| Rapports
sur les relations éthniques /
Reports on Ethnic Relations |
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The
following section is consisted of part, full or summaries of articles
from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité
ou de résumés d'articles provenant d'origines diverses
(journaux,bulletins, etc..).
09
/ 30 / 2003
IRIN
"Les anciens mouvements rebelles
deviennent des partis politiques"
Les anciens mouvements rebelles de la République Démocratique
du Congo (RDC), participant aujourd'hui au gouvernement d'union
nationale, ont été autorisés à fonctionner
comme des partis politiques en attendant le vote d'une loi sur
le fonctionnement et les activités des partis politiques,
a déclaré lundi Théophile Mbemba, le ministre
de l'intérieur, de la décentralisation et de la
sécurité.
"Les
partis politiques visés par cette mesure devront toutefois
notifier par écrit leur fonctionnement effectif au ministère
de l'intérieur," a-t-il précisé.
La
mesure concerne par conséquent les partis politiques et
ex-mouvements politico-militaires signataires de l'accord global
et inclusif de décembre dernier. La reconnaissance des
partis politiques a également été étendue
aux formations politiques déjà enregistrées
au ministère de l'intérieur en 1990 à la
veille de la conférence nationale souveraine, sous Mobutu
Sese Seko, l'ancien président de la République.
Elle concerne encore les partis reconnus en 1999 par son successeur
Laurent-Désiré Kabila et ceux agréés
en 2001, par l'actuel président, Joseph Kabila.
A
l'exception des partis déjà enregistrés par
le gouvernement sortant, les autres ont obligation de lui transmettre
leurs statuts et la liste de leurs membres.
Selon
le ministre Mbemba, 234 partis politiques avaient été
enregistrés par l’ancien gouvernement de Joseph Kabila
alors qu'en 1990 plus de 400 autres avaient été
reconnus.
L'annonce
de la reconnaissance des partis politiques a néanmoins
été accompagnée par des règles de
fonctionnement dans différentes provinces dans le but de
favoriser leur cohabitation. Le gouvernement et les anciens mouvements
rebelles avaient, en effet, refusé aux autres formations
d'exercer des activités dans le territoire placé
autrefois sous leur contrôle.
Chaque
réunion devra ainsi faire l'objet d'une autorisation préalable
cinq jours avant.
"L'autorité
locale pourra, d'un commun accord avec les requérants,
différer la date de la réunion, modifier son lieu
ou l'itinéraire des réunions envisagées si
des raisons de sécurité et d'ordre public l'imposent.
Toutefois, tout refus devra être motivé. Le requérant
devra être informé de la modification 48 heures avant
la manifestation. Dans l'hypothèse d'un dépassement
de ce délai, l'autorisation sera octroyée d'office,"
a expliqué Théophile Mbemba.
"Le
gouvernement offre une prime de 5.000 dollars pour la dénonciation
d'assassins"
Le gouvernement d'union nationale de la République Démocratique
du Congo (RDC) offre une prime de 5.000 dollars américains
à toute personne qui dénoncera les groupes d'assassins
sévissant à Kinshasa et dans les grandes villes
du pays, a annoncé lundi Théophile Mbemba, le ministre
de l'intérieur.
"Nous
ne serons pas si naïfs pour accorder cette prime sans vérification.
Il faudra que nous soyons convaincus de l'information. Toute dénonciation
sera examinée au préalable par les experts,"
a précisé Théophile Mbemba.
Le
ministre Mbemba avait dénoncé, à cette occasion,
l'assassinat dans la nuit de dimanche à lundi, de Steeve
Nyembo, le directeur des ressources humaines de la Contribution
Kinshasa.
Selon
l'ONG de défense des droits de l'Homme, le Groupe Jérémie,
il avait été touché par deux balles aux genoux
et au ventre avant d'être brûlé vif dans sa
cuisine alors que ses enfants avaient été enfermés
dans une chambre.
L'ONG
rapporte encore le meurtre de Louis Mpozi, le directeur adjoint
de la société para-étatique de télécommunication,
SOGETEL.
Louis
Mpozi n'était pas membre du gouvernement transitoire et
n'était affilié à aucun parti politique.
"Il était en revanche proche de son frère,
Mwami Pierre Nadatabayi, le chef de la localité de Ngweshe.
Il avait pris le maquis depuis 1998 aux côtés des
Mayi-Mayi. Ceux qui l'ont abattu n'ont volé aucun bien
dans sa maison, ce qui laisse croire à un règlement
de compte," a expliqué Phili Kompany, du Groupe Jérémie.
"Après
une accalmie, voilà que des bandes armées sèment
la terreur dans le pays et tuent," a affirmé Théoplhile
Mbemba en qualifiant les meurtres d'odieux et de crapuleux.
Le
gouvernement d'union nationale avait annoncé, le week-end
du 20 septembre, sa volonté de combattre la criminalité
croissante dans la capitale et les grandes villes. L'explosion
de la criminalité avait débuté en juin dernier
à la suite de l'installation des institutions transitoires.
Un assassinat est enregistré par jour en RDC.
Depuis
une semaine, des patrouilles mixtes, composées de policiers
issus des différents anciens belligérants sillonnent
les rues. Des jeeps ont aussi été fournies à
la police. Le gouvernement a décidé par ailleurs
de payer les soldes à près de 200.000 militaires
et policiers.
09
/ 29 / 2003
IRIN
"Etienne Tshisekedi rentre d'exil mais refuse
de participer au gouvernement transitoire"
Un ancien opposant politique, Etienne Tshisekedi, est revenu dimanche
à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique
du Congo (RDC), après s'être exilé deux années
en Afrique du Sud. Il a toutefois déclaré ne pas
vouloir prendre part aux récentes institutions transitoires
installées pour une période de deux ans.
"Je
viens avec un message pour les Congolais et pour toute la classe
politique; un message d'amour, un message de réconciliation,
un message de paix, un message d'unité," a déclaré
à la presse, lors de son arrivée à Kinshasa,
Etienne Tshisekedi, le leader de l'Union pour la démocratie
et le progrès social (UDPS).
Il
a affirmé vouloir concentrer ses efforts sur les élections
générales programmées dans deux ans plutôt
que de participer au gouvernement d'union nationale.
"Il
n'est pas utile que le UDPS participe aux institutions transitoires
uniquement pour créer des problèmes supplémentaires
sans raison," a-t-il déclaré. "Nous avons
la mission de préparer le peuple aux élections,
et l'UDPS prendra la place qu'il lui revient au sein du peuple.
Nous ne pouvons nous laisser distraire."
Etienne
Tshisekedi et son parti avaient néanmoins participé
au dialogue inter-congolais qui avait conduit à la signature
d'un accord national de paix en décembre dernier, mettant
fin à quatre années de guerre. Ils avaient toutefois
refusé de prendre part aux institutions arguant des fraudes
dans la désignation du vice-président issu de l'opposition
politique non armée ainsi que dans la sélection
d'autres membres du gouvernement transitoire.
Etienne
Tshisekedi avait quitté Kinshasa en novembre 2000 à
la suite de désaccords avec le président Laurent-Désiré
Kabila. Il avait cependant visité, en juin 2003, l'Est
de la RDC, une région contrôlée par le Rassemblement
congolais pour la démocratie (RCD-Goma) avec qui l'UDPS
avait fait alliance. Le RCD-Goma participe actuellement au gouvernement
d'union nationale.
Bien
qu'il se soit présenté pendant longtemps comme un
adversaire du président Mobutu Sese Seko, le leader de
l'UDPS avait été nommé à plusieurs
reprises Premier ministre du temps où le Congo s’appelait
encore Zaïre.
09
/ 26 / 2003
IRIN
"Le
porte-parole du gouvernement accuse le RCD-Goma de fomenter une
rébellion"
Vital Kamerhe, le porte-parole du gouvernement transitoire de
la République Démocratique du Congo (RDC) a accusé
jeudi dernier des membres du Rassemblement congolais pour la démocratie
(RCD-Goma) de fomenter une rébellion.
Il
a qualifié d'acte de déclaration de rébellion
une note interne du RCD-Goma, publiée dans la presse.
"Les
membres du RCD qui exigent que le statu quo soit maintenu dans
l'administration des territoires et dans l'armée comme
durant la guerre disent en fait qu'ils veulent continuer la rébellion,"
a déclaré Vital Kamerhe à IRIN, en accusant
le Rwanda d'organiser une nouvelle rébellion dans l'Est
de la RDC.
Le
secrétaire général du ministère des
affaires étrangères à Kigali, la capitale
du Rwanda, a cependant répondu à IRIN: "Ceci
est totalement faux. Le Rwanda soutient la création des
institutions transitoires en RDC. Ces problèmes actuels
montrent clairement la faiblesse des accords de partage du pouvoir
et devront rapidement être résolus."
Les
dix parlementaires du RCD-Goma signataires de ce document ont
accusé le président Joseph Kabila de continuer à
soutenir les Interahamwe, une milice rwandaise Hutu qui a fui
en RDC après avoir joué un rôle clé
dans le génocide d'environ 800.000 tutsis et hutus modérés
en 1994.
Ils
ont exigé encore la révocation de deux vice-présidents:
Abdoulaye Yerodia Ndombasi et Arthur Z'Ahidi Ngoma, respectivement
issus de l'ancien gouvernement et de l'opposition politique non
armée. Ils ont dénoncé enfin la diabolisation
des Congolais rwandophones par les médias congolais.
"La
campagne de diabolisation des Congolais rwandophones dans presque
tous les médias,[...] préparent l'opinion congolaise
à un nouveau génocide des rwandophones comme celui
dont ils ont été victimes en 1998 à Kinshasa,
à Kisangani, à Kamina, à Kalemie et dans
d'autres villes," a expliqué la note du RCD-Goma.
Certains
parlementaires et officiers du RCD-Goma avaient, en effet, refusé
de regagner Kinshasa, la capitale, pour participer aux institutions
transitoires.
Les
journaux de Kinshasa ont néanmoins publié ce même
jeudi une note interne provenant des membres du RCD-Goma à
l'adresse du leader de leur mouvement, Azarias Ruberwa, un des
quatre vice-présidents de la République. Dans cette
lettre, les personnalités du RCD-Goma se sont dites prêtes
à rejoindre Kinshasa, le siège des institutions,
mais ont exprimé de "grandes inquiétudes politico-sécuritaires
liées à la façon dont le processus"
de réunification du pays est conduit.
Azarias
Ruberwa est depuis mercredi dernier à Goma pour réconcilier
les membres de son mouvement.
"Les
membres du parti nous ont présentés leurs desiderata
à Goma. Nous avons résolu les problèmes de
communication au sein du parti et nous espérons arriver
vendredi prochain à Kinshasa avec ces parlementaires,"
a dit depuis Goma Jean-Pierre Lola Kisanga, porte-parole du RCD.
09
/ 25 / 2003
IRIN
"Interdiction
d'émettre pour une radio du Nord-Kivu"
Une radio privée à Kiwanja, dans la province du
Nord-Kivu à l'est de la République Démocratique
du Congo (RDC), a été interdite d'exercer depuis
le 16 septembre, a annoncé Journaliste en Danger (JED),
une ONG de défense de la liberté de la presse, à
Kinshasa, la capitale.
Les
autorités ont justifié la mesure frappant la Radio
Communautaire Ushirika (Racou) par la nécessité
pour cette dernière d'obtenir une autorisation d'émettre
au préalable, donnée par le gouverneur de la province
du Nord-Kivu, Eugène Serufuli, a rapporté JED.
"Le
cabinet du gouverneur de la province lui propose [à la
radio] de fusionner avec un autre projet d'une radio communautaire
dans la cité de Kiwanja piloté par "Tout pour
le développement et la Paix", une ONG très
proche du Rassemblement démocratique congolais (RCD-Goma)
et du gouverneur du Nord-Kivu," a expliqué JED.
La
mesure a été prise par le chef de la localité
agissant sur ordre de l'administrateur du territoire de Rutshuru,
Oscar Ndambiye, a rapporté JED. Les deux personnalités
appartiennent au RCD-Goma, qui participe aujourd’hui au
gouvernement d'union nationale. Rutshuru et la province du Nord-Kivu
étaient avant des zones sous administration du RCD-Goma.
Selon
l'ONG, toutes les démarches entreprises auprès des
autorités pour obtenir l'autorisation ont échoué
jusqu'à présent.
Interrogé
par téléphone, Eugène Serufuli a nié
les allégations de l'ONG.
"Tout
cela est faux car la radio n'existe même pas. Je ne connais
pas de radio qui se nomme ainsi et qui émet depuis Rutshuru
où il n'y a qu'une seule radio," a dit Eugène
Serufuli.
"La
radio Racou est une oeuvre des paysans. Elle ne peut se fondre
dans un projet engagé politiquement qui ne cache pas ses
accointances tribales," a affirmé Jean-baptiste Kambale,
le directeur de la radio, selon les propos rapportés par
JED.
09
/ 24 / 2003
IRIN
"Kabila
prend les décrets relatifs à l'organisation et au
fonctionnement du gouvernement"
Le président de la République Démocratique
du Congo, Joseph Kabila, a signé le week-end dernier une
série de décrets portant organisation et fonctionnement
du gouvernement d’union nationale.
