| Rapports
sur les relations éthniques /
Reports on Ethnic Relations |
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The
following section is consisted of part, full or summaries of
articles from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité
ou de résumés d'articles provenant d'origines
diverses (journaux,bulletins, etc..).
10
/ 29 / 2003
IRIN
"Obasanjo, Kufuor attendus à
Abidjan jeudi"
Les présidents de Nigeria et du Ghana sont attendus en
visite de travail en Côte d'Ivoire, jeudi, pour discuter
des actions urgentes à prendre pour redémarrer le
processus de paix du pays en stagnation, ont informé des
sources diplomatiques.
Les
sources à Abidjan et à Abuja, la capitale nigériane,
ont indiqué à IRIN que les Présidents John
Kufuor du Ghana et Olusegun Obasanjo du Nigeria viendraient demander
au Président Gbagbo, de prendre en considération
les trois principales préoccupations des rebelles, qui
occupent la moitié nord de la Côte d'Ivoire depuis
13 mois.
Il
s'agit de :
-
La réforme de l'article 35 de la constitution pour permettre
aux ivoiriens avec un parent étranger d'occuper les plus
hautes fonctions gouvernementales dont le siège présidentiel.
-
La révision du code de la nationalité pour rendre
l'obtention de la nationalité ivoirienne plus accessible
aux immigrants ouest-africains et leur progéniture .
-
La promulgation de nouvelles lois sur le foncier pour attribuer
des titres de propriété légaux aux immigrants,
qui ont occupé et cultivé des terres pendant plusieurs
années avec le consentement de la communauté locale.
Si
M. Gbagbo décidait de d'engager des actions législatives
aussitôt, la Communauté des Etats de l'Afrique de
l'ouest (CEDEAO) pourrait convenir d'un sommet de réconciliation
entre les leaders rebelles et lui dans la capitale ghanéenne
Accra ,la semaine prochaine, ont-ils ajouté.
Le
Ghana a abrité deux rencontres du même type plus
tôt cette année, pour consolider le processus de
paix vacillant en Côte d'Ivoire.
"Si
le Président accepte ses propositions, il pourrait se tenir
une rencontre Accra III au Ghana dès la semaine prochaine,"
a estimé une source.
La
visite d'un jour, prévue à Abidjan par les leaders
ghanéen et nigérian, suit deux semaines d'intenses
activités diplomatiques en Afrique de l'Ouest pour empêcher
la Côte d'Ivoire de replonger dans un conflit.
Les
rebelles ont signé un accord de paix avec les partis politiques
dont celui du Président Gbagbo en janvier, et sont entrés
dans le gouvernement de large ouverture dit de réconciliation
nationale en avril. Toutefois, ils ont repoussé et suspendu
les plans de désarmement et de démobilisation le
23 septembre, en protestant que M. Gbagbo refusait la délégation
de pouvoir effectif au gouvernement.
Durant
les deux semaines passées, le Président Gbagbo a
effectué des visites au Ghana et au Nigeria pour discuter
de l'impasse, pendant que le leader des rebelles, Guillaume Soro
a entrepris une tournée au Burkina Faso, au Ghana, au Nigeria
et au Sénégal.
L'opposant
ivoirien Alassane Ouattara et l'ancien Président Henri
Konan Bédié ont également fait partie de
cette locomotive diplomatique.
Un
diplomate a estimé que l'obstacle potentiel qui empêcherait
une nouvelle rencontre de M. Gbagbo et les rebelles, était
l'insistance du Président de soumettre à un référendum
les mesures législatives réclamées par les
rebelles, et recommandées par les accords de paix de janvier.
Ce
qui serait pratiquement impossible puisque le pays est divisé
en deux depuis le déclenchement de la guerre civile en
septembre 2002.
"Comment
pourrait-on organiser un référendum quand le désarmement
n'a pas encore commencé ? " s'est demandé un
diplomate.
