| Rapports
sur les relations éthniques /
Reports on Ethnic Relations |
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The
following section is consisted of part, full or summaries of articles
from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité
ou de résumés d'articles provenant d'origines diverses
(journaux,bulletins, etc..).
02
/ 25 / 2004
L'AVENIR QUOTIDIEN
"Sauver ce qui peut encore
l’être"
La période de transition poursuit son bonhomme de chemin
en République démocratique du Congo. A moins d’être
de mauvaise foi pour affirmer le contraire, jusqu’à
présent, le processus a avancé plutôt bien.
Disons que l’essentiel a été préservé
pour que les principaux objectifs soient atteints. Cela ne voudrait
nullement dire qu’il n’y a jamais eu de couacs. C’est
la façon d’appréhender les événements
qui compte. Le Chef de l’Etat l’a démontré
dimanche dernier au cours de son entrevue avec des responsables
des journaux privés paraissant à Kinshasa.
A la question de savoir ce qu’il pensait des affaires ou
des conflits entre certains acteurs politiques, le Président
Joseph Kabila a indiqué clairement qu’il n’y
avait pas de crise ou ce que la presse pouvait qualifier comme
telle. Pour ne pas tout banaliser, le Chef de l’Etat a relevé
que la majorité de ces cas présentés par
les uns et les autres comme étant des problèmes
sont en fait des malentendus consécutifs à un défaut
de communication entre les animateurs des institutions de transition.
Il n’a pas seulement fait état de manque de communication
mais aussi de concertation entre les animateurs précités.
Il n’y a pas de concorde qui ne s’appuie sur la concertation
qui elle-même est fondée sur la communication. Aucune
gestion d’une structure – quelle qu’elle soit
– ne peut s’opérer sans une communication efficiente.
C’est donc à juste titre que le Président
de la République a rappelé aux quatre vice-présidents
l’indispensable rôle de la communication pour une
coordination optimale de l’action gouvernementale.
Cela est très important si l’on veut réussir
la transition en Rdc. Et le Président Joseph Kabila en
est conscient puisqu’il est le premier à vouloir
à tout prix la réussite du processus en cours au
pays. D’ailleurs, alors que l’on redoutait une transition
agitée et que les signes d’agitation sont perceptibles
çà et là, le chef de l’Etat tient à
rassurer tout le monde. Il se veut le conciliateur en mettant
l’église au milieu du village. Pour ce faire, malgré
l’acuité avec laquelle peuvent se présenter
des problèmes, le Président estime que l’on
doit traiter froidement les différentes questions.
Et il a raison d’ajouter qu’en ce qui le concerne,
il va œuvrer pour une transition apaisée. C’est
un défi à relever absolument. Mais, pour ce faire,
il faudrait le concours de tout le monde : acteurs politiques
de tous bords, animateurs de différentes institutions de
la transition, hommes d’églises, activistes des droits
de l’homme, membres du mouvement associatif…
Il faudrait que chacun, là où il se trouve, fasse
un effort afin que tous les efforts conjugués produisent
les effets escomptés, à savoir la réalisation
des objectifs assignés à cette période de
transition. Or, tel n’a pas été le cas pour
nombre d’animateurs des institutions de transition qui ont
toujours un agenda caché. Et ce qui vient de se produire
à Bukavu avec des retombées à Kinshasa donne
la pleine mesure de ce qui se tramait de longue date et que le
quotidien L’Avenir a plusieurs fois dénoncé
dans ses colonnes.
Ainsi donc, comme il fallait s’y attendre, tous les moyens
ont été bons pour le Rcd (Rassemblement congolais
pour la démocratie) de mettre à exécution
son plan macabre. De l’avis des nationalistes, le processus
lui-même n’a pas encore volé en éclats
et que tout doit être mis en œuvre afin de sauver ce
qui peut l’être encore.
Ce faisant, le Comité d’accompagnement de la transition
(Ciat) a une mission délicate, celle de ramener tout le
monde sur le rails. Absolument.