Azarias
Ruberwa, un des quatre vice-présidents et leader du Rassemblement
congolais pour la démocratie (RCD-Goma), est responsable
de la commission politique, défense, sécurité,
décentralisation et démobilisation des anciens combattants.
Jean-Pierre
Bemba, le leader de l'autre principale ancienne faction rebelle,
le Mouvement de libération du Congo (MLC), dirige le secteur
économique et financier alors qu'Arthur Z'Ahidi Ngoma,
le vice-président issu de l'opposition non armée,
s'occupe du secteur socio-culturel. Abdoulaye Yerodia Ndombasi,
de l'ancien gouvernement, a en charge le secteur de la reconstruction
et des infrastructures.
Un
autre décret présidentiel détermine les attributions
des différents ministères.
09
/ 23 / 2003
IRIN
"L'UPC
et le FNI garantissent la libre circulation en Ituri, la MONUC
relâche les trois responsables de l'UPC"
Les deux principaux groupes armés rivaux de Bunia, le chef-lieu
de l'Ituri dans le Nord-Est de la République Démocratique
du Congo (RDC) se sont entendus pour assurer la libre circulation
des biens et des personnes en Ituri. La MONUC, la mission des
Nations Unies en RDC, libérait peu avant cet accord les
trois responsables de l'Union des patriotes congolais (UPC), emprisonnés
depuis le 15 septembre.
Une
délégation des membres de l'UPC - des Hema- et du
Front des nationalistes intégrationnistes (FNI), un groupe
rival Lendu, se sont, ainsi, rencontrés dimanche dernier
à Yambi Yaya, à Bunia.
"Il
ne s'agissait pas d'un accord signé entre nous mais d'une
initiative ou d'un message de l'UPC que nous voulions passer à
nos combattants pour réitérer notre politique de
convivialité avec tout le monde. Malheureusement les groupes
de massacreurs ont kidnappé et égorgé notre
chargé de missions," a rapporté à IRIN
à l'issue de la rencontre, Thomas Lubanga, le leader de
l'UPC actuellement à Kinshasa, en accusant le FNI et des
alliés Lendu.
Interrogé
sur cet assassinat, le FNI a nié toute implication.
"Nous
avons souscris sur l’initiative de l'UPC, mais nous sommes
déconcertés quant à cet incident. Nous avons
exigé de la MONUC qu'elle mène des enquêtes
pour déterminer les responsables... L'assassinat de ce
membre de l'UPC doit avoir été commis à titre
individuel par des personnes ou des bandits qui foisonnent dans
la zone et pour des motifs non élucidés," a
déclaré à IRIN Floribert Ndjabu, responsable
du FNI à Kinshasa, la capitale de la RDC.
Peu
avant l'accord entre l'UPC et le FNI, la MONUC avait libéré
trois responsables de l'UPC: Floribert Kisembo, le commandant
des combattants de l'UPC; Saba Rafiki, le chef de la sécurité
et un officier nommé "Lobo". Ils avaient été
arrêtés lundi 15 septembre à la suite de la
découverte par la MONUC d'une cache d'armes au quartier
général de l'UPC à Bunia.
L'arrestation
de ces trois personnes avait provoqué les 15 et 16 septembre
une violente manifestation des miliciens et de la population Hema
contre la MONUC. Une centaine d'individus avait été
interpellée et relâchée quelques heures après,
à l'exception des trois responsables du mouvement.
"La
MONUC n'a rien trouvé contre eux, ils méritaient
d'être libérés et l'ont été,"
a déclaré Thomas Lubanga.
Le
mandat de la MONUC a été renforcé le 28 juillet
dernier par la résolution 1493 du Conseil de sécurité
des Nations Unies. Les 2.400 soldats de la Brigade Ituri, le nom
de la force onusienne opérant dans cette région,
sont désormais autorisés à recourir à
la force pour protéger la population civile si les circonstances
l'exigent. Ils ont succédé le premier septembre
à la force multinationale intérimaire d'urgence
mandatée au mois de juin par le Conseil de sécurité
à la suite des violents combats inter-ethniques. Cette
force a été envoyée par l'Union européenne
et a été commandée par la France. Sa mission
consistait à sécuriser la ville de Bunia et son
aéroport.
La
région de l'Ituri, riche en ressources naturelles, est
le théâtre d'affrontements depuis des années.
Des groupes rebelles s'y battent pour le contrôle politique
et économique de cette région malgré l'installation
d'un gouvernement d'union nationale le 30 juin dernier.
Les
massacres ont provoqué plus de 50.000 morts et 500.000
déplacés depuis l'éclatement de la dernière
guerre en RDC en 1998.
Près de 12.000 personnes vivent encore sous des tentes
à l'aéroport de la ville.
09
/ 22 / 2003
IRIN
"Le
gouvernement veut stopper la criminalité dans les grandes
villes"
Le gouvernement de la République Démocratique du
Congo a annoncé, le week-end dernier, des mesures visant
à mettre fin à la criminalité croissante
constatée à Kinshasa et dans d'autres villes du
pays.
"Le
gouvernement a décidé de désarmer les porteurs
illégaux d'armes et de régler les problèmes
de paiement des militaires et des policiers pour enlever tout
prétexte de recours abusif aux armes et arrêter ces
distributeurs de la mort," a déclaré samedi
Azarias Ruberwa, vice-président de la RDC, en charge de
la commission politique, défense et sécurité
du gouvernement d'union nationale. Il est, par ailleurs, le leader
de l'ancien mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour
la démocratie (RCD-Goma).
Par
cette mesure, près de 200.000 militaires et policiers provenant
de l’ancien gouvernement, du Mouvement de libération
du Congo, du RCD-Goma et des Mayi-Mayi recevront leurs soldes.
"Ce sera là un acte de souveraineté pour que
tous les militaires et policiers reconnaissent leur allégeance
au gouvernement de Kinshasa," a expliqué Azarias Ruberwa.
Des
actes de criminalités sont quotidiennement rapportés
dans la presse de Kinshasa avec au moins un assassinat par jour.
Un quotidien local "La Référence Plus"
a même relaté l'attaque du procureur général
de la République à son domicile par des hommes armés.
Le
gouvernement avait doté la police, il y a une semaine,
de quelques jeeps pour effectuer des patrouilles nocturnes. Une
société privée de téléphones
portables a mis à la disposition des forces de l’ordre
des numéros pour des appels d'urgence lorsque des individus
sont attaqués.
Le
vice-président Ruberwa a attribué cette forte criminalité
à des civils illégalement armés. Ils ont
profité de la guerre pour se fournir des armes à
bas prix, a-t-il expliqué sans pour autant exclure l'implication
de quelques militaires et policiers.
La
même situation prévaut dans les grandes villes du
pays, a ajouté Azarias Ruberwa.
Les
militaires de la MONUC, la mission des Nations Unies en RDC, patrouillent
depuis le mois de juin dernier à travers les rues de Kinshasa.
Selon
le porte-parole de la MONUC, Hamadoun Toure, leur mission est
prioritairement de protéger jusqu'en décembre prochain
les institutions de la transition et leurs acteurs, la sécurisation
de la ville relevant de la responsabilité du gouvernement
d'union nationale.
"Le
gouvernement va dépêcher 3.035 policiers en Ituri"
Le gouvernement d'union nationale de la République Démocratique
du Congo (RDC) a décidé de dépêcher
une police mixte en Ituri, dans le Nord-Est du pays où
les combats entre groupes armés et les massacres de populations
civiles continuent, a annoncé samedi Azarias Ruberwa, l'un
des vice-présidents de la RDC, en charge de la commission
politique, défense et sécurité.
"Pour
arrêter l'idée que Bunia [le chef-lieu de l’Ituri]
est sous protectorat [des Nations Unies], le gouvernement a décidé
entre autres d'y envoyer une police mixte constituée d'éléments
de la police de l'ancien gouvernement, du Rassemblement congolais
pour la démocratie (RCD-Goma), du Mouvement de libération
du Congo (MLC) et des Mayi-Mayi," a-t-il déclaré.
Cette
police, a-t-il poursuivi, sera opérationnelle d'ici le
mois de décembre.
Trois
millions de dollars seront nécessaires pour réunir
les 3.035 hommes des principales anciennes parties belligérantes
qui formeront cette brigade.
Le
gouvernement a néanmoins déjà obtenu les
promesses de financement de la Banque Mondiale et de la Banque
Africaine de Développement (BAD), a complété
le vice-président.
La
création de cette police mixte est, selon Azarias Ruberwa,
une des priorités du gouvernement. Cette nouvelle brigade
devra, en effet, remplacer les éléments de la MONUC
qui assuraient le maintien de l'ordre public en Ituri. Elle travaillera,
en revanche, de concert avec la Brigade Ituri, le nom des nouvelles
forces de la MONUC déployées dans la région
depuis le premier septembre.
Plus
de 2.400 hommes de la Brigade Ituri opèrent déjà
en Ituri. En vertu de la résolution 1493 du Conseil de
sécurité des Nations Unies, le recours à
la force, pour notamment protéger la population civile,
est autorisé si les circonstances l'exigent.
L'ancien
gouvernement avait envoyé à Bunia, au mois de mai
dernier, un contingent de 500 policiers à la suite des
affrontements entre les groupes armés. Ces éléments
avaient cependant été rapatriés à
Kinshasa à la demande de la MONUC. Ces policiers n'avaient,
en effet, pas pu empêcher les massacres de près de
350 personnes. Ils étaient, par ailleurs, accusés
d'avoir fourni munitions et appui à certains groupes armés
dans la région.
Concernant
l'envoi de la police mixte, la MONUC affirme n'avoir pas été
officiellement avertie par le gouvernement.
"Nous
ne savons pas dans quelle mesure notre intervention est attendue,
mais nous serons d'accord pour apporter notre concours dans la
mesure du possible... Il s'agit d'un gouvernement souverain qui
peut décider comme il l'entend," a déclaré
Hamadoun Toure, le porte-parole de la MONUC.
Cette
brigade remplacera également en décembre prochain
les 700 militaires ghanéens et tunisiens de la MONUC déployés
à Kinshasa pour assurer la sécurité des acteurs
des institutions transitoires. L'intervention des forces onusiennes
avait été exigée à l'occasion du dialogue
inter-congolais entre les différents belligérants
en Afrique du Sud.
Azarias
Ruberwa a cependant relevé la nécessité de
procéder à l'installation d'un commandement intégré
de la police à l'instar de ce qui avait été
réalisé pour la nouvelle armée unifiée.
Cette dernière est désormais dotée d'un état-major
et d'un commandement commun depuis le début du mois de
septembre.
Au
terme de trois mois d’exercice du pouvoir, le gouvernement
d'union nationale, a estimé Azarias Ruberwa, peut se prévaloir
"d'un bilan suffisamment positif".
"Très
peu de personnes croyaient en ce gouvernement. Mais, tout marche
bien et presque sans conflit... Nous avons [notamment] réussi
à concrétiser ce qui était un rêve
il y a encore quelque temps: un état-major général
et un commandement unique de l'armée," a affirmé
le vice-président.
Le
gouvernement d'union nationale regroupant les belligérants
congolais a été installé le 30 juin dernier
conformément aux prescriptions du dialogue inter-congolais.
Il doit mettre fin à plus de quatre années de guerre
et conduire la RDC à des élections générales
à la fin de la période transitoire dans deux ans.
Plus de trois millions et demi de personnes sont mortes durant
cette guerre.
09
/ 19 / 2003
IRIN
"Deux
ONG dénoncent des mouvements militaires et des recrutements
d'enfants soldats"
Des mouvements de troupes militaires dans le Sud-Kivu, à
l'est de la République Démocratique du Congo (RDC)
et dans le Nord du pays, depuis la prestation de serment des officiers
de l'état-major de l'armée unifiée de la
RDC le cinq septembre, inquiètent la population locale,
ont rapporté mardi deux ONG de défense des droits
de l'Homme.
"Depuis
une semaine, les militaires congolais basés dans le territoire
insulaire d'Idjwi [une île située sur le lac Kivu,
au nord de Bukavu dans l'Est de la RDC] ont commencé à
évacuer massivement l'île. Ils passent par Bukavu
puis sont affectés vers Kamanyola dans la plaine de Ruzizi,
Kaziba en territoire de Walengu, Katana et Kavumu [des territoires
environnant Bukavu]," a précisé l'ONG Héritiers
de la Justice.
L'autre
ONG, la Voix des sans Voix (VSV), a signalé "d'importants
mouvements de migration de la population [notamment] à
Masivi, Walikale, Nyirango et Busumba" à l'ouest de
Goma, dans l'Est de la RDC. VSV fait encore état de distribution
d'armes de guerre parmi la population civile du Nord-Kivu, à
l'est de la RDC.
Des
rencontres de responsables militaires, a affirmé Héritiers
de la Justice en citant des sources militaires anonymes, se tiennent
encore. Elles auraient pour objet le renforcement de l'armée
en hommes, armes et munitions.
