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Le gouvernement distribue des émetteurs radio
L'ONU publie son rapport sur l'exploitation illégale des ressources
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Réforme de la justice militaire
Rapports sur les relations éthniques / Reports on Ethnic Relations
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The following section is consisted of part, full or summaries of articles from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité ou de résumés d'articles provenant d'origines diverses (journaux,bulletins, etc..).


10 / 31 / 2003 

IRIN


"Le gouvernement distribue des émetteurs radio"

Le gouvernement d'union nationale de la République Démocratique du Congo (RDC) a lancé une opération de distribution d'émetteurs radio sur l'ensemble du territoire, a annoncé jeudi à l'IRIN le ministre de l'information et de la presse, Vital Kamerhe. Cette opération vise à consolider le processus de réunification du pays, a-t-il ajouté.

Kamerhe vient d'achever une tournée à travers le pays à l’occasion de laquelle il a notamment remis deux émetteurs de la radio nationale aux stations locales de Kisangani et de Kindu (respectivement dans le Nord-Est et l’Est du pays).

Ces émetteurs, d'une capacité de 100 kilowatts permettront à la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC) de diffuser ses programmes à partir de ces deux villes sur un rayon de 200 km.

Le ministre avait également remis des émetteurs aux stations locales lors de son voyage dans les provinces du Kasaï Oriental et Occidental (centre du pays), du Katanga (sud-est), à Goma, à Beni et à Butembo, dans le Nord-Kivu ainsi qu'a Bukavu, dans le Sud-Kivu (les deux régions sont dans l’Est de la RDC).

"Nous devons permettre à tous nos compatriotes de suivre les actions du gouvernement de transition et de connaître ce qu'annonce notre radio nationale. Ceci consolidera l'unification du pays," a affirmé à l'IRIN le ministre de l'information.

"Le pays est réunifié au plan politique et administratif. Nous devons aussi le réunifier par les diffusions de la radio nationale," a-t-il dit.

Depuis plus d'une décennie, les populations de l'intérieur de la RDC ne captent plus les émissions de la RTNC. La vétusté des émetteurs avait, en effet, eu raison de leur efficacité.

Kamerhe a encore indiqué sa volonté de poursuivre sa distribution d'émetteurs dans d'autres régions.

10 / 30 / 2003 

IRIN

"Les magistrats sont en grève"

Les magistrats de la République Démocratique du Congo (RDC) ont entamé jeudi une grève illimitée à la suite de l'appel du syndicat autonome des magistrats congolais (Synamac).

Les 1.700 magistrats de la RDC réclament l'indépendance du pouvoir judiciaire et l'amélioration de leurs conditions de travail.

"Tous les Congolais attendent l'établissement de l'état de droit. C'est dans ce cadre que nous exigeons l'indépendance des trois pouvoirs traditionnellement reconnus et en l'occurrence, celle du pouvoir judiciaire. Nous demandons aussi l'augmentation des salaires et l'amélioration des conditions de travail des magistrats," a déclaré à l'IRIN le président du Synanmac, Sambayi Mutenda Lukusa, également président de la Cour d'appel de Gombe (près de Kinshasa, la capitale) et du tribunal de commerce.

Selon lui, la grève est suivie sur presque la totalité du territoire congolais.

"Nos revendications sont restées vaines. Le gouvernement ne semble pas vouloir les prendre en compte. Les magistrats congolais touchent l'équivalent de 10 à 20 dollars américains par mois. En plus, ils ont des arriérés de deux mois," a-t-il encore ajouté.

Le ministre de la justice, Kisimba Ngoy a, quant à lui, condamné ce mouvement de grève.

"Le groupe restreint des meneurs de la grève ne doit pas entraîner les autres magistrats. Ce qu'ils font n'est que de l'agitation et de la subversion, car au regard de la loi, les magistrats n'ont pas le droit de faire grève. Ce serait comme si les ministres, le président de la République, les policiers ou les militaires se mettaient aussi en grève," a-t-il déclaré à l'IRIN.

Il a rappelé, par ailleurs, que le gouvernement de la transition avait déjà décidé de majorer les salaires et d'améliorer les conditions de travail des magistrats.

"Le gouvernement vient juste d'être installé et ce n'est pas nous qui avions décidé de les payer 20 dollars," a précisé Ngoy.

Les magistrats travaillent souvent dans des conditions difficiles dans des bureaux peu soignés. Ils sont aussi parfois suspectés d'être corrompus. 375 d'entre eux avaient ainsi été révoqués, sans être entendus, pour ce motif en 1998. Les ONG de defense des droits de l'Homme avaient alors dénoncé ces mesures en les qualifiant de licenciements abusifs.

"Les déplacés à l'ouest de l'Ouganda se rebellent contre l'arrivée de réfugiés"

Les déplacés internes dans le district de Bundibugyo à l'ouest de l'Ouganda se rebellent contre l'arrivée depuis le mois de mars de 11.000 réfugiés provenant de l'Ituri, une région gravement affectée par la guerre au nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC), a rapporté mardi Refugee Law Project (RLP), une organisation basée à Kampala et spécialisée dans les questions relatives aux réfugiés.

Alors que les réfugiés avaient été initialement bien accueillis, des chercheurs ont découvert les inquiétudes croissantes de la population locale appauvrie, concernant la viabilité de la situation sur le long terme, a expliqué RLP.

Le rapport entre le nombre de réfugiés et celui de la population locale a, en effet, engendré une crise dans cette région, a ajouté RLP. A Ntoroko par exemple, une ville de 4.000 habitants à l'ouest de l'Ouganda, l'arrivée de 8.000 réfugiés a causé d'énormes problèmes pour la gestion des ressources limitées de la localité, a poursuivi RLP.

Dans la seconde moitié des années 90, une rébellion conduite par les Forces démocratiques alliées (ADF, Allied Democratic Forces) avait dévasté le district de Bundibugyo. Ce mouvement dirigé par Sheikh Jamil Mukulu voulait ré-équilibrer la composition du gouvernement ougandais, lequel marginalisait les musulmans, selon l'ADF. Les rebelles se sont alors répandus dans l'ouest du pays en attaquant les villages, les centres commerciaux, en tuant et en enlevant des centaines de civils.

La crainte de ces attaques a forcé des milliers de personnes à quitter leurs maisons. Les déplacés internes avaient alors été estimés à 70.000 en 1998. En 2000, leur nombre atteignait 175.000, selon RLP.

La population locale avait par ailleurs, malgré les difficultés, favorablement accueilli l'installation des réfugiés congolais le long de la frontière. Toutefois, le gouvernement ougandais avait conditionné son aide aux réfugiés à l'installation de ces derniers dans un camp à 200 km plus à l'est.

Le ministre d'Etat ougandais pour les réfugiés, Helen Aporu, a annoncé la visite d'une délégation gouvernementale à Bundibugyo cette semaine pour discuter de la situation. Aporu a néanmoins rappelé la clarté de la loi ougandaise en la matière: les réfugiés ne recevront une aide étatique que s'ils se rendent dans les camps proposés.