02 / 25 / 2004
LE SOFT
"Le Kivu
entre en ébullition"
Il a fallu que soudain la Cour suprême accorde les pleins
pouvoirs à Kabila, et, à Bukavu, le gouverneur Shi
RCD Xavier Ciribanya Cirimwami soit limogé par la composante
ex-gouvernement sans que son ex-mouvement rebelle étatisé
ne bronche, pour qu’à Goma, la crise qui couvait
depuis juin 2003 dans les gorges du terrible volcan, atteigne
sa phase finale. Hutus et Tutsis, tous Banyarwanda, tous frères
et sœurs, ennemis jurés hier jusqu’à
s’entre-tuer massivement, décident d’enterrer
machettes et lances et, ensemble, de défendre leurs terres,
en premier, leur gouverneur Hutu dangereusement entré dans
l’œil du cyclope. Déclarations et pratiques
récentes du Chef de l’Etat laissant croire que le
Kivu ne serait qu’un terrain de conquête électorale
étaient à ce point trop imprudentes dans une situation
de crise aiguë pour ne pas supposer qu’une politique
de la terre brûlée était en marche.
«Le soft» avait prévenu. Ainsi, une délégation
d’opérateurs économiques des territoires ex-sous
contrôle du RCD s’ahurissait, en se rappelant opportunément
une phrase que le président avait dite, devant elle, en
la recevant en novembre dernier, en réalité, un
vieux proverbe Kinyarwanda datant du XVIème siècle:
«Ntawurya inka ngo areke umirizo?» mais en a donné
la traduction Swahili: «Mutu anaweza kula ngombe yote, kiswa
ana swindwa kula mukiya?».
Soit, en français: «Peut-on manger toute une vache
sans être en mesure d’en bouffer la queue?»
Car c’est là le problème. Ses déclarations
au «Soir» de Bruxelles laissant entendre qu’il
ne prendrait pas la course à la présidentielle avaient
été suivies d’un «cinglant démenti».
Désormais, nul ne doute que le président ira à
la pêche. La communauté internationale veut ces élections.
Lui, les veut. Et tant que l’agenda n’aura pas changé,
il y a, pour le RCD-Goma, son actuel partenaire au sein des Institutions
de la transition, péril en la demeure. Car puisque les
élections auront lieu et que le Président va se
présenter, Kabila doit commencer par prendre pied dans
ce qu'il sait et dit être son fief naturel: l’est.
Mais comment le faire sans passer sur le cadavre du RCD dont c’est
également le fief?
Au début du Dialogue inter-congolais, «le Soft»
avait été séduit par une formule d’une
«transition neutre», comme elle a pu avoir lieu sous
d’autres cieux. C'est-à-dire, que ceux qui choisiraient
d'entrer en transition, ne sauraient ou ne pourraient en même
temps solliciter les suffrages des Citoyens à l'issue de
la transition, quitte à laisser passer une première
expérience démocratique.
Cela nous paraissait plus moralement et démocratiquement
convenable.
Notre journal a écrit et présenté sa position.
Un certain Raphaël Katebe Katoto Soriano, homme d’affaires
katangais, fut saisi par l’idée, sans parvenir à
la conduire. C’était pourtant là, la solution.
Mais les belligérants voulaient le pouvoir, tout le pouvoir,
pendant la transition, après la transition, et après-après
la transition. Soit pour toujours. Alors que chaque ex-Zaïrois
exècre le Mobutisme, en chacun des ex-Zaïrois vit
ou servit Mobutu. Les démocrates, comme il en naît
de plus en plus ailleurs en Afrique, sont encore à rechercher
chez nous.
De guerre lasse, «le Soft» a prévenu: la transition
ne laisserait aucun répit à ses animateurs. Le lancement
de la transition signifierait le lancement de la campagne électorale.
Il n’y aura pas un animateur qui ne travaillerait sans penser
à son élection.
Plus malin, la composante ex-Gouvernement a négocié
et obtenu de gérer le secteur de l'information si sensible
pendant la transtition alors que, pour faire acte de bonne fois,
ce secteur va, partout où il y a contestation, à
ceux qui contestent (Burundi, Côte d'Ivoire, etc.), quitte
à laisser le président avec ses porte-parole.
