert Ménard. "La situation commence à se détériorer de manière inquiétante. »

10 / 20 / 2003 

IRIN


"Le Ghana à la rescousse"

Le Président ghanéen John Kufuor prévoit d'organiser un sommet à Accra, qui réunirait le Président ivoirien Laurent Gbagbo et les rebelles, pour débloquer le processus de paix en Côte d'Ivoire dans l'impasse depuis le mois passé, ont révélé des sources diplomatiques.

La rencontre préconisée pourrait avoir lieu à la fin de ce mois ou au début du mois de novembre, dans l'objectif de persuader les rebelles de reprendre leur participation dans le gouvernement de réconciliation nationale de Côte d'Ivoire, et de commencer le processus reporté de désarmement et de démobilisation, ont-elles ajouté.

Les sources ont expliqué que M. Kufuor était le fer de lance de cette initiative de rassemblement des deux parties, compte-tenu de sa responsabilité de Président de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui a déployé 1,300 troupes de maintien de la paix en Côte d'Ivoire. le pays de M. Kufuor a accueilli deux précédentes rencontres entre M. Gbagbo et les rebelles au début de l'année.

Les sources ont indiqué que les Nations-Unies était étroitement engagées dans cette initiative, ce conduisant M. Gbagbo à s'envoler dimanche pour la ville d'Akosombo, à 100 km au nord d'Accra, pour rencontrer M. Kufuor, avant de poursuivre son périple au Nigeria pour rendre visite à Olusegun Obasanjo, le Président de la superpuissance régionale.

Son voyage est intervenu après des discussions entre M. Kufuor et l'Envoyé Spécial de l'ONU en Côte d'Ivoire, Albert Tevoedjre, samedi, pendant que l'opposant ivoirien Alassane Ouattara était de passage à l'aéroport d'Accra.

"Il y a un désaccord et des accrocs, et nos tentatives visent à débloquer ce qui est bloqué," a expliqué à IRIN Ralph Uwechue, l'Envoyé Spécial de la CEDEAO en Côte d'Ivoire, qui a accompagné M. Teveoedjre à Accra.

"Nous avons réalisé que nous devions prendre action pour persuader les forces nouvelles (rebelles) à examiner très rapidement la question."

Dans l'intervalle, des sources de la police ivoirienne ont informé lundi, que le gouvernement avait procédé à l'arrestation de onze autres personnes au cours du week-end, en relation avec les allégations de complot d'assassinat du Président Gbagbo en Août.

Le gouvernement a indiqué le mois dernier détenir 18 personnes impliquées dans ce complot, dont un Commandant supérieur de la police et un Général de l'armée. Les dernières arrestations portent le nombre des suspects à 29 personnes, officiellement détenues en Côte d'Ivoire.

Treize autres personnes avaient été appréhendées en France lors de la découverte du complot en août, incluant Ibrahim Coulibaly, un ancien Sergent de l'armée ivoirienne qui a été impliqué dans plusieurs tentatives de coup d'état. EIles ont été depuis relâchées.

Une source du gouvernement ivoirien a dévoilé que le ballet diplomatique du week-end dernier a enregistré le voyage des Présidents du Togo et du Bénin à Tripoli, pour demander au leader libyen Muammar Khaddafi, de mettre la pression sur son proche allié, Blaise Compaoré du Burkina Faso, afin de renvoyer les rebelles ivoiriens à la table des négociations.

Les rebelles qui occupent le Nord de la Côte d'Ivoire, ont signé un accord de paix en janvier. Toutefois, ils ont suspendu leur participation au processus de paix le 23 septembre, en protestant contre ce qu'ils présentent comme le refus du Président Gbagbo de céder ses pouvoirs au gouvernement de réconciliation nationale.

M. Compaoré est largement considéré comme un sympathisant des rebelles qui dépendent du Burkina Faso pour la plupart de leurs relations avec le monde extérieur. Des sources diplomatiques ont évoqué la présence du leader des rebelles, Guillaume Soro, dans la capitale Burkinabè, Ouagadougou, lundi.

M. Gbagbo a déclaré que la CEDEAO mettait la pression sur toutes les parties pour qu'elles reprennent leurs sens et désamorcent l'impasse, avant que la situation ne se détériore et profite à la reprise des hostilités.

"Au Président Gbagbo, nous lui avons dit qu'il était le Président de tout le pays, par conséquent, il a besoin d'avoir une "patience élastique", puis aux rebelles, nous avons dit qu'ils étaient jeunes et qu'ils ne devaient pas détruire leur futur héritage," a-t-il rapporté.

M. Gbagbo a lui-même essayé de détendre l'atmosphère de tension au cours du week-end, en déclarant aux journalistes à l'issue de sa rencontre avec M. Kufuor, que malgré les difficultés dans le processus de paix, un accord de cessez-le-feu avec les rebelles avait fermement tenu pratiquement six mois, et qu'il rentrait "heureux".

Cependant, M. Uwechue a insisté que la situation en Côte d'Ivoire demeurait toujours dangereusement instable. "Ceux qui ont les armes les ont baissées, mais ils les détiennent toujours," a-t-il précisé à IRIN.

La semaine dernière, le gouvernement a interdit toutes les manifestations pendant trois mois, et a ordonné le démantèlement d'un groupe de jeunes à vocation de milice, qui a été accusé d'avoir saccagé à Abidjan les locaux des compagnies de l'eau, de l'électricité et de cellulaires appartenant à des multinationales françaises, au cours d'une marche de protestation contre le refus des rebelles de désarmer.