"Nous ne pouvons les assister que si leur situation est claire. Ils doivent être enregistrés et installés. Alors nous pourrons programmer une assistance conformément à nos obligations résultant des conventions de Genève," a déclaré Aporu. "Nous ne pouvons leur donner le statut de réfugié pour pouvoir se déplacer comme ils le demandent sans garder une trace d'eux."

10 / 29 / 2003 

IRIN


"L'ONU publie son rapport sur l'exploitation illégale des ressources"

Un groupe d'experts mandaté par les Nations Unies pour enquêter sur l'exploitation illégale des ressources naturelles en République démocratique du Congo (RDC), a publié mardi son rapport final, a indiqué un communiqué des Nations Unies.

"L'exploitation illégale demeure une des principales sources de financement des groupes impliqués dans la poursuite du conflit," ont constaté les experts. Pour ces derniers, il est une priorité "d'enrayer et si possible [d’]éradiquer, le trafic d'armes à destination de la RDC," a expliqué le communiqué.

Dans leur rapport les experts ont cité quelques 125 compagnies et individus directement ou indirectement impliqués dans ces trafics. Ils ont été répartis en cinq catégories selon leur niveau de coopération lors de l'enquête.

La partie de l'étude qui décrit "comment l'exploitation des ressources contribue au financement des armes et à la poursuite du conflit" a fait l'objet d'une transmission confidentielle au Conseil de Sécurité des Nations Unies, a indiqué le porte-parole de l'ONU.

Les experts onusiens ont ensuite recommandé "le renforcement des mesures prises pour contrôler efficacement la frontière, la dissolution des grandes compagnies minières dont l'Etat est propriétaire, l'intégration effective des forces armées de la RDC et la création d'un Fonds pour les ressources naturelles qui permettrait de s'assurer que les revenus provenant des mines bénéficieront à la population."

Ce rapport final est le quatrième. Il sera officiellement présenté au Conseil de Sécurité le jeudi 30 octobre par le président du groupe d'experts, l'ambassadeur égyptien Mahmoud Kassem.

>>>>> Le rapport final du groupe d'experts

"La MONUC, empêchée de vérifier la présence des troupes rwandaises"

La MONUC, la mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo (RDC), a dénoncé mardi les obstacles rencontrés à l'occasion de ses missions de vérification concernant la présence de troupes gouvernementales rwandaises dans l'Est de la RDC.

"Des observateurs envoyés dans le territoire du Rutshuru [province du Nord-Kivu] se sont vus refuser l'accès au camp militaire de Ruwangabo. Là où ils ont été admis comme à Katale, des officiers de l'ex-ANC (anciennes troupes du Rassemblement congolais pour la démocratie [RCD-Goma]) leur ont dénié toute possibilité de communiquer avec les soldats trouvés sur place," a expliqué la MONUC. Par ailleurs, le RCD-Goma participe aujourd'hui au gouvernement d'unité nationale, installé le 30 juin dernier. Cet ancien mouvement rebelle était auparavant ouvertement soutenu par le Rwanda.

La MONUC a déclaré dans ces conditions "que de telles pratiques risquent de laisser croire que les informations reçues ne sont pas dénuées de tout fondement".

Certains médias avaient en effet rapporté qu'un nombre significatif de soldats appartenant aux forces gouvernementales rwandaises a été vu entrer en RDC.

Le Rwanda avait néanmoins déclaré ne plus avoir de soldats sur le territoire congolais depuis octobre 2002. Quatre années plus tôt, en août 1998, l'armée rwandaise entrait en RDC pour soutenir une coalition de groupes rebelles cherchant à renverser l'ancien Président Laurent-Désiré Kabila.

Pour la MONUC, a indiqué le communiqué, "la présence supposée ou réelle de troupes rwandaises à l'Est de la RDC [...] risque de compromettre les progrès encourageants notés dans la normalisation des rapports entre les deux pays". Elle continuera, a-t-elle poursuivi, à multiplier les vérifications pour confirmer ou infirmer la présence des troupes rwandaises.

Le gouverneur du Nord-Kivu a, par ailleurs, donné des instructions pour que les observateurs onusiens bénéficient d'un libre accès aux installations militaires du Nord-Kivu et accomplissent leur mission sans obstacles, a rapporté la MONUC.

La MONUC a encore renouvelé sa proposition d'établir des "équipes mixtes de vérification dans un souci d'impartialité et de transparence".

10 / 28 / 2003 

IRIN

"IRIN interview avec Michel Kassa, chef du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires"

Michel Noureddine Kassa, le chef du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires en République Démocratique du Congo (RDC) termine son mandat dans ce pays.

Kassa, nommé chef du bureau d'OCHA pour la RDC en 2000, a accordé samedi dernier une interview à l'IRIN. Il évoque son expérience humanitaire après avoir passé huit années et demi en RDC.

QUESTION: Vous terminez votre mandat en RDC en tant que chef d'OCHA. Vous avez également oeuvré pendant huit ans et demi dans le domaine humanitaire dans ce pays. Quel est le bilan de vos actions humanitaires?

REPONSE: Ces huit années ont été, en fait, huit années passées à observer, à tenter de répondre aux besoins des populations ballottées par les violences armées notamment dans l’Est du pays, mais aussi au Sud et au Nord du Katanga [dans le sud-est de la RDC]. De plus en plus nous avons eu des difficultés à retrouver, à identifier, à compter et à essayer d’aider ces populations à se relever.

Je dirais que le phénomène le plus douloureux que j’ai pu observer et auquel nous avons eu à faire face, c’était surtout cette difficulté d’avoir accès aux personnes vulnérables parmi les plus vulnérables: les paysans, les familles rurales, les femmes rurales de l’intérieur du Congo. Ces populations ont été victimes d'attaques et de contre-attaques. Elles ont totalement été déconsidérées par leurs frères armés ou par des soldats étrangers présents sur le territoire ou par les miliciens qui se sont servis d’eux.

Ce qui me rassure en revanche au moment de partir, c’est de voir que la sortie de crise dans ce pays va correspondre également à un retour à la dignité, un retour à la considération pour ces civils, ces gens qu’on peut appeler des sans voix.

Par ailleurs, il faut prendre en considération les liens avec ce qui se passe plus largement sur la scène internationale. Notamment le commerce des armes qui est devenu malheureusement démocratique. N’importe qui peut s’adonner à ce trafic compte tenu surtout du nombre d’armes légères en circulation, libérées depuis 15 ans par l’ancien empire soviétique.

Il convient bien entendu de prendre en compte les deux cotés de la relation. Il faut des vendeurs mais des acheteurs aussi, des gens intéressés par la possession d'armes parce que cela va leur permettre d’avoir un statut politique par des moyens violents. C’est ceux-là qu’il s'agit surtout de combattre. Il n’y aura pas de vendeurs d’armes ici s’il n’y a pas d’acheteurs. Il ne faut plus qu’il y ait encore des gens convaincus qu’ils arriveront au pouvoir par la violence. Nous les humanitaires, nous en voyons malheureusement tous les effets collatéraux.