«Deux ans, écrivions-nous, ce n’est pas demain,
c’est aujourd’hui».
Ce qui arrive dans les Kivu avait été préparé,
planifié. «Rwandophones congolais font chorus: Le
Kivu entre en phase d’ébullition» est le titre
de Cover page que «le Soft» hélas publie cette
semaine. Numéro daté 782, 26 février 2004.
En vente chez tous les libraires de qualité en Afrique
des Grands Lacs (ex-Zaïre, Rwanda, Burundi et sur toute la
Belgique).
On lira: «Aux pieds du terrible volcan, poussée par
les événements de Bukavu, selon tous les signes
avant-coureurs, Goma était sur le point d’entrer
dans sa phase terminale».
«Le Kivu se laisse tenter». Mais aussi, l’éditorial
de Tryphon Kin-kiey Mulumba: «Quand le Kivu se laisse tenter».
Ou d’autres titres: «Peut-on manger toute une vache
sans être en mesure d’en consommer la queue?»,
«Les Rwandophones ne tendront plus «le cou au bourreau
pour que les têtes roulent», «A Beni et Lubero,
Nande est roi chez lui: tout «étranger» est
ruiné endéans dix jours», «Un trop-plein
annonciateur de joutes fratricides sanglantes», «Et
si l’Afrique du Sud nous inspirait encore?», «Si
élections ont lieu, le RCD-Goma enverra à la pêche
ses meilleurs ténors affronter du gros gabarit du camp
adverse», «Amateurisme: les évêques chargent
les dirigeants de l’État transition», «Le
discours public sur la réconciliation est un leurre, assène
l’Église catholique», «En vérité,
les maîtres de Bukavu cherchent plus: évincer le
RCD-G de la ville et de la province», «Bukavu politique
se réveille dans une arrière-ville plongée
dans la misère», «Sécurité, paix:
Swing joue publiquement le pro Consul», «Kagame se
rend mi-mars à Bruxelles après son succès
au Sommet du Nepad à Kigali», «Le petit dernier
d’Alfred Kalisa: Amex avec laquelle il convole en justes
noces», «Il veut retourner dans sa niche kinoise»,
«La centrale de la Tshopo est menacée d’arrêt,
Kisangani risque de plonger dans les ténèbres»,
«Désormais aux Bleus, Luyindula est perdu pour les
Simba», «I love Rwanda», disent de plus en plus
des jeunes footballeurs congolais», «Belgian Companies
Pour Cold Water On Kabila’s Hopes», «Swing:
There is an absence of political gravity in Congo», «La
longue agonie du ministre des Transports: ceux qui exècrent
le «Chairman» n’ont qu’à lui offrir
la tête d’Olengha Nkoy qu’il réclame»,
«Boshab sur qui se déverse l’ire de Babi Mbaya»,
«Président du Parti socialiste africain, Jibi Ngoy
charge Kabila après son apologie du colonialisme belge».
Etc. Puis, au moment où nous allions sous presses: «Graves
incidents à Bukavu où le commandant militaire serait
porté disparu». Sur la situation politique à
Bukavu, on apprenait que le général Prosper Nabyolwa
récemment nommé par le président Kabila,
avait procédé à l’arrestation et au
transfert à Kinshasa, par jet privé arrivé
à cet effet, avec la coopération de la MONUC, du
major Joseph Kasongo, l’un des condamnés à
mort par contumace dans le procès des assassins du président
Laurent-Désiré Kabila. Joseph Kabila en aurait fait
exécuter certains d’entre eux peu avant de se rendre
récemment en visite officielle en Europe.
Le RCD-Goma a menacé de «suspendra sa participation
à toutes les institutions de la transition» si le
«major n’était pas remis dans l’avion,
ramené à Bukavu et libéré»,
selon ce que nous en a dit le 1er Vice-président de l’Assemblée
nationale de transition, Dr. Adolphe Onusumba Yemba.
