| Rapports
sur les relations éthniques /
Reports on Ethnic Relations |
|
 |
The
following section is consisted of part, full or summaries of
articles from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité
ou de résumés d'articles provenant d'origines
diverses (journaux,bulletins, etc..).
11
/ 29 / 2002
IRIN
L'article:
"Les nouveaux affrontements éloignent les
espoirs de paix"
Les
espoirs d'une résolution pacifique du conflit entre le
Gouvernement de la Côte d'Ivoire et les insurgés
se sont amenuisés cette semaine, soit un mois après
le début des négociations avec la médiation
du président togolais, Gnassingbé Eyadéma.
La
délégation de médiation du gouvernement a
rejeté les propositions faites par les rebelles, qui occupent
une grande partie du nord et du centre du pays, en réponse
à un projet d'accord de paix présenté un
peu avant par les médiateurs. Les nouvelles propositions
incluaient l'organisation de nouvelles élections et l'installation
d'un gouvernement de transition qui serait chargé d'organiser
les nouvelles élections.
Les
espoirs de progrès dans les négociations, au point
mort durant deux semaines, ont repris mercredi avec l'arrivée
en Afrique de l'Ouest du ministre français des Affaires
Etrangères, Dominique de Villepin, qui a indiqué
que le but de sa visite était de catalyser les énergies
pour les pourparlers. Des réunions entre M. de Villepin,
les deux parties et Eyadéma ont abouti à un communiqué
notant que les deux parties étaient "convenues qu'il
fallait rapidement mettre fin aux souffrances du peuple ivoirien,
ce qui implique un retour à une vie économique et
sociale normale et par la même à la paix ".
Les
deux délégations ont noté leur accord "sur
la nécessité de résoudre les points centraux
des négociations ", selon le communiqué, lu
à la presse par le ministre togolais des Affaires Etrangères,
Koffi Panou. Ces points traitent de problèmes liés
à la nationalité, à la loi foncière
de 1998, à la liste électorale, à l'application
des résolutions du Forum de réconciliation nationale,
qui s'était tenu pour résoudre les tensions survenues
durant la période des élections présidentielles
et législatives de l'an 2000, à des garanties de
la part de la communauté internationale, et au désarmement.
"Sur
ces bases, les deux délégations se sont déclarées
convaincues de la possibilité de signer très vite
un accord détaillé, sous l'égide du président
du Groupe de Contact de la Communauté économique
des Etats de l'Afrique de l'Ouest ", d'après le communiqué.
M. Eyadéma préside le groupe, établi pour
assurer une médiation entre les belligérants en
Côte d'Ivoire.
De
Villepin s'est rendu mercredi à Abidjan, où il a
eu des entretiens avec le Président Laurent Gbagbo. Il
a ensuite annoncé aux médias que le chef de l'opposition
Alassane Dramane Ouattara avait quitté la résidence
de l'ambassadeur de France auprès de la Côte d'Ivoire
(où il s'était réfugié depuis le début
du soulèvement le 19 septembre dernier). M. Ouattara, que
les secteurs pro-gouvernementaux ont accusé d'être
derrière l'insurrection, est allé au Gabon et au
Mali, si l'on en croit les médias.
En
Côte d'Ivoire, des combats ont été signalés
à l'ouest entre les forces loyalistes et les insurgés.
Mercredi,
l'armée ivoirienne a accusé les insurgés
d'avoir attaqué ses positions à l'ouest, une accusation
démentie par les rebelles. Jeudi, l'armée a mené
une offensive contre Vavoua, une petite ville tenue par les rebelles
et située à environ 450 km au nord-ouest de la capitale
économique ivoirienne, Abidjan. Cependant, un nouveau groupe
rebelle se présentant comme le Mouvement populaire du Grand-Ouest
a attaqué la ville de Danané, à 600 km au
nord-ouest d' Abidjan, près de la frontière avec
le Liberia. Des hommes armés ont également attaqué
Man, une autre petite ville frontalière au nord de Danané.
Le
Grand-Ouest (centre-ouest et sud-ouest de la Côte d'Ivoire)
abrite l'une des plus importantes régions du pays productrices
de cacao. C'est aussi la région d'origine de l'ex-président
le général Robert Guei. Guei a été
tué par la gendarmerie loyaliste au début de la
mutinerie.
"Ces
attaques ne sont pas fortuites", a indiqué M. Gbagbo
à la télévision jeudi, ajoutant que les assaillants
avaient saisi l'occasion pour manifester leur mécontentement.
Il a accusé les assaillants " d'attaquer la zone du
cacao pour nuire à l'économie ", et a donné
aux forces armées jusqu'à vendredi pour les expulser.
La
sécurité a été renforcée à
Abidjan et à l'aéroport jeudi. Les autorités
ont également annoncé l'extension au lundi 2 décembre
d'un couvre-feu imposé chaque jour entre 19H00 GMT/heure
locale et 06H00 GMT/heure locale.
L'article:
"Côte d'Ivoire - Liberia: Regain d'inquiétude
devant la situation le long de la frontière"
Les
agences humanitaires ont exprimé leur inquiétude
pour le sort de milliers de personnes le long de la frontière
de la Côte d'Ivoire avec le Liberia, au lendemain des affrontements
qui se sont produits à Man et à Danané, des
petites villes de l'ouest ivoirien. Des sources ont indiqué
qu'un groupe se présentant comme le Mouvement Populaire
Ivoirien du Grand-Ouest (MPIGO) a saisi Danané jeudi, tandis
que Man a été envahie par le Mouvement pour la Paix
et la Justice (MPJ).
Les
deux groupes incluent des anciens partisans du défunt président
de facto, le général Robert Guei, tué aux
premières heures de la mutinerie qui a marqué le
commencement d'une insurrection par un autre groupe, le Mouvement
Patriotique de la Côte d'Ivoire.(MPCI).
Man
et Danané se trouvent dans la Zone d'Accueil des Réfugiés
(ZAR ou Zone des Réfugiés), un morceau de territoire
aux abords de la frontière occidentale où vit la
majorité des réfugiés libériens en
Côte d'Ivoire.
"Il
existe une énorme inquiétude concernant la sécurité
et le bien-être des 30 000 réfugiés à
Danané, et concernant la situation globale des 70 000 dans
la ZAR", a confié ce vendredi à IRIN Panos
Moumtzis, le directeur intérimaire du Bureau du Haut Commissariat
des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à
Abidjan. Les rumeurs faisant état de la présence
parmi les rebelles d'hommes parlant l'Anglais a provoqué
une panique chez les réfugiés, a-t-il précisé
.
"Quatre-vingt
pour cent des réfugiés libériens sont des
femmes et des enfants", a informé M. Moumtzis. "Nous
estimons qu'il faut garantir leur sécurité. Nous
espérons que tous les côtés respecteront les
principes humanitaires fondamentaux" relatifs aux droits
des civils dans les conflits. Au Liberia, une mission inter-agences
a quitté la capitale, Monrovia, pour se rendre à
l'est du pays dans le but d'y évaluer la situation, a annoncé
vendredi à IRIN Mukhtar Farah, le directeur du Bureau de
l'ONU de coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Liberia.
Composée d'OCHA, du HCR, du Programme alimentaire mondial
et de l'agence d'aide allemande 'GTZ', la mission devait séjourner
dans la région jusqu'à mardi.
La
mission a été dépêchée dans
les comtés du Grand-Gedeh et Nimba, à la suite d'informations
signalant que des Libériens et des Ivoiriens étaient
entrain de fuir la région. Un habitant d'Abidjan dont la
famille vit à Toulepleu, une région située
à une centaine de kilomètres de Danané, a
affirmé avoir été informé par ses
proches que des personnes avaient commencé à franchir
la rivière frontalière vers l'est du Liberia.
Par
ailleurs, quelque 243 Ivoiriens qui avaient fui leur pays depuis
le 19 septembre, sont actuellement pris en charge par l'Assemblée
du district de Bole, dans le nord du Ghana. L'ambassadeur de la
Côte d'Ivoire auprès du Ghana, Anon Tanoe, a rendu
visite aux demandeurs d'asile mercredi pour voir comment l'ambassade
ivoirienne pourrait les assister.
Le
maire du district de Bole, Sam Akati Mahama, a indiqué
que l'Assemblée a dû dépensé jusqu'à
présent plus de 30 millions de cédis (3,716 dollars)
en nourriture, carburant pour les véhicules officiels et
sécurité des réfugiés. La National
Disaster Management Organisation a également fourni des
tentes et des matelas.
11
/ 28 / 2002
IRIN
L'article:
"De nouveaux combats à l'ouest"
Des
combats ont été signalés dans des régions
à l'ouest de la Côte d'Ivoire entre les forces loyalistes
et les insurgés, incluant un nouveau groupe appelé
Mouvement Patriotique Ivoirien du Grand Ouest.
Les
régions affectées sont situées autour de
Vavoua, à environ 450 km au nord-ouest de la capitale économique,
Abidjan, et la petite localité de Danané, près
de la frontière avec le Liberia, d'après des sources
humanitaires, les médias et des habitants de la région.
A
Abidjan, il y avait une lourde présence militaire dans
Le Plateau, le principal quartier administratif. Des groupes d'hommes
en civil auraient été vus remplissant des sacs de
sable autour du Palais présidentiel, sous la supervision
de soldats en uniforme, a déclaré à IRIN
un témoin oculaire. La sécurité était
particulièrement resserrée à l'aéroport
d'Abidjan. Un couvre-feu en vigueur de 19H00 à 06H00 GMT/heure
locale, levé mercredi, a été étendu
jusqu'au 6 décembre.
Les
événements de jeudi font suite à l'annonce
faite par les forces loyalistes mercredi qu'elles allaient mener
une offensive contre ce qu'elles ont qualifié d'attaque
rebelle dans la région de Man, une localité du nord-ouest.
L'accusation
a été récusée par le Mouvement Patriotique
de la Côte d'Ivoire (MPCI), qui participe à des pourparlers
de paix au Togo avec le Gouvernement depuis un mois environ, à
la suite d'un cessez-le-feu signé le 17 octobre. Un porte-parole
de la force-tampon française chargée de surveiller
le cessez-le-feu, n'a pas pu confirmer l'assaut présumé
de mercredi.
Jeudi,
des sources humanitaires et les medias ont rapporté que
le Mouvement Patriotique Ivoirien du Grand Ouest, inconnu jusque-là,
a occupé Danané, une localité située
à environ 600 km à l'ouest d'Abidjan et se trouvant
au coeur d'une zone peuplée par des réfugiés
libériens.
De
Danané, un employé travaillant pour le compte d'une
organisation non gouvernementale a déclaré à
IRIN que des tirs intenses avaient débuté vers 09H00
GMT/heure locale. Ils ont duré plus de deux heures et demie,
se sont apaisés pendant un moment, puis ont repris avec
moins d'intensité et de fréquence. Un habitant d'un
quartier périphérique a informé que les tirs
y avaient commencé en début d'après-midi.
La
presse internationale, a cité un ancien partisan du défunt
dirigeant de facto, le général Robert Guei, selon
lequel le nouveau mouvement aurait décidé de prendre
les armes contre le président Laurent Gbagbo afin de venger
la mort de Guei, tué par la gendarmerie loyaliste, ainsi
que son épouse, plusieurs membres de sa famille et certains
de ses amis, aux premières heures de la mutinerie du 19
septembre dernier qui a déclenché la rébellion.