Les effets collatéraux, c’est ce chiffre par exemple de 3,3 millions de morts décomptés par l’ONG International Rescue Committee. Des morts qui auraient pu être évités. Ces décès résultaient de maladies bénignes comme la malaria ou des problèmes respiratoires aigus. Toutes ces maladies sont faciles à gérer mais n’ont pu l’être parce que ces personnes n’ont pas eu accès aux soins médicaux quand il le fallait. Elles n’avaient pas les ressources ou étaient sûres qu’en allant aux centres médicaux près de chez eux, elles ne trouveraient pas de personnel médical.

Ces morts-là sont, pour une large partie, dûs aux seigneurs de guerre, des potentats locaux qui nous ont empêchés d’accéder à leurs frères qui étaient derrière eux et qu’ils prétendaient protéger. En fait, ils ne les ont pas protégés, ils les ont laissés mourir en nous empêchant de faire notre travail.

C'était le plus douloureux de toutes ces années.

Q: Quelle est votre vision de l’humanitaire après autant d’années passées comme un responsable onusien dans ce domaine ?

R: Je me suis efforcé au Congo-Kinshasa de faire de l’humanitaire qui donne de la dignité, de l’humanitaire qui relance l’être humain dans sa capacité d’agir et de prendre en main sa destinée. Je n’ai pas travaillé une seconde pour l’humanitaire-charité, l’humanitaire qui veut se faire plaisir en nourrissant un être dépendant. Je fais de l’humanitaire pour que l’être humain se relève. Le succès de l’humanitaire, c’est quelqu’un qui est debout en face de vous et qui vous dit merci et qui veut vous dire surtout 'au revoir, je m’en sors tout seul maintenant'.

Q: Ne partez-vous pas avec un sentiment de frustration de n’avoir pas toujours entrepris ce que vous vouliez en étant parfois privé d’accès aux personnes dans le besoin?

R: J’ai le réconfort d’avoir eu cette semaine le rapport de mission de quelques uns de mes collègues qui sont partis avec OCHA, d'autres ONG et la MONUC à Ubwari dans le Sud-Kivu, voir des gens que nous avons tenté de rencontrer pendant des années sans pouvoir le faire parce que nous n’avions pas l’autorisation de nous y rendre.

Les nuages sont donc en train de se dissiper. C’est toutefois un mélange de frustration et sérénité car il aurait été déraisonnable d’espérer pouvoir apporter une réponse strictement humanitaire à ces 20 millions de personnes qui souffrent dans ce pays de la crise et des séquelles de la guerre.

Ce pays pourra ressusciter dès que la violence armée se sera dissipée, dès que la raison aura gagné les chefs de tous les groupes armés de ce pays, y compris ceux de l’armée nationale,[...] aujourd’hui.

Q: Quel est la situation humanitaire au Congo, à l'heure de votre départ?

R: Le pic a été atteint en terme de déplacés internes sûrement en juin dernier avec probablement jusqu'à un million de personnes contraintes de quitter brutalement l’Ituri [région du nord-est de la RDC) pendant les événements de mars à juin. Des centaines des milliers se sont déplacées autour de Kanyabayonga et de Lubero en raison des offensives de juin dernier dans le Nord-Kivu. Les combats qui ont eu lieu du coté de Chabunda, de Lulingu en juin dernier au Sud-Kivu, ont conduit également à des dizaines des milliers de déplacements. Ce qui fait un total d'environ 3 millions de personnes. J’espère que l'on n'atteindra plus jamais ce sommet-là. Un bon nombre de ces trois millions est néanmoins déjà rentré chez lui.

Parfois les déplacements ne durent pas plus de 48 heures, mais le mal est fait: les objets personnels ont été pillés, la peur s'est installée, les traumatismes parmi les enfants se révèlent.

Par ailleurs, une vingtaine de millions de personnes environ souffre d'une sous alimentation chronique.

Les violences sexuelles font, aussi, l’objet d’une grande attention aujourd’hui. D'abord, parce que leur nombre a considérablement augmenté. Ensuite, parce que l’écœurement d’un nombre croissant de femmes par rapport à ce qui leur a été fait ou a été fait à leurs proches a conduit ces victimes à témoigner beaucoup plus qu’auparavant. Les tabous tombent pour stopper l’infernal et le monstrueux que tout cela représente.

Au-delà de la violence, la mortalité maternelle atteint des chiffres astronomiques, y compris à Kinshasa.

La mortalité infantile est tout aussi importante. Un enfant sur deux meurt avant d’atteindre l’âge d’un an. Là encore, même la ville de Kinshasa n’est pas épargnée. Cela n’est pas le fait uniquement de la guerre. C’est le fait de décennies de budgets de santé extrêmement minces, une sorte d’abandon du secteur de santé et de l’éducation depuis une vingtaine d’années.

Je parle d’éducation, je crois qu’après sept ans de crise ouverte, l’éducation est également devenue un secteur d’urgence humanitaire. Considérez simplement le cas d’un enfant qui aurait eu quatre ans en 96 quand la première guerre a commencé, il aurait aujourd’hui 11 ans.

Il faut un budget national d’éducation et que les instituteurs soient payés. Il est temps que l’Etat reprenne en charge le paiement de ses cadres chargés de l’éducation de la jeunesse dans ce pays.

Q: N’avez-vous pas l’impression que tout, en RDC, relève un peu de l’humanitaire quand on considère le nombre d’enfants abandonnés, vivant dans la rue, les salaires des fonctionnaires impayés durant de longues périodes ou leur caractère dérisoire quand ils sont payés?

R: Précisément non. Je crois qu’il serait une grosse erreur de le considérer comme cela parce que nous courrions au devant de grandes désillusions. Bien au contraire, il y a une meilleure réponse que l’humanitaire, mais il faut le réserver pour les cas de vulnérabilité aiguë.

La réponse, elle doit être fondamentalement avant tout économique. Vous avez des millions de personnes ici qui sont entre le dénuement et la renaissance économique. Il faut simplement donner un coup de pousse pour qu’elles passent d’une case à l’autre plutôt que de tomber dans la case des plus vulnérables qui devraient relever de l’humanitaire.

Ce sont ces communautés qui peuvent à la fois redémarrer sur le plan économique et profiter d’occasions, je l’espère. Nous sommes en train, par exemple, de procéder à la ré-ouverture du fleuve, des rivières, et j’espère bientôt à la réouverture du train au Sud-est du pays et à la réhabilitation des routes. [Toutes ces démarches favoriseront la reprise des échanges commerciaux].

