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Le Kivu entre en ébullition
Les évêques fustigent le déroulement de la transition
Le CIAT met en garde contre le manque d'indépendance de la CEI
La MONUC détruit des armes à Kindu
 
Rapports sur les relations éthniques / Reports on Ethnic Relations  

The following section is consisted of part, full or summaries of articles from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité ou de résumés d'articles provenant d'origines diverses (journaux,bulletins, etc..).



02 / 25 / 2004

L'AVENIR QUOTIDIEN

"Sauver ce qui peut encore l’être"

La période de transition poursuit son bonhomme de chemin en République démocratique du Congo. A moins d’être de mauvaise foi pour affirmer le contraire, jusqu’à présent, le processus a avancé plutôt bien. Disons que l’essentiel a été préservé pour que les principaux objectifs soient atteints. Cela ne voudrait nullement dire qu’il n’y a jamais eu de couacs. C’est la façon d’appréhender les événements qui compte. Le Chef de l’Etat l’a démontré dimanche dernier au cours de son entrevue avec des responsables des journaux privés paraissant à Kinshasa.
A la question de savoir ce qu’il pensait des affaires ou des conflits entre certains acteurs politiques, le Président Joseph Kabila a indiqué clairement qu’il n’y avait pas de crise ou ce que la presse pouvait qualifier comme telle. Pour ne pas tout banaliser, le Chef de l’Etat a relevé que la majorité de ces cas présentés par les uns et les autres comme étant des problèmes sont en fait des malentendus consécutifs à un défaut de communication entre les animateurs des institutions de transition.
Il n’a pas seulement fait état de manque de communication mais aussi de concertation entre les animateurs précités. Il n’y a pas de concorde qui ne s’appuie sur la concertation qui elle-même est fondée sur la communication. Aucune gestion d’une structure – quelle qu’elle soit – ne peut s’opérer sans une communication efficiente. C’est donc à juste titre que le Président de la République a rappelé aux quatre vice-présidents l’indispensable rôle de la communication pour une coordination optimale de l’action gouvernementale.
Cela est très important si l’on veut réussir la transition en Rdc. Et le Président Joseph Kabila en est conscient puisqu’il est le premier à vouloir à tout prix la réussite du processus en cours au pays. D’ailleurs, alors que l’on redoutait une transition agitée et que les signes d’agitation sont perceptibles çà et là, le chef de l’Etat tient à rassurer tout le monde. Il se veut le conciliateur en mettant l’église au milieu du village. Pour ce faire, malgré l’acuité avec laquelle peuvent se présenter des problèmes, le Président estime que l’on doit traiter froidement les différentes questions.
Et il a raison d’ajouter qu’en ce qui le concerne, il va œuvrer pour une transition apaisée. C’est un défi à relever absolument. Mais, pour ce faire, il faudrait le concours de tout le monde : acteurs politiques de tous bords, animateurs de différentes institutions de la transition, hommes d’églises, activistes des droits de l’homme, membres du mouvement associatif…
Il faudrait que chacun, là où il se trouve, fasse un effort afin que tous les efforts conjugués produisent les effets escomptés, à savoir la réalisation des objectifs assignés à cette période de transition. Or, tel n’a pas été le cas pour nombre d’animateurs des institutions de transition qui ont toujours un agenda caché. Et ce qui vient de se produire à Bukavu avec des retombées à Kinshasa donne la pleine mesure de ce qui se tramait de longue date et que le quotidien L’Avenir a plusieurs fois dénoncé dans ses colonnes.
Ainsi donc, comme il fallait s’y attendre, tous les moyens ont été bons pour le Rcd (Rassemblement congolais pour la démocratie) de mettre à exécution son plan macabre. De l’avis des nationalistes, le processus lui-même n’a pas encore volé en éclats et que tout doit être mis en œuvre afin de sauver ce qui peut l’être encore.
Ce faisant, le Comité d’accompagnement de la transition (Ciat) a une mission délicate, celle de ramener tout le monde sur le rails. Absolument.

