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Les rebelles reviennent sur leur menace de quitter le gouvernement
Rapports sur les relations éthniques / Reports on Ethnic Relations

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La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité ou de résumés d'articles provenant d'origines diverses (journaux,bulletins, etc..).


07 / 10 / 2003 

IRIN

"Les civils retournent dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire"

Des centaines de civils ayant fui les combats dans l'ouest ivoirien depuis septembre 2002, émergent des forêts où ils vivaient depuis et commencent à retourner chez eux, à la suite de la déclaration faite le 4 juillet par le président Laurent Gbagbo décrétant que la guerre civile ivoirienne était officiellement finie.

Des responsables militaires français qui surveillaient depuis janvier le cessez-le-feu entre le gouvernement et les rebelles ivoiriens, qui ont rejoint le gouvernement d'unité nationale, ont déclaré à IRIN que des centaines de déplacés étaient arrivés dans plusieurs villages proches de la frontière libérienne.

Des travailleurs humanitaires dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire ont indiqué qu'ils assistaient les populations de retour. La plupart des femmes et des enfants souffrent de malnutrition car ils sont restés plusieurs jours sans repas appropriés et n'ont pu cultiver aucune culture de subsistance, ont ajouté les agents humanitaires.

Des responsables du Programme alimentaire mondial (PAM) à Man, une ville de l'Ouest ivoirien, ont informé IRIN jeudi de leur intention de distribuer à la fin de la semaine 300 tonnes de nourriture aux nouveaux arrivants à Danane, Zouan-Hien et Bin-Houyé, des localités avoisinantes. Chaque personne recevra au moins 7,2 kg de vivres.

Pendant le mois de juillet, le PAM projette de distribuer environ 1 335 tonnes de nourriture, notamment du riz, du sel, de l'huile de palme et des graines de soya, a annoncé Tbane Laconga, directeur de l'antenne du PAM à Man.

Médecins sans Frontières (MSF), qui soigne 500 enfants dans des centres thérapeutiques alimentaires, et Action Contre la Faim (ACF), qui vient de s'installer dans la région avec la mise en place de cinq centres nutritionnels, s'attendent à traiter davantage de cas dans les prochaines semaines.

ACF a relevé de nombreux cas de malnutrition modérée et sévère et Ondine Ripka, sa spécialiste en sécurité alimentaire, a estimé qu'il faudrait six mois avant que les agences réussissent à renverser la situation actuelle.

Le manque d'eau potable, ainsi que d'autres problèmes de santé, en particulier le paludisme et les maladies de la peau liées à des déficiences alimentaires vitales, sont également devenus de sérieux problèmes, ont poursuivi les travailleurs humanitaires.
Dans un communiqué paru jeudi, MSF a qualifié la situation de "crise sanitaire majeure", et a exhorté les acteurs nationaux et internationaux à centrer leurs efforts sur les souffrances des populations de retour. La population civile de cette région est devenue vulnérable, l'accès aux ressources alimentaires et aux services sanitaires en général a quasiment disparu de cette région qui a sombré dans le chaos, a affirmé l'organisation médicale.

"MSF craint une augmentation de la malnutrition, des taux de morbidité et de mortalité catastrophiques, et invite vivement les responsables à répondre rapidement aux besoins alimentaires et sanitaires de la population civile ", souligne le communiqué.

La Côte d'Ivoire a sombré dans une guerre civile au lendemain du Coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002. Les rebelles ont pris le contrôle des régions de l'ouest ivoirien jusqu'à la conclusion d'un accord de cessez-le-feu en janvier en France, à l'issue duquel les rebelles ont rejoint le gouvernement.

 

07 / 02 / 2003 

IRIN


"Les rebelles reviennent sur leur menace de quitter le gouvernement"

Le mouvement rebelle ivoirien a tempéré mercredi sa menace de se retirer du gouvernement de réconciliation nationale formé il y a trois mois.

"Pour nous, la guerre est finie. Il n'est pas question de reprendre les armes ", a déclaré le ministre des Sports Michel Gueu, un des neuf dirigeants rebelles siégeant au gouvernement du Premier ministre Seydou Diarra.

Les commandants militaires rebelles, qui contrôlent encore tout le nord de la Côte d'Ivoire, ont également adopté un ton plus conciliant, après avoir décrété l'état d'urgence lundi et donné l'ordre à tous les ministres rebelles de retourner à Bouaké, la capitale rebelle.