Des milliers de tonnes de nourriture pourrissent sur pied à l’intérieur du pays. Peut-être que dans peu de temps, les gens qui les ont produites vont avoir une lueur d’espoir, vont voir un train passer, vont voir des travailleurs avec des bêches ou des matériels lourds commencer à réhabiliter la route qui passe à côté de chez eux. Et c’est cet espoir là qui fera reculer cette grande pauvreté.

Q: Parlez-nous des interventions humanitaires?

R: Les interventions ont eu un caractère extrêmement varié. Elles allaient de la lutte contre [la fièvre] ebola ou marbourg au transport de des examens scolaires nationaux à travers le pays en passant surtout par le médical, le sanitaire et le nutritionnel. Il faut se souvenir du travail d’ONG, comme MSF [Médecins Sans frontières], ACF [Action contre la faim] mais aussi de toutes ces plates-formes locales de la FOLECO [Fédération d'ONG laîques et économiques en RDC] et du CNONGD [Conseil national des ONG de développement] dans certains endroits qui a sauvé des millions de vies.

De petits avions partaient chaque jour de Goma [Est de la RDC] ou de Lubumbashi [Sud-Ouest du pays], ou à partir de Kinshasa, en transportant du matériel et des médicaments qui ont sauvé des milliers de vies. Parfois même, malgré la volonté de certains seigneurs de guerre.

Je dirai qu’il s’agissait souvent d’actions multi-disciplinaires, très rapides par voie aérienne étant donné que la gouvernance de ce pays pendant des décennies s’est exprimée par le refus d’entretenir les routes par peur des coups d’état. Donc, vous pouvez vous imaginer le décor dans lequel nous avons travaillé ici, apocalyptique en fait. Un pays de 2,3 millions de kilomètres carrés sans routes. Il a été très difficile de mobiliser de l’argent pour intervenir. Les interventions se sont faites par petits avions parce que nous n’avions que de petites pistes pour nous poser. Parfois l’action que vous pouviez mener dans un village ne pouvait pas avoir d’impact dans le village à côté, à 10 km, tout simplement par manque de moyens logistiques. Mais ces petites actions mises bout à bout ont sauvé, je répète, des centaines des milliers de vies.

Q: Estimez-vous avoir suffisamment eu de moyens de votre action?

R: Nous avons toujours plafonné autour de 50 à 60 % des fonds que nous demandions. Mais du coté des agences des Nations Unies, les réponses ont souvent été plafonnées à hauteur de la moitié de ce que nous demandions parce qu’il y avait un certain scepticisme de la part de la communauté internationale quant à notre capacité à atteindre les victimes ou civils dans des endroits retirés. Du point de vue de financement, il y a donc toujours eu une certaine réticence liée notamment au coût logistique de l’action humanitaire dans ce pays et aussi, à la considération que la réponse doit être autant politique qu’humanitaire.

Il ne faut cependant pas passer sous silence l’effort de certains bailleurs de fonds: la Hollande, la Belgique, l’Union Européenne (ECHO) en passant par Fonds Européen de Développement, mais aussi certains pays comme l’Italie, le Japon, la Suède et la Norvège qui ont fait des efforts remarquables pendant ces années de crise.

10 / 24 / 2003 

IRIN


"IRIN INTERVIEW avec Eugène Serufuli, le gouverneur de la province du Nord-Kivu"

Un séminaire, organisé lundi à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), pour la mise en oeuvre du Programme multi sectoriel d'urgence de reconstruction et de réhabilitation (PMURR), a réuni, pour la première fois depuis cinq années de guerre, les gouverneurs de toutes les provinces du pays.

Un des participants, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Eugène Serufuli, a accordé une interview, mercredi dernier, à l’IRIN.

Eugène Serufuli est également le deuxième vice-président de l'ancien mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), qui participe aujourd'hui au gouvernement d'union nationale.

A l'occasion de cette interview, le gouverneur a notamment évoqué la présence des groupes armés rwandais et ougandais dans la province du Nord-Kivu, le refus de trois officiers du RCD-Goma de prendre leurs fonctions au sein de la nouvelle armée unifiée et les lenteurs de la réunification du pays.

QUESTION: Vous participez au séminaire pour le lancement du PMURR. Que représente pour vous ce Programme et cette rencontre qui réunie pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre les gouverneurs de différentes régions, autrefois sous l'autorité des différents belligérants?

REPONSE: Ce séminaire est venu à point. Vous savez qu'après la tempête arrive le beau temps. Après des années de guerre nous avons à présent un gouvernement d'union nationale et des institutions de transition.

Nous croyons qu'il est temps maintenant d'oublier tout ce qui s’est passé et de commencer à reconstruire notre pays. Ce programme est ainsi le bienvenu. Aujourd'hui, ce séminaire a permis de réunir tous les collègues [les gouverneurs], donc de tout le Congo déjà réunifié. C'est un signal très fort montrant que nous allons vers des programmes de reconstruction de notre pays.

Q: La ville de Goma a particulièrement été touchée par la guerre et les catastrophes naturelles du fait de la dernière éruption volcanique. Le Programme concernera-t-il aussi cette ville?

R: Bien sûr. La province du Nord-Kivu a connu beaucoup de destructions d'abord à cause des conflits inter-ethniques puis des deux guerres et finalement de l'éruption du volcan.

Les destructions ont été terribles. Mais nous avons l'avantage d'avoir une population très dynamique qui a compris depuis très longtemps qu'elle doit se prendre en charge. Elle a d'ailleurs déjà commencé à réaliser de nombreuses actions. Un Programme comme celui-ci, qui est
soutenu [en partie] par la Banque mondiale, renforcera toutes ces initiatives populaires.

Q: Quelles sont les priorités du Programme pour Goma?

R: Les réalités sont connues. Une délégation du gouvernement [d'union nationale] s'est déjà déplacée à Goma pour évaluer la situation.

Nous parlons essentiellement de la réhabilitation de l'aéroport de Goma. La piste a été touchée par l'éruption du volcan. Vous savez aussi que la province du Nord-Kivu est le grenier de la RDC. La province ravitaille toutes les villes du pays, principalement la capitale, Kinshasa.

Voilà la première priorité. Mais il y a aussi des programmes de réhabilitation des routes de desserte agricole. Nous vous disions que la population a déjà commencé à travailler avec les moyens de bord et l'appui de la province. Nous avançons petit à petit. Nous croyons que les autres secteurs, comme la santé, l'éducation qui occupent nos préoccupations tous les jours, seront aussi pris en compte dans le programme PMURR.

Q: Le Programme s’étendra-t-il à tout l’Est du pays?

R: Le programme PMURR a été élaboré au préalable pour l'Ouest et le Sud de la RDC. Mais du fait de la réunification nationale, des équipes techniques vont se rendre sur le terrain pour intégrer la partie Est de la RDC. Nous croyons que beaucoup d’infrastructures du Kivu seront prises en compte dans le programme qui sera élaboré.

Q: Vous êtes souvent accusés de ralentir le processus de réunification. Des personnalités de votre mouvement, le RCD-Goma, ont décidé en effet de demeurer à Goma au lieu de prendre leurs fonctions dans les nouvelles institutions. Qu'en est-il exactement?