Des
sources humanitaires ont indiqué à IRIN que les
troupes loyalistes se sont emparés de trois localités
autour de la ville de Vavoua, et qu'elles se battaient contre
les insurgés du MPCI dans la ville. Citant le porte-parole
de la force-tampon française, les médias ont rapporté
que les troupes gouvernementales seraient appuyées par
quelque 200 personnes, apparemment des mercenaires (des blancs
et des noirs Anglophones).
L'offensive
intervient un jour après que le ministre français
des Affaires Etrangères ait déclaré aux journalistes
que le chef de file de l'opposition, Alassane Ouattara, avait
quitté la résidence de l'ambassadeur de France en
Côte d'Ivoire, où il s'était réfugié
au début de la rébellion.
L'article: "Le gouvernement exhorté à
mettre fin aux violations des droits"
L'organisation
Human Rights Watch (HRW) a exhorté le Gouvernement de la
Côte d'Ivoire à enquêter sur les atteintes
aux droits de l'homme qui auraient été perpétrées
contre des civils innocents sur la base de leur origine ethnique,
religieuse ou de leur appartenance politique; et d'entreprendre
des poursuites contre leurs auteurs.
L'organisation
internationale a lancé l'appel jeudi dans un rapport de
16 pages intitulé: 'Côte d'Ivoire: Government Abuses
in Response to Army Revolt' (Abus du Gouvernement en réponse
au soulèvement militaire). Le rapport contient des informations
sur les opérations des forces de sécurité
dans les bidonvilles à l'issue de la tentative de Coup
d'état, survenue le 19 septembre 2002 et transformée
en soulèvement. Lors des opérations de ratissage,
des originaires du nord et des immigrés ouest-africains
ont été arbitrairement arrêtés et leurs
habitations rasées, a informé HRW.
Les
défenseurs des droits de l'homme vivent dans la peur
Le
rapport, basé sur une recherche durant une visite en Côte
d'Ivoire effectuée en octobre, indique que des personnes
ont été ciblées juste parce qu'elles appartenaient
à un parti de l'opposition ou parce qu'elles étaient
soupçonnées d'appuyer les insurgés. Les défenseurs
locaux des droits de l'homme vivent dans la peur, est-il ajouté.
"Des
mesures légitimes de sécurité sont une chose,
mais viser des individus juste sur la base de leur ethnie ou de
leur religion est complètement inacceptable", a souligné
Peter Takirambudde, le directeur exécutif de la Division
de Human Rights Watch pour l'Afrique. "Même dans une
période d'urgence, les droits fondamentaux doivent être
respectés ".
Human
Rights Watch a également exprimé son inquiétude
devant les abus qui auraient été commis par les
insurgés du Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire
(MPCI), qui contrôlent une bonne partie du nord et du centre
de la Côte d'Ivoire. Elle a poursuivi qu'en dépit
du fait que les chercheurs n'ont pas été en mesure
de visiter les zones occupées par les rebelles pour des
raisons de sécurité, des informations crédibles
dans ces zones font état d'exécutions et de détentions
illégales.
D'après
des associations des droits de l'homme, la politique du Gouvernement
a délibérément exacerbé les tensions
entre les Ivoiriens de différentes souches ethniques et
religieuses au fil des dernières années écoulées.
Elles ont aussi indiqué que le Gouvernement n'a rien fait
pour remédier à la violence et à l'intimidation
qui a marqué les élections présidentielles
et législatives en octobre et décembre 2000.
Il
faut poursuivre les auteurs des abus
"Cette
spirale galopante contre les droits de l'homme n'est pas inévitable",
a noté M. Takirambudde. "Une façon de stopper
cette spirale serait d'amener devant la justice les personnes
responsables de ces abus. Sans une telle action, la Côte
d'Ivoire risque de sombrer dans le type de guerre brutale que
ses voisins, le Liberia et la Sierra Leone, connaissent trop bien".
Parmi
les abus commis depuis le 19 septembre, HRW a mentionné
les exécutions perpétrées à la mi-octobre
lorsque les forces loyalistes ont repris le contrôle de
Daloa, une ville de l'ouest, brièvement occupée
par les insurgés. "Des personnes vêtues de treillis
ont tué plusieurs douzaines de civils (Ivoiriens musulmans,
Maliens et Burkinabé) à Daloa, peu après
que le Gouvernement ait repris le contrôle de la ville ".
Et HRW d'ajouter: "Face aux récriminations internationales,
le Gouvernement a ordonné une enquête au sujet des
massacres ".
Human
Rights Watch a invité le Gouvernement ivoirien à
prendre immédiatement des mesures pour faire cesser les
abus, en reconnaissant et en condamnant publiquement les exécutions
illégales des "assaillants" présumés
et des sympathisants de l'opposition, en fournissant une information
détaillée à l'opinion publique sur les massacres
ainsi qu'une indemnisation aux familles, et en facilitant l'accès
des familles au système de justice pénale".
Action
requise contre les contrevenants aux droits
Il
faudrait également que le Gouvernement fasse des déclarations
publiques stipulant que nul ne devrait être interpellé
ou attaqué sur la base de son identité nationale,
religieuse et ethnique, a ajouté HRW.
L'organisation
a prié les autorités ivoiriennes de " suspendre
de leurs fonctions, d'enquêter et de poursuivre, le cas
échéant, tous les membres des forces de sécurité
accusés d'exécutions, d'arrestations ou d'extorsions
illégales ", et de veiller à ce que le système
de justice pénale réponde effectivement aux plaintes
dénonçant des abus, en "accordant une attention
particulière au fait d'amener devant la justice les responsables
des agressions motivées par la suspicion d'être des
étrangers, des musulmans ou des originaires du nord ".
Human
Rights Watch a invité le MPCI de s'assurer que tous ses
combattants soient formés au respect des droits de l'homme
de tous les civils et de traiter tous les captifs conformément
au droit humanitaire international. >>>
Rapport
intégral
11
/ 25 / 2002
ALLAFRICA.COM
The
Article: "Ghana / Ivory Coast: Ghana denies military
backing for government fight against rebels in Ivory Coast"
(Ofeibea Quist-Arcton)
Lome,
Togo Rebels of the Patriotic Movement of Cote d'Ivoire (MPCI)
Sunday, accused neighbouring Ghana of allowing its territory to
be used by troops loyal to Ivorian President Laurent Gbagbo to
launch an attack on rebel positions at Bouna, in the northeast.
A
senior rebel representative also alleged that the Gbagbo government
was preparing to attack its forces.
The
rebel allegations were immediately rejected by the Ghanaian authorities
in the capital Accra. In a telephone interview with AllAfrica,
the foreign minister, Hackman Owusu-Agyemang, said "Our response
is one of complete amazement and the alleged statement is outrageous
and a complete fabrication with absolutely no substance".
Addressing
a news conference Sunday night in the Togolese capital, Lome --
where rival Ivorian government and rebel delegations are holding
peace talks -- the MPCI's secretary general, Guillaume Soro, told
reporters Ghana's President John Kufuor had agreed to Gbagbo's
request that the Cote d'Ivoire be authorized to use Ghanaian territory,
northwest of its border.
In
a second accusation, the Ivorian rebels claimed that Ghana had
supplied between 70 and 100 soldiers to Gbagbo "destined
to fight against the MPCI, also from the western side of the Ghanaian
border." A statement issued to journalists in Lome said this
would effectively make a part of Ghana a rear base for both Ivorian
and Ghanaian troops and came by way of a warning to the Accra
government.
Owusu-Agyemang
countered that the rebel declaration bordered on "absurdity
to think that President Kufuor would send 70 men to assist in
the fight against the MPCI. Indeed, what the president has done
has been publicly and quietly to advocate for a conference, a
meeting and dialogue between President Gbagbo and the major political
players in Cote d'Ivoire".
The
Ghanaian minister said it was strange to suggest that Kufuor,
would "ever grant passage for any force to use Ghana as a
conduit to attack the forces of the MPCI from the north. I cannot
understand why Mr Soro would make such a statement".
But
Ghana's alleged action, said Soro, could seriously compromise
the peace negotiations with the Ivorian government delegation
in Lome. He added that Gbagbo's forces were preparing an imminent
attack against the rebel stronghold of Bouake, in central Cote
d'Ivoire. Soro said the French troops, currently monitoring a
ceasefire agreed last month, had been asked by Gbagbo to pull
back from their current positions.
The
rebel statement, quoting informed and reliable sources, was simultaneously
a condemnation of as well as an appeal to President Kufuor and
to Ghana, which hosted the first emergency regional heads of state
summit in Accra on the crisis on Cote d'Ivoire, one week after
the uprising on 19 September. Ghana is also a member of the six-nation
high level contact group on Cote d'Ivoire, set up to try to mediate
an end to the conflict there.
"The
MPCI would like to remind the Ghanaian authorities that, after
the meeting in Accra, all the protagonists were encouraged to
use peaceful and political means to resolve the Ivorian conflict.
But by putting its territory and troops at the disposal of Mr
Laurent Gbagbo, so that they can attack our positions at Bouna,
President John Kufuor is violating the resolutions of the Contact
Group of which he is a member," said the rebel statement.
Soro
said they had made public this information to sensitise international
opinion and to ensure that Accra understood that its alleged action
that could jeopardise the Lome talks.
The
leader of the Ivorian government delegation in Togo, Laurent Dona
Fologo, defended Gbagbo and the Ghanaians, in his own hastily
arranged news briefing on Sunday night. Fologo denied what he
called "wild accusations" by the rebels. He denounced
the statement by the MCPI rebels, saying Soro's accusation was
totally false.
Fologo
called the rebels' move a "propaganda gimmick" and a
pretext not to sign the proposed Lome peace plan adding that,
until now, his delegation had chosen not to respond to rebel provocation.
But speaking alone for 30 minutes, during a news conference where
he took no questions, Fologo made up for the official delegation's
comparative silence in Lome. He called Soro's declaration "ill
conceived, full of malice and without foundation."
"They
are just crying wolf," said Fologo, "choosing peace
instead of war." "If we had chosen the path of war,"
he continued "we would not be in Lome," concluding that
Ghana had done as much as any regional country to organize the
peace talks on Cote d'Ivoire.
Fologo
said Gbagbo's government did not want to see another drop of blood
spilt in Cote d'Ivoire and would not consider entering into alliances
that will lead to more war. "The panther does not growl and
make too much noise when it does not yet have its prey within
its paws."
The
Cote d'Ivoire rebels tried and failed to seize power from Laurent
Gbagbo in September in what the government first called a mutiny,
then a coup d'etat, a rebellion and an act of terrorism and destabilization.
Since
then, the country has been split in two, with the northern predominantly
Muslim half controlled by the rebels and the southern metropolis,
Abidjan, in government hands. As the war of words continues, the
substantive peace talks in Togo have dragged on with little progress,
despite the continued optimism of the mediators, led by the chief
coordinator, Togo's president Gnassingbe Eyadema. The current
chairman of the Economic Community of West African States (Ecowas),
Senegal's President Abdoulaye Wade, recently declared in Paris
that the Lome peace process was "finished" and offered
his own individual mediation services "as long as I can work
alone, in my own way".
But
both the rebels and the government renewed their confidence in
Eyadema's efforts, saying the Lome negotiations were still on
course. However, the main hurdles remain. The Ivorian government
insists the rebels must disarm. The insurgents are, in turn, demanding
the resignation of Gbagbo, fresh elections and a "new political
order" in Cote d'Ivoire. They say the Ivorian leader was
not legitimately elected, in disputted 2000 presidential poll,
and has since discriminated against northerners, kinsmen of most
of the rebels.
Hundreds
of people were killed in a month of fighting and tens of thousands
more displaced. Thousands of foreigners from neighbouring countries,
who have felt the brunt of Ivorian hostility and violence, have
fled the country, once considered the economic powerhouse of West
Africa and a haven of peace and political stability in a turbulent
region.