Le
Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma) serait
également en train, en prévision d'une rébellion
dans l'Est de la République démocratique du Congo
(RDC), de rechercher les enfants soldats qui ont déserté
ses rangs, a rapporté Héritiers de la Justice.
Héritiers
de la justice s'est dit profondément préoccupée
par "la poursuite et le traitement menés à
l'endroit des enfants ex-combattants aussi bien par le RCD que
par les groupes Mayi-Mayi". L'ONG a appelé les belligérants
à sortir de leur logique de guerre et à suivre le
processus de paix.
Interrogé
sur ces accusations, le RCD-Goma a démenti le recrutement
d'enfants soldats.
"Ces
allégations sont très fausses. Nous ne recrutons
pas d'enfants. Nous recrutons des combattants pour résoudre
le problème de sécurité qui se pose dans
l'Est, en attendant la mise en commun de nos différentes
forces," a déclaré à Kinshasa Jean-Pierre
Lola Kisanga, le porte-parole du RCD-Goma. Les nouveaux éléments
recrutés seront, par ailleurs, remis à la disposition
de l'état-major, a ajouté le porte-parole.
"Des
officiers et des parlementaires du RCD-Goma demandent une amnistie"
Des officiers et des parlementaires du Rassemblement congolais
pour la démocratie (RCD-Goma), qui sont restés dans
l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC),
ont exprimé des préoccupations concernant leur sécurité
et le champ d'application de la loi d'amnistie avant de rejoindre
Kinshasa, a indiqué mercredi un communiqué de l'ancien
mouvement rebelle.
Ces
éléments du RCD-Goma ne s'étaient, en effet,
pas rendus à Kinshasa, la capitale, pour prendre leurs
fonctions au sein des institutions transitoires.
Les
trois officiers du RCD-Goma qui ne s'étaient pas déplacés
le jour de la prestation de serment du nouveau commandement de
l'armée avaient, de ce fait, été déférés
devant la Haute cour militaire par le lieutenant général
Liwanga Mata, le chef d'état-major général.
"Ceux
qui sont restés à Goma [dans l’Est de la RDC]
estiment que les mesures de sécurité dont nous bénéficions
actuellement à Kinshasa ne sont pas suffisantes,"
a déclaré le porte-parole du RCD-Goma, Jean-Pierre
Lola Kisanga. "Avant de rejoindre la capitale, ils ont besoin
d'une amnistie générale pour être rassurés
qu'ils ne pourront pas être poursuivis pour des faits de
guerre," a-t-il ajouté.
Certains
des officiers nommés au commandement de l'armée
unifiée avaient, en effet, été cités
dans des rapports relatifs au massacre de Kisangani ou à
l'occasion d'autres violations des droits de l'Homme et du droit
international humanitaire.
Interrogé
sur l'amnistie générale, le porte-parole du président
Joseph Kabila, Mulegwa Zihindula, a indiqué qu'une amnistie
générale n'empêcherait pas ces membres du
RCD-Goma de répondre de leurs actes devant la justice internationale.
"Quelle
amnistie peut-on donner à une personne contre qui un mandat
d'arrêt international a été lancé?
Il y a parmi ces gens, des personnes qui sont poursuivies pour
des délits en Zambie. Le gouvernement n'a rien à
avoir avec les crimes internationaux," a affirmé le
porte-parole.
Le
président Joseph Kabila avait, en avril dernier, décidé
une amnistie pour faits de guerre. Les anciens rebelles et une
partie de l'opposition non armée avaient cependant exigé
une extension de son champ d'application, les individus condamnés
à l'occasion du procès sur l'assassinat de Laurent-Désiré
Kabila en étant exclus, a précisé le procureur
général de la République.
09
/ 18 / 2003
IRIN
"La MONUC libère les partisans de l'UPC
sauf trois responsables"
Des membres de l'Union des patriotes Congolais (UPC), arrêtés
lundi et mardi dernier lors de manifestations à Bunia,
le chef-lieu de l'Ituri au nord-est de la République Démocratique
du Congo (RDC), ont été libérés, a
annoncé mercredi à Kinshasa le général
Mountaga Diallo, commandant des forces de la MONUC, la mission
des Nations Unies en RDC.
Trois
leaders de l'UPC, le principal groupe armé Hema dans cette
région, ont, néanmoins, été maintenus
en détention.
"Les
trois hommes sont Kisembo, le commandant des combattants UPC,
Rafiki, le chef de la sécurité et Lobo. Ils habitaient
dans un pâté de maison où nos forces ont trouvé
une quantité importante d'armes enterrées,"
a déclaré Mountaga Diallo. La MONUC, a-t-il précisé,
continue les enquêtes à leur sujet.
Une
centaine de personnes avait également été
arrêtée à la suite de ces manifestations.
Ils protestaient contre la perquisition diligentée par
la MONUC au quartier général de leur mouvement ainsi
qu'au domicile de leur leader, Thomas Lubanga, actuellement à
Kinshasa.
La
Brigade Ituri - le nom de la force onusienne dans cette région
- avait lancé, en effet, l'opération "Bunia
sans armes" dès lundi. Cette opération renforce
la précédente "Bunia sans armes visibles",
décidée par la Force multinationale intérimaire
d'urgence.
Une
polémique avait éclaté à la suite
des incidents survenus lors de ces manifestations. L'UPC accusait
la MONUC d'avoir abattu six personnes en voulant disperser la
foule.
A
ces accusations, Leocadio Salmeron, le porte-parole de la MONUC
à Bunia, a répondu : "La MONUC a juste tiré
en l'air et non sur les manifestants, mais par contre les combattants
de l'UPC ont, durant les violentes manifestations, placés
les enfants et les femmes devant alors qu'eux-mêmes étaient
restés à l'arrière et tiraient. C'est donc
eux qui ont blessé les manifestants par balle."
09
/ 17 / 2003
IRIN
"Interview
avec Petronille Vaweka, la présidente de l’assemblée
spéciale intérimaire pour l’Ituri"
Petronille Vaweka est la présidente de l'assemblée
spéciale intérimaire pour l'Ituri, une région
riche en ressources naturelles, dans le Nord-Est de la République
Démocratique du Congo (RDC). L'Ituri, a été
dévastée en raison d'affrontements pour le contrôle
économique et politique de la région. Les combats
ont entraîné la mort de 50.000 personnes et déplacés
plus de 500.000 autres depuis 1998, lorsque la dernière
guerre avait éclaté en RDC.
Les
combats entre les ethnies Lendu et Hema ainsi que leurs alliés
respectifs, ont continué malgré l'installation d'un
gouvernement transitoire et d'une armée unifiée
pour mettre fin à plus de quatre années de guerre
en RDC.
Petronille
Vaweka a été choisie pour servir en tant que députée
de sa province au sein de l'assemblée nationale transitoire.
La période transitoire s'achèvera dans deux ans
avec l'organisation d'élections générales.
IRIN
l'a rencontrée, vendredi dernier à Bruxelles (Belgique),
à l'occasion d'une tournée en Europe organisée
par Pax Christi International, un mouvement international catholique
pour la paix. Sa visite intervient au moment où les derniers
éléments de l'opération Artémis, lancée
le 12 juin 2003 par l'UE sous mandat du Conseil de sécurité
des Nations Unies, ont quitté Bunia, le chef-lieu de l’Ituri,
le 6 septembre. Artémis a depuis lors été
remplacé par la force des Nations Unies, la Monuc, qui
dispose d'un mandat renforcé.
QUESTION:
Comment évaluez-vous l'opération Artémis?
A-t-elle stabilisé l'Ituri?
REPONSE:
La mission Artémis a été nécessaire,
car elle est intervenue à un tournant : l'espoir commençait
à diminuer et la MONUC n'avait pas de mandat musclé.
Les groupes armés commençaient à se renforcer
et c'est grâce à Artémis qu'on a pu éviter
le pire. Depuis les affrontements de mai et de juin 2003, la ville
de Bunia s'était vidée de ses habitants. Ceux-ci
ont pu revenir durant l'opération Artémis et, s'ils
ne pouvaient rentrer chez eux, ils étaient au moins sous
les bâches en ville.
Q:
La mission est, à présent, terminée. Ne risque-t-on
pas de retomber dans la situation antérieure?
R:
La mission Artémis n'était pas de se déployer
à l'intérieur de l'Ituri, mais de sécuriser
et de désarmer la ville de Bunia. La force de la MONUC
qui vient d'arriver aura une lourde tâche, car elle devra
s'appuyer sur ce qu'Artémis a fait pour déployer
ses troupes à l'intérieur de l'Ituri. Mais pour
qu'elle soit efficace, trois conditions devront être respectées:
maintenir une stratégie conforme au mandat sous chapitre
sept de la charte des Nations Unies, remplir le cadre prévu
pour les effectifs et respecter le plan de déploiement.
Mais je suis déjà rassurée par le fait qu'Artémis
lui a ouvert la voie et qu'elle se montre également disposée
à discuter avec les habitants.(1)
Q:
Quel est l'avenir de la Commission de pacification de l'Ituri
(CPI) étant donné l'installation du gouvernement
de transition à Kinshasa?
R:
L'actuelle administration de l'Ituri est intérimaire. Il
faudra donc que dans un proche avenir le gouvernement de transition
puisse étendre son autorité de manière plus
visible jusqu'en Ituri. Disons que la CPI aura encore besoin de
quelques mois afin de préparer les gens à une cohabitation
pacifique, ce qui est son premier rôle. Jusqu'à présent,
elle n'a pas pu travailler convenablement à cause des groupes
armés.
Q:
Que sont devenus ces groupes armés?
R:
Artémis a mené une véritable politique de
dialogue avec ces milices, ce qui a amené certaines d'entre
elles à se diriger vers les cantonnements prévus
pour leur démobilisation. Si on y ajoute la commission
de concertation des groupes armés [qui fait partie de la
CPI], où les leaders peuvent échanger leurs points
de vue, et la réunion qui s'est tenue dernièrement
à Kinshasa, j'en tire la conviction que leurs leaders commencent
à s'investir pour la paix. Même si je suis consciente
que des milices n'ont toujours pas désarmé et que
des armes continuent d'entrer.
Q:
En attendant, comment les empêcher de nuire?
R:
Depuis la mise en place de l'assemblée [assemblée
spéciale intérimaire de l’Ituri] en avril
2003, nous demandons de l'aide technique et d'autres moyens pour
le cantonnement de ces groupes, mais sans réponse jusqu'à
présent, à part des promesses. La MONUC dit qu'elle
n'a pas ce mandat en charge. Pendant ce temps, la situation se
détériore et des groupes armés se transforment
en groupes de bandits qui pillent pour se nourrir et qui forment
des poches de résistance un peu partout. Cela montre combien
le programme de démobilisation et de réinsertion
est important. En trois mois, avec de vrais techniciens, on peut
arriver à décanter la situation. Nous souhaiterions
que le gouvernement de transition prenne ce programme en charge,
mais il pourra être appuyé par des organisations
internationales.
Q:
Quelle est aujourd'hui la situation humanitaire en Ituri? La réponse
est-elle suffisante?
R:
On peut engager tous les moyens humanitaires, mais cela ne résoudra
pas le problème de l'Ituri vu le nombre de déplacés
et la destruction de toute l'économie. On peut nourrir
les déplacés pendant une semaine, mais ce ne sera
jamais suffisant. Par contre les agences humanitaires pourraient
tenter de ramener les déplacés chez eux. Il y en
à Butembo, Beni, Kanyabayonga, également en Ouganda.
Il faudra donc renforcer la sécurité pour que les
gens puissent rentrer chez eux et commencer à cultiver.
D'autre part, le programme humanitaire doit être mieux pensé.
Des mafias s'organisent dans les camps de déplacés:
des tickets sont revendus, des produits alimentaires stockés,
au détriment des personnes vraiment vulnérables
qui n'ont plus accès à ces aides.
Q:
Quel est votre avenir professionnel?
Est-ce
qu'il m'appartient? Je suis entrée en politique sans le
vouloir, quand la population de l'Ituri m'a placée à
la tête de son assemblée. A peine ce travail commencé,
j'ai été nommée députée au
niveau national. Mon plus grand souci est que mon action politique
puisse servir la pacification de l'Ituri.
Quand ce sera le cas, je crois que je reprendrai mon bâton
humanitaire au sein des ONG. Ma vraie raison de vivre, c’est
pour les personnes les plus vulnérables et pour tous ceux
qui souffrent.
NOTE
:
(1)
La Brigade Ituri, le nom de la force onusienne dans cette région,
a succédé à la Force multinationale intérimaire
d’urgence depuis le premier septembre. En vertu de la résolution
1493, adoptée par le Conseil de Sécurité
sous le chapitre sept de la charte des Nations Unies, ces casques
bleus ont l’autorisation de recourir à la force pour
protéger la population civile et le personnel humanitaire.
09
/ 16 / 2003
IRIN
"Incidents
à Bunia lors d’une opération de désarmement"
L'instabilité continue à Bunia, dans le Nord-Est
de la République démocratique du Congo (RDC) où
des incidents ont éclaté lors d'une opération
de désarmement commencée lundi par la mission des
Nations Unies en RDC, la MONUC.