R: C'est faux. Ceux qui nous suivent de très près auront constaté que nous sommes venus participer à la cérémonie de prestation de serment des vice-présidents. Nous avons ensuite été invités par notre ministre de tutelle et nous sommes venus ici [Kinshasa] pour des séances de travail. C'est la troisième fois que nous venons ici dans le cadre de la réunification nationale. Donc, ces gens qui avancent ces allégations sont parmi les politiciens qui ont choisi le mensonge comme mode de gestion.

Q: Qu'en est-il des groupes armés et des milices qui continuent à opérer dans votre province et que vous entretiendriez?

R: Il n'existe pas de milices au Nord-Kivu. Il existe des groupes armés et ce sont spécialement des groupes étrangers, des [éléments] de l'Interahamwe avec des ex-FAR (1). Il y avait évidemment quelques groupes armés congolais comme les Mayï-Mayï [des milices traditionnelles locales]. Mais il n'existe pas de milices. Ceux qui parlent des milices, sont des détracteurs qui ont choisi le mensonge comme mode de travail.

Q: Qu'en est-il alors des "local defense" dont on dit que vous les entretiendriez?

R: C'est archi-faux. Les "local defense" sont l'équivalents des FAP [Forces d'Auto-défense Populaires] existant à Kinshasa et qui sont instituées depuis bien longtemps. Ces "local defense" ont barré la route à beaucoup de politiciens qui avaient des plans machiavéliques. Ce sont ces gens-là, déçus dans leur planification, qui essaient
de salir les "local defense" en les appelant des milices, mais il n'en est rien. Ce sont des forces, des structures organisées pour faire participer la population au recouvrement et au maintien de sa propre sécurité.

Q: Que deviennent alors ces "local defense" dès lors que l'armée est unifiée?

R: Tous les pays instables ont ce même système. En Tanzanie par exemple, ils ont l'armée, la police, et les "local defense". Au Rwanda, ils ont également le même système. C'est pareil en Ouganda. Alors chez nous, comme il s'agissait d'unités officiellement reconnues et légalement installées dans le pays, le gouvernement va discuter de l'avenir de ces "local defense". Mais il faut que je vous dise qu'ils [local defense] n'existent pas seulement au Nord-Kivu. Ils existent dans toutes les autres provinces.

Mais pour le Nord-Kivu, plus de 80 % d'entres eux ont déjà intégré l'armée et les quelques 20 % restant, sont constitués de notables, de chefs de quartier, de chefs de rue, de chefs de localité. Ils essaient d'organiser la protection de leurs administrés. Mais le moment venu, lorsque le gouvernement décidera de leur sort, ils s'inclineront à sa décision.

Q: A combien estimez-vous le nombre de ces "local defense"?

R: Aujourd'hui, ils sont au nombre de 2.000. Mais comme je vous l'ai dit, ce sont essentiellement des notables, des pasteurs, des chefs de quartier, des chefs de groupement.

Q: Les ONG et la population locale parlent souvent du retour des troupes rwandaises et ougandaises. Trente six bombes ont été, par ailleurs, découvertes au Nord de la province. Qu'en est-il exactement?

R: Non, ce n'est pas vrai. C'est regrettable qu'il y ait des gens qui pensent que nous allons reconstruire le pays par le mensonge.

De toutes les façons, nous, nous représentons l'autorité de l'Etat dans notre province et nous ne connaissons pas la présence des armées du Rwanda et de l'Ouganda sur notre territoire. Nous reconnaissons, en revanche, l'existence de groupes armés étrangers notamment le FDD [Forces pour la Défense de la Démocratie]. Ce sont des Burundais qui font la rébellion contre le pouvoir à Bujumbura [la capitale du Burundi]. Il existe des Interahamwe et des ex-FAR. Ce sont des Rwandais, ils sont sur notre territoire. Ils sont très actifs et sont en train de déstabiliser la région. Voilà une réalité, mais l'armée [rwandaise ou ougandaise] régulière n'est pas sur notre territoire.

Q: On parle aussi de NALU et de l'ADF dont on aurait découvert des camps d'entraînement dans le nord de la province du Nord-Kivu.(2)

R: Les NALU sont dans les montagnes de Rwenzori, dans le territoire de Lubero. Vous savez que je n'administre pas encore les territoires de Butembo et de Beni jusqu'à aujourd'hui. La province du Nord-Kivu a été balkanisée et je crois que le gouvernement va bientôt se pencher sur la question de la réunification de notre province. Lorsque nous aurons le contrôle général de tous les territoires, nous aurons des informations précises sur ces NALU.

Nous devons être réalistes. Il y a une partie du Nord-Kivu que nous n'administrons pas. C'est une réalité. Le processus de réunification se poursuivra afin que la province soit, elle aussi, complètement réunifiée.

Q: Pouvez-vous localiser ces groupes rwandais, ougandais et burundais que vous évoquez? Combien sont-ils?

R: Les groupes armés ne sont pas dans des camps. Ils ne sont pas gérés par des organisations. Personne ne peut entrer en contact avec eux pour les recenser. Tous ceux qui avancent des chiffres ne sont que le fruit de leur imagination. Je ne voudrais pas vous donner des chiffres imaginaires.

Q: Trois officiers de Goma ont refusé de prendre leurs fonctions au sein de la nouvelle armée unifiée. Des parlementaires ont également refusé de se rendre à Kinshasa. Quelle est la situation de ces personnes aujourd'hui?

R: La situation des députés et des sénateurs est presque dépassée parce que certains d'entre eux sont déjà arrivés à Kinshasa. Les autres, restés là-bas [dans le Nord-Kivu], ont des raisons évidentes. Certains ont obtenu des bourses d'étude et doivent partir étudier dans très peu de temps. D'autres ont leurs affaires. Mais je crois que c'est un problème qui est déjà réglé. Lorsque certains ne sont pas disponibles pour siéger au parlement, leurs suppléants les remplacent.

Concernant les officiers restés à Goma, ils ont posé des préalables à leur prise de fonction car ils nourrissent des inquiétudes. Kinshasa examine actuellement les conditions de leur venue.

Pour le moment, je sais qu'ils ont donné leur accord de principe de se rendre à Kinshasa. Je sais qu'ils n'attendent que l'invitation de la haute hiérarchie militaire.

Q: Le RCD-Goma ne craint-il pas qu'une fois à Kinshasa ces officiers soient déférés devant la Haute Cour Militaire ainsi que l'a demandé le nouveau chef d'état-major général de l'armée unifiée?

R: Ils ont posé des préalables. Ils ont voulu être rassurés qu'une fois à Kinshasa, ils ne seront pas inquiétés. C'est ce que nous attendons. Lorsque toutes ces garanties seront réunies, ils se rendront dans la capitale.