De son côté, Francis Bedi Makubu Mabele, au cours
d'un point de presse à Kinshasa, a déclaré:
«le major Kasongo a été arrêté
il y a trois jours à Bukavu sur ordre du président
de la République sans motif connu et transféré
lundi à Kinshasa contrairement aux dispositions arrêtées
par le conseil de sécurité de la ville élargi
à la MONUC. Le RCD et ses alliés - quelque cinq
partis de l'opposition politique - exigent sa libération
immédiate et sans condition ainsi que son retour à
Bukavu, lieu de sa résidence». Makubu a qualifié
de «terrorisme d'Etat» l'arrestation et le transfert
à Kinshasa du major Kasongo et demande au président
Joseph Kabila, également commandant suprême des forces
armées congolaises de «résoudre cette situation
pour ne pas compromettre la transition».
Bukavu a été secouée dans la nuit de lundi
à mardi par des coups de feu nourris près de la
résidence du commandant de la 10è région
militaire, le général Prosper Nabyolwa.
Peu après, la résidence du général
a été saccagée par des soldats de l'ex-mouvement
politico-militaire.
Sa garde n’a opposé aucune résistance.
Des sources ont fait savoir que le général avait
trouvé refuge à l’archevêché
toute proche et plus tard, récupéré par la
MONUC.
«C'est uniquement pour réclamer la libération
du major Kasongo qu'il y a eu cette situation dans la ville de
Bukavu», a expliqué Me Moïse Nyarugabo, député,
co-fondateur du RCD-Goma, et président du groupe parlementaire
du RCD-Goma. Il a expliqué son mouvement «n'a pas
intérêt à bloquer la transition».
Une importante quantité d'armes et de munitions avait été
saisie samedi à la résidence du major Kasongo à
Bukavu, selon des sources militaires de la 10ème région.
Cette saisie intervenait après une première saisie
qui avait donné lieu à la suspension du gouverneur
Xavier Ciribanya Cirimwamwi.
Dans «le Soft», nous tentons de faire notre métier
au mieux que nous pouvons, selon nos conditions de travail. Un
journal est une part et une page d’histoire qui se vit et
s’écrit en direct. Nous essayons de la retranscrire
avec l’objectivité du journaliste, la maîtrise
du professionnel et l’engagement de l’analyste.
02 / 24 / 2004
"15,000 Kitenge residents
flee May-Mayi militia"
At least 15,000 people have fled the village
of Kitenge in the southern province of Katanga, where Mayi-Mayi
militiamen have killed 100 people since 1 January, local human
rights official told IRIN.
"Kitenge residents live in fear and in trauma. They can no
longer go about their normal business, because the Mayi-Mayi are
extorting, looting, raping, burning homes, cutting off fingers
and the private parts and pubic hairs of their victims,"
Bin Masudi, the coordinator of the Katanga-based Committee for
the Defence of Human Rights, said.
Survivors have fled to localities surrounding Kitenge to the provincial
capital, Lubumbashi, 700 km to the south. Masudi said the internally
displaced people were now living with relatives and friends. He
said there were no humanitarian aid structures available, because
militiamen had looted all the health and humanitarian facilities.
Medecins Sans Frontieres France withdrew from the village after
it was thoroughly looted in November 2003.
The Democratic Republic of the Congo (DRC) military authorities
have confirmed the killings, attributing them to a splinter faction
of the Mayi-Mayi.
"For us, this is a group of armed bandits who continue to
kill, loot and rape, but we cannot understand why the Mayi-Mayi
would continue to act this way when their supreme commander has
ordered them to regroup in readiness for integration into the
new unified national army," Gen Dieugentil Mpia Nzambe said.
DRC military officers sent to persuade the Mayi-Mayi to regroup
had themselves been taken hostage and local administrators had
to pay 1.2 million DRC francs (US $3,200) for their release, Mpia
Nzambe said.
"These Mayi-Mayi on a Sunday threw a grenade into a church
congregation celebrating mass, and killed 25 people. Then, they
cut off their victims' sexual organs and used them as talismans,"
he said.