Troops
from France, the former colonial power, are monitoring a ceasefire
agreed in October, which is still in force despite mutual allegations
of bad faith between the government and the rebels. West African
peacekeepers are scheduled to take over from the French forces,
with a small advance guard already in place in Cote d'Ivoire.
Each
side has accused the other of summary executions and political
killings. Human rights' organizations have appealed to both camps
to stop humanitarian abuses and violations.
11
/ 22 / 2002
FRATERNITE
MATIN N° 11415
L'article:
"Révision de la Constitution: ADO a-t-il
peur du référendum ?"
Le président du RDR, Alassane Dramane Ouattara, a confié
à l'AFP son appréciation de l'idée d'un référendum
sur la révision de la Constitution. Il estime que le principe
d'une telle consultation était un premier pas et une preuve
d'ouverture, mais que les délais sont trop longs et les
procédures trop compliquées compte tenu de la crise
que traverse actuellement le pays".
En
clair, pour le président du RDR, le pouvoir devrait en
urgence prendre une décision portant révision de
la constitution. Cela est-il conforme à la loi. En démocratie,
un Chef d'Etat peut-il tout seul porter des amendements ou une
révision à la constitution à la demande d'un
groupe informel ou sous la contrainte des armes.
Si
Ado admet que le principe du référendum est déjà
un premier pas et une preuve d'ouverture, pourquoi ne veut-il
pas garder la patience des pêcheurs pour attendre que la
procédure suive normalement son cours ?
Il
se rappelle peut-être que l'ancienne constitution a été
votée à plus de 86% par les Ivoiriens. Or voilà
que la guerre a ravivé leur patriotisme et les a mobilisés
dans la défense de l'intégrité territoriale,
de la Constitution et des institutions républicaines.
Un
référendum survenant après la fin de l'opération
d'identification ne concernera que les électeurs ivoiriens.
Exit les propriétaires de cartes nationales d'identité
acquises frauduleusement, dont la majorité sont des étrangers,
favorables aux thèses sur la prétendue xénophobie
des Ivoiriens et l'exclusion. En réalité, ce n'est
pas tant les délais trop longs ou les procédures
compliquées qui inquiètent Ado, mais les résultats
qu'il pressent.
Sur
le net, nous avons consulté hier une étude qui analyse
les dispositions constitutionnelles et législatives régissant
le référendum en Allemagne, au Danemark, en Espagne,
en Grèce, en Irlande, en Italie, au Portugal, en Suisse
et aux Etats-Unis. Cette étude a analysé tous les
types de référendums :
-référendums
de consultation
-référendums
de décision, normatifs ou abrogatifs. Parmi les référendums
de décision, il convient de distinguer en fonction de leur
objet les référendums constitutionnels des référendums
législatifs. Que retenir ? Dans ces démocraties,
on recourt très souvent au référendum qu'il
s'agisse de loi sur la nationalité, sur le traité
d'Amsterdam, du cumul des mandats, de la parité homme-femme,
sur l'adhésion à l'OTAN, sur l'attribution de pouvoirs
constituants au parlement européen, pour l'approbation
de l'Acte unique européen…
La
Côte d'Ivoire démocratique que tous souhaitent ardemment
de leurs vœux doit s'inscrire dans l'exemple de la modernité
et non dans les exceptions alliant compromis et compromissions.
FRATERNITE
MATIN
L'article:
"Laurent Gbagbo aux membres du conseil consultatif
du commerce extérieur : Il faut un référendum
en 2003 pour demander au peuple s’il veut amender la Constitution”
Face
aux membres du Conseil consultatif du commerce extérieur
qu’il a reçus le mardi 19 novembre dernier, le chef
de l’Etat a clarifié et développé les
principes de sa gouvernance qui sont politique, économique
et social.
Il
a plaidé pour une Côte d’Ivoire moderne dans
la diversité de ses richesses qu’il souhaite être
transformées pour avoir une compétitivité
à l’extérieur. C’est pourquoi il incite
au travail scientifique pour ajouter à la valeur de ce
que nous exportons. D’où la mise en place d’une
véritable politique de la recherche scientifique pour une
diversification sur les marchés de la sous-région
avec toutes les expertises. “Soyez donc agressifs dans la
CEDEAO et dans l’UEMOA. Vous y avez votre place”,
a conseillé le chef de l’Etat.
Le
président de la République qui dit être venu
d’un autre monde que celui des affaires n’est pas
au pouvoir pour s’enrichir, mais plutôt pour hisser
la Côte d’Ivoire et ses fils à un niveau enviable.
C’est
la raison des trois dimensions (modernité, prospérité
et démocratie) qu’il veut atteindre. “Je veux
construire un Etat moderne avant de partir de la présidence.
C’est la seule raison pour laquelle je suis venu au pouvoir.
Je ne suis pas venu pour être riche, mais pour laisser mon
nom. Pour graver dans la mémoire collective mon passage
à la présidence. Surtout que mon ambition est de
construire l’Etat moderne, l’Etat prospère
et démocratique”, a souligné Laurent Gbagbo,
qui a une autre idée de l’économie de la Côte
d’Ivoire. Selon lui, l’idée qui prévaut
dans celle-ci et dans celle du monde, c’est qu’il
faut une rentabilité dans l’équilibre des
marchés. “Il faut vendre plus qu’on en achète.
Si tu achètes plus que tu ne vends, tu crées un
déséquilibre en ta défaveur. Mais si tu vends
plus que tu n’achètes, alors, tu crées un
déséquilibre en ta faveur. Tu te donnes des marges
qui te permettent de faire des investissements. Tel est le point
de base de l’économie de marché”, a-t-il
ajouté.
A
côté du développement de l’économie
et de sa prospérité, le chef de l’Etat a parlé
de la protection de cette économie par la création
d’une puissance militaire. Et l’exemple des USA, selon
lui, n’est pas du tout à négliger, ce qui
a fait de cet Etat une puissance mondiale très crainte
partout. Pour ne pas donc laisser casser la Côte d’Ivoire
désormais, il est favorable à une industrie d’armement.
“Toutes les puissances économiques sont en même
temps des puissances militaires. En effet, j’ai fait des
erreurs dans mes plans et je n’ai pas accentué notre
puissance militaire à cause d’autres priorités.
Mais nous aurons une puissante industrie militaire qui favorisera
la fabrication de cartouches et même d’armes. Car
une économie se développe à l’abri
d’une puissance militaire”, a reconnu le président
de la République, qui d’autre part, a parlé
du 3ème point des dimensions à atteindre. Celui
de la démocratie, donc de la politique.
Le
chef de l’Etat a révélé qu’en
1990 au plus fort de sa lutte politique et alors dans l’opposition,
une série de huit lois, dont celle sur la carte de séjour
créée par M. Dramane Ouattara qui fait couler beaucoup
de salive en même temps que la carte nationale d’identité
et bien d’autres sujets qui suscitent la pomme de discorde
au sein de la classe politique et de la population, ont été
votées à l’Assemblée nationale, auxquelles
la Constitution nationale elle aussi votée par référendum
à 86% y a été greffée. “Je n’en
suis pas l’auteur ni l’initiateur. Mais dans l’opposition
j’ai fait mon travail. Aujourd’hui, je suis gouvernant
et mon rôle, c’est de faire respecter la volonté
du peuple. L’opération des CNI va reprendre et à
la fin de celle-ci, je ferai organiser un référendum
en 2003 pour demander au peuple si la Constitution doit être
amendée. En tout cas, si on est démocrate, c’est
la démarche logique et normale qui doit être faite.
Que les CNI se fassent donc rapidement et après l’on
verra. Eh bien, tout ça pour respecter la volonté
du peuple surtout que le climat politique actuel le demande”,
a conclu le chef de l’Etat qui s’est dit très
attentif aux préoccupations du conseil consultatif du commerce
extérieur tout en demandant à son conseiller en
commerce extérieur M. Guy Alain Gauze d’êre
disponible vis-à-vis ces opérateurs économiques,
ces “ouvriers” de la modernité.
SOIRINFO
L'article:
"Bouaké : Deux mois après la crise
ivoirienne, la partition du pays se confirme"
(BABA Coulibaly Nicolas)
"Vivre
pour manger" "On mange pour vivre" dit une maxime
bien connue de nos sociétés africaines. Mais à
Bouaké, ville contrôlée depuis le jeudi 19
septembre 2002 par des soldats insurgés, tout a subi un
brusque changement. Au point où à l'heure actuelle,
on ne "vit que pour manger", voire "survivre que
pour manger". Avoir de quoi se mettre sous la dent est devenu
chose complexe, impossible même parfois, à cause
de l'interruption d'une part des différentes activités
économiques, et d'autre part, par la fermeture des boutiques
et autres services publics comme le Trésor public. Etre
fonctionnaire aujourd'hui à Bouaké, "zone de
guerre", n'est pas du tout chose enviable. Les seuls dieux
et maîtres de la ville sont à n'en point douter,
les commerçants qui disposent depuis le début de
la crise de liquidité et sont capables de faire face aux
différents besoins. "Nous ne vivons que de dons offerts
par des ONG ou toute autre personne de bonne volonté",
souligne avec anxiété un instituteur qui s'est vu
obligé de se convertir au commerce de cigarettes pour se
prendre en charge. Même si avoir de quoi s'acheter quelque
chose à manger au début de la crise paraissait précieux,
la situation semble-t-il, a légèrement changé.
La quasi-totalité des agents de l'Etat présents
dans la zone de guerre ont désormais la possibilité
d'effectuer leurs opérations bancaires dans les divers
établissements de Yamoussoukro pour faire face à
leurs multiples obligations. Les petits métiers, eux aussi,
ont pratiquement repris dans des quartiers comme le Commerce.
Les maquis et restaurants comme "le Foker 100", "La
Comporta" et "Le Snack bar chez Abel" donnent la
joie de vivre aux populations restantes. Dans d'autres quartiers
d'ailleurs, à l'image de Dar-Es-Salam, Koko, Sokoura rien
n'avait changé dans le cours normal des activités
commerciales, bien au contraire. Le problème "c'est
l'impossibilité d'économiser. Tout ce qu'on gagne
ne sert qu'à s'acheter de la nourriture", explique
un mécanicien de mobylettes dans le quartier Sokoura de
Bouaké. Au quartier Commerce, centre d'affaires de Bouaké,
les deux plus grands supermarchés (Sococé et Ecomax)
ont levé leurs grilles de sécurité pour satisfaire
la pressante demande des consommateurs. Le riz qui devenait une
denrée rare a envahi les magasins de façon quantitative,
les tubercules comme la patate douce et l'igname pourrissent du
fait de la surabondance dans les dépôts. Même
chose pour la viande qui attend toujours des acheteurs, mais le
poisson frais, lui se fait un peu rare. La vie économique
reprend donc petit à petit son cours normal en attendant
que les choses se précisent un peu plus sur cette situation
de "ni paix ni guerre". C'est dire donc que l'argent
commence peu à peu à circuler dans la région
en dépit de la fermeture des établissements financiers.
"La marche, véritable moyen de transport" L'un
des problèmes majeurs des populations de Bouaké
reste indéniablement celui du transport. Depuis le 19 septembre,
les taxis ont regagné les parkings. Les plus heureux sont
ceux qui possèdent des bicyclettes. Même les propriétaires
de mobylettes ne sont pas à envier à cause du prix
du carburant qui est passé du simple au double et même
plus. Les seuls véhicules circulant dans la ville sont
ceux des soldats rebelles qui, il faut le dire, règnent
en véritables maître et sont même devenus pour
les populations civiles "le ministère de la Solidarité".