Q: Les ONG dénoncent des pillages, des viols et autres exactions commises aussi bien par les Mayï-Mayï, les Interahamwe, les ex-FAR et par les militaires du RCD-Goma. Certains hommes et femmes seraient contraints d'exécuter des travaux forcés pour vos militaires. Quelles sont vos réactions?

R: Nous vous disions qu'il existe des groupes armés très organisés et très actifs là-bas. Et vous savez que les Interahamwe et les ex-FAR n'ont pas de champs. Ils ne cultivent donc nulle part. Lorsqu'ils ont besoin de se ravitailler, ils doivent aller piller et même tuer des gens pour prendre les vivres. C'est une réalité. Le gouvernement et les autorités locales avec l'appui de la communauté internationale, travaillent actuellement à neutraliser ces malfaiteurs qui déstabilisent nos populations.

NOTES:

(1)Les éléments Interahamwe sont des Rwandais Hutu extrémistes ayant participé au génocide rwandais en 1994. A la suite du génocide, ils ont, avec les ex-FAR, les anciennes Forces Armées Rwandaises, également impliquées dans le génocide, trouvés refuge en RDC.

(2)Les NALU [National Army for the Liberation of Uganda], l'Armée Nationale pour la libération de l'Ouganda et l'ADF [Allied Democratic Forces], les Forces alliées démocratiques, sont des groupes rebelles ougandais.

10 / 23 / 2003 

IRIN

"La MONUC annonce la découverte d'armes dans le Nord-Kivu"

Madnodje Mounoubai, le porte-parole par intérim de la MONUC, la mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) a annoncé mercredi la découverte, le 18 octobre, d'une cache d'armes par des paysans de Lume, à 16 km de Mutwanga, dans le Nord-Kivu. Elle comportait trente six pièces de RPG 9 d'origine russe, selon les experts de la MONUC. "Les autorités locales du Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani/Mouvement de libération (RCD-K/ML) ont confirmé leur intention de les remettre à la Task Force I de la MONUC pour destruction," a expliqué Mounoubai.

Le colonel Antoine Wardini a, pour sa part, annoncé l'arrivée d'un contingent népalais de 1200 hommes à Entebbe en Ouganda. La MONUC, a-t-il poursuivi, prépare actuellement leur acheminement à Bunia ainsi que leur déploiement à travers l'Ituri.

Par ailleurs, les groupes armés de l'Ituri, dans le nord-est de la RDC, auront jusqu'au jeudi 23 octobre pour regrouper leurs éléments en vue de leur cantonnement par la MONUC, la mission des Nations Unies en RDC, a indiqué un communiqué de la MONUC.

La date de leur cantonnement avait initialement été fixée au 19 octobre. Face à l'impossibilité des groupes armés de respecter ce délai, la Commission de Concertation des Groupes Armés de l'Ituri avait décidé de repousser l'échéance.

L'Union des patriotes congolais (UPC) s'est néanmoins dit prête à communiquer les informations concernant le regroupement de leurs troupes, a rapporté la MONUC. Le Parti pour l'unité et la sauvegarde de l'intégrité du Congo (PUSIC) a indiqué qu'il "finalisait ces informations" alors que les Forces des nationalistes intégrationnistes (FNI) sollicitaient "un soutien logistique pour pouvoir se rendre aux différents endroits où se trouvent leurs éléments," a précisé le porte-parole par intérim de la MONUC.

Il existe deux autres principales milices en Ituri: les Forces armées populaires du Congo et les Forces populaires pour la démocratie. Les deux prennent part à la Commission de concertation des groupes armés.

Le cantonnement des groupes armés s'opère concomitamment au déploiement dans la région de la Brigade Ituri, le nom des forces onusiennes dans cette zone.

La première phase du déploiement de cette Brigade, commencée le 9 octobre dernier, s'est achevée la semaine dernière avec l'arrivée des éléments de la Brigade à Bogoro, Marabo et à Iga-Barrière, a rappelé Mounoubai. La deuxième phase de son déploiement, a-t-il poursuivi, est en préparation. Il aura notamment lieu dans les localités de Aru, Mahagi, Pandroma et de Mongbwalu.

10 / 22 / 2003 

IRIN


"INTERVIEW avec Prega Ramsamy, le secrétaire exécutif de la SADC"

Prega Ramsamy, le secrétaire exécutif de la Communauté de Développement des pays de l'Afrique Australe (SADC; http:/www.sadc.int) a récemment effectué une visite en République Démocratique du Congo (RDC). Après s'être entretenu, lundi à Kinshasa la capitale, avec le président Joseph Kabila, il a accordé une interview à l'IRIN. Il a évoqué les perspectives de collaboration à court et à moyen terme entre la SADC et la RDC.

La SADC a été créée en 1992. Son but est la promotion du développement régional et la croissance économique, la réduction de la pauvreté, le rehaussement des conditions de vie des peuples d'Afrique Australe, et le soutien aux couches défavorisées à travers l'intégration régionale.

L'organisation compte 14 membres: l'Angola, le Botswana, le RDC, le Lesotho, le Malawi, l'île Maurice, le Mozambique, le Namibie, les Seychelles, l'Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.

La SADC développe des projets dans les domaines économiques et sociaux: l'énergie, le tourisme, l'environnement, l'eau, les transports et les communications...

QUESTION: Vous venez de rencontrer le président Joseph Kabila. Quels sont les sujets que vous avez abordés?

REPONSE: C'était une visite de courtoisie et de travail en même temps. J'ai soulevé avec le président [Joseph Kabila] divers points, notamment ceux liés à l'exécution des projets que nous venons d'adopter à Dar-es-Salaam [Tanzanie] en août. Comme vous le savez, la SADC a élaboré un plan sur 15 ans visant à éliminer la pauvreté et à augmenter le niveau de vie de nos populations; à développer l'enseignement primaire, secondaire et tertiaire au profit de toute la population. Nous avons également un programme très important en matière de promotion de l'égalité des sexes.

Nous avons donc fait le point sur l'exécution de ces sujets prévus par le plan.

J'ai proposé, par ailleurs, qu'une personne soit nommée pour être l'interlocuteur privilégié de la SADC. Cette personne viendrait à Gaberone, au Botswana [siège de la SADC], pour travailler avec nous sur un programme de formation de trois mois. Elle serait ensuite envoyée dans quelques pays de la SADC pour voir comment fonctionnent les structures. Elle rentrerait après au pays pour aider le ministère à créer cette structure qui travaillerait avec nous.

Au niveau des infrastructures, nous avons rapidement évoqué le réseau routier; notamment quelles étaient les prévisions de la RDC en matière de transport fluvial et par voies ferrées et la manière dont nous pourrions collaborer.

Nous avons aussi parlé de l'agriculture. Car, si l'on veut éliminer la pauvreté, il faut tout d'abord augmenter la production agricole.

Nous avons aussi parlé des activités de la SADC jusqu'en août de l'année prochaine. Et j'ai mentionné la tenue, en février prochain, d'une réunion du conseil des ministres ainsi qu'un sommet sur la sécurité agricole. Il y aura aussi une réunion ministérielle sur le NEPAD [Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique].