He said thousands of other Mayi-Mayi from northern Katanga had
already assembled, awaiting integration into the new army.
The DRC's belligerents have been regrouping since June 2003 in
a transitional government of national unity and other state institutions
in preparation for general elections in 2005. Belgian instructors
are already training the first integrated 2,500-member army brigade
of former enemies.
Human rights activists have complained that there has still been
no inquiry into the repeated killings since November 2003. But
the UN Mission in the DRC, know as MONUC, sent investigators to
the site in mid-February.
"We have received some information on the massacre, but we
are waiting for the results of the investigation before making
this public," Hamadoun Toure, the MONUC spokesman, said.
02 / 19 / 2004
"Les évêques
fustigent le déroulement de la transition"
Les évêques catholiques
de la République démocratique du Congo ont fustigé,
à la suite d'une conférence épiscopale du
9 au 14 février à Kinshasa la capitale, la lenteur
du processus de transition et le comportement d'anciennes composantes
belligérantes.
Dans leur message, les évêques ont notamment dénoncé
la pratique de certains membres du gouvernement et d'autres institutions
de la transition "[à s'octroyer] des avantages sociaux
et [à manifester] ouvertement leur désintérêt
général pour le bien-être de la majorité
de la population".
"Outre le fait qu'ils multiplient des missions aux avantages
juteux, ils s'offrent un train de vie qui n'a rien à voir
avec la précarité de nos finances nationales,"
ont lancé les évêques.
La conférence épiscopale a également constaté
la lenteur du processus de transition.
"Il s'agit de la volonté délibérée
des responsables politiques à tirer la transition en longueur
pour retarder la tenue des élections [prévue par
la constitution en 2005]," a indiqué le communiqué
des évêques.
Les évêques relèvent aussi la fragilisation
de la transition entretenue par des conflits au sommet de l'Etat.
Deux remaniements ont en effet récemment eu lieu au sein
du gouvernement d'union nationale après que des personnalités
de l'ancien gouvernement ont exigé le départ du
gouvernement de membres de l'ex-mouvement rebelle, le Mouvement
de libération du Congo (MLC).
Un contentieux oppose actuellement Jean-Pierre Bemba, un des quatre
vice-présidents de la République, leader du MLC,
au ministre des transports Joseph Olenghankoy, accusé d'avoir
tenu des propos injurieux à l'endroit du premier.
Les évêques ont également expliqué
la lenteur de la transition par le comportement de quelques personnalités
de la transition continuant à oeuvrer comme si la réunification
du pays n'était pas encore réalisée.
"Certains chefs militaires opposent une résistance
indue en affichant un comportement belliqueux qui compromet gravement
le processus de la réconciliation nationale. De même,
de hauts fonctionnaires de la [l'administration] territoriale,
brillant par leur désobéissance à la hiérarchie,
confisquent les recettes du Trésor public au profit de
leurs ex-composantes, paralysant anarchiquement le fonctionnement
de l'Etat," ont dit les évêques.
Pour eux, les détournements des deniers publics se multiplient
en toute impunité dans certains endroits pour renflouer
les caisses de certaines ex-composantes belligérantes.
N'sii Luanda, coordonnateur du comité des observateurs
des droits de l'homme (CODHO) partage les observations des évêques.
"La transition risque bien de perdurer car le gouvernement
ne fait aucun geste de bonne volonté pour faire avancer
les choses vers l'organisation des élections dans les délais,"
a-t-il dit.
Il estime par ailleurs que la réunification de l'administration
territoriale est gangrénée par des responsables
territoriaux qui dépendent plus de leurs anciennes composantes
que du gouvernement central à Kinshasa.
"La province du Katanga, par exemple, a deux gouverneurs.