Le Front Populaire Ivoirien (FPI) de M. Gbagbo, qui est proche de la ligne dure des groupes de jeunes, les "Jeunes Patriotes", a souvent accusé la France de soutenir la cause des rebelles.


ABIDJAN, le 17 octobre (IRIN) -
"Interdiction de manifester pendant 3 mois ; dissolution d’un groupe de jeunesse"
Le gouvernement de Côte d'Ivoire a interdit les marches et démonstrations publiques sur 3 mois, pour essayer de calmer la tension, pendant qu’il tente de convaincre les rebelles, occupant le Nord du pays, de reprendre leur participation au sein gouvernement, et d’amorcer le désarmement.

Il a aussi requis la dissolution de l’un des multiples groupes de la ligne dure des jeunes, qui a été associé à une violente manifestation anti-rebelle la semaine dernière.

Les deux mesures ont été annoncées à l’issue du Conseil des ministres, dans la nuit de jeudi.

L’effet immédiat de cette interdiction sera de prévenir les groupes de jeunesse, proches du Président Laurent Gbagbo et de son parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI), de manifester contre les rebelles à Tiébissou, au Centre du pays, samedi. Tiébissou est située sur la ligne de front entre la zone gouvernementale du Sud et la région du Nord, sous occupation rebelle.

L’interdiction empêchera également deux des trois principaux partis représentés au parlement, de tenir une manifestation prévue à Abidjan, pour soutenir un accord de paix signé entre les partis politiques et les rebelles, sous les auspices de la France, en janvier. Aucune date n’avait été précisée pour la marche, mais la ligne dure des groupes de jeunesse, dénommée « Jeunes Patriotes », avait menacé de s’y opposer.

L’accord de paix de janvier a associé les rebelles à un gouvernement de réconciliation nationale en avril, mais ces derniers ont suspendu leur participation à cette coalition de large ouverture le 23 septembre, alléguant que le Président Gbagbo refusait de déléguer ses pouvoirs au Premier ministre indépendant Seydou Diarra et à son équipe. Huit des neuf ministres rebelles se sont en conséquence retirés du gouvernement, pour se retrancher dans leur base de Bouaké, au Centre de la Côte d'Ivoire.

Depuis lors, un malaise généré par l’impasse existe entre les deux camps, séparés par la force d’interposition française de 5,000 hommes.

Toutefois, les Jeunes Patriotes se font de plus en plus entendre, car l’impasse perdure.

Au cours des manifestations à Abidjan, jeudi et vendredi de la semaine dernière, des manifestants ont attaqué les bureaux des services de l’eau, de l’électricité ainsi que la société de téléphone mobile Orange et ses échoppes, tous appartenant à des multinationales françaises. Les leaders du FPI ont régulièrement accusé la France de favoriser les rebelles dans la guerre civile qui a éclaté en septembre 2002.

Le gouvernement a ordonné la dissolution immédiate de l’une des branches dures des groupes de jeunes, appelé Groupement des Jeunes Patriotes (GPP), indiquant que ses membres avaient utilisé des cartes d’identité semblables à celles des forces de sécurité. Le GPP a été largement accusé d’être responsable des dommages causés par les manifestations de la semaine dernière.

Par ailleurs, le gouvernement n’a pris aucune action contre les autres organisations de Jeunes Patriotes, qui, selon des sources diplomatiques ont recruté environ 20,000 membres dans diverses villes de Côte d'Ivoire. Ils procèdent à des entraînements de style militaire, ouvertement, et certains se targuent d’avoir accès à des armes. D’autres encore seraient impliqués dans le harcèlement des immigrants de la sous-région ouest-africaine.

Charles Blé Goudé, le leader du COJEP, l’une des 3 principales fédérations des Jeunes Patriotes, a déclaré à IRIN vendredi, qu’il acceptait l’interdiction du gouvernement et a suspendu les projets de marche à Tiébissou.

Blé Goudé, qui apparaît en public souvent protégé par des gardes de corps policiers, a spécifié : “ J’obéirai à la décision prise par le Conseil des ministres et la nuit dernière, j’ai demandé à mes amis qui était déjà sur les lieux de revenir à Abidjan, parce que nous devons respecter les institutions de la république."

Charles Groguhet, un leader de l’organisation désormais interdite, GPP, a condamné les troubles des manifestations de la semaine dernière causés, selon lui, par des « rebelles infiltrés » dans son mouvement.

Des diplomates ont relevé que la dissolution du GPP et les 3 mois de suspension des manifestations étaient l’œuvre des nouveaux ministres de la Défense et de la Sécurité. Les deux hommes, indépendant politiquement, ont ainsi démontré leur indépendance du Président et du FPI, ont-ils noté.

Le 13 septembre, René Amani a été nommé Ministre de la Défense et Martin Bléou Ministre de la Sécurité Intérieure, remplissant les postes vacants depuis 6 mois, durant lesquels, M. Gbagbo a consulté les autres partis politiques pour désigner ceux qui devaient être nommés.

Leur nomination devait ouvrir la voie au désarmement des rebelles et permettre le retour de l’administration dans le Nord de la Côte d'Ivoire. Toutefois, 10 jours plus tard, les rebelles ont suspendu leur participation dans le gouvernement et bloqué le processus de désarmement.

Le porte-parole des rebelles, Sidiki Konaté, a indiqué à IRIN qu’il n’était pas impressionné par les dernières mesures du gouvernement. Il a particulièrement critiqué l’interdiction de manifester. "L’existence d’un petit groupe dont la police ou la gendarmerie devrait avoir le contrôle ne suffit pas à interdire toutes les manifestations" a-t-il remarqué.

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