J'ai aussi informé le président de ma prochaine visite au Nigeria où je m'entretiendrai avec le président [Olusegun] Obasanjo sur le NEPAD.

Nous avons en fin évoqué la mise en place d'un système permettant à la RDC de travailler étroitement avec la SADC pour l'exécution des projets. J'envoierai bientôt des experts pour travailler avec le gouvernement.

Q: Le programme est ambitieux. La SADC dispose-t-elle des moyens pour réaliser ses buts?

R: Ca dépend. Si tous les états membres payent leurs contributions, nous aurons des moyens. Par ailleurs, nous sommes en train de travailler avec nos collaborateurs pour financer des projets régionaux. Nous étudions actuellement les moyens de mobiliser nos ressources à l'intérieur de la région. On appelle ceci, 'SADC development phone' afin de nous permettre de réaliser les projets que nous avons prévus.

Q: La RDC a récemment payé une grande partie des cotisations qu'elle avait en retard. Que peut espérer le pays en retour?

R: La RDC a beaucoup de choses à gagner. Tout d'abord, c'est d'appartenir à une grande famille de la région. Il est très important de parler d'une même voix au sein des forums comme l'OMC [Organsiation mondiale du Commerce] et lors des accords de Cotonou [passés entre la Communauté européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique; voir les accords de Cotonou sur: http://www.acpsec.org/fr/cotonou/accord1.htm].

Il existe, en plus, des projets régionaux, notamment sur l'énergie.

Tout ceci constitue des apports considérables de la SADC pour tous ses pays membres.

Nous allons, de surcroît, bientôt établir notre zone de libre échange ou les Congolais pourront commercialiser leurs produits dans toute la région. Cette initiative va créer des emplois et augmenter le niveau de vie.

"Le CIAT incite le gouvernement à rattraper ses retards en vue des élections"

Le Comité International d'Accompagnement à la Transition (CIAT), chargé de superviser le processus transitionnel en République Démocratique du Congo (RDC) a estimé mardi que les retards pris par le gouvernement d'union nationale "risquent d'hypothéquer la tenue d'élections libres et transparentes dans les prochains 24 mois".

Le communiqué du CIAT encourage ainsi le gouvernement d'union nationale à notamment procéder, "sans délai, à la nomination ou à la confirmation des gouverneurs de province et leurs adjoints ainsi qu'au déploiement d'une administration nationale sur l'ensemble du territoire national; accélérer l'envoi sur le terrain des commandants des régions militaires et procéder, dès que possible, à l'élaboration d'un programme de formation de la nouvelle armée ainsi qu'à la préparation de la loi sur l'armée et la défense nationale".

Le CIAT a encore préconisé la mise en place "d'une structure de coordination chargée de l'élaboration du programme national de DDR [désarmement, démobilisation et réintégration], [...] et d'identifier les voies et moyens d'accélérer le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement et réinsertion (DDRRR) des groupes armés étrangers en collaboration avec la MONUC [la mission des Nations Unies en RDC] et les pays voisins".

Le CIAT a enfin estimé que la réalisation d'un programme gouvernemental dans le domaine social, fidèle aux attentes de la population et, "l'instauration d'un cadre légal garantissant la transparence financière des préparatifs électoraux", sont nécessaires à la réussite du processus électoral.

La résolution 1493 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le 28 juillet 2003, appelait la MONUC, en coordination avec les agences onusiennes, les bailleurs de fonds et les ONG à soutenir le processus électoral en RDC.

Le CIAT est composé d'ambassadeurs accrédités par la RDC et présidé par William Swing, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, en RDC.

10 / 17 / 2003 

IRIN

"JED dénonce la détention irrégulière d'un journaliste"

L'ONG, Journaliste en danger (JED), a dénoncé, dans un communiqué du 15 octobre, la détention irrégulière depuis huit mois, de Bamporiki Chamira, un journaliste au quotidien La Tempête des Tropiques qui paraît à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC).

Le journaliste avait été accusé de "participation directe ou indirecte à un complot visant à éliminer le président Joseph Kabila et de participation directe ou indirecte à l'évasion du commandant Doris Mbenge du cachot de l'ANR/Lemera," a rapporté JED.

Il avait été arrêté le 14 février 2003 par des éléments de l'Agence nationale des renseignements puis déféré devant la Cour de Sûreté de l'Etat (CSE). "L'affaire avait été mise en délibérée à l'issue de l'audience du 24 juin. Près de 4 mois après, la CSE n'a toujours pas rendu son jugement," s'est indigné JED. Chamira est pour l'heure toujours détenu au centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, l'ex-prison centrale de Makala, a affirmé JED.

Après avoir dénoncé le manque de preuves à l'encontre de l'accusé, JED a rappelé en outre l'illégalité de la détention du journaliste. "L’article 80 du code de procédure pénale stipule qu'en matière pénale, le verdict doit intervenir dans la huitaine."

JED a renouvelé sa demande de grâce auprès du président Joseph Kabila qui "en sa qualité de Magistrat Suprême [doit] corriger toutes les irrégularités qui entourent cette affaire [...] et ordonner la libération pure et simple, du journaliste Bamporiki Chamira".

10 / 16 / 2003 

IRIN


"Trois officiers du RCD-Goma pourraient perdre leurs postes au sein de l'état-major de l'armée"

Les trois officiers, qui refusent de prendre leurs fonctions au sein de la nouvelle armée unifiée de la République démocratique du Congo, pourraient être remplacés, a déclaré mercredi à l'IRIN, le porte-parole du gouvernement Vital Kamerhe depuis Kinshasa, la capitale.

Le général de brigade Laurent Nkunda et les colonels Elie Gichondo et Eric Ruhorimbere, nommés respectivement commandant et commandants adjoints de la 10ième région militaire, refusent en effet, de se rendre à Kinshasa pour des motifs sécuritaires et préfèrent rester à Goma, dans l'Est de la RDC. Les trois anciens officiers du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma) - ancien mouvement rebelle qui fait partie du gouvernement d'union nationale - avaient, en effet, été accusés d'avoir commis des violations graves des droits de l'Homme.

"Je peux confirmer ceci," a dit Kamerhe, "le RCD-Goma sera obligé de choisir d'autres officiers."

Kamerhe a ainsi confirmé les informations communiquées à l'IRIN par des sources militaires selon lesquelles, si les trois officiers visés ne se rendent pas immédiatement à Kinshasa, le RCD-Goma devra en proposer d'autres. Dans l'hypothèse d'un refus de leur part, le gouvernement provisoire pourvoirait alors à leur remplacement.

Kamerhe a également confirmé l'intention de ces trois officiers de rejoindre Kinshasa.