Le premier issu de l'ancien gouvernement, est basé à
Lubumbashi, chef-lieu de la province, le second, dépendant
de l'ancien mouvement rebelle du Rassemblement congolais pour
la démocratie (RCD-Goma) est à Kalemie et ne dépend
que des autorités de ce mouvement. Il en est de même
pour l'ancien territoire que contrôlait le RCD-K/ML [Rassemblement
congolais pour la démocratie-Kisangani/Mouvement de Libération]
duquel dépendent les responsables territoriaux de Beni,
au Nord-Kivu [dans l'est]," a-t-il expliqué.
La situation sécuritaire des ministres se trouve ainsi
menacée.
"Les ministres en voyage ou en mission dans des territoires
anciennement sous le contrôle d'une composante autre que
la leur n'est pas en sécurité car les services de
sécurité dépendent encore des anciennes composantes
de l'ancien gouvernement ou d'anciens mouvements rebelles,"
a encore ajouté M. N'sii.
"Le
CIAT met en garde contre le manque d'indépendance de la
CEI"
Le Comité international d'appui
à la transition (CIAT) en République démocratique
du Congo, a estimé que certaines dispositions de la loi
organique relative à la Commission électorale indépendante
(CEI) "ne sont conformes ni à l'esprit ni à
la lettre de la constitution de transition et sont contraires
aux résolutions de Sun City", a indiqué mercredi
un communiqué du CIAT à la suite d'une rencontre
avec trois des quatre vice-présidents congolais.
Les membres du CIAT soutiennent en effet que certaines dispositions
des deux projets de loi, actuellement discutés devant le
parlement, ne permettront pas d'assurer pleinement l'indépendance
de la CEI par rapport aux partis politiques comme le prévoyaient
le texte suprême et les prescriptions du dialogue intercongolais.
Le CIAT dénonce ainsi plusieurs points litigieux parmi
lesquels: "Plusieurs dispositions sont susceptibles d'être
censurées par la Cour Suprême de Justice; La dissolution
de plein droit de la CEI après les élections n'est
pas conforme à la Constitution; La Constitution ne prévoit
pas d'Assemblée plénière ayant pouvoir de
décision au sein de la CEI et se limite à évoquer
le rôle du bureau; Les activités de la CEI ne peuvent
pas être subordonnées à l'Assemblée
Nationale car seule la Cour Suprême de Justice devrait contrôler
celles-ci," a indiqué le CIAT dans son communiqué.
Le CIAT a également pointé du doigt certains amendements
"facteurs de confusion" et de conflits de compétence
notamment "entre les 'bureaux de liaison de la CEI' et les
'bureaux de représentation' créés par les
projets de loi organique, dont les membres pléthoriques
- 1600 personnes - feront nécessairement allégeance
à leur parti". Il a encore fustigé l'absence
d'assurance d'indépendance de la CEI et le "risque
de marchandages politiques" qui entacheraient la crédibilité
des scrutins après le résultat des élections.
La Commission Paritaire Mixte Parlementaire a été
finalement encouragée par le CIAT à poursuivre ses
travaux en tenant compte des préoccupations exprimées.
02 / 18 / 2004
"Un journaliste en détention
provisoire depuis 12 mois, dénonce le JED"
Un journaliste en République démocratique du Congo
est en détention préventive depuis 12 mois au centre
pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa,
la capitale, a dénoncé vendredi Journaliste en danger
(JED), une organisation congolaise de défense de la liberté
de la presse.
Bamporiki Chamira, journaliste au quotidien La Tempête des
Tropiques, avait été arrêté, le 14
février 2003, à Kinshasa par des éléments
de l'agence nationale des renseignements, a rappelé le
JED.
"Officiellement, le journaliste est accusé de complot
visant à porter atteinte à la vie du président
Joseph Kabila, d'avoir essayé de renverser le régime
politique en place et d'avoir tenté de venger la mort du
Commandant Anselme Massasu," a rapporté le JED.
Son procès s'est ouvert le mardi 17 juin 2003 devant la
Cour de Sûreté de l'Etat. L'affaire avait été
placée en délibéré au 24 juin 2003.
En décembre dernier, aucun verdict n'avait été
rendu, en violation de la loi pénale congolaise imposant
un délai de huit jours entre la fin du procès et
le prononcé du verdict.