La
MONUC a commencé lundi matin l'opération "Bunia
sans armes" et procédé au désarmement
des milices, a indiqué mardi un communiqué de la
mission onusienne. "Pendant les opérations de ratissage
dans un pâté de maisons occupées par des éléments
de l'Union des patriotes congolais(UPC),les unités armées
de la MONUC ont découvert, grâce à leurs détecteurs
de mines, un dépôt souterrain contenant 14 fusils
AK 47, six mines claymore, un lance-roquettes avec 9 roquettes
et un stock de munitions de divers calibres,” a précisé
la MONUC.”Les groupes armés ont remis volontairement
à la MONUC, près de 30 fusils AK 47, des cartouches
et un lot de munitions."
L’UPC
est un des groupes armés de la région.
Cependant,
les versions divergent sur les incidents survenus après
le lancement de l'opération de désarmement.
Six
morts lors d’affrontements entre manifestants et forces
de l'ONU, selon l’UPC
Selon
des témoins contactés par téléphone,
une manifestation s’est déroulée à
Bunia, le chef-lieu de la région de l’Ituri, par
des membres de l’ethnie Hema qui s’opposaient aux
perquisitions. Les militaires onusiens ont tiré en l'air
pour disperser les manifestants, selon les mêmes sources.
Selon
des responsables de l'UPC, six personnes seraient mortes à
l’occasion de ces incidents. "On a dénombré
six morts après ces tirs, mais le nombre peut augmenter
au fil des recherches," a affirmé John Tinanzabo,
le secrétaire général de l'UPC à Kinshasa.
"La
population protestait contre la perquisition opérée
par la MONUC au quartier général de l'UPC, le groupe
armé Hema," a indiqué depuis Bunia Christian
Lukusa, un militant des droits de l'Homme.
Thomas
Lubanga, le leader de l'UPC, a affirmé depuis Kinshasa
: "La MONUC a arrêté le chef d'état major-général
de mon mouvement, les 10 gardes du corps qui assuraient la sécurité
dans ma résidence, les membres de ma famille et tous ceux
qu'ils ont trouvés. La population ne pouvait laisser faire
ça."
Selon
Lukusa, les manifestants, parmi lesquels des enfants de moins
de 10 ans, jetaient des pierres et des bâtons en direction
des soldats des Nations Unies.
Des
combattants de l'UPC ont tiré sur nos militaires - la MONUC
Le
porte-parole de la MONUC a, pour sa part, contesté les
faits et le bilan avancés par l'UPC.
"Les
combattants de l'UPC ont tiré sur nos militaires à
l'occasion de l'opération Bunia sans armes. Nous avons
été obligés de riposter. Il n'y a pas eu
de morts mais des blessés et nous n'avons pas de bilan
définitif," a-t-il déclaré. Le communiqué
de presse de la MONUC du 16 septembre fait état d'une dizaine
de blessés.
A
l'occasion de l'opération "Bunia sans Armes",
la MONUC a procédé à l'arrestation d'une
centaine de personnes au cours des 24 dernières heures,
parmi lesquelles le chef d'état major de l'UPC, Floribert
Kisembo, et le chef de la sécurité et de l'intelligence
militaire, Rafiki Saba, a indiqué la MONUC.
La
MONUC fait encore état d'au moins deux miliciens touchés
mardi matin. Un camion transportant des miliciens armés
en direction d’un poste de contrôle, avait été
repéré par un hélicoptère de combat
de la MONUC. "Les soldats de la Brigade Ituri ont tiré
sur les miliciens qui pointaient leurs armes sur leur appareil,"
a expliqué la MONUC.
Mandat
renforcé
La
brigade Ituri, le nom de la force onusienne dans cette région,
a été déployée en Ituri pour succéder
à la force multinationale intérimaire d'urgence
depuis le premier septembre. Elle bénéficie d'un
mandat renforcé : en vertu de la résolution 1493
adoptée par le Conseil de sécurité le 28
juillet 2003, les 2.400 soldats de cette force ont reçu
l'autorisation de recourir à la force pour protéger
les populations civiles et le personnel humanitaire.
Les
combats inter-ethniques déchirent cette partie de la RDC,
riche en minerais depuis des décennies. Des groupes armés
affiliés aux deux ethnies rivales, les Lendu et les Hema,
y continuent de se battre malgré l'installation d'un gouvernement
et d'institutions transitoires dans le but de mettre fin à
plus de quatre années de guerre.
Les
affrontements ont provoqué quelque 50.000 morts et plus
de 500.000 déplacés internes.
09
/ 12 / 2003
IRIN
"MSF
dénonce la situation humanitaire au Nord-Katanga"
Médecins sans Frontières (MSF) a lancé un
appel, jeudi dernier, pour une intervention humanitaire de plus
grande ampleur au Nord-Katanga, dans le Sud-Est de la République
Démocratique du Congo (RDC). Des civils en manque de soins
continuent, en effet, à souffrir des conséquences
des affrontements, a expliqué l'ONG.
"Bien
que la partie dite gouvernementale du Nord-Katanga [...] soit
considérée comme pacifiée depuis quatre ans,
les populations civiles subissent des attaques extrêmement
violentes et pâtissent d'une aide très insuffisante,"
a indiqué le communiqué.
MSF
a évoqué de nombreux exemples de pillages, des villages
incendiés et de personnes battues et tuées par des
groupes armés. Des dizaines de milliers de personnes, a
poursuivi MSF, ont été obligées de fuir vers
d'autres zones, souvent inaccessibles au personnel humanitaire
en raison des combats. L'ONG a, par ailleurs, prévenu que
ce manque d'accès risque d'engendrer des conséquences
catastrophiques, notamment si l’épidémie de
choléra devait s’enflammer à nouveau.
Parmi
d'autres territoires MSF a cité Malemba Nkulu, Kikondja,
Kitenge, Mukubu et Mukanga comme étant des zones particulièrement
touchées par les combats.
"Il
est grand temps que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités
face à la population congolaise délaissée
du Nord-Katanga," a déclaré MSF.
L'ONG
a encore demandé aux agences des Nations Unies et aux organismes
d'aide de s'impliquer une nouvelle fois dans cette région.
09
/ 10 / 2003
IRIN
"Interview
avec Marcel Munga, leader du mouvement politique Mayi-Mayi"
Padiri Bulenda, un des principaux responsables de la milice traditionnelle
Mayi-Mayi, a été promu général-major
le 20 août dernier. Il commande également une région
militaire de l’armée unifiée de la République
Démocratique du Congo (RDC).
Après
avoir prêté serment, vendredi dernier, pour accéder
à ses fonctions, il a délégué la direction
de son mouvement à son ancien chef d’état-major
particulier, Marcel Munga. Ce dernier a accordé une interview
à IRIN, vendredi dernier. Marcel Munga explique la mutation
d'une milice en un mouvement politique qui fait désormais
partie du gouvernement d'union nationale avec tous les anciens
belligérants, l'opposition non armée et la société
civile.
QUESTION:
Le général Padiri Bulenda vous a présenté
comme le nouveau responsable politique du mouvement Mayi-Mayi.
Comment envisagez-vous l'évolution de votre mouvement?
REPONSE:
Nous menions une lutte armée. Nous avions un mouvement
politico-militaire. Désormais, nous nous organisons en
mouvement politique avec un projet de société pour
transformer la nation congolaise.
L'installation
de l’état-major général et du commandement
de l’armée signifie pour nous la réunification
du pays, la voie vers la paix, la concrétisation de la
souveraineté nationale et la mise devant leurs responsabilités
de certaines autorités.
Q:
Le général Padiri a toujours été présenté
comme le leader des Mayi-Mayi. Qu'adviendra-t-il maintenant qu'il
a été nommé général-major et
commandant d’une des régions militaires au sein de
l’armée unifiée?
R:
Le général Padiri est le chef charismatique des
Mayi-Mayi. Pour le moment, nous organisons les Mayi-Mayi en un
mouvement politique qui pourra avoir des aspirations et une expression
à faire valoir au sein de la nation congolaise. Les Mayi-Mayi
restent un seul mouvement. C’est ailleurs ou en occident
qu’on a une mauvaise image de nous. Une image qui nous présente
comme des groupuscules armés. Mais nous savons, nous, que
dans la pratique les Mayi-Mayi sont unis.
Q:
Votre participation au sein des institutions de la transition
signifie-t-elle pour vous la fin de la lutte armée?
R:
Des éléments sont intégrés dans les
forces armées de la RDC. D’autres seront incorporés
dans la police nationale et bien d’autres peuvent être
démobilisés. Il revient maintenant au gouvernement
de prendre ses dispositions pour gérer tous ces éléments.
Q:
De combien d’éléments disposez-vous?
R:
D’habitude, nous ne divulguons pas les chiffres exacts des
effectifs militaires pour des raisons stratégiques. Mais
nous sommes quand même quelques dizaines des milliers.
Q:
Vous luttiez contre l’occupation rwandaise en territoire
congolais. Vous vous battiez également contre le Rassemblement
congolais pour la démocratie (RCD-Goma), un allié
du Rwanda. Quels sont aujourd'hui vos rapports avec le RCD-Goma
maintenant que vous faites tous parties des institutions de la
transition et du gouvernement d’union nationale?
R:
Quels rapports pouvons-nous avoir particulièrement avec
le RCD? Le RCD est devenu un mouvement politique. Les éléments
ayant appartenu au RCD ont intégré l’armée
nationale comme les troupes de toutes les autres composantes.
Les éléments Mayi-Mayi et ceux du RCD-Goma constituent
maintenant un seul corps.
Q:
Pourtant des combats continuent entre vos deux camps dans la province
du Sud-Kivu. Comment allez-vous réaliser cette symbiose
sur le terrain?
R:
Je pense que l’on doit établir les responsabilités
en déterminant ceux qui combattent encore. Les autorités
militaires provenant du RCD-Goma sont nombreuses. Elles participent
au commandement, c’est à eux de prendre leurs dispositions
en tant que responsables et de savoir qui livre les attaques et
de réagir en conséquence.
Les
officiers de l’état-major général et
du commandement de l’armée ont prêté
serment. Ils connaissent les responsabilités qui sont les
leurs. Ils doivent maintenant s’affirmer sur le terrain.
La RDC est un état qui doit sauvegarder son intégrité
nationale.
Q:
Quelle est actuellement la situation sur le terrain?
R:
Des combats nous ont été signalés vers Bunyakiri
et dans d’autres lieux. Les autorités militaires
sur le terrain doivent éclairer le gouvernement sur la
situation. Lorsque des combats éclatent, les responsabilités
des belligérants doivent être établies. Les
éléments du RCD-Goma sur le terrain doivent toutefois
essayer d’être transparents et de dire exactement
si des troupes rwandaises sont présentes. Car, les militaires
rwandais n’ont jamais quitté en totalité le
territoire congolais.
Q:
Savez-vous où sont localisées les troupes rwandaises?
Combien sont-elles?
R:
Ce n’est pas à moi de le savoir. Nous, nous combattions
et observions la présence des militaires rwandais. Nous
ne connaissons pas leur nombre. Ils sont très nombreux
là-bas, c’est tout.
Q:
Disposez-vous de preuves pour étayer une telle affirmation?
R:
C’est un secret de polichinelle. Les déploiements
ne peuvent pas passer inaperçus et ce, quelles que soient
les précautions prises. Je pense que la MONUC parviendra
à rétablir les responsabilités des uns et
des autres. Ce sont eux [la MONUC] qui surveillent ce qui se passe
sur le terrain.
Q:
Vous attendez que le RCD-Goma ordonne à ses troupes d’arrêter
les combats. Pourtant, le RCD-Goma, de son coté, vous accuse
aussi d’attaquer. Avez-vous déjà ordonné
à vos troupes de stopper les hostilités? Peut-on
affirmer que ceux qui se battent encore échappent à
votre contrôle ?
R:
Les Mayi-Mayi n’ont jamais attaqué. Ils ont fait
l'objet d'attaques et se sont défendus. C'est de la légitime
défense.
Q:
Beaucoup d'autres groupes armés sont apparentés
aux Mayi-Mayi, tout en restant distincts de votre mouvement. Le
général Padiri représente peut-être
uniquement les Mayi-Mayi, mais on peut également lister
les Mudundu 40, les Mayi-Mayi du Nord-Katanga que l’on accuse
d’être cannibales et le groupe de Patrick Masunzu
et d’autres encore. Quelles sont les relations entre ces
différents groupes d’autodéfense ? Se sentent-ils
représentés par vous au sein du gouvernement ou
de l’armée ?
R:
Les Mayi-Mayi sont un seul et même mouvement. Mais pour
les Mayi-Mayi du Nord-Katanga, nous devons essayer de les aider
à comprendre l’importance de ce qu’ils doivent
faire comme devoir pour la nation congolaise. Nous apprenons que
des exactions sont commises. Nous devons fournir des efforts pour
les aider à quitter ces aspects négatifs. Concernant
les autres groupes, je pense que nous ne devons pas parler de
groupes. Les Mudundu 40, par exemple, sont des enfants égarés,
mais qui sont rentrés au bercail. Avant que nous ne venions
ici, au mois de mai, Odilo, le chef des Mudundu 40, est venu nous
rencontrer et se rallier avec tous ses éléments.