En cas de vol, de maladie ou d'autres problèmes, la seule
adresse reste le troisième bataillon ou le 31-63-10-06.
"Je suis obligé de marcher près de quatre kilomètres
pour rejoindre mon lieu de travail au commerce, soit au total
8 km par jour", lâche Rémi Coulibaly, journaliste
à l'agence Fraternité Matin de Bouaké. A
défaut donc d'une bicyclette, le seul moyen de transport
reste le plus vieux au monde, c'est-à-dire la marche. "Notre
seul problème à Bouaké, c'est qu'on marche
assez et trop même sous le chaud soleil de l'harmattan",
s'indigne le vieux TA Bi. Pour sortir de la ville pour Yamoussoukro,
il faut obligatoirement marcher jusqu'à Kongondékro
ou emprunter les "Zemidjans" (taxis-motos) à
1000 F ou 1500 Fcfa. Là-bas encore, il faut débourser
la somme de 1000 FCFA pour Djébonoua avant de se battre
pour rentrer à Yamoussoukro. Atteindre la capitale politique
aujourd'hui, est devenu un véritable parcours du combattant.
Les deux camps (ndlr : loyalistes et rebelles) qui redoutent un
probable affrontement, empêchent souvent les personnes à
se déplacer. Les candidats aux voyages, soit pour retirer
de l'argent soit pour d'autres courses, sont souvent bloqués
et passent même deux à trois jours, espérant
avoir au moins un véhicule. Tout est devenu dur et pour
rallier Yamoussoukro depuis Bouaké ou vice versa, il faut
débourser la bagatelle de 5000 FCFA pour les 100 Km qui
séparent ces deux villes, contre 1000 FCFA auparavant.
La raison évoquée de cette hausse substantielle
du transport en cette période de crise, est selon des chauffeurs
"les risques et la part des corps habillés (loyalistes
comme rebelles) sur la route". Inquiétante recrudescence
du banditisme, montée en puissance des attaques à
main armée Du point de vue de la sécurité
des biens et des personnes, il convient de noter que Bouaké
a connu depuis ces deux derniers mois une recrudescence inquiétante
de l'insécurité. Plusieurs détenus (environ
2000) de la prison civile et du camp pénal (ce dernier
accueillant les bandits et tueurs de grands chemins) ont été
libérés et enrôlés pour certains, par
les rebelles. Et comme "le chien ne change pas sa honteuse
manière de s'asseoir", ces bandits ainsi libérés
et en possession désormais d'armes vont sévir dans
les quartiers, surtout ceux qui ont vu leurs habitants prendre
la poudre d'escampette. Ainsi, même en pleine journée,
il n'est pas rare de voir des hommes, armes au poing, fracasser
des portes pour emporter des biens d'autrui sans crainte aucune,
parfois sous les regards médusés de certains voisins
impuissants. Les voitures subissent les mêmes revers. Elles
sont dépossédées parfois de leurs moteurs
ou de leurs pneus ou encore purement et simplement volées
et gardées en "lieux sûrs" pour être
vendues après la guerre. "Je suis resté à
Bouaké pour veiller sur mes biens. J'ai tout ici et je
ne veux plus reprendre la vie après 20 ans d'investissements",
explique un entrepreneur en bâtiment qui a néanmoins
"fait évacuer en zone sécurisée"
toute sa famille. Pour faire face à cette situation, Chérif
Ousmane et ses hommes ont mis en place un poste de commandement
de crise (PC crise) qui n'hésite pas à intervenir
à tout appel de détresse. Une récente alerte
indiquant une attaque de l'agence de la BCEAO a vu en moins de
trois minutes, les éléments du P.C. Crise envahir
ladite agence conduits par Chérif Ousmane lui-même.
"C'est contre tout cela que nous luttons" affirme le
chef des rebelles de Bouaké. Partout sur les grands axes,
des soldats rebelles sont en faction, armés jusqu'aux dents,
pour disent-ils "sécuriser la ville". Cela demeure
toutefois insuffisant, estiment des jeunes civils des quartiers
Habitat Nimbo qui ont dû s'organiser pour surveiller pendant
la nuit, leurs domiciles ainsi que ceux des personnes déplacées.
"On ne va pas à l'école. On n'a rien à
faire. Il faut donc sécuriser notre quartier. Dès
que nous voyons un suspect, nous n'hésitons pas à
alerter les rebelles qui occupent depuis peu le district de police.
Notre action est la bienvenue car il n'y a plus jamais eu de vol.
Au début, on avait maille à partir avec eux (les
rebelles ndlr) puisqu'ils nous prenaient pour des loyalistes espions
; mais tout est rentré dans l'ordre", précise
le chef du groupe. Le couvre-feu quant à lui, n'est pas
une affaire de Bouaké ; 24H/24 les habitants qui le peuvent
ou qui le veulent, sont actifs. Coupés des médias
nationaux mais pas du monde Contrairement aux autres zones sous
contrôle des rebelles comme Korhogo, à Bouaké,
le téléphone fixe a été rétabli.
Une chaîne de télévision rebaptisée
"TV notre patrie" dont les programmes interviennent
par surprise, une radio "Notre patrie" et un journal
"Liberté" tentent "d'informer" les
populations. La Radio CI, la télévision ivoirienne
et la presse écrite, c'est du passé à Bouaké.
Au plan international, Radio France internationale et Africa n°1
émettent facilement on ne sait trop comment sur FM. CFITV,
parfois RTLG ou TV5 Afrique au plan des télévisions
sont actifs 24h/24 gratuitement. D'ailleurs il suffit de zapper
pour regarder ce dont on a envie. On meurt facilement à
Bouaké Même si les soins sont gratuits dans les différentes
formations sanitaires de Bouaké, la mort aussi plane sur
toute la région. Le personnel médical dans sa majorité
a pris la clef des champs et le service minimum est assuré
par des ONG comme "Medecins sans frontières",
"médecins du monde", "Saint Camille".
Les pharmacies par manque d'approvisionnement en médicaments
ont fermé boutique, en entendant des jours meilleurs. Les
habitants se rabattent maintenant sur la pharmacopée africaine
et les médicaments chinois qui connaissent un véritable
boom sur le marché. Difficile moment pour les musulmans
en cette période de jeûne Un des groupes religieux
qui aura connu de sérieux désagréments est
inéluctablement la communauté musulmane qui observe
en ce moment le jeûne du Ramadan. La grande prière
qui se faisait avant de 19h30 à 20 h a été
ramené à 18H. Les denrées alimentaires sont
certes disponibles sur le marché mais le faible pouvoir
d'achat tue l'engouement. La peur des coups de feu empêchent
beaucoup d'observer le jeûne. "On n'a pas d'argent
pour payer ce qu'on veut, le soleil aussi nous fatigue assez",
confient Diallo Mohamed et Coulibaly Souleymane, tous deux journalistes
à Fraternité Matin, agence de Bouaké. A Bouaké
aujourd'hui, la seule question qui reste suspendue aux lèvres
des uns et des autres est : à quand la fin de la guerre
? Les habitants inquiets redoutent que la guerre perdure car l'argent
circule certes mais difficilement et "le peu qu'on arrive
à avoir pour manger est souvent volé par des individus
sans foi ni loi" confie Dame Kouadio Adjoua. La rebellion
installe son administration Aux premières heures de la
guerre, les forces insurgées avaient fait du Camp du troisième
bataillon leur Etat major où toutes les grandes décisions
se prenaient. Aujourd'hui, tout a changé et les signes
d'une éventuelle partition du pays se font sentir. Les
rebelles ont à l'heure actuelle occupé la presque
totalité de l'administration et autres services publics
de la région de la Vallée du Bandaman et on peut
le dire sans risque de se tromper que l'unité et l'indivisibilité
de la Côte d'Ivoire sont en train d'être menacées.
La préfecture de région, le Centre culturel Jacques
Aka, la SODEFOR, l'institut national d'hygiène publique,
le district de police, etc. sont désormais assiégés
par les rebelles, on ne sait trop pour quelles raisons. Ce qui
est toutefois indiscutable, c'est l'instauration par les hommes
du chef rebelle de Bouaké, le sergent Chérif Ousmane
de système de paiement de taxes et d'impôts. Pour
les transporteurs par exemple, pour aller d'une zone à
une autre sous contrôle rebelle, il faut payer la somme
de 7500 FCFA moyennant un laissez-passer valable pour quinze jours.
Quant au transport inter-Etat c'est-à-dire quitter par
exemple Bouaké pour le Mali ou la Guinée, la bagatelle
de 15.000 FCFA sera payable dans la caisse du Mouvement patriotique
de Côte d'Ivoire. "Toute personne prise en flagrant
délit de violation de ces règles sera sanctionnée
a averti sur les antennes de "TV Notre Patrie" l'officier
rebelle en charge de cette opération. Deux des organes
de communication ont été mis en place. D'abord une
chaîne de Télévision puis une radio et un
journal "Liberté" qui est à son deuxième
numéro. L'on parle d'ouverture prochaine de la mairie ainsi
que la poursuite de ses activités. Alors questions : De
quelle administration s'agit-il? Celle de la Côte d'Ivoire
une et indivisible ou une autre créée de toutes
pièces par les rebelles? Les jours prochains nous situeront.
SOIRINFO
L'article:
"Le collectif de la société civile
oeuvre pour la prévention d'une guerre civile"(Pauquoud
C. Noël)
Soucieux
du devenir des populations, le collectif de la société
civile pour la paix a envoyé sur le terrain des équipes
à Abidjan et à l'intérieur du pays. Ainsi,
le dimanche 10 novembre dernier, la capitale politique a elle
reçu la visite de la délégation de ladite
société composée de représentants
de quelques membres-fondateurs à savoir le Gerddes-CI,
l'AID-CI, la LIDHO, le MIDH et la communauté musulmane
et chrétienne. La grande salle de mariages de l'hôtel
de ville de Yamoussoukro a servi de cadre à cette rencontre
qui a réuni en plus des membres précités,
les autorités administratives et politiques de la région
des Lacs, les chefs traditionnels, les responsables religieux
(chrétiens et musulmans) de la ville, les chefs des communautés
ethniques divisées en 4 groupes (Akan, Krou, Mandé
du Nord, Mandé du sud), ceux des communautés étrangères,
les responsables des associations des femmes et des jeunes. Sensibiliser
les populations en vue d'éviter une guerre civile à
la Côte d'Ivoire mais aussi les préparer à
l'après-guerre, c'est la mission principale de la délégation.
Après une première prise de contact, la délégation
a communié avec ces groupes identifiés, conviés
à cette rencontre commune suivie d'un dîner pour
non seulement, sceller la paix mais aussi et surtout pour "partager
le sel" comme il est de coutume en Afrique, symbole d'un
engagement ferme à garantir la paix. Pour poursuivre cette
oeuvre humanitaire au niveau local, un comité de suivi
a été mis sur pied présidé par Nanan
Allou Kouakou, chef du village de Yamoussoukro et composé
de représentants des différentes communautés
et organisations de femmes et de jeunesse. Une déclaration
de paix a clôturé les débats. Véritable
plaidoyer, cette déclaration est un appel pressant à
tous et à toutes pour la recherche d'une solution pacifique
au conflit afin d'éviter de la compromettre par des affrontements
inter-ethniques ou inter-religieux. Aux jeunes, il est demandé
de respecter et de cultiver l'esprit de tolérance. Aux
différents médias, nationaux (médias d'Etat
et médias privés) et étrangers, il est demandé
une nouvelle exploitation de l'information. Le collectif les a
exhorté les Ivoiriens et les Ivoiriennes à se mettre
en mission de paix. Il a enfin lancé un appel de paix pour
une cohabitation pacifique avec les étrangers.