10 / 28 / 2003
IRIN
"Echec
de l’attaque de l’agence de la Banque Centrale au
Nord"
Un groupe important d'hommes armés a essayé en vain
de s'introduire dans une succursale de la Banque Centrale des
Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) à Korhogo, une la ville
sous contrôle rebelle au Nord du pays. Ils ont été
cependant repoussés par les commandants rebelles locaux,
après d'intenses combats, a expliqué un témoin
mardi.
La
tentative d'irruption à Korhogo tard dans la nuit de dimanche,
suivait une attaque similaire opérée 24 heures avant
à l'agence BCEAO de la ville rebelle de Man, à l'Ouest,
et l'assaut lancé le 25 septembre contre la branche BCEAO
de la capitale rebelle, Bouaké, où 50 milliards
de francs CFA ($83 millions de dollars US) ont été
dérobés.
Trois
témoins de l'attaque de Korhogo ont décrit à
IRIN que dans la ville proche de Ouangolodougou, près de
la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, les agresseurs
étaient des combattants rebelles, loyaux à un seigneur
de guerre inconnu, qui demeurait actuellement hors de Côte
d'Ivoire. Ils ont précisé que les soi-disant braqueurs
de banque sont arrivés en ville en provenance de Bouaké,
à bord d'un convoi de 10 véhicules de type pick-up
et 4x4.
Toutefois,
ils ont été repoussés par les forces loyales
aux deux commandants rebelles locaux, connus sous les pseudonymes
de "Kosovo" et "Adams." Personne n'a été
blessé par les feux croisés des tirs, et la population
locale s'est empressée de conspuer les agresseurs défaits,
ont révélé les témoins.
Kosovo
a déclaré à IRIN lundi, qu'il ne voulait
pas de la venue des troupes françaises d'interposition
pour aider à ramener l'ordre à Korhogo, comme ce
fut le cas à Bouaké et à Man. "Nous
n'avons pas besoin de l'armée française parce que
nous pouvons nous occuper des choses nous-mêmes," a-t-il
affirmé.
Aucun
commentaire n'a filtré des officiels, au siège de
la BCEAO à Dakar, qui sont restés injoignables à
Dakar comme à Abidjan. La BCEAO administre le franc CFA,
monnaie utilisée en Côte d'Ivoire et dans la plupart
des pays francophones de l'Afrique de l'Ouest.
Les
rebelles, officiellement appelés "les forces nouvelles,"
ont occupé la moitié nord de la Côte d'Ivoire
depuis le déclenchement d'une guerre civile en septembre
2002. Ils ont signé un accord de paix avec les partis politiques,
dont celui du Président Laurent Gbagbo en janvier, et ont
rejoint un gouvernement de large ouverture dit de réconciliation
nationale en avril. Cependant, ils refusent jusqu'à présent
de désarmer.
Les
force nouvelles ont suspendu leur participation au processus de
paix le 23 septembre, accusant M. Gbagbo de ne pas déléguer
son autorité compétente aux ministres du gouvernement,
afin qu'ils puissent diriger leurs différents départements.
La
Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)
a engagé une initiative diplomatique pour réunir
à nouveaux les deux parties, pour empêcher que l'impasse
ne dégénère et n'aboutisse à la reprise
des hostilités.
10
/ 27 / 2003
IRIN
"La force française se déploie
à Man après l'attaque d'une banque"
Plus de 100 soldats de la force de maintien de la paix française
(la force Licorne) ont été envoyés dans la
ville de Man, pour restaurer l'ordre dans cette tumultueuse cité
sous contrôle rebelle, dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire,
suite à l'attaque d'une banque au cours du week-end, a
informé lundi le Lieutenant-Colonel Georges Peillon, un
porte-parole de la force.
Il
a déclaré à IRIN que des intrus se sont introduits
avant l'aube de dimanche, dans le bureau de la Banque Centrale
des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BECEAO), qui émet et
gère le franc CFA, la monnaie en vigueur en Côte
d'Ivoire.
Ils
ont forcé l'ouverture d'un coffre et ont dérobé
des équipements informatiques. Cependant, il n'est pas
clairement établi si de l'argent avait été
emporté, a-t-il ajouté.