02 / 25 / 2004

LE SOFT

"Le Kivu entre en ébullition"

Il a fallu que soudain la Cour suprême accorde les pleins pouvoirs à Kabila, et, à Bukavu, le gouverneur Shi RCD Xavier Ciribanya Cirimwami soit limogé par la composante ex-gouvernement sans que son ex-mouvement rebelle étatisé ne bronche, pour qu’à Goma, la crise qui couvait depuis juin 2003 dans les gorges du terrible volcan, atteigne sa phase finale. Hutus et Tutsis, tous Banyarwanda, tous frères et sœurs, ennemis jurés hier jusqu’à s’entre-tuer massivement, décident d’enterrer machettes et lances et, ensemble, de défendre leurs terres, en premier, leur gouverneur Hutu dangereusement entré dans l’œil du cyclope. Déclarations et pratiques récentes du Chef de l’Etat laissant croire que le Kivu ne serait qu’un terrain de conquête électorale étaient à ce point trop imprudentes dans une situation de crise aiguë pour ne pas supposer qu’une politique de la terre brûlée était en marche.
«Le soft» avait prévenu. Ainsi, une délégation d’opérateurs économiques des territoires ex-sous contrôle du RCD s’ahurissait, en se rappelant opportunément une phrase que le président avait dite, devant elle, en la recevant en novembre dernier, en réalité, un vieux proverbe Kinyarwanda datant du XVIème siècle: «Ntawurya inka ngo areke umirizo?» mais en a donné la traduction Swahili: «Mutu anaweza kula ngombe yote, kiswa ana swindwa kula mukiya?».
Soit, en français: «Peut-on manger toute une vache sans être en mesure d’en bouffer la queue?» Car c’est là le problème. Ses déclarations au «Soir» de Bruxelles laissant entendre qu’il ne prendrait pas la course à la présidentielle avaient été suivies d’un «cinglant démenti».
Désormais, nul ne doute que le président ira à la pêche. La communauté internationale veut ces élections. Lui, les veut. Et tant que l’agenda n’aura pas changé, il y a, pour le RCD-Goma, son actuel partenaire au sein des Institutions de la transition, péril en la demeure. Car puisque les élections auront lieu et que le Président va se présenter, Kabila doit commencer par prendre pied dans ce qu'il sait et dit être son fief naturel: l’est.
Mais comment le faire sans passer sur le cadavre du RCD dont c’est également le fief?
Au début du Dialogue inter-congolais, «le Soft» avait été séduit par une formule d’une «transition neutre», comme elle a pu avoir lieu sous d’autres cieux. C'est-à-dire, que ceux qui choisiraient d'entrer en transition, ne sauraient ou ne pourraient en même temps solliciter les suffrages des Citoyens à l'issue de la transition, quitte à laisser passer une première expérience démocratique.
Cela nous paraissait plus moralement et démocratiquement convenable.
Notre journal a écrit et présenté sa position. Un certain Raphaël Katebe Katoto Soriano, homme d’affaires katangais, fut saisi par l’idée, sans parvenir à la conduire. C’était pourtant là, la solution.
Mais les belligérants voulaient le pouvoir, tout le pouvoir, pendant la transition, après la transition, et après-après la transition. Soit pour toujours. Alors que chaque ex-Zaïrois exècre le Mobutisme, en chacun des ex-Zaïrois vit ou servit Mobutu. Les démocrates, comme il en naît de plus en plus ailleurs en Afrique, sont encore à rechercher chez nous.
De guerre lasse, «le Soft» a prévenu: la transition ne laisserait aucun répit à ses animateurs. Le lancement de la transition signifierait le lancement de la campagne électorale. Il n’y aura pas un animateur qui ne travaillerait sans penser à son élection.
Plus malin, la composante ex-Gouvernement a négocié et obtenu de gérer le secteur de l'information si sensible pendant la transtition alors que, pour faire acte de bonne fois, ce secteur va, partout où il y a contestation, à ceux qui contestent (Burundi, Côte d'Ivoire, etc.), quitte à laisser le président avec ses porte-parole.
«Deux ans, écrivions-nous, ce n’est pas demain, c’est aujourd’hui».
Ce qui arrive dans les Kivu avait été préparé, planifié. «Rwandophones congolais font chorus: Le Kivu entre en phase d’ébullition» est le titre de Cover page que «le Soft» hélas publie cette semaine. Numéro daté 782, 26 février 2004. En vente chez tous les libraires de qualité en Afrique des Grands Lacs (ex-Zaïre, Rwanda, Burundi et sur toute la Belgique).
On lira: «Aux pieds du terrible volcan, poussée par les événements de Bukavu, selon tous les signes avant-coureurs, Goma était sur le point d’entrer dans sa phase terminale».