Et, nous l’avons laissé à Lolingo. A Fizi,
il y a d’autres Mayi-Mayi avec lesquels nous entretenons
de bonnes relations. Il n’y a pas de problème pour
les Mayi-Mayi.
Q:
Et, avec Masunzu?
R:
Nous devons travailler étroitement avec toutes personnes
capables de ramener la paix en RDC. Quelqu’un qui est en
arme et qui est à vos cotés... Je pense que ce n’est
pas le moment de régler tel ou tel problème.
Q:
Vous aviez l'appui de l’ancien gouvernement dont vous étiez
l'allié. Maintenant qu'un gouvernement d'union nationale
a été formé, qui sera votre soutien? Joseph
Kabila vous soutiendrait-il si vous deviez continuer à
vous battre?
R:
Nous soutenions Laurent-Désiré Kabila depuis longtemps.
Jusqu'à sa mort, nous l'avions soutenu parce qu'il partageait
notre politique nationaliste. Son fils s'inscrit également
dans la même ligne. Nous n'avons en revanche jamais reçu
aucune aide du gouvernement. C’est par principe que nous
l'avons aidé.
Q:
On vous accusait parfois d'organiser des blocus à l’encontre
des activités de la population en dehors des zones que
vous contrôliez. Selon la MONUC, vous aviez aussi empêché
l’accès de l’assistance humanitaire à
Kindu et à Bukavu. Comment réagissez-vous à
ces accusations? Que faites-vous pour améliorer l’accès
de la population à l’assistance humanitaire?
R:
C’est vous qui me dites ça. Moi, je pense que notre
population a été sinistrée durant cinq ou
six années. Nous avons toujours invité le personnel
humanitaire à venir secourir nos populations. C’est
le RCD qui empêchait l’accès à nos populations.
Comment
pouvions-nous empêcher l’atterrissage des avions humanitaires
à Shabunda, lorsque nous étions là-bas, alors
que nous étions dans le besoin. Posez la question à
Médecins Sans Frontières ou à Action contre
la Faim, ils vous témoigneront de l'attitude et du climat
de collaboration que nous avions avec eux. Ils avaient regretté
que nous abandonnions le terrain.
Q:
On vous accuse parfois aussi de piller, de violer et d'incendier
des villages entiers.
R:
Si on nous accuse, c’est parce que nous sommes des sans
voix. Même le RCD n’a pas d’éléments
aussi disciplinés que les Mayi-Mayi. Vous êtes maintenant
chez nous, avez-vous constaté un élément
indiscipliné?
Q:
Le RCD-Goma vous a toujours accusé de complicité
avec les ex-Far et Interahamwe [les combattants de l’ancienne
armée rwandaise et les miliciens accusés du génocide
rwandais en 1994]. Le processus de désarmement, démobilisation,
rapatriement, réinsertion et réintégration
(DDRRR) doit être renforcé. Que deviendront alors
vos rapports avec les Interahamwe et ex-Far?
R:
Vous parlez d’Interahamwe. Qui est Interahamwe? Nous, dans
l’entité d’où nous venons, il y a des
réfugiés rwandais. C’est nous qui avions initié
le projet DDRRR avec la MONUC. C'est nous aussi qui les avions
mis en oeuvre. Un groupe est parti de Bukavu vers le Rwanda. Toute
la presse était à Ruzizi pour ce grand départ.
Mais par la suite, qui a empêché ce DDRRR de continuer?
N’est-ce pas que c’est l’Armée patriotique
rwandaise (APR) et le RCD-Goma? Je pense que le fait d’être
accusé découle de ce que nous n’avions pas
les médias de notre coté.
Q:
Des rapports d'ONG font état de tueries. L’ONG Héritiers
de la justice a dénoncé récemment des recrutements
d’enfants soldats, notamment à Idjwi. Quelles sont
vos réactions à ces accusations?
R:
Même dans l'hypothèse d'une réconciliation
nationale et d'un pardon, il demeure des faits qui ont été
commis par des personnes bien connues. Je pense que les auteurs
de crimes ne doivent pas rester impunis. Pour les Mayi-Mayi, pouvez-vous
nous donner des preuves sur ce que nous avons fait? Nous contrôlions
très bien nos troupes, mais nous avons manqué de
journalistes comme vous pour couvrir nos faits et gestes, là
où nous étions.
De
toute façon, le rapport concerne Héritiers de la
justice et le RCD-Goma. C’est à eux de tirer les
conclusions. Le gouvernement d’union nationale a des responsables
qui doivent s’occuper de la sécurité des populations
et de leurs biens.
Q:
Que deviendront alors les enfants soldats présents dans
vos rangs? Pensez-vous les démobiliser?
R:
C’est une question à laquelle nous pensons depuis
longtemps. Chez nous, il n’y a pas d’enfants soldats.
S’il y en a, le nombre est minime. Peut-être une dizaine
seulement.
Je
crois que nous n’avons pas de soldats à démobiliser.
Nous attendons leur intégration [dans l'armée unifiée]
et que le gouvernement prenne ses responsabilités. Avant
de venir à Kinshasa, nous avions pris toutes les précautions,
il n’y a rien que nous puissions nous reprocher.
Q:
Une légende fait passer les Mayi-Mayi pour les gris-gris
ou une puissance mystico-magique. Qu’en est-t-il?
R:
Vous savez, dans chaque troupe, dans chaque corps d’armée,
il y a des techniques. Si on doit parler d’invulnérabilité,
ce sont des techniques, des tactiques de combats que nous ne sommes
pas obligés de dévoiler sur la place publique. Nous
ne sommes pas des féticheurs, nous sommes chrétiens.
Q:
Le problème des nationalités aux frontières
de l’Est du pays est récurrent. Certaines souches,
qualifiées de rwandaises, d'ougandaises et de burundaises
ne sont pas acceptées par d’autres en raison de leurs
phénotypes. De quelle manière cette question peut-elle
être solutionnée?
R:
Je pense que toutes ces questions relèvent de l’administration.
Ce sont des questions administratives qui ne concernent pas tout
le monde. Le parlement doit se prononcer.
Q:
Etes-vous prêts à accepter les Banyamulenge comme
Congolais?
R:
Ce n’est pas à moi de les accepter. La nation congolaise
a ses lois. Et les lois en matière de naturalisation sont
claires. Ce n’est pas à nous de les clarifier. Un
parlement a été installé, c'est à
lui de décider.
"La
loi d'amnistie est un frein à la réconciliation,
estime une ONG"
L'ONG de défense des droits de l'Homme, l’Observatoire
congolais des droits de l’Homme (OCDH), a estimé
que la nouvelle loi d’amnistie en République du Congo
n’est pas de nature à consolider le processus de
réconciliation, a-t-elle indiqué dans sa revue jeudi
dernier à Brazzaville, la capitale.
L’assemblée
nationale congolaise avait approuvé le 30 août dernier
une loi d’amnistie couvrant les faits de guerre commis au
Congo par les miliciens Ninjas dans la région du Pool.
Le texte avait également été adopté
par le sénat à l'unanimité.
Pour
l'OCDH "cette amnistie est sélective. Les principaux
leaders de l’opposition en exil en sont exclus. Or, la réconciliation
concerne d’abord les protagonistes du conflit congolais,
à savoir l’actuel président de la République,
son prédécesseur Pascal Lissouba et ses anciens
premiers ministres, Yhombi Opango et Bernard Kolélas. C’est
par eux que la guerre est venue, c’est par eux qu’il
va falloir l’enterrer."
L'ONG
pense aussi que la loi actuelle visant officiellement les Ninjas,
n’est que le paravent nécessaire à l'amnistie
en pratique des crimes commis par la force publique et ses supplétifs
cobras et autres dans le département du Pool.
Cette
loi, selon l'OCDH, entend encore couvrir par l’impunité
les atteintes aux droits de l’Homme et les violations flagrantes
des conventions et principes relatifs au droit international humanitaire,
régissant les combattants en temps de guerre.
Le
6 septembre dernier, les partis politiques de l’opposition
avaient, au cours d’un meeting populaire, demandé
au pouvoir de s’inspirer de l’exemple de la République
Démocratique du Congo (RDC). Cette dernière avait,
en effet, organisé un dialogue national sous forme de table-ronde
pour faciliter le retour de tous les exilés.
Ils
ont, dans ces conditions, annoncé leur objectif de proposer
à l’assemblée nationale une loi d’amnistie
prenant en compte tous les exilés, notamment ceux condamnés
par la justice.
"Le
gouvernement a procédé à la destruction de
1870 mines antipersonnel"
Le gouvernement de la République du Congo a procédé,
ce mercredi, à la destruction de 1.870 mines antipersonnel
à Pointe-Noire, la capitale économique du pays.
Mardi
dernier, 3.350 autres mines avaient été détruites
au polygone de tir de Djiri, à 23 km au nord de Brazzaville,
la capitale, avait constaté IRIN.
"372
mines [ont été] conservées à des fins
de formation du personnel aux techniques de détection,
de déminage et de destruction," avait précisé
Léonce Nkabi, le chef du projet pour les mines antipersonnel.
Jacques
Yvon Ndolou, ministre délégué à la
présidence de la République, chargé de la
défense nationale, a salué à cette occasion,
les efforts fournis par le gouvernement canadien en matière
de lutte pour l'éradication totale des mines antipersonnel
sur la planète et l'assistance particulière du Canada
au Congo dans ce domaine.
Il
a, par ailleurs, souhaité que le Canada s'investisse prochainement
dans l'évaluation de l'étendue de la zone minée
dans le sud-est du Congo, au niveau de la frontière avec
la République Démocratique du Congo (RDC) et l'Angola.
"Nous
nous réjouissons de l'action accomplie ici et nous encouragerons
les Etats partis à la convention d'Ottawa à se débarrasser
de ces engins de la mort que sont les mines antipersonnel,"
a déclaré Yvon Boutillette, chargé d'affaires
à l'ambassade du Canada à Kinshasa.
La
RDC et la République du Congo s'étaient engagées,
à l'issue d'un atelier pour la mise en œuvre de la
convention d'Ottawa, les 7 et 8 mai dernier à Brazzaville,
à détruire toutes les mines antipersonnel en leur
possession.
Après
l'inventaire des stocks de mines au Congo en février 2002
avec l'aide du Centre de déminage humanitaire de Genève,
un programme de destruction avait été élaboré
et soumis aux bailleurs de fonds.
Le
gouvernement canadien, parrain du processus d'Ottawa, a accepté
de financer en partie cette destruction. Cette première
étape est le début d'un vaste programme de lutte
contre les mines. La prochaine opération consistera dans
la reconnaissance de la zone de Kimongo, dans le département
du Niari.
Les
instruments d'adhésion au traité d'Ottawa avaient
été signés par le président de la
République, Denis Sassou Nguesso, et envoyés à
Kofi Annan, le Secrétaire général des Nations
Unies, le 3 avril 2001. L'adhésion du Congo au traité
devenait définitive six mois après, le 4 novembre
2001.
"Trois
officiers du RCD-Goma ont été déférés
devant la Haute Cour Militaire"
Trois officiers supérieurs issus du Rassemblement congolais
pour la démocratie (RCD-Goma) ont été déférés
devant la Haute Cour Militaire de la République Démocratique
du Congo (RDC) pour avoir refusé de participer à
l'installation, vendredi dernier, de l'état-major général
et du commandement de l'armée unifiée, a annoncé
mardi le lieutenant général Liwanga Mata, le chef
d'état major-général de l'armée.
Le
général de Brigade Laurent Nkunda, les colonels
Elie Gichondo et Erick Ruhorimbere, nommés respectivement
commandant et commandants adjoints des régions militaires,
seront ainsi traduits devant la Haute Cour Militaire "pour
indiscipline et refus d'ordre", a précisé Liwanga
Mata.
Le
lieutenant général Liwanga a, par ailleurs, insisté
sur la discipline qui régnera désormais dans la
nouvelle armée.
Le
RCD-Goma n'a pas encore officiellement réagi. Le porte-parole
de l'armée, le colonel Léon Kasonga, a pour sa part
demandé aux autres membres de l'état-major de l'armée
unifiée de ne pas "pactiser avec les trois officiers".
Le
commandement de l'armée est constitué des officiers
issus de l'ancienne armée gouvernementale, des anciens
mouvements rebelles dont le RCD-Goma, le Mouvement de libération
du Congo, le RCD-Kisangani/Mouvement de Libération, le
RCD-National et la milice Mayi-Mayi.
"Nous
ne savons ce qu'ils sont restés faire à Goma. Ils
ne sont pas exclus de l'armée. Nous constatons logiquement
qu'ils ont continué des activités de rébellion
par rapport à l'ordre établi," a déclaré
le colonel Kasonga.
Concernant
les débats sur le nom à attribuer à l'armée,
le lieutenant-général Liwanga a affirmé que
"le débat est clos".