Le
mois dernier, 23 personnes ont été tuées
au cours d'intenses combats, lorsque des intrus sont entrés
par effraction dans une autre branche de la BCEAO, dans la capitale
rebelle de Bouaké, et se sont enfuis avec 50 milliards
de francs CFA ($83 millions de dollars US) en billets de banque.
Les
officiels au siège de la BCEAO en Côte d'Ivoire,
à Abidjan, demeurés injoignables, n'ont pu commenter
les événements de Man, ville située à
580 km à l’Ouest du pays.
La
ville était originellement le siège du MPIGO (Mouvement
Populaire Ivoirien du Grand Ouest), l'un des trois mouvements
rebelles, qui de concert, contrôlent le Nord de la Côte
d'Ivoire, depuis le déclenchement de la guerre civile en
septembre 2002. Man a été pendant plusieurs mois
le théâtre de plusieurs combats sporadiques entre
des factions rivales des rebelles basées dans le district.
Le
porte-parole de l'armée française a expliqué
que l'attaque de la banque avait été suivie par
des échanges de tirs dans la journée de dimanche
à Man. Le calme est revenu après l'arrivée
des troupes françaises, quelques heures plus tard. Toutefois,
un travailleur humanitaire à Man, contacté par téléphone
par IRIN, a signalé de nouveaux tirs dans la ville lundi
matin.
Gaspard
Deli, un commandant supérieur de la rébellion principale
du Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), qui avait
été envoyé pour restaurer l'ordre à
Man plusieurs semaines auparavant, a déclaré à
IRIN au téléphone qu'il n'avait aperçu aucune
preuve d'intrusion dans la succursale de la BCEAO.
Il
a indiqué que les tirs de dimanche étaient simplement
le résultat d'un accrochage entre factions rivales dans
la ville.
Sidiki
Konaté, le porte-parole officiel des rebelles, a nié
les articles publiés dans certains journaux ivoiriens,
rapportant que la force Licorne désarmerait les combattants
rebelles à Man. Il a précisé que leur présence
dans la ville serait temporaire.
"Il
n'est pas question de désarmer les Forces Nouvelles (rebelles),
et encore moins de redéployer les forces françaises
de l'Opération Licorne dans notre zone," a spécifié
Konaté à IRIN par téléphone, depuis
Bouaké.
M.
Peillon, le porte-parole de l'armée française de
maintien de la paix, forte de 4000 hommes en Côte d'Ivoire,
a déclaré : "Nous resterons ici jusqu'à
ce que la sécurité soit rétablie."
Des
diplomates et des travailleurs humanitaires ont suggéré
en privé, que la direction rebelle, financièrement
aux abois, pourrait être le commanditaire des deux attaques
de la banque. Ils ont également exprimé des craintes
concernant la sécurité de l’agence BCEAO de
la ville rebelle de Korhogo, près de la frontière
nord avec le Burkina Faso.
Les
rebelles ont signé un accord de paix sous les auspices
de la France en janvier, et ont rejoint un gouvernement de large
ouverture dit de réconciliation nationale en avril. Cependant,
ils ont suspendu leur participation au processus de paix le 23
septembre, se plaignant que M. Gbagbo avait failli à la
délégation de ses pouvoirs au gouvernement.
Depuis
lors, la situation politique en Côte d'Ivoire est bloquée
et la tension perdure. La Communauté Economique des Etats
de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) tente d'organiser depuis deux
semaines un sommet de réconciliation entre M. Gbagbo et
les rebelles pour briser la glace.
10 / 24 / 2003
IRIN
"Le Chef de la police
renvoyé après la mort d’un journaliste français"
Le gouvernement de Côte d'Ivoire a congédié
le Chef de la police, à la suite du meurtre du journaliste
de la radio française, Jean Hélène, tué
de sang-froid par un agent de police à Abidjan.
Le
gouvernement a annoncé le transfert de la dépouille
du correspondant de Radio France Internationale (RFI), dans la
nuit de jeudi, aéroportée par un avion militaire
français.