SOIRINFO
L'article:
"Les populations de Gboguhé (Daloa) disent
non" (Timothé DROH)
Les
populations de Gboguhé sont sorties le samedi 16 novembre
dernier pour condamner l'attaque terroriste dont est victime la
Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre dernier. Ainsi, à
travers une marche de soutien à laquelle ont pris part
les personnalités politiques de la sous-préfecture,
des manifestants ont-ils vanté les mérites du gouvernement
de la deuxième République tout en lançant
des paroles hostiles aux rebelles présents dans les villes
de Bouaké, Korhogo et Vavoua. On pouvait lire sur les pancartes
et les banderoles déployées pour la circonstance
: "La population de Gboguhé debout derrière
Laurent Gbagbo et les FANCI, Dacoury Tabley yako ! Est-ce là
une façon de remercier le FPI après avoir volé
son argent ? Dacoury es-tu conscient de ce que tu fais ? Ressaisis-toi
vite ! Les Burkinabè de Gboguhé soutiennent le président
Laurent Gbagbo et son gouvernement, nous voulons la paix, non
à la sale guerre imposée à notre pays etc.
En effet, après plus d'une heure de marche à laquelle,
les chefs coutumiers, les communautés baoulé, burkinabé
et autres ont pris part, les manifestants environs 8000, se sont
retrouvés devant la mairie de ladite ville où des
allocutions ont été dites. D'entrée, le chef
de terre M. Blé Zouzouko Bernard a demandé aux ancêtres
de bénir Gbagbo et ceux qui sont au front pour la victoire
de la Côte d'Ivoire. Du président des comités
d'actions pour la défense de la République (CAD),
M. Michel Sery, en passant par le fédéral FPI de
Gboguhé, Niolou Eric Didier, le président des jeunes
Ladji Gnonka Maxime, le porte-parole des Sénoufo, des Baoulé,
la représentante des femmes rurales, Mme Gbotto Marceline
et la représentante de l'OFPI, Amélie Bla, tous
ont tour à tour soutenu l'action du président Laurent
Gbagbo et de son gouvernement. Ils sont mobilisés et vigilants
pour bouter les assaillants hors de leur cité. Ils ont
également indiqué que la Côte d'Ivoire ne
saurait être le deuxième Congo-Brazzaville dont le
président démocratiquement élu, avait été
chassé du pouvoir par la force grâce au soutien de
la France. Pour M. Daléba Zozoro Jules, député
de Gboguhé, la Côte d'Ivoire est un grand pays avec
un grand homme à sa tête. Selon lui, au moment où
Gbagbo arrivait au pouvoir, le pays était à genou,
mais deux ans seulement après sa gestion, tous les pays
et les institutions ont renoué avec lui. Et c'est ce qui
fait mal aujourd'hui aux autres et ils veulent le tuer. Pour le
parlementaire, on a trop parlé en terme de café-cacao
mais bientôt on parlera aussi de pétrole en Côte
d'Ivoire. Ce ne sont pas seulement les mercenaires qui veulent
tuer Gbagbo mais il y a des Bétés, des Guérés,
des Baoulé et autres. Il a demandé aux uns et aux
autres de ne pas se tromper d'ennemis et que nos ennemis sont
des "Dacoury" qui s'entraînent au Burkina Faso.
Pour le maire Ferdinand Sery Gnolou, la population de Gboguhé
a organisé cette marche gigantesque pour dire non à
la sale guerre imposée à notre pays. Mais oui pour
la voie des urnes. Selon lui, ceux qui ont attaqué la Côte
d'Ivoire sont des militants du RDR mais, a-t-il ajouté,
: "Ne vous attaquez pas à ceux qui vivent avec vous
les Sénoufo, les Togolais, les Maliens, etc. Restez mobilisés
derrière Laurent Gbagbo et les FANCI. Ne vous attaquez
pas aux allogènes". Pour terminer, il a remis 2 500
000 F au sous-préfet de Gboguhé, Dembélé
Lassana plus 10 tonnes de riz pour leur contribution à
l'effort de paix. Quand au sous-préfet, Dembélé
Lassana, il a pris la parole pour saluer les populations et témoigner
de la mobilisation pour le président Gbagbo, son gouvernement
et pour les Fanci. Il a demandé aux uns et aux autres de
ne pas se tromper de combat : "Nos ennemis aujourd'hui sont
ceux qui assiègent les villes de Bouaké, Vavoua
et Korhogo. Prions Dieu ensemble pour que les négociations
de Lomé se terminent bien. Non à la guerre, non
à la violence, oui à l'unité nationale pour
une Côte d'Ivoire réconciliée et forte",
a-t-il dit pour terminer.
SOIRINFO
L'article:
"Les chefs traditionnels à Gbagbo, Toumani
Touré, Lansana Konté et Blaise Compaoré:
Entendez-vous. Parlez-vous" (Dominique Fadégnon)
L'Association
nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d'Ivoire
(ANRCT-CI) a rencontré les responsables des communautés
étrangères du Burkina Faso, du Mali et de la Guinée
à l'hôtel de District d'Abidjan-Plateau hier jeudi
21 novembre. C'était pour ensemble chercher les voies et
moyens pour arrêter la sale guerre imposée à
la Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre dernier et dont
les conséquences sont désastreuses. "La Côte
d'Ivoire où habitent plus de 16 % d'étrangers, leurs
frères et soeurs Ivoiriens ont toujours accepté
de tout partager avec eux, au point qu'il est difficile de faire
la différence aujourd'hui entre un Ivoirien et un non-ivoirien.
Un frère qui prend une arme contre son frère devient
son ennemi par ignorance. Si le même frère, qui est
un frère du voisin prend une arme contre son voisin, il
devient aussi son ennemi", a indiqué Nanan Dodo N'Dépo
Didace, secrétaire général de l'ANRCI CI,
dans le message qu'il a lu au nom de sa structure. Selon lui,
certains profanes qui ne connaissent pas la Côte d'Ivoire,
ne cessent de dire à longueur de journée que c'est
l'ivoirité qui est à la base des problèmes
du pays. Pour lui, c'est à force de l'avoir politisée
et de chercher chacun à en tirer profit personnel que la
polémique a pris le dessus. "En Afrique, d'une façon
générale, les conflits socio-politiques à
l'intérieur d'un Etat, prennent des dimensions inter-étatiques
en raison de la perméabilité des frontières
et de la parenté entre les différents groupes ethniques
par delà ses frontières" a poursuivi Nanan
Dodo. Pour terminer, il a lancé cet appel aux présidents
Gbagbo, Blaise Compaoré , Amani Toumani Touré et
Lansana Conté : "Vos différents peuples vous
regardent. Ne vous écartez pas des grands sillons de paix
et de développement tracés par vos prédécesseurs.
Écoutez vos peuples qui vous ont permis d'être là
où vous êtes aujourd'hui. Entendez-vous. Parlez-vous.
Aimez-vous les uns et les autres en laissant de côté
tout ce qui peut diviser vos différents peuples épris
de paix, de liberté et de justice...". Les porte-parole
des différentes communautés ont tous condamné
l'attaque terroriste dont victime la Côte d'Ivoire. "Si
la Côte d'Ivoire brûle, elle doit brûler avec
nous. La Côte d'Ivoire n'est pas xénophobe. Nous
serons toujours avec vous. Nous ne sommes pas là pour collaborer
avec les assaillants", ont en substance soutenu les porte-parole
des différentes communautés étrangères
venues des pays limitrophes de la Côte d'Ivoire. Pour terminer,
le président de l'ANRCI-CI, M. Dion Sadia a déclaré
qu'il est grand temps que les chefs traditionnels se mettent ensemble
pour donner des conseils aux protagonistes.
IRIN
L'article:
"L'UA offre 100 000 dollars pour les négociations
de paix"
L'Union
Africaine (UA) a approuvé un don de 100 000 dollars pour
son Fonds de la Paix destiné à appuyer l'organisation
à Lomé, la capitale togolaise, des pourparlers entre
le Gouvernement de la Côte d'Ivoire et les insurgés.
Le
don a été approuvé il y a une semaine et
annoncé dans un communiqué de presse émanant
de l'UA mercredi.
Les
négociations, entamées le 30 octobre, se déroulent
avec la médiation du président togolais Gnassingbé
Eyadéma, assisté par l'ancien président de
la Sao Tomé-et-Principe, Miguel Trovoada, qui est l'Envoyé
spécial du président de l'UA par intérim,
Amara Essy.
Selon
les médias, les pourparlers n'ont pas réellement
progressé cette semaine. Jeudi, les médiateurs auraient
planché sur un nouveau plan pour mettre un terme à
la crise ivoirienne.
"Les
médiateurs vont examiner les deux documents et soumettre
leurs propositions aux deux côtés", aurait informé
un haut membre de l'équipe de médiation cité
par Reuters.
La
crise ivoirienne a éclaté le 19 septembre dernier
lorsque des soldats se sont mutinés et ont entrepris un
assaut à Abidjan, où ils ont été repoussés
; puis se sont retranchés à Bouaké et Korgoho,
des villes de l'arrière pays. Ils se sont ensuite emparés
de plusieurs parties du nord et du centre de la Côte d'Ivoire.
Une
trève signée le 17 octobre a été mise
en place et des troupes françaises ont maintenu une zone-tampon
entre les troupes loyalistes et les insurgés. Une force
africaine régionale se prépare à prendre
le relais des soldats français à la fin de ce mois
pour continuer à surveiller le cessez-le-feu.
ABIDJAN-NET
PRESSE
L'article:
"Frankfurt opte pour la Paix par d´intenses
prières"
Les
Ivoiriennes et Ivoiriens, Frankfurters (comprenez habitants de
Frankfurt/Allemagne), comprenent et reconnaissent que seul Dieu
et lui seul a solution fiable et durable à toute situation
aussi difficile et compliquée qu´elle soit. La Communauté
Ivoirienne Chrétienne ( C.I.C.C.F & Ensemble) organise
avec l´appuis de prêtres de congrégations et
des diocésains, des prières pour le retour de la
paix véritable en Côte d´Ivoire. A côté
des multiples marches de soutien tant au gouvernement qu´aux
rebelles ,un groupe d´Ivoiriens et amis véritables
de la Côte d´Ivoire en toute occasion, pense avoir
trouvé le vrai chemin qui mène à la paix
et au retour au calme. La Côte d´Ivoire voilà
deux mois vit dans une incertitude totale. L a C.I.C.C.F &
Ensemble prend la voix la plus sûre de toutes :la ligne
de la Prière à Dieu Tout-Puissant.
Samedi
02 novembre en présence de Son Excellence Mr Atse Amin,
Ambassadeur de la République de Côte d´Ivoire
en République Fédérale d´ Allemagne;était
une journée de prière intense et de méditation
au père Tout-Puissant pour la Paix en Côte d´Ivoire.
Sous l´initiative la Communauté Ivoirienne Catholique,
plusieurs communautés chrétiennes et musulmanes,
représentées par leurs responsables ont participé
à une messe d´action de grâce pour la paix
.Ces personnes voulaient ainsi montrer leur amitié au peuple
frère d´Eburnie. Le Clergé,en nombre important
, composé de prêtres de congrégation et de
diocésains, a mis un accent particulier sur le bon sens
et le respect de l´être humain. Les attitudes égoïstes
entraînent toujours des situations de tension, dit le Clergé.