"L'armée s'appellera Forces Armées Congolaises",
en précisant que "le débat que nos frères
les civils font ne nous intéressent pas. L'armée
est apolitique".
Un
débat persistait, en effet, sur l'appellation de l'armée
malgré l'installation de l'état-major. Les anciens
rebelles, notamment ceux du RCD-Goma, s'opposaient au nom Forces
Armées Congolaises, l'ancienne dénomination de l'armée
sous les régimes de Kabila père et fils.
"Nous
sommes des légalistes. Nous nous en tenons à l'appellation
Forces Armées de la République Démocratique
du Congo comme le prévoit la Constitution de la transition
en attendant une appellation définitive," avait déclaré
Lola Kisanga, porte-parole du RCD-Goma.
Laurent
Nkunda avait été, par ailleurs, cité dans
le massacre de Kisangani en 2002. La semaine dernière,
Bora Uzima, un autre officier du RCD-Goma, avait vu sa candidature,
au commandement de l'état-major, refusée par l’ancien
gouvernement. Bora avait, en effet, été condamné
à mort lors du procès de l'assassinat de Laurent-Désiré
Kabila, l'ancien président de la RDC, abattu en janvier
2001 par un de ses gardes du corps. Il avait été
arrêté à Kisangani pour avoir fomenté
une mutinerie à la suite de son éviction. Il a été
ensuite transféré à Goma avant d'être
remis en liberté.
Antoanella-Iulia
Motoc, la rapporteuse spéciale des Nations Unies pour les
droits de l'Homme en RDC ainsi que les ONG des droits de l'Homme
avaient dénoncé leur nomination et exigé
leur remplacement.
"Interview
avec Antoanella-Iulia Motoc, la rapporteuse spéciale des
Nations Unies pour les droits de l'Homme"
Antoanella-Iulia Motoc, la rapporteuse spéciale des Nations
Unies pour les droits de l’Homme en République Démocratique
du Congo (RDC), a achevé samedi dernier une mission de
10 jours sur le territoire congolais. Elle s'est rendue à
Kinshasa, la capitale, à Bunia et à Bukavu dans
le Nord-Est et l'Est du pays.
Antoanella-Iulia
Motoc, une Roumaine, a été nommée rapporteuse
spéciale en décembre 2001. Elle a remplacé
Roberto Garreton qui avait démissionné le 17 octobre
en raison de ses nouvelles responsabilités en tant que
conseiller des droits de l'Homme au sein de la Commission Economique
pour l'Amérique Latine et des Caraïbes.
Antoanella-Iulia
Motoc est avocate et professeur. Elle a travaillé depuis
1996 au sein de la sous-commission des Nations Unies pour la promotion
et la protection des droits de l'Homme avant de présider
l'institution de 2000 à 2001.
IRIN
a eu l'opportunité de s'entretenir avec Antoanella-Iulia
Motoc à la fin de sa mission.
QUESTION:
Vous venez d’effectuer une mission de plus d’une semaine
en RDC. Que retenez-vous de votre visite?
REPONSE:
C’est la troisième visite que j’effectue en
RDC en tant que rapporteuse spéciale des Nations Unies
pour les droits de l’Homme. Les violations massives des
droits de l’Homme, perpétrées en Ituri et
dans l’Est du pays étaient au centre de cette visite.
Il convient de mettre fin à toutes ces atrocités,
de rendre justice aux victimes et de réconcilier les populations
locales qui vivaient en bon voisinage depuis très longtemps.
Q:
Quels sont les sujets que vous avez abordés avec les autorités
congolaises lors de vos rencontres?
R:
Nous avons abordé avec les autorités congolaises
les questions des violations des droits de l’Homme mais
surtout celles de l’impunité. Je leur ai fait savoir
mon désaccord concernant la nomination de personnes, impliquées
dans certains crimes ou violations des droits de l'Homme, au sein
des institutions transitoires; comme cela c'est produit dernièrement
! Je leur ai répété ce que j’avais
mentionné dans un rapport que j’ai remis au parlement
de la transition et à la commission des droits de l’Homme.
Les noms de Tango Fort [alias Gabriel Amisi] et de Laurent Nkunda
sont cités.(1)
Des
institutions sont actuellement impliquées dans le processus
démocratique, au nombre desquelles se retrouvent l’Observatoire
national des droits de l'Homme et la Commission vérité
et réconciliation.(2)
J’estime
que ces institutions doivent protéger les lois et que les
personnes nommées dans ces commissions doivent être
des personnes crédibles. Je souhaite que ces institutions
soient indépendantes.
Nous
avons également évoqué la Cour d'ordre militaire
et le procès de l’assassinat de l'ancien président
de la RDC, Laurent-Désiré Kabila. J’ai visité
les détenus le dernier jour de mon séjour dans le
pays. Ma conclusion est que les détenus de ce procès
doivent bénéficier des mêmes conditions de
détention que tous les autres. J’ai enfin demandé
aux autorités congolaises de réviser ce procès.
Une commission, chargée d'étudier la question, a
été créée m'ont affirmé les
autorités congolaises.
Q:
Vous souhaitez voir les violations massives des droits de l’Homme
s’arrêter notamment en Ituri et dans l'Est de la RDC.
Que préconisez-vous concrètement pour stopper cette
situation qui perdure, malgré les efforts de la communauté
internationale ?
R:
Il faut tout d'abord mettre fin aux conflits entre les différents
groupes. Tous les miliciens doivent cesser d’agir contre
la population civile et respecter leurs droits humains. Il faut
ensuite que le travail de réconciliation commence et que
la justice soit réinstaurée.
Cette justice doit être indépendante et impartiale.
Les auteurs d'infractions doivent être traduits en justice
et condamnés.
Les
exécutions extrajudiciaires, perpétrées dans
le Sud-Kivu et même dans l’Est du pays, doivent cesser.
La liberté d’expression, la liberté de la
presse, les droits de partis politiques, le droit à la
défense doivent être respectés sur l'ensemble
du territoire national.
On
doit achever le processus de démobilisation des enfants
soldats, conformément au protocole international sur les
droits de l’enfant que la RDC a signé. J’ai
proposé également que les pratiques appliquées
aux enfants dits "sorciers", cessent.
Les
droits des personnes déplacées doivent être
respectés et leur retour doit être organisé
dans les meilleures conditions. Dans ce prolongement, il convient
aussi de respecter les droits des peuples autochtones comme les
pygmées.
J’ai
également demandé la révision des procès
de Gbadolite et de Kisangani par des cours indépendantes
et impartiales.(3)
Les
coupables doivent être jugés par une justice civile.
La peine de mort doit être abolie. Les autorités
de la RDC doivent revenir au moratoire sur la peine de mort. Elles
m’ont d'ailleurs assurée que la Commission des droits
de l’Homme étudiait la question.
Q:
Parmi les institutions d’appui à la démocratie,
vous citez la Commission vérité et réconciliation
et vous évoquez la nécessaire réconciliation
des populations. Cela signifie-t-il que les crimes commis durant
plus de quatre années de guerre doivent être amnistiés?
R:
La Commission vérité et réconciliation doit
répondre à toutes les conditions pour remplir correctement
sa mission. L'amnistie ne devra cependant pas concerner les crimes
de guerre ou les crimes contre l’humanité qui sont
imprescriptibles. Les coupables de tels crimes devront être
jugés et punis.
Q:
Pensez-vous qu’il faille créer un tribunal international
pour les crimes commis en RDC comme au Rwanda ou en ex-Yougoslavie?
R:
A partir de juillet 2002, la Cour Pénale Internationale
[CPI] est entrée en fonction. Elle a affirmé que
les violations des droits commises en RDC depuis 2002 seraient
sa priorité. La CPI a demandé au Haut Commissariat
des droits de l’Homme des Nations Unies et à la MONUC
[la Mission des Nations Unies en RDC] de réunir et de lui
fournir les éléments sur les violations du droit
humanitaire international et des droits de l'Homme. Plus de trois
millions de personnes sont mortes.
Q:
Quels sont les efforts entrepris aujourd'hui pour restaurer l'appareil
judiciaire en RDC?
R:
C’est là un projet de l’Union européenne.
J’en ai parlé avec le représentant. Des initiatives
ont déjà été engagées, notamment
avec la France à Bunia. Mais la Belgique et d’autres
partenaires interviennent aussi dans le domaine de la justice.
La prison de Bunia a été reconstruite et nous sommes
en train de convaincre les juges de revenir à Bunia car
ils avaient fui.
NOTES:
(1)
Ces deux officiers du Rassemblement congolais pour la démocratie
(RCD-Goma), un ancien mouvement rebelle, ont été
récemment nommés au commandement de l'armée
unifiée de la RDC, malgré leur implication dans
des violations des droits de l'Homme.
(2) Le dialogue
inter-congolais, à l’occasion des discussions sur
le partage du pouvoir, avait décidé de créer
cinq institutions d’appui à la démocratie:
la Commission nationale des élections, la Commission vérité
et réconciliation, la Haute autorité des médias,
l’Observatoire national des droits de l’Homme et la
Commission d’éthique et de lutte contre la corruption.
(3) Le procès
de Gbadolite avait été initié par Jean-Pierre
Bemba, le leader du Mouvement de libération du Congo (MLC),
au début de cette année à la suite d'accusations
concernant des actes de cannibalisme attribués aux membres
du MLC à Komanda, en Ituri dans le Nord-Est de la RDC.
Le RCD-Goma avait fait de même, en organisant un procès
après les massacres à Kisangani.
09
/ 11 / 2003
IRIN
"Les
Mayi-Mayi et le RCD-Goma entament un processus de réconciliation
dans le Sud-Kivu"
La milice traditionnelle Mayi-Mayi et le Rassemblement congolais
pour la démocratie (RCD-Goma) ont entamé mardi dernier
un processus de réconciliation dans l'Est de la République
Démocratique du Congo (RDC), a indiqué mercredi
la Monuc, la mission des Nations Unies en RDC. La rencontre s'est
deroulée à Burale, une localité à
60 km au sud-est de Bukavu dans la province du Sud-Kivu.
Marcel
Munga, le nouveau chef politique des Mayi-Mayi, a confirmé
la rencontre, en précisant qu'une mission conjointe d'experts
militaires des deux parties est venue sur terrain dans le but
de parvenir à une réconciliation.
"C'est
dans l'esprit de réconciliation qui caractérise
l'état-major général de l'armée intégrée
que ce contact entre militaires a été décidé
afin de cesser les hostilités," a déclaré
Marcel Munga.
La
troisième brigade des Mayi-Mayi et la dixième brigade
du RCD-Goma qui occupaient chacun une partie du territoire de
Walungu se sont ainsi rencontrées, a annoncé pour
sa part la radio Okapi de la MONUC. L'ordre de la rencontre émanait
du général-major Sylvain Buki, issu du RCD-Goma
et chef d'état-major de la force terrestre, et de Padiri
Bulenda, commandant d'une région militaire et ancien leader
des Mayi-Mayi, a encore précisé la radio Okapi.
Cette
commission mixte comporte six militaires des deux camps.
"Elle
est chargée d’assurer la police entre les deux forces
en attendant la fusion des différentes factions,"
a expliqué la MONUC.
Les
Mayi-Mayi et le RCD-Goma se battent en effet encore dans l'Est
de la RDC, malgré leur participation au sein du gouvernement
d'union nationale, depuis le 30 juin, et des institutions de la
transition.
Les
Mayi-Mayi ont toujours lutté contre l'occupation du territoire
congolais par le Rwanda et l'Ouganda, et aussi contre le RCD-Goma,
l'allié du Rwanda.
Concernant
le nouveau processus de réconciliation, Marcel Munga a,
néanmoins, émis des réserves.
"Le
processus est engagé, mais il faut voir la matérialisation,
la concrétisation de tout cela. Il faut attendre l'intégration
[dans l'armée unifiée]. Celle-ci doit commencer
dans les esprits de chacun," a-t-il dit.
09
/ 09 / 2003
IRIN
"La
Brigade Ituri a effectué une mission à Fataki"
La Brigade Ituri de la Monuc, la mission des Nations Unies en
République Démocratique du Congo (RDC), a effectué
une opération à Fataki, à 85 km au nord-est
de Bunia, le chef-lieu de l'Ituri, a rapporté lundi un
communiqué de la Monuc.
Trois
hélicoptères MI-17, protégés par deux
hélicoptères d'attaque MI-25 ont déposé
dans cette localité 25 soldats commandos bangladais, du
personnel du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF),
de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
(FAO) et des fonctionnaires des sections civiles de la Monuc,
a précisé le communiqué.
Près
de 800 personnes, cachées dans les forêts environnantes,
ont alors accouru vers Fataki où les habitations traditionnelles
ont été entièrement détruites. Selon
les témoignages des populations locales rapportés
par le communiqué, la localité de Fataki a été
la cible de plusieurs attaques notamment le 19 juillet, le 31
juillet et le 5 août. Elles ont été attribuées
aux Forces Armées Populaires du Congo (FAPC) et au Front
des Nationalistes et Intégrationnistes (FNI), selon les
témoignages recueillis sur place par la Monuc. Au moins
140 personnes auraient été assassinées et
déjà enterrées d'après les dires de
la population.