Selon
des témoins, le sergent de police Théodore Séry
Dago a tiré à bout portant sur Hélène,
à l’extérieur des locaux du siège de
la police, mardi nuit, pendant que le journaliste attendait d’interviewer
un groupe de militants de l’opposition qui étaient
sur le point d’être libérés, après
plusieurs jours de détention.
Le
policier a été désarmé et immédiatement
mis aux arrêts par ses collègues. Il a comparu devant
la cour martiale, vendredi, sous l’inculpation de meurtre.
Le
Procureur militaire, Ange Kessi, a déclaré : "C’est
un crime crapuleux qui n’avait aucune justification militaire
ou morale… Je peux dire qu’il risque 20 ans de prison,
compte tenu des faits en présence."
Le
gouvernement a annoncé, à la sortie du Conseil des
ministres jeudi, que le Général Adolphe Baby avait
été relevé de ses fonctions de Directeur
Général de la police nationale, au lendemain de
cet accident, et serait remplacé par le Colonel Yapo Kouassi.
Par
ailleurs, le Ministre de la sécurité intérieure,
Martin Bléou, a rapidement nié les suppositions,
selon lesquelles, Séry Dago exécutait des ordres
lorsqu’il a tué le journaliste.
"Les
premiers résultats de l’enquête en cours, indiquent
qu’il a agi de son propre chef. Il a même désobéi
aux instructions de ses supérieurs," a répondu
M. Bléou aux journalistes. "C’est un meurtre
délibéré et la procédure (d’investigation)
ne prendra pas plus de deux semaines."
Interrogé
par IRIN sur le pourquoi du licenciement du Chef de la police,
alors que le gouvernement croyait que Séry Dago, âgé
de 28 ans avait agi seul, le Président Laurent Gbagbo a
admis que c’était une décision politique que
le gouvernement était en droit de prendre.
M.
Gbagbo a émis cette remarque au cours d’une rencontre
avec la presse étrangère en Côte d'Ivoire,
vendredi nuit. Il a exprimé ses regrets quant au meurtre
du journaliste français, ajoutant qu’il ne pouvait
“trouver aucune explication » pour qualifier cet assassinat.
Il a donné l’assurance que le policier serait jugé
pour ce crime.
M.
Gbagbo a toutefois relevé que : "C’est la guerre
et en temps de guerre les gens deviennent passionnés."
questionné à maintes reprises sur la garantie de
sécuriser des journalistes étrangers en Côte
d'Ivoire, le président a évité de s’engager
dans des mesures concrètes.
Il
a suggéré à la place que les correspondants
étrangers dans le pays, qui ont été accusés
par les médias locaux de la frange pro-gouvernementale
de faire l’apologie des rebelles occupant le Nord du pays,
rencontrent la presse ivoirienne pour discuter de leurs différences.
Des
sources de la police ont révélé à
IRIN que M. Bléou avait voulu se débarrasser de
M. Baby, depuis son accession le mois dernier au ministère
de la Sécurité Intérieur, pour son incapacité
à juguler la corruption et le comportement délictueux
de ses officiers.
Ils
ont indiqué que l’assassinat d’un chauffeur
de taxi à Abidjan par un policier qui réclamait
des dessous de table, faisait partie des points de litige. Cette
mort a débouché sur une grève de deux jours
des transporteurs.
Cette
semaine, le meurtre du journaliste français a été
la goutte d’eau finale.
Dans
l’intervalle, le Sénégal a ordonné
l’expulsion de la correspondante de RFI, Sophie Malibeaux,
vendredi, accusée de faire une couverture tendancieuse
de la rebellions séparatiste dans la région australe
de la Casamance.
L’expulsion
a été émise le 7 octobre, et confirmée
par le Président Abdoulaye Wade, après une rencontre
avec les instances dirigeantes de RFI à Dakar, le mercredi
dernier. Des sources témoins des échanges les ont
qualifiés d’"orageux."
Alpha
Sall, le Secrétaire général de l’Union
des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest a condamné
l’expulsion de Malbeaux du pays qui a la réputation
d’avoir la meilleure tolérance d’opinion en
Afrique. " Les lignes dures des régimes de la région
seront perçues comme un signal d’encouragement pour
rendre la vie plus dure à la presse. » a-t-il averti.