«Le Kivu se laisse tenter». Mais aussi, l’éditorial de Tryphon Kin-kiey Mulumba: «Quand le Kivu se laisse tenter». Ou d’autres titres: «Peut-on manger toute une vache sans être en mesure d’en consommer la queue?», «Les Rwandophones ne tendront plus «le cou au bourreau pour que les têtes roulent», «A Beni et Lubero, Nande est roi chez lui: tout «étranger» est ruiné endéans dix jours», «Un trop-plein annonciateur de joutes fratricides sanglantes», «Et si l’Afrique du Sud nous inspirait encore?», «Si élections ont lieu, le RCD-Goma enverra à la pêche ses meilleurs ténors affronter du gros gabarit du camp adverse», «Amateurisme: les évêques chargent les dirigeants de l’État transition», «Le discours public sur la réconciliation est un leurre, assène l’Église catholique», «En vérité, les maîtres de Bukavu cherchent plus: évincer le RCD-G de la ville et de la province», «Bukavu politique se réveille dans une arrière-ville plongée dans la misère», «Sécurité, paix: Swing joue publiquement le pro Consul», «Kagame se rend mi-mars à Bruxelles après son succès au Sommet du Nepad à Kigali», «Le petit dernier d’Alfred Kalisa: Amex avec laquelle il convole en justes noces», «Il veut retourner dans sa niche kinoise», «La centrale de la Tshopo est menacée d’arrêt, Kisangani risque de plonger dans les ténèbres», «Désormais aux Bleus, Luyindula est perdu pour les Simba», «I love Rwanda», disent de plus en plus des jeunes footballeurs congolais», «Belgian Companies Pour Cold Water On Kabila’s Hopes», «Swing: There is an absence of political gravity in Congo», «La longue agonie du ministre des Transports: ceux qui exècrent le «Chairman» n’ont qu’à lui offrir la tête d’Olengha Nkoy qu’il réclame», «Boshab sur qui se déverse l’ire de Babi Mbaya», «Président du Parti socialiste africain, Jibi Ngoy charge Kabila après son apologie du colonialisme belge». Etc. Puis, au moment où nous allions sous presses: «Graves incidents à Bukavu où le commandant militaire serait porté disparu». Sur la situation politique à Bukavu, on apprenait que le général Prosper Nabyolwa récemment nommé par le président Kabila, avait procédé à l’arrestation et au transfert à Kinshasa, par jet privé arrivé à cet effet, avec la coopération de la MONUC, du major Joseph Kasongo, l’un des condamnés à mort par contumace dans le procès des assassins du président Laurent-Désiré Kabila. Joseph Kabila en aurait fait exécuter certains d’entre eux peu avant de se rendre récemment en visite officielle en Europe.
Le RCD-Goma a menacé de «suspendra sa participation à toutes les institutions de la transition» si le «major n’était pas remis dans l’avion, ramené à Bukavu et libéré», selon ce que nous en a dit le 1er Vice-président de l’Assemblée nationale de transition, Dr. Adolphe Onusumba Yemba.
De son côté, Francis Bedi Makubu Mabele, au cours d'un point de presse à Kinshasa, a déclaré: «le major Kasongo a été arrêté il y a trois jours à Bukavu sur ordre du président de la République sans motif connu et transféré lundi à Kinshasa contrairement aux dispositions arrêtées par le conseil de sécurité de la ville élargi à la MONUC. Le RCD et ses alliés - quelque cinq partis de l'opposition politique - exigent sa libération immédiate et sans condition ainsi que son retour à Bukavu, lieu de sa résidence». Makubu a qualifié de «terrorisme d'Etat» l'arrestation et le transfert à Kinshasa du major Kasongo et demande au président Joseph Kabila, également commandant suprême des forces armées congolaises de «résoudre cette situation pour ne pas compromettre la transition».
Bukavu a été secouée dans la nuit de lundi à mardi par des coups de feu nourris près de la résidence du commandant de la 10è région militaire, le général Prosper Nabyolwa.
Peu après, la résidence du général a été saccagée par des soldats de l'ex-mouvement politico-militaire.
Sa garde n’a opposé aucune résistance.
Des sources ont fait savoir que le général avait trouvé refuge à l’archevêché toute proche et plus tard, récupéré par la MONUC.
«C'est uniquement pour réclamer la libération du major Kasongo qu'il y a eu cette situation dans la ville de Bukavu», a expliqué Me Moïse Nyarugabo, député, co-fondateur du RCD-Goma, et président du groupe parlementaire du RCD-Goma. Il a expliqué son mouvement «n'a pas intérêt à bloquer la transition».
Une importante quantité d'armes et de munitions avait été saisie samedi à la résidence du major Kasongo à Bukavu, selon des sources militaires de la 10ème région. Cette saisie intervenait après une première saisie qui avait donné lieu à la suspension du gouverneur Xavier Ciribanya Cirimwamwi.
Dans «le Soft», nous tentons de faire notre métier au mieux que nous pouvons, selon nos conditions de travail. Un journal est une part et une page d’histoire qui se vit et s’écrit en direct. Nous essayons de la retranscrire avec l’objectivité du journaliste, la maîtrise du professionnel et l’engagement de l’analyste.