L'ONG a pointé du doigt dans son communiqué toutes
les irrégularités entourant cette détention.
Le JED a réitéré sa demande de grâce
présidentielle, déposée le 5 mai 2003, en
faveur du journaliste. Durant sa détention, a rappelé
le JED, la femme du journaliste est décédée
laissant des enfants en bas âge.
02 / 11 / 2004
"La MONUC découvre 12 cadavres à
Gobu"
Des militaires de la MONUC, la mission des Nations Unies en République
démocratique du Congo (RDC) ont découvert 12 cadavres
à Gobu, a indiqué mercredi à la presse, Hamadoun
Touré, porte-parole de la MONUC. Cette localité,
située à 60 km au nord de Bunia, le chef lieu du
district de l'Ituri au nord-est du pays, avait été
le théâtre d'un massacre allégué à
la mi janvier.
"Nos militaires, qui s’étaient rendus sur place
à Gobu, ont découvert 12 corps et non pas une fosse
commune. De fortes présomptions poussent à croire
qu’il y a eu un massacre, mais il reste difficile de déterminer
les auteurs et ce qui s'est passé réellement,"
a déclaré M. Touré.
La mission d'enquête avait tenté en vain de se rendre
plusieurs fois sur les lieux mais avait été obligée
de repousser la mission en raison des mauvaises conditions climatiques.
Des militaires de la MONUC s’y étaient finalement
rendus à pied, les avions et les hélicoptères
ne pouvant voler.
"Malgré les allégations qui avaient été
faites, nous attendons qu’une équipe d’experts
et de médecins légistes s’y rendent pour déterminer
si massacre effectivement il y a eu," a dit M. Touré.
Les militaires qui ont découvert les corps, a précisé
M. Touré, n’étaient en effet pas suffisamment
équipés pour mener des enquêtes sur les dépouilles
et déterminer le moment et les causes des décès.
La délégation avait, par ailleurs, essuyé
des tirs aux environs de Gobu. Aucune victime n'a néanmoins
été déplorée du coté de la
MONUC. Les auteurs des coups de feu n'ont pas pu être identifiés.
Selon des rescapés, 24 individus avaient embarqué,
le 16 janvier, sur des bateaux transportant des déplacés
internes et des commerçants vers les villages du bord du
lac Albert. Ils les avaient ensuite forcés à amarrer
à Gobu. "En arrivant à Gobu, les rebelles ont
séparé les hommes, les femmes et les enfants avant
de tirer sur les hommes regroupés par quatre, cinq ou 10,"
avait témoigné Emmanuel Leku, coordinateur de l'administration
locale. Les rebelles avaient également violé deux
femmes et dérobé les passagers.
"La
MONUC détruit des armes à Kindu"
Les artificiers de la MONUC, la mission
des Nations Unies en République démocratique du
Congo (RDC), ont procédé les 4 et 5 février
dernier, à la destruction de 489 armes, a annoncé
mercredi la MONUC. L'opération s'est déroulée
dans le camp de Basoko, à Kindu, dans l'est du pays.
Parmi ces armes, a précisé la MONUC, 186 provenaient
des différentes opérations de désarment volontaire
des éléments Interhamwe ou Maï-Maï à
Kalemie et à Manono, dans le sud-est de la RDC. Les 303
autres avaient été découvertes par les responsables
du camp militaire de Lwama à Kindu, a ajouté la
MONUC.
"Les armes découvertes au camp Lwama sont très
anciennes et inutilisables. Selon l’expert artificier de
la Task Force One, le major Edwards, elles datent de la deuxième,
voire de la première guerre mondiale, comme les Mauser
par exemple. Raison pour laquelle les autorités militaires
de Kindu ont tenu à en conserver une quarantaine, en vue
de les exposer un jour dans un musée de l’armée,"
a rapporté la MONUC.
Une grande quantité de munitions rouillées dans
le camp de Lwama devrait être détruite dans les semaines
à venir, a encore indiqué la MONUC. |