La Lettre de l´Apôtre Jacques (ch.4, 1-3 ; 3,16-18),
illustre bien la situation actuelle en Côte d´Ivoire."
...la Sagesse d´en haut est pure, pacifique, douce et bienveillante;...elle
est sans parti pris et sans hypocrisie. Ceux qui sèment
la paix autour d´eux sèment dans la paix et le fruit
qu´ils récoltent, c´est une vie juste "Les
"Pères", ont Lancé ainsi un appel pressant
pour l´arrêt immédiat des exactions et des
hostilités .Ils rappellent ainsi, aux uns et aux autres
le plus grand commandement de DIEU,qui est de nous aimer les uns
les autres. Notre ambassadeur accompagné par les membres
de son cabinet a salué avec joie de telles initiatives
de la part de ses compatriotes. Ils les encourage et les exhorte
à rester unis et soudés. "Le pays a plus que
besoin de vous. Toutes vos actions dans la discipline en faveur
de la paix, sont louables. Continuez dans ce sens".a dit
Mr Atse Amin . Les responsables organisateurs de la cérémonie
ont pour leur part remercié tout le monde d´être
venu .La Communauté a salué la présence de
l´ambassadeur et surtout celle du Doyen Diallo, professeur
de Sociologie à Goethe Université, Frankfurt.Mr
Diallo a rappeler l´accent très humain de la société
Africaine, et qu´elle ne doit pas accepter tout ce que lui
impose une culture étrangère La fin de la cérémonie
a été marquée, comme par le début
par des chants de louange au Seigneur et d´une quête
pour aider les victimes .
La
Côte d´Ivoire pour ceux qui ne le savent pas est le
deuxième Saint-Siège de la Christianité après
le Vatican. Autre exception de taille:on y retrouve toutes les
nationalités de la planète. Aujourd´hui plus
que jamais, Eburnie a besoin de sa population dans toute sa composante.
Affrontons dignement, et surtout sainement la situation que nous
a imposé cette sale guerre sans queue ni tête. Ivoiriens,
Ivoiriennes, venons ensemble, restons compacts et tournons nos
regards vers le Tout-Puissant pour lui adresser nos prières
et supplications. Faisons le sincèrement ,et avec foi et
notre Père nous répondra comme lui même nous
l´a promis :là où deux ou trois seront réunis
en mon nom, je serais avec eux.
Frère
et Sœurs Musulmans priez intensément le Saint Coran
pour la concorde de nouveau dans votre pays.
Frères
et Sœurs Juifs, invoquez dans la lecture de la Sainte Torah,
le calme pour la Côte d´Ivoire.
Frères
et Sœurs Chrétiens, rentrez dans la Sainte Bible et
trouvez les mots demandant au Seigneur ,Dieu de l´univers,
créateur du ciel et de la terre, sa miséricorde
et sa bénédiction pour le sol d´Eburnie. Ses
enfants en ont tant besoin.
Frères
et Sœurs d´autres confessions, priez avec foi pour
la normalisation de la vie en Côte d´Ivoire.
Tous
,mains dans la mains, loin des mauvaises idées et des préjugés
sur l´autre; prions le Seigneur:
*Père
,pardonnes nous nos fautes
*Met
dans nos esprits le bon sens. Eloignes de nous l´égoïsme.
Ramènes dans nos sœurs l´idée de Paix.
*Guides
nous par la Divinité qui est sienne dans la droite ligne
de tes recommandation.
*Nous
te glorifions ,te louons et t´adorons au nom de ton fils
mort sur la croix pour nos péchés. AMEN.
Toujours
dans le même ordre,la Communauté Chrétienne
Catholique organise dans le mois de Décembre ,mois de naissance
du Christ notre Seigneur, des Messe pour la Paix en Côte
d´Ivoire, sous la bienveillance de l´archevêché,
Epris
de justice et de paix ,nous vous invitons à vous joindre
a nous pour une cause juste dans la spiritualité et le
recueillement. Apaisons nos cœurs. Croyons à des jours
meilleurs. Dieu n´est-il pas le maître de l´univers?
La
Communauté Ivoirienne Catholique ici à Frankfurt
suit avec intérêt tout ce qui se fait un peu partout
pour le retour de la paix en Côte d´Ivoire. Nous demandons
au Seigneur de guider les pourparlers pour un dénouement
heureux de la crise Ivoirienne à Lomé au Togo. Nous
souhaitons que les choses aillent dans l´ordre ,et surtout
que la légalité prenne le dessus sur l´esprit
mesquin aux intentions inavouées des uns et des autres.
Nous
avons à cet effet adressé une note au médiateur
en chef, Son Excellence Mr le Président de la République
du Togo, le Général Gnanssigbé Eyadéma,
pour cautionner le processus et demander beaucoup plus de fermeté
pour éviter la débandade et des dérapages
au cours de ces pourparlers. Que l´esprit de Dieu nous guide
tous.
FRATERNITE
MATIN N° 11415
L'article:
"ADO et la Présidence de la République:
Le supplice de Tantale" (Ferro M. Bally)
Depuis
officiellement trois ans, il n'a plus qu'un seul désir
: présider aux destinées de la Côte d'Ivoire.
Le 5 décembre 2001, soit cinq jours après sa prestation
au Forum pour la réconciliation nationale, il n'a pas caché
cette ambition qui le dévore: "Je suis venu pour rester.
Ma place est ici. (…) Je reviens pour être président
de la République. Comme Bédié, comme Guéi".
Et si, s'est interrogé le confrère "Le Patriote"
dans son édition du 06 décembre 2001, le pouvoir
refuse de s'asseoir à la table de la discussion pour examiner
ses revendications (sa réhabilitation et la reprise des
élections législatives dans les six mois afin que
le futur parlement s'occupe du "toilettage" de la Constitution)
? Voici sa réponse : "Tôt ou tard, nous ou d'autres
partis, aurons des gens dans la rue pour réclamer de nouvelles
élections". Car, a-t-il poursuivi, "on peut trouver
les formules pour que ce régime dure quelques années.
Mais s'il veut servir la totalité des cinq ans, je crois
que ce ne sera pas facile". Mieux, il a prévu des
"difficultés dans six mois". Surtout qu’il
a affirmé qu’il n’attendrait 5 ans avant d’aller
aux élections.
Les
propos d'Alassane Dramane Ouattara se révèlent prémonitoires.
Il ne faut pas s'en étonner. En septembre 1999, il avait
déjà annoncé la fin du "régime
fasciste" de Bédié et son retour au pays avant
la fin de l'année. Ce fut chose faite le 24 décembre
pour le régime de N'Zuéba et le 29 décembre
pour son come back. Depuis le 19 septembre dernier, le pouvoir
de Laurent Gbagbo est en butte à "des difficultés".
Des rebelles, bénéficiant incontestablement de ramifications
internationales et de bases arrières, ont pris les armes
pour exaucer les vœux du président du RDR : démission
du régime "illégitime" de Gbagbo, reprise
des élections auxquelles il n'a pas participé pour
nationalité douteuse (présidentielle et législatives),
"toilettage" de la Constitution, etc.
Comme
les réseaux habituels du RDR (lieux de prière, ONG
créées pour "emmerder Gbagbo), les assaillants
jouent ainsi le rôle de lampistes. Ils disent haut et fort
ce que les responsables du RDR disent tout bas. Comme à
l'occasion du référendum des 23 et 24 juillet 2000.
Alassane D. Ouattara avait, avant tous les partis représentatifs
(PDCI-RDA et FPI), donné des consignes positives de vote,
au motif que "l'article 35 me vise ne me concerne pas".
Le voici mais aujourd'hui qui revendique la révision d'une
Constitution pour laquelle il a voté "Oui", renforçant
dans leurs convictions tous ceux qui pensent que sa nationalité
ivoirienne est sujette à caution.
Aussi,
Alassane Ouattara a-t-il salué le "premier pas et
(la) preuve d'ouverture" du Président Gbagbo pour
une éventuelle modification de la Constitution. Mais sa
joie a été de courte durée. Avant de soumettre
la révision de la loi fondamentale au référendum,
il faut que la proposition du Président de la République
reçoive obligatoirement l'aval des deux-tiers au moins
des 223 députés du parlement où le RDR n'est
pas représenté. Pis, Gbagbo subordonne l'organisation
de ce scrutin à la clôture de l'opération
d'identification qui a commencé en juin dernier, pour fiabiliser
un état civil nul. D'où cette saute d'humeur difficilement
contenue. "Les délais sont trop longs et les procédures
trop compliquées compte tenu de la crise que traverse actuellement
notre pays", s'est plaint Alassane Ouattara.
Il
risque encore une fois de perdre l'occasion de réaliser
ce rêve qu'il caresse jalousement : être Président
de la République. Au lendemain du coup d'Etat, tout indiquait
que son heure avait sonné. Une dépêche de
la compagnie Air Afrique à bord de laquelle il a effectué
son retour triomphal au pays le présentait comme le "futur
Président de la République". Et malgré
ses menaces et ses "Jamais. Jamais. Jamais" exprimés
sous la transition pour protester contre son éventuelle
élimination, sa candidature a été invalidée
sous le mandat de Bob, le général Guéi avec
lequel il constituait, selon lui-même, l'arbre et l'écorce.
L'inquiétude
du président du RDR est largement justifiée. En
l'an 2000, la guerre des conjonctions de coordination "Et"
et "Ou" dans la filiation des candidats à la
présidence de la République a détourné
le débat de fond sur notre Constitution, pour se consacrer
à sa candidature. Cela a expliqué, malgré
l'état d'urgence, la relative mobilisation des Ivoiriens
qui, par 86,53% des suffrages exprimés, lui ont barré
la route de la présidence de la République.
Dans
la situation actuelle où presque tous les Ivoiriens le
soupçonnent d'être le bailleur de fonds des assaillants,
il ne fait l'ombre d'aucun doute que la proposition du Chef de
l'Etat, si elle était retenue, va immanquablement prendre
l'allure d'une autre lutte entre les pro et les anti-article 35
de la Constitution, entre les adversaires résolus et les
partisans irréductibles d'Alassane Ouattara.
A
ce jeu, ce sont les opposants à la révision de la
Constitution qui vont certainement l'emporter et transformer le
rêve du président du RDR en un cauchemar. Autant
dire que la volonté d'Alassane Ouattara d'être "président
de la République comme Bédié, comme Guéi",
c'est-à-dire par les urnes ou par les armes, risque d'être
un véritable supplice de Tantale. Tantale étant
ce roi de la mythologie grecque qui a été condamné
à subir une soif et une faim perpétuelles à
côté d’eau ou de fruit qui se dérobaient
sans cesse à lui.
11
/ 21 / 2002
IVOIRE
FORUM
L'article:
"Règlement de la Crise : Le RDR divisé
entre extrémistes et modérés"
(Jonathan Dreyfuss)
Ça
grogne dans les rangs du RDR. La crise qui frappe la Côte
d'Ivoire ne fait pas que des heureux dans les rangs du RDR. Un
groupe de militants modérés, opposés aux
actions destabilisatrices des rebelles, s'est constitué
pour dire non à ce qu'ils appellent « «les
basses manoeuvres de leur parti." Opposés aux extrémistes
qui ont pris fait et cause pour les rebelles, ces militants du
RDR ne « comprennent pas que des gens qui aiment leur pays
cherchent à le rendre ingouvernable." Pour eux, la
crise actuelle fait plus de dégâts aux populations
du Nord. « Nos parents du Nord souffrent énormément
de cette situation. La nourriture, les médicaments et l'école
manquent et les commanditaires sont assis ici à Abidjan.