02 / 24 / 2004

"15,000 Kitenge residents flee May-Mayi militia"

At least 15,000 people have fled the village of Kitenge in the southern province of Katanga, where Mayi-Mayi militiamen have killed 100 people since 1 January, local human rights official told IRIN.
"Kitenge residents live in fear and in trauma. They can no longer go about their normal business, because the Mayi-Mayi are extorting, looting, raping, burning homes, cutting off fingers and the private parts and pubic hairs of their victims," Bin Masudi, the coordinator of the Katanga-based Committee for the Defence of Human Rights, said.
Survivors have fled to localities surrounding Kitenge to the provincial capital, Lubumbashi, 700 km to the south. Masudi said the internally displaced people were now living with relatives and friends. He said there were no humanitarian aid structures available, because militiamen had looted all the health and humanitarian facilities. Medecins Sans Frontieres France withdrew from the village after it was thoroughly looted in November 2003.
The Democratic Republic of the Congo (DRC) military authorities have confirmed the killings, attributing them to a splinter faction of the Mayi-Mayi.
"For us, this is a group of armed bandits who continue to kill, loot and rape, but we cannot understand why the Mayi-Mayi would continue to act this way when their supreme commander has ordered them to regroup in readiness for integration into the new unified national army," Gen Dieugentil Mpia Nzambe said.
DRC military officers sent to persuade the Mayi-Mayi to regroup had themselves been taken hostage and local administrators had to pay 1.2 million DRC francs (US $3,200) for their release, Mpia Nzambe said.
"These Mayi-Mayi on a Sunday threw a grenade into a church congregation celebrating mass, and killed 25 people. Then, they cut off their victims' sexual organs and used them as talismans," he said.
He said thousands of other Mayi-Mayi from northern Katanga had already assembled, awaiting integration into the new army.
The DRC's belligerents have been regrouping since June 2003 in a transitional government of national unity and other state institutions in preparation for general elections in 2005. Belgian instructors are already training the first integrated 2,500-member army brigade of former enemies.
Human rights activists have complained that there has still been no inquiry into the repeated killings since November 2003. But the UN Mission in the DRC, know as MONUC, sent investigators to the site in mid-February.
"We have received some information on the massacre, but we are waiting for the results of the investigation before making this public," Hamadoun Toure, the MONUC spokesman, said.

02 / 19 / 2004

"Les évêques fustigent le déroulement de la transition"