Le
communiqué relate encore des témoignages d'après
lesquels des habitants de Fataki ont été conduits
de force à Livo, Ali, Aru, Kpakala, Kwandroma pour y subir
un travail forcé. Des femmes feraient, par ailleurs, l'objet
d'exploitation sexuelle. Pour l'heure néanmoins, seuls
des témoignages de personnes échappées de
Livo ont pu être entendus, a précisé le communiqué.
A
l'occasion de cette opération la Monuc a acheminé
des médicaments de première nécessité,
des bâches et des cartons de biscuits qui ont été
distribués par l'UNICEF. La mission a aussi permis de restaurer
la confiance au sein de la population et d'évaluer la sécurité
dans la zone avant le déploiement prochain de la Brigade
Ituri.
09
/ 08 / 2003
IRIN
"Joseph
Kabila parachève la formation du gouvernement d'unité
nationale"
Le président de la République Démocratique
du Congo (RDC), Joseph Kabila, a nommé samedi le dernier
ministre et les deux derniers vice-ministres du gouvernement d’union
nationale.
Par
décret présidentiel, Pierrette Gene a été
désignée ministre de la culture. Ferdinand Chimanuka,
a été nommé vice-ministre à la fonction
publique et Masika Yalala, vice-ministre à l’éducation
primaire, professionnelle et secondaire.
Ces
ultimes nominations mettent un point final aux spéculations
auxquelles se livrait la presse congolaise. Cette dernière
citait notamment, Nzanga, l’un des fils de l'ancien président
du Zaïre Sese Seko Mobutu, comme un prétendant au
poste de ministre de la culture, au nom de la réconciliation.
Parmi les ministrables les rumeurs annonçaient également
Thomas Lubanga, le leader de l’Union des patriotes congolais
(UPC), le principal mouvement armé de l’Ituri, dans
le Nord-Est de la RDC.
Ces
trois nominations viennent parachever la formation du gouvernement
d'union nationale tel que prévu par la constitution de
la transition et l’accord global. Aucune raison n’a,
cependant, été avancée pour expliquer cette
nomination tardive. Elle a eu lieu plus de deux mois après
l'installation du gouvernement de transition, le 30 juin dernier.
Le
gouvernement d’union nationale est désormais composé
de 36 ministres et de 24 vice-ministres. Il est présidé
par le président Joseph Kabila. La période transitoire
s'achèvera dans deux ans par l'organisation d'élections
générales en RDC.
09
/ 05 / 2003
IRIN
"L’état-major
général de l’armée unifiée a
été installé"
L’état-major général et le commandement
de l’armée congolaise unifiée de la République
Démocratique du Congo (RDC) ont été installés,
ce vendredi, à Kinshasa alors qu’un débat
persiste concernant le nom de cette armée.
Une
trentaine d’officiers, issus des différentes parties
belligérantes et nommés aux postes de commandement
de l’état-major général des différentes
forces de l’armée et des régions militaires,
ont prêté serment devant le président Joseph
Kabila, les quatre vice-présidents, les membres du gouvernement
et des institutions de la transition.
Ils
ont juré fidélité à la RDC, obéissance
au président de la République, respect aux institutions
et aux lois du pays ainsi qu'au règlement militaire.
Ils
ont, également promis de n’entreprendre aucune activité
militaire non autorisée.
La
cérémonie, initialement prévue lundi dernier,
a été reportée en raison de la difficulté
à attribuer un nom à cette armée unifiée.
Elle regroupe les différentes factions armées issues
de l’ancien gouvernement, du Rassemblement congolais pour
la démocratie (RCD-Goma), du Mouvement de libération
du Congo (MLC), du RCD-Kisangani/ML, du RCD-National et de la
milice traditionnelle Mayi-Mayi.
Le
serment faisait plutôt allusion aux "Forces armées
de la République Démocratique du Congo".
Le
RCD-Goma s'opposait à la dénomination "Forces
Armées Congolaises" qui était utilisée
sous l'ancien gouvernement. Le porte-parole du RCD-Goma, Jean-Pierre
Lola Kisanga a néanmoins affirmé que le Conseil
de défense continuera les débats en vue de trouver
un nom à la future armée.
Dans
le cadre des discussions au sein du dialogue inter-congolais,
les différents belligérants se sont répartis
les postes de commandement de l’armée unifiée.
Le
lieutenant-général Liwanga Mata, issu de l’ancienne
armée gouvernementale, est le chef de l’état-major
général de l’armée. Il est secondé
par quatre adjoints, issus de l’ancien gouvernement, du
RCD-Goma et du MLC, les deux principaux anciens mouvements rebelles
et du RCD-Kisangani/Mouvement de libération, un autre ancien
mouvement rebelle.
Dans
cette répartition, le général-major Sylvain
Buki du RCD-Goma commande la force terrestre. Son homologue, le
général-major Amuli Bahigwa du MLC, est le chef
d’état-major de la force navale, alors que le général
John Numbi, provenant de l'ancien gouvernement, dirige la force
aérienne.
Les
officiers qui ont prêté serment ont été
nommés le 19 août dernier.
09
/ 04 / 2003
IRIN
"Le
FNL massacre des femmes et des enfants dans le Sud-Kivu"
Des miliciens burundais du Front national de libération
(FNL) ont massacré, le 24 août dernier, des femmes
et des enfants à Rusabagi, à 85 km au sud de Bukavu,
dans la province du Sud-Kivu en République Démocratique
du Congo (RDC), a indiqué à IRIN Jean-Pierre Mazangi,
le vice-gouverneur de la province.
Selon
les chiffres avancés par Jean-Pierre Mazangi, treize personnes,
des femmes et des enfants pour la plupart, ont été
tuées lors de cette attaque.
Contrairement
au vice-gouverneur, l'ONG de défense des droits de l'Homme,
Héritiers de la justice, a dressé une liste de 19
personnes abattues à l'arme blanche. Parmi les victimes,
le rapport de l'organisation fait état de l'assassinat
d'un enfant de moins d'un mois et d'un homme de plus de 70 ans.
L'ONG a encore enregistré neuf blessés graves.
Devant
le massacre, Héritiers de la justice rapporte que les éléments
du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma)
n'avaient réagi qu'en tirant en l'air.
L'ONG
a accusé, par ailleurs, les militaires du RCD-Goma, positionnés
sur le territoire de Fizi, à Swimi, d'avoir commis plusieurs
violations des droits humains en tuant deux personnes et en pillant
le village.
Le motif de l'opération aurait été la poursuite
des membres de la milice traditionnelle Mayi-Mayi, a avancé
l'ONG.
Le
vice-gouverneur a, néanmoins, catégoriquement démenti
ces allégations.
Il
a indiqué, pour sa part, que les incessantes attaques des
miliciens burundais ont eu pour conséquence d'arrêter
le rapatriement des réfugiés congolais qui commençaient
à revenir du Burundi.
"Nous
sommes en pourparlers avec les autorités burundaises pour
qu'elles laissent les miliciens burundais repartir chez eux, ce
qui permettra en même temps le retour des réfugiés
congolais," a dit Jean-Pierre Mazangi.
09
/ 03 / 2003
IRIN
"Interview
avec le général Jan Isberg, le commandant de la
Brigade Ituri"
Le général suédois, Jan Isberg est arrivé
à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique
du Congo (RDC) à la fin du mois de juillet, en tant qu'adjoint
au commandement de la force de maintien de la paix de la Monuc,
la mission des Nations Unies en RDC. Quelques jours plus tard,
il a été nommé commandant de la Brigade Ituri,
la force des Nations Unies qui a succédé, le 1er
septembre, à la Force multinationale intérimaire
d'urgence. Cette dernière avait été déployée
en juin pour sécuriser Bunia, le chef-lieu du district
dans le Nord-Est de la RDC.
Dans
cette interview, accordée le 2 septembre, Jan Isberg décrit
les capacités de la Brigade, ses stratégies et son
empressement à répondre aux menaces de violence
à Bunia et sur l'ensemble du district.
QUESTION:
A quelle date prendra fin le déploiement de la Brigade
Ituri ? Combien de compagnies composeront les troupes d'infanterie
de la Brigade ?
REPONSE:
L'ensemble des troupes de la Brigade Ituri est attendue à
Bunia ce mois -ci [septembre]. Lorsqu'elle sera au complet, la
Brigade Ituri, comptera 16 compagnies de fantassins avec leurs
unités logistiques, soit un total d'environ 5.000 hommes.
Q:
Disposez-vous de brigades mécanisées ?
R:
Non, la Brigade est essentiellement une brigade d'infanterie,
renforcée par des véhicules blindés de transport
de troupes. Nous utilisons donc actuellement ces véhicules
pour nos opérations.
Q:
De quelle manière, la Brigade Ituri appréhende-t-elle
sa mission ?
R:
Nous allons entreprendre plusieurs opérations en même
temps, mais nous avons évidemment un plan d'action précisément
tracé. Nous allons immédiatement concentrer nos
efforts pour rendre Bunia entièrement sûr. Nous allons
également commencer à sortir en dehors de Bunia.
Nous sommes présents sur le terrain et nous nous y rendons
en utilisant nos hélicoptères.
Q:
De quelle manière la Brigade s'attaquera-t-elle aux groupes
armés itinérants qui sont responsables de l'insécurité
dans les environs de Bunia ?
R:
Avant tout, nous devons identifier et définir ce qu'est
une bande et ce qu'est une milice. Les milices sont des groupes
contrôlés par des partis politiques ou des groupes,
alors que les bandes sont sous aucun contrôle. Celles-ci,
nous les considérons comme des bandes criminelles.
Je
viens juste de parler à la radio Okapi [la radio des Nations
Unies, basée à Bunia] et j'ai appelé les
leaders de toutes les milices à contrôler leurs hommes.
Ceux qui ne sont pas contrôlés, seront considérés
comme des groupes criminels et seront traités en conséquence.
Je sais que les groupes non contrôlés ne se soumettront
pas aux directives des Nations Unies. J'appelle, néanmoins,
les leaders des milices à adhérer aux directives
des Nations Unies et de la Monuc concernant le comportement de
leurs hommes de façon à arrêter la violence.
Q:
Quelles sont les règles d'engagement de la Brigade ?
R:
Nous agissons maintenant en vertu du chapitre sept de la charte
des Nations Unies, tel que l'a décidé le Conseil
de sécurité. Cela signifie que la Brigade est une
force d'imposition de la paix et non plus une force de maintien
de la paix. Depuis que la Brigade s'est déployée
à la mi-août, nous n'avons pas eu de rapport faisant
état de personnes tuées par nos hommes mais nous
avons utilisé la force une paire de fois. Une foule, par
exemple, avait lancé des pierres sur les véhicules
de la Monuc, nous avons alors répliqué en tirant
en l'air pour disperser la foule.
Q:
La Brigade possède-t-elle des éléments de
la police civile pour remplir des fonctions policières
?
R:
Il y a, à Bunia, une police civile qui est déjà
déployée. Ce sera un atout énorme pour la
Brigade. Mais je devrais me hâter d'ajouter, qu'il relève
de la responsabilité du gouvernement de la République
Démocratique du Congo de fournir les hommes qui seront
affectés dans les différentes parties de la ville.
L'unité de la police civile de la Monuc conseillera et
facilitera seulement leur déploiement en collaboration
avec le gouvernement congolais.
Q:
Quelles sont les capacités de la Brigade pour répondre
à d'éventuelles attaques ?
R:
Je peux dire que les capacités de la Brigade sont énormes.
Nous avons tous les moyens nécessaires. Nous avons des
hélicoptères, des véhicules blindés
de transport de troupes et les armes détenues par chaque
soldat. Nous sommes capables de faire face à toutes attaques.
Q:
Comment la Brigade va-t-elle organiser la sécurité
des déplacements des agences humanitaires des Nations Unies
et des ONG opérant à travers l'Ituri ?
R:
Nous avons juste commencé nos opérations. Nous allons
nous concerter quotidiennement avec ces agences et ces ONG. Je
crois que nous serons capables de les assister en facilitant leurs
déplacements dans le district.
Q:
Quelles sont les leçons, s'il y en a, que la Brigade a
retenues de l'expérience de la Force multinationale durant
cette phase transitoire entre le 15 août et le 1er septembre
?
R:
Au cours de la première réunion que nous avons eue
avec les troupes de l'UE, la force multinationale nous a dit d'agir
immédiatement et sans hésitation, selon les prescriptions
du chapitre sept, et d'être prêt à utiliser
la force si la situation l'exigeait. Nous avons retenu cette suggestion
et nous agissons en fonction.
Q:
Quel serait le plus grand défi pour la Brigade, dans un
futur proche et sur le long terme ?
R:
Cette Brigade a été déployée rapidement.
Elle est composée de différentes nations, et nous
faisons tous les efforts pour en faire un instrument efficace
des Nations Unies. Je peux dire que le travail accompli est excellent.