L’observatoire
international de la liberté de la presse, Reporters Sans
Frontières (RSF) a également condamné l’expulsion
de Malbeaux. "Ce pays a été pendant de nombreuses
années un exemple à suivre en matière de
liberté de la presse», a déclaré le
Secrétaire général de RSF, Robert Ménard.
"La situation commence à se détériorer
de manière inquiétante. »
10
/ 20 / 2003
IRIN
"Le Ghana à la rescousse"
Le Président ghanéen John Kufuor prévoit
d'organiser un sommet à Accra, qui réunirait le
Président ivoirien Laurent Gbagbo et les rebelles, pour
débloquer le processus de paix en Côte d'Ivoire dans
l'impasse depuis le mois passé, ont révélé
des sources diplomatiques.
La
rencontre préconisée pourrait avoir lieu à
la fin de ce mois ou au début du mois de novembre, dans
l'objectif de persuader les rebelles de reprendre leur participation
dans le gouvernement de réconciliation nationale de Côte
d'Ivoire, et de commencer le processus reporté de désarmement
et de démobilisation, ont-elles ajouté.
Les
sources ont expliqué que M. Kufuor était le fer
de lance de cette initiative de rassemblement des deux parties,
compte-tenu de sa responsabilité de Président de
la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest
(CEDEAO), qui a déployé 1,300 troupes de maintien
de la paix en Côte d'Ivoire. le pays de M. Kufuor a accueilli
deux précédentes rencontres entre M. Gbagbo et les
rebelles au début de l'année.
Les
sources ont indiqué que les Nations-Unies était
étroitement engagées dans cette initiative, ce conduisant
M. Gbagbo à s'envoler dimanche pour la ville d'Akosombo,
à 100 km au nord d'Accra, pour rencontrer M. Kufuor, avant
de poursuivre son périple au Nigeria pour rendre visite
à Olusegun Obasanjo, le Président de la superpuissance
régionale.
Son
voyage est intervenu après des discussions entre M. Kufuor
et l'Envoyé Spécial de l'ONU en Côte d'Ivoire,
Albert Tevoedjre, samedi, pendant que l'opposant ivoirien Alassane
Ouattara était de passage à l'aéroport d'Accra.
"Il
y a un désaccord et des accrocs, et nos tentatives visent
à débloquer ce qui est bloqué," a expliqué
à IRIN Ralph Uwechue, l'Envoyé Spécial de
la CEDEAO en Côte d'Ivoire, qui a accompagné M. Teveoedjre
à Accra.
"Nous
avons réalisé que nous devions prendre action pour
persuader les forces nouvelles (rebelles) à examiner très
rapidement la question."
Dans
l'intervalle, des sources de la police ivoirienne ont informé
lundi, que le gouvernement avait procédé à
l'arrestation de onze autres personnes au cours du week-end, en
relation avec les allégations de complot d'assassinat du
Président Gbagbo en Août.
Le
gouvernement a indiqué le mois dernier détenir 18
personnes impliquées dans ce complot, dont un Commandant
supérieur de la police et un Général de l'armée.
Les dernières arrestations portent le nombre des suspects
à 29 personnes, officiellement détenues en Côte
d'Ivoire.
Treize
autres personnes avaient été appréhendées
en France lors de la découverte du complot en août,
incluant Ibrahim Coulibaly, un ancien Sergent de l'armée
ivoirienne qui a été impliqué dans plusieurs
tentatives de coup d'état. EIles ont été
depuis relâchées.
Une
source du gouvernement ivoirien a dévoilé que le
ballet diplomatique du week-end dernier a enregistré le
voyage des Présidents du Togo et du Bénin à
Tripoli, pour demander au leader libyen Muammar Khaddafi, de mettre
la pression sur son proche allié, Blaise Compaoré
du Burkina Faso, afin de renvoyer les rebelles ivoiriens à
la table des négociations.