Les évêques catholiques de la République démocratique du Congo ont fustigé, à la suite d'une conférence épiscopale du 9 au 14 février à Kinshasa la capitale, la lenteur du processus de transition et le comportement d'anciennes composantes belligérantes.
Dans leur message, les évêques ont notamment dénoncé la pratique de certains membres du gouvernement et d'autres institutions de la transition "[à s'octroyer] des avantages sociaux et [à manifester] ouvertement leur désintérêt général pour le bien-être de la majorité de la population".
"Outre le fait qu'ils multiplient des missions aux avantages juteux, ils s'offrent un train de vie qui n'a rien à voir avec la précarité de nos finances nationales," ont lancé les évêques.
La conférence épiscopale a également constaté la lenteur du processus de transition.
"Il s'agit de la volonté délibérée des responsables politiques à tirer la transition en longueur pour retarder la tenue des élections [prévue par la constitution en 2005]," a indiqué le communiqué des évêques.
Les évêques relèvent aussi la fragilisation de la transition entretenue par des conflits au sommet de l'Etat.
Deux remaniements ont en effet récemment eu lieu au sein du gouvernement d'union nationale après que des personnalités de l'ancien gouvernement ont exigé le départ du gouvernement de membres de l'ex-mouvement rebelle, le Mouvement de libération du Congo (MLC).
Un contentieux oppose actuellement Jean-Pierre Bemba, un des quatre vice-présidents de la République, leader du MLC, au ministre des transports Joseph Olenghankoy, accusé d'avoir tenu des propos injurieux à l'endroit du premier.
Les évêques ont également expliqué la lenteur de la transition par le comportement de quelques personnalités de la transition continuant à oeuvrer comme si la réunification du pays n'était pas encore réalisée.
"Certains chefs militaires opposent une résistance indue en affichant un comportement belliqueux qui compromet gravement le processus de la réconciliation nationale. De même, de hauts fonctionnaires de la [l'administration] territoriale, brillant par leur désobéissance à la hiérarchie, confisquent les recettes du Trésor public au profit de leurs ex-composantes, paralysant anarchiquement le fonctionnement de l'Etat," ont dit les évêques.
Pour eux, les détournements des deniers publics se multiplient en toute impunité dans certains endroits pour renflouer les caisses de certaines ex-composantes belligérantes.
N'sii Luanda, coordonnateur du comité des observateurs des droits de l'homme (CODHO) partage les observations des évêques.
"La transition risque bien de perdurer car le gouvernement ne fait aucun geste de bonne volonté pour faire avancer les choses vers l'organisation des élections dans les délais," a-t-il dit.
Il estime par ailleurs que la réunification de l'administration territoriale est gangrénée par des responsables territoriaux qui dépendent plus de leurs anciennes composantes que du gouvernement central à Kinshasa.
"La province du Katanga, par exemple, a deux gouverneurs. Le premier issu de l'ancien gouvernement, est basé à Lubumbashi, chef-lieu de la province, le second, dépendant de l'ancien mouvement rebelle du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma) est à Kalemie et ne dépend que des autorités de ce mouvement. Il en est de même pour l'ancien territoire que contrôlait le RCD-K/ML [Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani/Mouvement de Libération] duquel dépendent les responsables territoriaux de Beni, au Nord-Kivu [dans l'est]," a-t-il expliqué.
La situation sécuritaire des ministres se trouve ainsi menacée.
"Les ministres en voyage ou en mission dans des territoires anciennement sous le contrôle d'une composante autre que la leur n'est pas en sécurité car les services de sécurité dépendent encore des anciennes composantes de l'ancien gouvernement ou d'anciens mouvements rebelles," a encore ajouté M. N'sii.

"Le CIAT met en garde contre le manque d'indépendance de la CEI"

Le Comité international d'appui à la transition (CIAT) en République démocratique du Congo, a estimé que certaines dispositions de la loi organique relative à la Commission électorale indépendante (CEI) "ne sont conformes ni à l'esprit ni à la lettre de la constitution de transition et sont contraires aux résolutions de Sun City", a indiqué mercredi un communiqué du CIAT à la suite d'une rencontre avec trois des quatre vice-présidents congolais.
Les membres du CIAT soutiennent en effet que certaines dispositions des deux projets de loi, actuellement discutés devant le parlement, ne permettront pas d'assurer pleinement l'indépendance de la CEI par rapport aux partis politiques comme le prévoyaient le texte suprême et les prescriptions du dialogue intercongolais.
Le CIAT dénonce ainsi plusieurs points litigieux parmi lesquels: "Plusieurs dispositions sont susceptibles d'être censurées par la Cour Suprême de Justice; La dissolution de plein droit de la CEI après les élections n'est pas conforme à la Constitution; La Constitution ne prévoit pas d'Assemblée plénière ayant pouvoir de décision au sein de la CEI et se limite à évoquer le rôle du bureau; Les activités de la CEI ne peuvent pas être subordonnées à l'Assemblée Nationale car seule la Cour Suprême de Justice devrait contrôler celles-ci," a indiqué le CIAT dans son communiqué.
Le CIAT a également pointé du doigt certains amendements "facteurs de confusion" et de conflits de compétence notamment "entre les 'bureaux de liaison de la CEI' et les 'bureaux de représentation' créés par les projets de loi organique, dont les membres pléthoriques - 1600 personnes - feront nécessairement allégeance à leur parti". Il a encore fustigé l'absence d'assurance d'indépendance de la CEI et le "risque de marchandages politiques" qui entacheraient la crédibilité des scrutins après le résultat des élections.
La Commission Paritaire Mixte Parlementaire a été finalement encouragée par le CIAT à poursuivre ses travaux en tenant compte des préoccupations exprimées.