Il faut en finir»
Solidaires,
ils comptent prendre des actes concretes allant dans le sens de
la résolution de la crise. « Nous allons nous mêmes
nous défendre si l'Etat ne peut pas et nous allons dénoncer
tous ceux qui étaient informés de cette basse besogne."
Dès
le début de la crise, certains responsables du RDR n'ont
pas manqué de pointer du doigt le RDR et son président
d'être à la base de ce coup de force. Thierry Legré,
président du CADO (Cercle Allassane Ouattara) et Gnohité
Hilaire, maire RDR de Gagnoa ont changé de camp pour dénoncer
leur ancien parti. Avec cette autre défection, on peut
dire que l’après crise, au RDR, sera dure à
gérer.
L'article: "Crise ivoirienne : Pourquoi Gbagbo est
responsable" (Gervaise Assoumou)
Le
FPI a toujours rêvé de " gouverner autrement
" la Côte d'Ivoire. Dès sa prise de pouvoir
en octobre 2000, le pouvoir Gbagbo met place une plateforme politique
pour couper avec la vieille tradition quarantenaire du PDCI. Très
vite, on cherche à innover. On veut inclure la population
dans la gestion de l'Etat. La vente du cacao sera désormais
l'affaire des producteurs eux-mêmes. Une sorte de Glasnost
à l'ivoirienne se met en place. Les bailleurs de fonds
vont suivre avec le déblocage des fonds dès les
premiers six mois de gestion du pouvoir par " les professeurs.
" A Abidjan, on se frotte les mains. La Côte d'Ivoire
retrouve peu à peu son chemin vers une reprise de l'économie.
Mais
cette gestion du pouvoir axée uniquement sur la relance
était en porte à faux avec la promesse solennelle
faite le 26 octobre, jour de son investiture à la Présidence
de la République et, qui a mis du baume au coeur des officiers
de l'Armée. " J'accorderai la première priorité
à la Refondation du système de défense et
de la sécurité. Afin de réconcilier la Nation
avec son armée et assurer la sécurité des
bien et des personnes, conditions indispensables de la garantie
des droits de la personne humaine et de la prospérité
économique. " En clair, dans l'entendement du tout
nouveau locataire du Boulevard de la République, la sécurité
d'un pays et son économie constituent les deux faces de
la médaille. Cependant, malgré sa bonne foi, la
pratique du quotidien indiquera que les besoins de l'armée
seront rangés aux calendes grecques. Du moins, on n'en
fera pas une priorité. L'ex-ministre de la Défense
se contentera de calculer ses commissions sur l'achat des armes
plutôt qu'au souci du bien national.
Pourtant,
tous les ingrédients d'un coup de force étaient
réunis pour que les refondateurs se mettent à l'oeuvre
: Guéi, ancien putschiste chassé du pouvoir alors
qu'il tentait de s'y acccrocher n'avait pas digeré sa défaite
ou " sa trahison. " Alassane Ouattara et Bédie
se souviennent encore comment leurs candidatures ont été
rejetées. Les faiseurs de loi du régime Guéi
que sont les Boka Yapi, IB, Zaga-Zaga étaint encore dans
le vent et pouvaient frapper à n'importe quel moment. Que
non, Gbagbo, aveuglé par une confiance sans nom, garde
le sourire du bagnon bété et refuse de voir la réalité
des faits qu'enseigne l'histoire. Pis, quand les 7 et 8 janvier,
une première tentative de déstabilisation échoue,
le Président de la II e République joue la carte
d'une naïveté assourdissante : " Il n'y aura
jamais de coup d'Etat. " Comme pour dire l'incident est clos.
Ainsi, au moment où le peuple, extenué par neuf
mois de régime militaire arrosé de coups d'Etat,
attendait une réaction plus ciblée et plus corsée
pour verrouiller et sécuriser l'Etat, le pouvoir FPI lance
l'idée d'un forum de réconciliation nationale. Une
idée qui a été comprise dans les camps de
l'ennemi comme une faiblesse de l'Etat, car eux n'ont jamais renoncé
à leur dessein de sévir au moment opportun.
Au
forum, Gbagbo fait une révélation de taille qui
confond partisans et adversaires. " Une loi est votée
pour régler un problème. Et l'article 35 a été
voté à un moment où l'affaire Ouattara empoisonnait
l'atmosphère politique. " Une déclaration que
les militants du RDR ne lui ont jamais pardonné et qui
attendait le moment propice pour le lui faire savoir. Car, comme
le soutien certains, Gbagbo ne s'est pas encore débarrassé
de ses vieux habits d'opposant qui "dit et critique tout.
" Parce que, même après le Forum, le problème
clé des crises politiques en Côte d'Ivoire reste
et demeure l'affaire Ouattara. Que personne ne veut ou n'ose résoudre
une bonne fois pour toutes. Et au moment où les militants
du RDR attendent une décision du Président Gbagbo,
son allié au Front républicain pour solutionner
l'écheveau Ouattara, ils assistent plutôt à
un volte-face de l'homme. Qu'ils vont d'ailleurs traiter de ne
jamais tenir parole. On se rappelle en 1995, au plus fort de leur
union sacrée contre Bédié, Gbagbo avait menacé
de traduire le PDCI en justice si celui-ci niait la nationalité
ivoirienne à ADO.
En
ce moment naît une suspicion entre le pouvoir et les autres
partis politiques notamment le RDR d'Alassane Ouattara et l'UDPCI
du Général Guéi. Là encore, le pouvoir
FPI refuse de voir la vérité. Gbagbo ayant cependant
senti le danger multiplie voyages sur voyages à l'étranger.
Il effectue un bref séjour au Burkina Faso pour tenter
de circonscrire une certaine froideur due au premier coup. En
retour, Blaise Compaoré lui envoie un simple ministre à
Abidjan. Il va ensuite mettre le cap chez le guide de la Jamahiriya
libyenne. Le colonel Kadhafi, le chantre de l'union africaine.
Ici encore, Gbagbo revient à la maison sans véritable
soutien. Pendant ce temps, de l'autre côté de la
frontière nord au Burkina, des mouvements suspects ont
lieu. Le pouvoir ivoirien sent le danger mais ne semble pas prendre
l'affaire au sérieux. IB, Zaga-Zaga et leurs complices
vont bénéficier des bonnes grâces du président
Compaoré. Le pouvoir ivoirien impuissant assiste au ballet
" diplomatique " des armes qui entre par le Burkina
en Côte d'Ivoire. " Nous savons tout de leur déplacement
à Ouagadougou. Nous savons dans quel restaurant ils mangent,
dans quelle boîte de nuit ils étaient le samedi.
" Sans qu'aucune autre action concrète ne suive. Sans
aucune protestation. Un pouvoir frileux profite aux ennemis. Ainsi,
le leader du RDR, à la veille des élections départementales,
en tournée pouvait menacer l'Etat sans même être
inquiété. " Je rendrai ce pays ingouvernable
" a-t-il martelé. Devant un Gbagbo Laurent souriant
et affairé à d'autres besognes. " Il n'y aura
jamais de coup d'Etat. " De quoi parle-t-il ? Jusqu'au jour
où le 19 septembre la mutinerie failli emporter l'Etat,
pendant qu'il était " au travail ."
Est-ce
une autre façon de gouverner autrement sans réagir.
Gbagbo doit se souvenir que " "un pouvoir politique
n'est pas de cadeau. " Et les Africains ont plus besoin d
'un chef que d'un président. Houphouët l'avait compris
si tôt.
IRIN
L'article:
"Appel de fonds des agences humanitaires de 15,9
millions de dollars"
Les
agences humanitaires de l'ONU en Côte d'Ivoire ont lancé
jeudi un appel éclair de 15,9 millions de dollars pour
venir en aide à environ 3,9 millions de personnes affectées
par un soulèvement qui dure depuis deux mois.
L'appel
couvre la période allant de novembre 2002 à janvier
2003, a indiqué le Bureau de l'ONU de coordination des
affaires humanitaires (BCAH/OCHA).
"Le
but de cet appel est de mobiliser des ressources pour une action
humanitaire et de contribuer à l'exécution et à
la coordination d'un plan d'action réel intégrant
stratégiquement toutes les activités humanitaires
des agences de l'ONU et de leurs partenaires ", a indiqué
le Coordinateur résident de l'ONU, Mostafa Benlamlih, lors
du lancement à Abidjan.
Il
a poursuivi qu'il faudrait que l'appel éclair de trois
mois soit suivi d'un autre à moyen terme, si la crise persiste.
Au
total, 7 millions de dollars seront nécessaires pour assister
3,5 millions de déplacés et de nécessiteux.
Ceux-ci incluent des Ivoiriens déplacés à
l'intérieur, de même que des déplacés
de la Côte d'Ivoire au Ghana, au Mali et au Burkina Faso.
Les agences humanitaires projettent d'utiliser la somme sollicitée
pour faciliter le retour, sûr et dans la dignité,
des immigrés dans leur pays d'origine et pour aider les
déplacés à l'intérieur, les communautés
d'accueil et les autres populations vulnérables.
Un
montant de 1,1 million de dollars serait nécessaire pour
assister quelque 143 600 personnes au Burkina Faso, il faudra
environ 819,500 dollars pour 187 000 au Ghana et 818,800 dollars
au profit de 100 000 personnes au Mali.
Dans
ces pays, les agences humanitaires prévoient une série
d'initiatives, notamment une assistance aux rapatriés démunis,
aux personnes en transit vers leurs pays d'origine, aux demandeurs
d'asile et au rapatriement des réfugiés.
Il
faudra également 6 millions de dollars pour des capacités
régionales de réponse adéquate, a signalé
OCHA.
"L'aptitude
de la communauté humanitaire, y compris des acteurs nationaux
et internationaux, à faire face aux besoins d'urgence actuels,
à cibler l'aide humanitaire et à prévenir
une crise humanitaire d'envergure dépend de la réponse
rapide et adéquate à cet appel ", a souligné
OCHA.
Il
a précisé qu'une réponse ponctuelle et adéquate
doit compléter les efforts déployés, indépendamment
de l'appel, par la société civile et par les autorités
ivoiriennes.
"C'est
le moment pour une réponse concertée et intégrée
des instances nationales, régionales et internationales
à une urgence humanitaire qui a le potentiel de devenir
une tragédie humanitaire régionale aux proportions
démesurées', a ajouté OCHA.
Le
Premier ministre de la Côte d'Ivoire, Affi Nguessan, qui
a assisté au lancement, a noté que la communauté
internationale n'a eu de cesse d'appuyer son pays alors qu'il
est en proie à une crise qui est " très complexe
et a de fortes conséquences pour le pays et pour la région
"'.
Les
ministres chargés de l'action humanitaire, les directeurs
des agences de l’ONU et des organisations non gouvernementales
ainsi que les représentants des gouvernements donateurs
ont également assisté à la cérémonie
de lancement.
11
/ 20 / 2002
IRIN
L'article:
"Le Président propose un référendum
sur la Constitution" Le
Président ivoirien Laurent Gbagbo a annoncé mardi
qu'il était prêt à organiser un référendum
sur la Constitution du pays, dont la modification a été
réclamée par les rebelles opposés à
son gouvernement.
La
télévision d'Etat a rapporté que M. Gbagbo
aurait déclaré que le référendum pourrait
avoir lieu l'année prochaine. "Nous allons organiser
un référendum pour demander au peuple de la Côte
d'Ivoire si oui ou non il est d'accord pour qu'on procède
à une modification de la Constitution. Je n'ai pas peur
du peuple", a souligné le président.