Les
rebelles qui occupent le Nord de la Côte d'Ivoire, ont signé
un accord de paix en janvier. Toutefois, ils ont suspendu leur
participation au processus de paix le 23 septembre, en protestant
contre ce qu'ils présentent comme le refus du Président
Gbagbo de céder ses pouvoirs au gouvernement de réconciliation
nationale.
M.
Compaoré est largement considéré comme un
sympathisant des rebelles qui dépendent du Burkina Faso
pour la plupart de leurs relations avec le monde extérieur.
Des sources diplomatiques ont évoqué la présence
du leader des rebelles, Guillaume Soro, dans la capitale Burkinabè,
Ouagadougou, lundi.
M.
Gbagbo a déclaré que la CEDEAO mettait la pression
sur toutes les parties pour qu'elles reprennent leurs sens et
désamorcent l'impasse, avant que la situation ne se détériore
et profite à la reprise des hostilités.
"Au
Président Gbagbo, nous lui avons dit qu'il était
le Président de tout le pays, par conséquent, il
a besoin d'avoir une "patience élastique", puis
aux rebelles, nous avons dit qu'ils étaient jeunes et qu'ils
ne devaient pas détruire leur futur héritage,"
a-t-il rapporté.
M.
Gbagbo a lui-même essayé de détendre l'atmosphère
de tension au cours du week-end, en déclarant aux journalistes
à l'issue de sa rencontre avec M. Kufuor, que malgré
les difficultés dans le processus de paix, un accord de
cessez-le-feu avec les rebelles avait fermement tenu pratiquement
six mois, et qu'il rentrait "heureux".
Cependant,
M. Uwechue a insisté que la situation en Côte d'Ivoire
demeurait toujours dangereusement instable. "Ceux qui ont
les armes les ont baissées, mais ils les détiennent
toujours," a-t-il précisé à IRIN.
La
semaine dernière, le gouvernement a interdit toutes les
manifestations pendant trois mois, et a ordonné le démantèlement
d'un groupe de jeunes à vocation de milice, qui a été
accusé d'avoir saccagé à Abidjan les locaux
des compagnies de l'eau, de l'électricité et de
cellulaires appartenant à des multinationales françaises,
au cours d'une marche de protestation contre le refus des rebelles
de désarmer.
Le
Front Populaire Ivoirien (FPI) de M. Gbagbo, qui est proche de
la ligne dure des groupes de jeunes, les "Jeunes Patriotes",
a souvent accusé la France de soutenir la cause des rebelles.
ABIDJAN, le 17 octobre (IRIN) -
"Interdiction de manifester pendant 3 mois ; dissolution
d’un groupe de jeunesse"
Le gouvernement de Côte d'Ivoire a interdit les marches
et démonstrations publiques sur 3 mois, pour essayer de
calmer la tension, pendant qu’il tente de convaincre les
rebelles, occupant le Nord du pays, de reprendre leur participation
au sein gouvernement, et d’amorcer le désarmement.
Il
a aussi requis la dissolution de l’un des multiples groupes
de la ligne dure des jeunes, qui a été associé
à une violente manifestation anti-rebelle la semaine dernière.
Les
deux mesures ont été annoncées à l’issue
du Conseil des ministres, dans la nuit de jeudi.
L’effet
immédiat de cette interdiction sera de prévenir
les groupes de jeunesse, proches du Président Laurent Gbagbo
et de son parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI), de manifester
contre les rebelles à Tiébissou, au Centre du pays,
samedi. Tiébissou est située sur la ligne de front
entre la zone gouvernementale du Sud et la région du Nord,
sous occupation rebelle.
L’interdiction
empêchera également deux des trois principaux partis
représentés au parlement, de tenir une manifestation
prévue à Abidjan, pour soutenir un accord de paix
signé entre les partis politiques et les rebelles, sous
les auspices de la France, en janvier. Aucune date n’avait
été précisée pour la marche, mais
la ligne dure des groupes de jeunesse, dénommée
« Jeunes Patriotes », avait menacé de s’y
opposer.