Le colonel Soumaila Bakayoko, le chef de l'état-major militaire du Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) et ses deux autres alliés, plus petits, le Mouvement pour la Justice et la Paix (MJP) et le Mouvement Populaire Ivoirien du Grand-Ouest (MPIGO), a annoncé à IRIN que les dirigeants rebelles allaient se rencontrer mercredi à Bouaké pour analyser la situation et qu'ils feront connaître leur position jeudi. " Le Conseil de sécurité (de l'ONU) nous a donné de nouvelles assurances concernant plusieurs de nos demandes ", a-t-il ajouté.

Les rebelles ont menacé de se retirer du gouvernement après que des membres du mouvement de la jeunesse militante, opposée à toute concession aux rebelles, aient agressé le ministre de la Communication Guillaume Soro vendredi dernier, alors qu'il effectuait une visite dans les locaux de la télévision nationale. Les militants ont séquestré M. Soro pendant deux heures dans un bureau, jusqu'à ce que la police vienne l'escorter pour quitter le bâtiment. En sa qualité de secrétaire général du MPCI, M. Soro est le plus haut responsable rebelle au sein du gouvernement.

Trois jours plus tard, au moment même où une mission du Conseil de sécurité de l'ONU s'apprêtait à visiter Abidjan, les commandants militaires rebelles à Bouaké ont publié un communiqué en trois points imposant un état d'urgence, ordonnant aux ministres rebelles de suspendre toute participation au gouvernement et intimant l'ordre de fermer tous les couloirs routiers de part et d'autre de la ligne de front entre les forces gouvernementales et les forces rebelles.

Les rebelles ont souligné qu'ils ne réintégreraient leurs sièges au sein du gouvernement qu'une fois que le président Laurent Gbagbo aura nommé des candidats acceptables aux postes de ministre de la Défense et ministre de l'Intérieur, toujours vacants, et ordonné le démantèlement des mouvements de la jeunesse militante opposée aux rebelles, largement connus sous l'appellation de "milices".

Selon les termes d'un accord verbal conclu en parallèle de l'accord de paix signé en janvier dernier, les portefeuilles de la Défense et de la Sécurité étaient censés être attribués à des représentants des rebelles. Or M. Gbagbo, confronté à une farouche opposition de son armée, n'a toujours pas attribué ces portefeuilles sensibles.

En dépit du ton strident du communiqué rebelle de lundi, les ministres rebelles sont restés à Abidjan, où ils ont eu une réunion peu concluante mardi avec la mission du Conseil de sécurité, et des voitures, des autocars ainsi que des camions continuaient à franchir la ligne de front entre les forces gouvernementales et les forces rebelles.

Sir Jeremy Greenstock, l'ambassadeur britannique auprès des Nations Unies, qui dirige la mission du Conseil de sécurité en tournée en Afrique de l'Ouest, a déclaré à l'issue d'entretiens séparés avec le président Gbagbo et les ministres rebelles, que le processus de paix ivoirien était encore sur les rails.

"Nous nous réjouissons que l'application des accords (de paix) continue et nous sommes conscients qu'il reste beaucoup à faire", a-t-il déclaré à la presse mardi soir. " Nous avons écouté les critiques d'un côté et de l'autre, mais nous insistons qu'il faut que chaque partie consente au dialogue, à un compromis et à des sacrifices pour parvenir à une réconciliation nationale ".

Mettant en garde le gouvernement et les rebelles de ne pas mettre en péril les progrès accomplis jusqu'ici, M. Greenstock a souligné : "Nous invitons les parties ivoiriennes à faire un choix entre le chaos et la primauté du droit dans le pays".

M.Bakayoko, commandant militaire rebelle, a déclaré mercredi: "Les réponses données par le Conseil de sécurité feront l'objet d'une consultation générale et nous donnerons notre réponse demain".

M.Gueu est fortement convaincu que la crise sera résolue. "Le Conseil de sécurité nous a demandé de fournir des noms alternatifs pour les postes des ministres de la Défense et de l'Intérieur", a-t-il affirmé à IRIN.

Des responsables gouvernementaux ont refusé de faire un commentaire quant à la date à laquelle les ministres rebelles pourraient reprendre leurs fonctions normales.

La tension entre le gouvernement et les rebelles était montée avant l'agression contre M.Soro vendredi dernier, freinant les progrès en vue de la démobilisation et du désarmement des rebelles prévus sous la supervision des forces de paix française et ouest-africaine, ainsi que le rétablissement de l'autorité de l'Etat dans le nord tenu par les rebelles. Le processus de désarmement des rebelles doit débuter le 1er août.

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