Je suis confiant, nous réaliserons les objectifs pour lesquels
la force a été établie et je promets de remplir
mon mandat de la manière la plus professionnelle qui soit.
"La
Monuc déploie un important appui logistique pour l'acheminement
de la Brigade Ituri "
La Monuc, la mission des Nations Unies en République Démocratique
du Congo (RDC), déploie un appui logistique considérable
pour le déploiement de la force onusienne, la Brigade Ituri,
dans le Nord-Est de la RDC ainsi que pour la mise place des institutions
transitoires, a annoncé mardi dernier un communiqué
de la Monuc.
Les
1.250 unités armées du Bangladesh qui ont initialement
atterri à Entebbe en Ouganda, ont été transportées
par les avions Hercules C-130 de la Monuc à Bunia. Une
centaine de vols a, par ailleurs, été nécessaire
pour acheminer les 2.000 tonnes de matériel militaire,
a précisé le communiqué.
Les
rotations aériennes n'ont, toutefois, été
rendues possible qu'après la réfection de l'aéroport
à Bunia. La Monuc a, ainsi, organisé un système
d'entretien continu des pistes pour éviter toute interruption
des vols.
"Un
personnel recruté sur place s'attèle toutes les
nuits à réhabiliter les zones endommagées,"
a expliqué le communiqué.
L'aviation
de la Monuc a effectué 554 heures de vol pour convoyer
sur les lieux les troupes, le matériel logistique et une
centaine de véhicules. Le coût de ces transports
s'élève à 5.059.000 dollars américains.
La
Monuc a, également, mis à la disposition des acteurs
de la transition ses véhicules et ses avions. Les vice-présidents,
les ministres et vice-ministres, les députés et
sénateurs ainsi que certains de leurs gardes du corps et
autre personnel ont, ainsi, été conduits à
Kinshasa, la capitale de la RDC.
250
Tunisiens de la force neutre ont, de plus, été affectés
à la sécurité des personnalités politiques.
Cet effectif sera renforcé par la venue de 210 autres Tunisiens
et de 400 Ghanéens. "Les Ghanéens ont été
transportés de Mbandaka et Basankusu vers Kinshasa. Une
centaine d'éléments est postée à l'aéroport
de N'djili," a précisé la Monuc.
Au
total, l'assistance logistique représente 80 pour cent
du budget, soit quelques 450 millions de dollars américains
par année.
09
/ 01 / 2003
IRIN
"Les
troupes de l'ONU succèdent à la Force multinationale"
La Force multinationale intérimaire d'urgence qui avait
été déployée à Bunia, dans
le Nord-Est de la République Démocratique du Congo,
a officiellement cédé sa place à la Monuc,
la mission des Nations Unies en RDC, ce lundi au cours d'une cérémonie
présidée par William Swing, le représentant
spécial du Secrétaire général des
Nations Unies, Kofi Annan, dans ce pays.
La
plus chère des paix est préférable à
une guerre à bas prix, a dit en substance William Swing
lors de son discours après la passation de commandement.
En
remerciant les Etats membres de l'Union européenne qui
ont fourni des troupes à la force multinationale, William
Swing a affirmé que cette force avait réussi à
stabiliser la ville de Bunia et à permettre le déploiement
des troupes de la Monuc tout en harmonisant leurs commandements
respectifs.
Le
représentant spécial a encore évoqué,
à l'occasion de cette passation de pouvoir entre ces deux
forces, un signe par lequel la violence à Bunia en particulier
et celle affectant l'ensemble du district de l'Ituri en général
allait en s'amenuisant.
Le
chef de la Monuc a déploré les affrontements qui
perdurent dans ce district depuis des années en rappelant
les 50.000 victimes du conflit et les 500.000 déplacés.
Il
a appelé les combattants de l'Ituri à arrêter
les hostilités et à rejoindre le processus de paix.
William Swing a, en effet, évoqué un train en marche
qui prend de la vitesse mais à bord duquel il n'est pas
trop tard de monter.
Le
mandat de la Monuc a été renforcé par la
résolution 1493, adoptée sous le chapitre sept de
la charte des Nations Unies par le Conseil de sécurité
des Nations Unies le 28 juillet dernier. Ce nouveau mandat autorise
le recours à la force. Dans ces circonstances, William
Swing a affirmé la volonté de la Monuc d'utiliser
pleinement cette habilitation pour sécuriser la région
de l'Ituri.
Les
nouvelles troupes de la Monuc, appelée Brigade de l'Ituri,
vont rapidement se déployer à travers l'Ituri, a
expliqué William Swing, en ajoutant que les Nations Unies
se sont engagées à s'assurer que la stabilité
établie par la Force multinationale serait maintenue et
renforcée.
La
cérémonie de passation de commandement s'est déroulée
au camp de Ndoromo en présence du commandant de la force
européenne, le général Jean-Paul Thonier,
du commandant de la Monuc, le général Mountaga Diallo
et du commandant de la Brigade de l'Ituri, le général
Jern Isberg, l'ancien adjoint au commandement de la Monuc.
Les
dernières troupes de la force multinationale sont basées
au camp de Ndoromo, sur une colline surplombant Bunia et son aéroport.
Le
porte-parole de la Force multinationale, le colonel Gérard
Dubois a dit à IRIN que la plupart des troupes quitterait
Bunia le 8 septembre mais que certains éléments
resteraient jusqu'au 15 pour assister les 2.500 hommes de la Monuc.
Les nouveaux contingents sont principalement composés de
soldats du Bangladesh, de l'Uruguay, du Pakistan, de l'Indonésie,
du Népal et de l'Inde.
"OCHA
transfert ses prérogatives à une ONG française
pour la gestion du camp de déplacés à Bunia"
Le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires
Humanitaires (OCHA) a commencé, samedi dernier, à
transférer à une ONG française, ses prérogatives
concernant la coordination et la supervision du camp de déplacés
internes à l'aéroport de Bunia, dans le Nord-Est
de la République Démocratique du Congo (RDC).
Seraphim
Kazadi, un représentant d'OCHA, chargé de la gestion
de ce camp, a affirmé samedi à IRIN que d'ici le
4 septembre, l'ONG Atlas bénéficiera de l'entière
gestion du camp qui accueille près de 11.240 déplacés.
La participation d'OCHA se limitera alors à des conseils.
La
coordination opérée par OCHA a débuté
au mois de juin dans le camp de déplacés à
l'aéroport de Bunia, a précisé Seraphim Kazadi.
La majorité de ces déplacés est arrivée
en mai. Ils fuyaient les combats entre les milices locales à
la suite du retrait de l'armée ougandaise le 6 mai dernier.
Les déplacés ont afflué à l’aéroport
après que la Monuc, la mission des Nations Unies en RDC,
ait sécurisé les lieux.
La
plupart de ces déplacés sont des femmes et des enfants,
a précisé Seraphim Kazadi. Au début, plus
de 200 personnes arrivaient journellement. Puis, les chiffres
ont progressivement baissé. Le représentant d'OCHA
a expliqué, par exemple, que 54 personnes ont été
accueillies dans le camp la semaine dernière, ce qui revient
à une moyenne de moins de dix par jours.
OCHA,
avec l'appui d'autres agences des Nations Unies et d'ONG, procure
une assistance aux déplacés internes.
Néanmoins,
OCHA avait rencontré de nombreuses difficultés pour
coordonner les interventions dans ce camp, a rapporté Seraphim
Kazadi. Les toiles de plastic pour les tentes étaient insuffisantes.
Plusieurs familles ont dû se partager une tente pour dix.
Il a néanmoins expliqué que 70 % de ces difficultés
ont été résolues. Le taux d'occupation dans
les tentes a été réduit à sept familles,
l'objectif étant maintenant d'avoir une famille par tente,
a-t-il dit.
Le
camp est divisé en six quartiers. Le représentant
d'OCHA a expliqué que des activités récréatives
sont proposées, comme le football ou des jeux pour les
enfants.
Toutes
les communautés ethniques sont représentées
dans le camp, a rajouté Seraphim Kazadi en précisant
que même les traditionnels rivaux Hema et Lendu vivent ensemble.
Le
camp de déplacés de l'aéroport de Bunia est
le seul reconnu par OCHA alors qu'un autre camp, comptant environ
1.200 personnes, est tenu par une ONG locale dans la ville. Seraphim
Kazadi a expliqué qu'OCHA n'a pas reconnu ce camp parce
qu'il n’était habité que par une seule ethnie,
Hema en l'occurrence, et que ces déplacés ont refusé
de rejoindre le camp de l'aéroport.
Actuellement,
les déplacés craignent encore de regagner leurs
domiciles. La Force multinationale intérimaire d'urgence,
Artémis, avait été déployée
en juin pour sécuriser la ville en empêchant les
milices d'entrer en arme à Bunia. Toutefois, les incursions
et les menaces opérées la nuit dans la ville par
ces groupes armés ont incité les déplacés
à demeurer dans le camp de l'aéroport.
La
Monuc, dont le mandat a été renforcé par
la résolution 1493 du Conseil de sécurité
des Nations Unies, succède ce lundi à la force multinationale.
La brigade de l'Ituri, le nouveau nom des forces de la Monuc dans
la région, est autorisée à recourir à
la force pour protéger la population civile ainsi que le
personnel humanitaire.
"Report
de l'installation de l'état-major de l'armée réunifiée
alors qu'une mutinerie éclate à Kisangani"
L'installation de l'état-major de l'armée réunifiée,
prévue ce lundi en République Démocratique
du Congo (RDC), a été reportée à une
date ultérieure, ont indiqué des sources militaires.
Aucune
raison officielle n'a été avancée pour expliquer
ce report. Des sources militaires ont, néanmoins, avancé
que certains officiers du Rassemblement congolais pour la démocratie
(RCD-Goma) n'étaient pas encore arrivés à
Kinshasa, la capitale de la RDC, où la cérémonie
devait avoir lieu.
Ces
mêmes sources ont, également, signalé une
mutinerie militaire matée ce week-end à Kisangani.
"Les armes ont crépité durant plus d'une heure,"
ont indiqué de Kisangani des habitants joints par téléphone
par l'IRIN.
"Les
militaires loyaux au gouvernement d'union nationale ont maté
cette mutinerie," a indiqué depuis Kisangani Jean-Pierre
Bilusa, le gouverneur de la Province Orientale.
Selon
lui, les militaires de cette zone qui étaient, jusqu'en
juin dernier, sous le contrôle du RCD-Goma, sont venus à
bout des insurgés après des échanges de tirs
entre 2h30 et 3h30, dimanche matin.
"Il
n'y a eu aucun mort, mais un blessé grave bien identifié
en la personne du chef de cortège du commandant de la ville,"
a affirmé Jean-Pierre Bilusa.
L'officier
Bora Uzima, appartenant au RCD-Goma, a été suspecté
d'avoir été l'instigateur de la mutinerie. Il avait
été écarté de la liste de l'état-major
de la nouvelle armée congolaise. Bora Uzima avait, en effet,
été condamné à mort lors du procès
de l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila, abattu
par l'un de ses gardes du corps. Le Comité international
d'accompagnement de la transition (CIAT), composés d'ambassadeurs
accrédités en RDC, avaient, à l'instar de
l'ancien gouvernement, exigé son remplacement, jugeant
la proposition de nomination trop controversée.
Après
avoir été placé en garde à vue, l'officier
suspecté a été relâché et ramené
à Goma, le fief du RCD-Goma, ancien mouvement rebelle qui
fait partie du gouvernement de transition.
Des
enquêtes sont actuellement menées à Kisangani
avec la collaboration de la Monuc, la mission des Nations Unies
au Congo, a indiqué Jean-Pierre Bilusa.
La
MONUC a confirmé la mutinerie matée en indiquant
que le calme était immédiatement revenu dans la
ville.
"Nous
suivons la situation de près. Nous suivons aussi Bora,
mais sur le plan des droits de l'Homme. Notre contingent marocain
a fait des patrouilles et a contribué à ramener
le calme. Les populations civiles ont été protégées
et les pillages empêchés," a indiqué
à Kinshasa, Hamadoun Touré, le porte-parole de la
MONUC.
Bora
Uzima a toutefois déclaré sur les ondes de la radio
des Nations Unies Okapi : "Si je voulais faire un coup d'état,
j'aurais eu des armes. On m'accuse d'avoir 45 hommes, mais maintenant
je n'en ai qu'un seul," a-t-il expliqué depuis Goma
où il est en liberté.
Le
RCD-Goma n'a pas émis de commentaire au sujet cette mutinerie.
L'état-major
général et le commandement de l'armée réunifiée,
regroupant les différentes factions belligérantes
congolaises, ont été constitués il y a près
de deux semaines selon les termes de l'accord global de partage
du pouvoir signé en décembre dernier à Pretoria,
en Afrique du Sud.
Un
gouvernement d'union nationale regroupant également les
différents anciens belligérants a été
installé. Il est dirigé par le président
Joseph Kabila. Le président est secondé par quatre
vice-présidents dont deux sont issus des principaux mouvements
rebelles, le RCD-Goma et le Mouvement de libération du
Congo. Cette phase de transition doit conduire le pays à
des élections générales dans deux ans.
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