L’accord
de paix de janvier a associé les rebelles à un gouvernement
de réconciliation nationale en avril, mais ces derniers
ont suspendu leur participation à cette coalition de large
ouverture le 23 septembre, alléguant que le Président
Gbagbo refusait de déléguer ses pouvoirs au Premier
ministre indépendant Seydou Diarra et à son équipe.
Huit des neuf ministres rebelles se sont en conséquence
retirés du gouvernement, pour se retrancher dans leur base
de Bouaké, au Centre de la Côte d'Ivoire.
Depuis
lors, un malaise généré par l’impasse
existe entre les deux camps, séparés par la force
d’interposition française de 5,000 hommes.
Toutefois,
les Jeunes Patriotes se font de plus en plus entendre, car l’impasse
perdure.
Au
cours des manifestations à Abidjan, jeudi et vendredi de
la semaine dernière, des manifestants ont attaqué
les bureaux des services de l’eau, de l’électricité
ainsi que la société de téléphone
mobile Orange et ses échoppes, tous appartenant à
des multinationales françaises. Les leaders du FPI ont
régulièrement accusé la France de favoriser
les rebelles dans la guerre civile qui a éclaté
en septembre 2002.
Le
gouvernement a ordonné la dissolution immédiate
de l’une des branches dures des groupes de jeunes, appelé
Groupement des Jeunes Patriotes (GPP), indiquant que ses membres
avaient utilisé des cartes d’identité semblables
à celles des forces de sécurité. Le GPP a
été largement accusé d’être responsable
des dommages causés par les manifestations de la semaine
dernière.
Par
ailleurs, le gouvernement n’a pris aucune action contre
les autres organisations de Jeunes Patriotes, qui, selon des sources
diplomatiques ont recruté environ 20,000 membres dans diverses
villes de Côte d'Ivoire. Ils procèdent à des
entraînements de style militaire, ouvertement, et certains
se targuent d’avoir accès à des armes. D’autres
encore seraient impliqués dans le harcèlement des
immigrants de la sous-région ouest-africaine.
Charles
Blé Goudé, le leader du COJEP, l’une des 3
principales fédérations des Jeunes Patriotes, a
déclaré à IRIN vendredi, qu’il acceptait
l’interdiction du gouvernement et a suspendu les projets
de marche à Tiébissou.
Blé
Goudé, qui apparaît en public souvent protégé
par des gardes de corps policiers, a spécifié :
“ J’obéirai à la décision prise
par le Conseil des ministres et la nuit dernière, j’ai
demandé à mes amis qui était déjà
sur les lieux de revenir à Abidjan, parce que nous devons
respecter les institutions de la république."
Charles
Groguhet, un leader de l’organisation désormais interdite,
GPP, a condamné les troubles des manifestations de la semaine
dernière causés, selon lui, par des « rebelles
infiltrés » dans son mouvement.
Des
diplomates ont relevé que la dissolution du GPP et les
3 mois de suspension des manifestations étaient l’œuvre
des nouveaux ministres de la Défense et de la Sécurité.
Les deux hommes, indépendant politiquement, ont ainsi démontré
leur indépendance du Président et du FPI, ont-ils
noté.
Le
13 septembre, René Amani a été nommé
Ministre de la Défense et Martin Bléou Ministre
de la Sécurité Intérieure, remplissant les
postes vacants depuis 6 mois, durant lesquels, M. Gbagbo a consulté
les autres partis politiques pour désigner ceux qui devaient
être nommés.
Leur
nomination devait ouvrir la voie au désarmement des rebelles
et permettre le retour de l’administration dans le Nord
de la Côte d'Ivoire. Toutefois, 10 jours plus tard, les
rebelles ont suspendu leur participation dans le gouvernement
et bloqué le processus de désarmement.
Le
porte-parole des rebelles, Sidiki Konaté, a indiqué
à IRIN qu’il n’était pas impressionné
par les dernières mesures du gouvernement. Il a particulièrement
critiqué l’interdiction de manifester. "L’existence
d’un petit groupe dont la police ou la gendarmerie devrait
avoir le contrôle ne suffit pas à interdire toutes
les manifestations" a-t-il remarqué.
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