02 / 18 / 2004

"Un journaliste en détention provisoire depuis 12 mois, dénonce le JED"

Un journaliste en République démocratique du Congo est en détention préventive depuis 12 mois au centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, la capitale, a dénoncé vendredi Journaliste en danger (JED), une organisation congolaise de défense de la liberté de la presse.
Bamporiki Chamira, journaliste au quotidien La Tempête des Tropiques, avait été arrêté, le 14 février 2003, à Kinshasa par des éléments de l'agence nationale des renseignements, a rappelé le JED.
"Officiellement, le journaliste est accusé de complot visant à porter atteinte à la vie du président Joseph Kabila, d'avoir essayé de renverser le régime politique en place et d'avoir tenté de venger la mort du Commandant Anselme Massasu," a rapporté le JED.
Son procès s'est ouvert le mardi 17 juin 2003 devant la Cour de Sûreté de l'Etat. L'affaire avait été placée en délibéré au 24 juin 2003. En décembre dernier, aucun verdict n'avait été rendu, en violation de la loi pénale congolaise imposant un délai de huit jours entre la fin du procès et le prononcé du verdict.
L'ONG a pointé du doigt dans son communiqué toutes les irrégularités entourant cette détention. Le JED a réitéré sa demande de grâce présidentielle, déposée le 5 mai 2003, en faveur du journaliste. Durant sa détention, a rappelé le JED, la femme du journaliste est décédée laissant des enfants en bas âge.

02 / 11 / 2004



"La MONUC découvre 12 cadavres à Gobu"

Des militaires de la MONUC, la mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) ont découvert 12 cadavres à Gobu, a indiqué mercredi à la presse, Hamadoun Touré, porte-parole de la MONUC. Cette localité, située à 60 km au nord de Bunia, le chef lieu du district de l'Ituri au nord-est du pays, avait été le théâtre d'un massacre allégué à la mi janvier.
"Nos militaires, qui s’étaient rendus sur place à Gobu, ont découvert 12 corps et non pas une fosse commune. De fortes présomptions poussent à croire qu’il y a eu un massacre, mais il reste difficile de déterminer les auteurs et ce qui s'est passé réellement," a déclaré M. Touré.
La mission d'enquête avait tenté en vain de se rendre plusieurs fois sur les lieux mais avait été obligée de repousser la mission en raison des mauvaises conditions climatiques.
Des militaires de la MONUC s’y étaient finalement rendus à pied, les avions et les hélicoptères ne pouvant voler.
"Malgré les allégations qui avaient été faites, nous attendons qu’une équipe d’experts et de médecins légistes s’y rendent pour déterminer si massacre effectivement il y a eu," a dit M. Touré. Les militaires qui ont découvert les corps, a précisé M. Touré, n’étaient en effet pas suffisamment équipés pour mener des enquêtes sur les dépouilles et déterminer le moment et les causes des décès.
La délégation avait, par ailleurs, essuyé des tirs aux environs de Gobu. Aucune victime n'a néanmoins été déplorée du coté de la MONUC. Les auteurs des coups de feu n'ont pas pu être identifiés.
Selon des rescapés, 24 individus avaient embarqué, le 16 janvier, sur des bateaux transportant des déplacés internes et des commerçants vers les villages du bord du lac Albert. Ils les avaient ensuite forcés à amarrer à Gobu. "En arrivant à Gobu, les rebelles ont séparé les hommes, les femmes et les enfants avant de tirer sur les hommes regroupés par quatre, cinq ou 10," avait témoigné Emmanuel Leku, coordinateur de l'administration locale. Les rebelles avaient également violé deux femmes et dérobé les passagers.

"La MONUC détruit des armes à Kindu"

Les artificiers de la MONUC, la mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC), ont procédé les 4 et 5 février dernier, à la destruction de 489 armes, a annoncé mercredi la MONUC. L'opération s'est déroulée dans le camp de Basoko, à Kindu, dans l'est du pays.
Parmi ces armes, a précisé la MONUC, 186 provenaient des différentes opérations de désarment volontaire des éléments Interhamwe ou Maï-Maï à Kalemie et à Manono, dans le sud-est de la RDC. Les 303 autres avaient été découvertes par les responsables du camp militaire de Lwama à Kindu, a ajouté la MONUC.
"Les armes découvertes au camp Lwama sont très anciennes et inutilisables. Selon l’expert artificier de la Task Force One, le major Edwards, elles datent de la deuxième, voire de la première guerre mondiale, comme les Mauser par exemple. Raison pour laquelle les autorités militaires de Kindu ont tenu à en conserver une quarantaine, en vue de les exposer un jour dans un musée de l’armée," a rapporté la MONUC.
Une grande quantité de munitions rouillées dans le camp de Lwama devrait être détruite dans les semaines à venir, a encore indiqué la MONUC.

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