Les
modifications constitutionnelles sont l'une des demandes faites
par les rebelles, mutinés depuis le 19 septembre dernier
et qui tiennent depuis cette date plusieurs parties du nord et
du centre de la Côte d'Ivoire. Les autres exigences sont
la démission de M. Gbagbo et l'organisation de nouvelles
élections. De son côté, le Gouvernement a
demandé que les rebelles déposent les armes et respectent
la Constitution. Les négociations à Lomé,
sous les auspices du président togolais Gnassingbé
Eyadéma, ont été très lentes depuis
une semaine maintenant. Un plan de paix a été proposé
à Lomé mais les rebelles ont soumis une contre-proposition
cette semaine.
La
Communauté économique des Etats de l'Afrique de
l'Ouest (CEDEAO) a rapporté mardi qu'une force régionale
d'interposition était en passe d'être constituée
pour remplacer les troupes françaises qui veillent sur
le respect du cessez-le-feu conclu le 17 octobre. La force de
la CEDEAO est attendue à la fin de ce mois.
D'autre
part, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), qui
a dépêché il y a une semaine une équipe
à Korhogo, une ville du nord tenue par les rebelles, a
rapporté que les enfants dans la zone sous contrôle
des insurgés seront exposés aux épidémies
et à la malnutrition si aucune aide ne leur parvient. Il
a aussi invité les rebelles à ne pas recruter des
enfants soldats.
Pour
en savoir plus sur la visite de l'équipe de l'UNICEF
11
/ 18 / 2002
IRIN
L'article:
"Les premiers soldats de la paix sont arrivés"
Un
premier groupe de soldats de maintien de la paix envoyé
par la Communauté économique des Etats de l'Afrique
de l'Ouest (CEDEAO) est arrivé dimanche à Abidjan,
la capitale économique de la Côte d'Ivoire.
Les
19 soldats font partie de la force africaine d'interposition de
1 260 hommes, appelée Groupe d'observation militaire de
la CEDEAO (ECOMOG), qui remplacera les soldats français
veillant au respect du cessez-le-feu signé il y a un mois
par les rebelles, qui contrôlent des parties du nord et
du centre de la Côte d'Ivoire, et accepté par le
gouvernement.
Les
organes d'information ont cité un porte-parole français
qui aurait déclaré que les 19 officiers allaient
rapidement se mettre à déterminer le lieu du déploiement.
Les
négociations entre les insurgés, qui ont déclenché
une rébellion le 19 septembre dernier, et une délégation
désignée par le président Laurent Gbagbo
ont commencé à Lomé le 30 octobre. Les rebelles
exigent la démission de M. Gbagbo, une révision
de la constitution et la tenue de nouvelles élections,
tandis que le gouvernement demande que les insurgés déposent
d'abord les armes.
Entre
temps, la tension n'a cessé de monter à Abidjan
et, il y a une semaine, le début d'un couvre-feu imposé
peu après le début de la rébellion a été
avancé de 21HOO à 19h00 GMT/locale.
Samedi,
un émissaire français était arrivé
à Lomé pour aider à sortir de l'impasse,
ont rapporté les organes de presse. Christian Dutheil de
la Rochère, ancien ambassadeur de la France en Côte
d'Ivoire de 1993 à 1998, a déclaré qu'il
fera tout ce qu'il pourra pour la paix, selon Reuters.
"Nous
devons agir vite car plus cela dure plus les gens souffrent",
aurait déclaré le médiateur, le président
togolais Gnassingbé Eyadéma.
D'autre
part, les agences de secours déploient tous leurs efforts
pour assister les personnes déplacées à l'intérieur,
les réfugiés et les populations affectées
dans plusieurs parties du pays et de la région, a indiqué
vendredi dans une mise à jour le Bureau de l'ONU de coordination
des affaires humanitaires (BCAH/OCHA).
A
Bouaké, dans le centre du pays, le Comité International
de la Croix-Rouge (CICR), la Croix-Rouge ivoirienne, le Programme
alimentaire mondial (PAM), l'UNICEF, l'Organisation mondiale de
la santé (OMS) et les organisations non gouvernementales
(ONG), ont fourni de la nourriture, des produits médicaux
et des soins de santé, de l'eau, des structures d'assainissement
ainsi que d'autres produits et services.
Les
autorités locales, l'Eglise catholique, les ONG nationales
et internationales, les familles d'accueil et les agences de l'ONU
apportent une assistance à des milliers de personnes dans
les villes le long de la ligne de front, a précisé
OCHA.
Des
sources militaires françaises citées par OCHA auraient
déclaré que le flux initialement estimé à
1 000 personnes par jour de Bouaké a chuté à
présent à 100 par semaine.
A
Abidjan, des milliers de personnes sont désormais sans
abris à la suite de la démolition des bidonvilles
par les autorités qui avaient indiqué que la mesure
était motivée par des considérations de sécurité.
Les familles d'accueil, les groupes religieux, le gouvernement,
le HCR et l'Organisation internationale des migrations (OIM) hébergent
certaines des personnes affectées, a ajouté OCHA.
Une
campagne nationale de vaccination contre la polio a démarré
le 9 novembre dans les zones contrôlées par le gouvernement,
et des efforts sont en cours pour atteindre les enfants dans les
régions tenues par les rebelles, a signalé OCHA.
11
/ 13 / 2002
IRIN
The
article: "Cote d'Ivoire - South Africa: Ex-SA
soldiers provide training, logistics"
South
Africans assisting the government of Cote d'Ivoire (Ivory Coast)
in its war against rebels have been careful not to fall foul of
their own country's laws banning mercenary activity.
A
military analyst with the Institute for Security Studies based
in Pretoria, South Africa, told IRIN that between 10 and 20 former
officers of the South African National Defence Force (SANDF) were
operating in Cote d'Ivoire.
"They
would not be classified as mercenaries as they do not get involved
in any fighting. They are technical advisers. What they're doing
is training and logistical coordination, they're supplying chopper
pilot [training] that type of thing," said Henri Boshoff.
He
said the South Africans had all been senior officers in the SANDF
and had contracted themselves individually with the Ivorian government.
"They're
not there as an organisation or group or anything ... they then
avoid falling foul of the law," Boshoff said.
That
law is the Foreign Military Assistance Act of 1995, which makes
it illegal for South Africans to fight for a foreign country or
organisation without government permission.
South
African foreign affairs spokesman Ronny Mamoepa had earlier told
IRIN that any of the country's citizens involved in fighting in
Cote d'Ivoire would be faced with arrest and, if convicted, a
prison sentence and/or a fine.
Mamoepa
noted that South Africa was the current chair of the African Union
(AU) and therefore heavily "involved in the AU processes
to create peace and stability in the Ivory Coast".
Boshoff
said there were also Bulgarians and French private military advisers
working in Cote d'Ivoire. "It's a growing industry,"
he added.
Former
South African soldiers were hiring themselves out as security
consultants to various corporations expanding their operations
in Africa. "It's all legal, they're acting as technical and
security advisers. But if it were 60 soldiers picking up firearms
to go fight, that would be a different story," he noted.
The
Ivorian conflict broke out on 19 September, when rebels including
former members of the Ivorian military failed in a bid to overthrow
President Laurent Gbagbo but took over key towns in the centre
and north of the country.
A
ceasefire agreement was concluded on 17 October, but the assassination
of the brother of a senior member of the rebel Mouvement patriotique
de Cote d'Ivoire (MPCI) in the commercial capital Abidjan on Friday
prompted the insurgents to suspend talks with a delegation designated
by the Ivorian government.
11
/ 11 / 2002
IRIN
L'article:
"L'assassinat
du frère d'un négociateur rebelle jette une ombre
sur les pourparlers de paix"
La
mort du frère d'un haut responsable du Mouvement patriotique
de Côte d'Ivoire (MPCI), rebelle, a jeté une ombre
sur les négociations entre les rebelles et la délégation
désignée par le Gouvernement ivoirien, et a poussé
les insurgés à suspendre les négociations
en fin de semaine.
"Benoît
Dacoury-Tabley, un médecin, a été découvert
mort vendredi à Abidjan, un jour après avoir été
pris de sa clinique dans la capitale économique ivoirienne
par des policiers en tenue, selon certains medias locaux et internationaux,
par des hommes en civil, selon une declaration faite lundi par
un porte-parole de la famille.
Louis
Dakoury-Tabley est le coordinateur du MPCI pour les relations
extérieures. Au moment de la mort de son frère,
il participait aux pourparlers de Lomé, sous les auspices
de la Communauté économique des Etats de l'Afrique
de l'Ouest (CEDEAO).
La
CEDEAO a déploré l'assassinat et a rappelé,
dans un communiqué, que le Gouvernement et les rebelles
avaient accepté de "s'abstenir de tout acte belliqueux
telles que des exactions, des exécutions extrajudiciaires,
le recrutement et l'utilisation de mercenaires, l'enrôlement
d'enfants-soldats ainsi que de violations de l'accord sur la cessation
des hostilités ".
L'accord
de cessez-le-feu a été conclu le 17 octobre, soit
un mois environ après qu'une mutinerie accompagnée
de l'occupation de villes stratégiques du centre et du
nord du pays ait marqué le début de l'insurrection
du MPCI.
La
CEDEAO a ajouté: "C'est avec une profonde émotion
que (les médiateurs) ont appris, au moment où les
négociations de paix étaient sur le point de porter
fruit à Lomé, l'assassinat du Dr. Benoît Dacoury-Tabley".
"Ils
déplorent cet acte qui ne peut que perpétuer un
climat de méfiance pouvant compromettre les efforts déployés
pour ramener la paix et la cohésion nationale en Côte
d'Ivoire. Dans le cadre des efforts du gouvernement de la Côte
d'Ivoire pour consolider la primauté du droit, les médiateurs
voudraient qu'il cherche les auteurs de cet assassinat et qu'il
prenne rapidement une décision judiciaire appropriée
à leur encontre".
La
CEDEAO a invité les deux côtés à prendre
toutes les dispositions nécessaires pour garantir la paix
et la sécurité des populations, en particulier dans
les régions sous leur contrôle.
Lors
d'une conférence de presse à Lomé samedi,
le sécrétaire général du MPCI, Guillaume
Soro, a indiqué qu'il y a eu de fréquentes exactions,
des arrestations nocturnes et des assassinats de personnes soupçonnées
de collaboration avec le MPCI. Il a ajouté qu'il semblerait
que cela fait partie d'un plan de sabotage des pourparlers de
paix.
Il
a déclaré que le MPCI avait "unilatéralement
décidé de suspendre sa participation aux négociations
afin qu'il puisse pleurer (Dacoury-Tabley) et toutes les victimes
anonymes" des forces de sécurité.
Lundi,
Reuters a cité un autre représentant du MPCI selon
lequel la délégation rebelle pourrait reprendre
les négociations dans les prochaines 48 heures.
A
Abidjan, le ministre de la Défense de la Côte d'Ivoire,
Bertin Kadet, a indiqué qu'aucun membre des forces de l'ordre
n'était impliqué dans l'assassinat de Dakoury-Tabley,
déploré par le gouvernement dans un communiqué
vendredi. Le gouvernement a informé que le président
Laurent Gbagbo avait ordonné aux forces de sécurité
d'observer et de respecter la trêve du 17 octobre mais que
les rebelles l'avaient violée sur une base quotidienne.
"Après
maintes incursions rebelles dans les zones sous le contrôle
du gouvernement, on a noté qu'il y a eu des agressions
et des exécutions sommaires de personnes" dans plusieurs
localités sous le contrôle du MPCI et à Abidjan.
Il a affirmé que les assassinats visaient à entraver
les négociations de Lomé. |