Le chef d'état-major général, le lieutenant-général Liwanga Mata Nyamunyobo, avait décidé le 9 septembre dernier, après leur refus de participer à la cérémonie d'inauguration de la nouvelle armée, le 5 septembre, de les déférer devant la Haute cour militaire pour "refus d'ordre".

L'état-major de la nouvelle armée unifiée est constitué par des officiers émanant des principales parties belligérantes: les miliciens Mayï-Mayï, le RCD-Goma, le Mouvement de libération du Congo, le RCD-Kisangani/Mouvement de libération, le RCD-National et l'ancien gouvernement.

Une distribution de rations alimentaires est également en cours auprès d'environ 270.000 soldats de l'armée unifiée. L'opération se déroule à l'occasion d'une mission dirigée par le général-major Sylvain Buki, le chef d'état-major des forces terrestres.

"16 personnes tuées dans le Sud-Kivu"
NAIROBI, le 13 octobre (IRIN) - Seize personnes ont été tuées, lundi dernier 6 octobre, dans le village de Ndunda, situé à 30 km au nord d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu à l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC), a rapporté vendredi la MONUC, la mission des Nations Unies en RDC.

"Selon les témoins, les victimes, en majorité des femmes, ont été massacrées à coups de haches, machettes, massues, poignards et autres armes blanches. Deux survivants sont présentement soignés à l'Hôpital d'Uvira et quatre personnes sont toujours portées disparues," a rapporté la MONUC.

La vingtaine de personnes responsables de ce massacre, selon des témoins, parlait Kirundi, la langue officielle du Burundi voisin. Certains d'entre eux accusent des éléments burundais des Forces pour la défense de la démocratie, présents dans la zone, d'avoir perpétré la tuerie. La région est par ailleurs, a affirmé la MONUC, occupée par les Forces nationales de libération, une autre faction rebelle burundaise. La MONUC a diligenté une enquête pour identifier les auteurs des faits.

La MONUC a condamné "avec force cet acte odieux et [a souligné] à nouveau l'engagement de la Communauté internationale à mettre fin à l'impunité en RDC".

La mission des Nations Unies a, en outre, demandé au gouvernement burundais d'établir rapidement un programme de réinsertion des combattants burundais opérant en RDC. Le programme de désarmement, démobilisation, rapatriement, réinsertion, réinstallation (DDRRR) de la MONUC ne pourra, en effet, s'adresser aux combattants burundais qu'à partir du moment où leur pays est prêt à les accueillir. Une centaine de candidats au retour est déjà regroupée dans un centre de transit onusien à Bukavu dans l'Est de la RDC, a précisé la MONUC.

"Au moins 55 personnes tuées à Kashele, dans le district de l'Ituri"
NAIROBI, le 10 octobre (IRIN) - Au moins 55 cadavres, principalement des femmes et des enfants, ont été découverts à Kashele, une localité du district de l'Ituri dans le nord-est de la République Démocratique de Congo (RDC), a indiqué lundi un communiqué de la MONUC, la mission des Nations Unies en RDC.

Kashele est situé à 15 km au sud-est de Bule, à environ 60 km au nord-est de Bunia, le chef-lieu de l'Ituri.

Une mission de vérification, composée d'éléments de la Brigade Ituri - le nom des forces onusiennes dans cette région - et d'experts des droits de l'Homme, a immédiatement été dépêchée sur place. Elle va dès mardi enquêter sur les circonstances du massacre et identifier les auteurs afin de les arrêter et les traduire devant la justice, a déclaré la MONUC.

"Il s'agit là d'un acte odieux qui va à contre-courant de la réconciliation qui a progressivement cours à Bunia et que la MONUC veut étendre au reste du district de l'Ituri, avec la pleine coopération de l'Administration intérimaire de l'Ituri et des membres du Comité de Concertation des Groupes Armés," a encore affirmé la MONUC.

La MONUC a réaffirmé dans son communiqué sa volonté d'utiliser tous les moyens nécessaires que lui confère son actuel mandat pour que ces crimes ne demeurent pas impunis. La résolution 1493 du Conseil de sécurité des Nations Unis du 28 juillet 2003 lui permet en effet de recourir à la force pour protéger les populations civiles.

Près de 50.000 personnes sont mortes et plus de 500.000 autres ont été déplacées à la suite de l'éclatement de la dernière guerre en RDC en août 1998.

Le procureur de la Cour Pénale Internationale avait déclaré au mois de juillet dernier faire des enquêtes sur les crimes contre l'humanité en Ituri une de ses premières priorités.

10 / 03 / 2003 

IRIN


"Réforme de la justice militaire"

Cent vingt magistrats et auxiliaires de la justice militaire de la République Démocratique du Congo (RDC) ont adopté mercredi un projet de code militaire. Le séminaire de deux jours avait été placé sous les auspices du bureau du Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme en RDC. Le Comité International de la Croix Rouge et l'ambassade de Belgique ont également participé.

Ce code militaire sera ensuite soumis au vote du parlement avant d’entrer en vigueur, a annoncé Mutombo Katalay, le rapporteur de cet atelier.

"J'ose croire que vous présenterez un nouveau visage de la justice militaire congolaise. Les militaires congolais doivent apprendre à se comporter avec humanité même en temps de guerre," a déclaré à l'issue du séminaire Koloso Sumahili, un ancien rebelle membre du Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani/Mouvement de libération (RCD-K/ML).

Il a dénoncé les violations des droits de l'Homme commises pendant plus de quatre années de guerre.

"Les militaires qui n'ont pas respecté ces normes doivent être punis," a-t-il dit. Il a évoqué à ce titre le tribunal international pour la RDC que le président Joseph Kabila a demandé, la semaine dernière, lors de son discours à la 58ème assemblée générale des Nations Unies.

Koloso a néanmoins expliqué la nécessité de conjuguer l'exemplarité et l'humanité de la justice militaire.

"L'objectif du gouvernement d'union nationale est de mettre en place une nouvelle armée intégrée, restructurée, disciplinée et républicaine. Il faudra, pour ce faire, qu'il y ait un support en vue de permettre au commandement de l'armée de fonctionner. Ce support est la justice militaire," a affirmé le vice-ministre de la défense, Mohamed Bule, issu du Mouvement de libération du Congo (MLC).

Les 120 juristes ont également recommandé l'amélioration des conditions socio-professionnelles.

"Que les jeunes magistrats soient nommés et promus selon les dispositions rigoureuses de la loi," a déclaré le rapporteur Mutombo en exigeant également la réintégration des magistrats illégalement révoqués.

315 magistrats civils et militaires avaient, en effet, été révoqués sous le régime de Laurent-Désiré Kabila. Ils avaient été accusés de corruption et évincés de la justice sans être individuellement entendus.

Les participants ont aussi demandé aux législateurs de clarifier les textes pénaux.

Le représentant de l'ambassadeur de la Belgique s'est félicité de la conclusion de ces travaux. Il a cependant exprimé sa préoccupation concernant la levée du moratoire sur la peine de mort en RDC en raison de l'accroissement de la criminalité.

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