| Rapports
sur les relations éthniques /
Reports on Ethnic Relations |
|
|
The
following section is consisted of part, full or summaries of articles
from diverses sources (newspapers, newsletters, etc...).
La section suivante est constituée d'exraits, de la totalité
ou de résumés d'articles provenant d'origines diverses
(journaux,bulletins, etc..).
10
/ 31 / 2003
IRIN
"Le gouvernement distribue des
émetteurs radio"
Le gouvernement d'union nationale de la République Démocratique
du Congo (RDC) a lancé une opération de distribution
d'émetteurs radio sur l'ensemble du territoire, a annoncé
jeudi à l'IRIN le ministre de l'information et de la presse,
Vital Kamerhe. Cette opération vise à consolider
le processus de réunification du pays, a-t-il ajouté.
Kamerhe
vient d'achever une tournée à travers le pays à
l’occasion de laquelle il a notamment remis deux émetteurs
de la radio nationale aux stations locales de Kisangani et de
Kindu (respectivement dans le Nord-Est et l’Est du pays).
Ces
émetteurs, d'une capacité de 100 kilowatts permettront
à la Radio-Télévision Nationale Congolaise
(RTNC) de diffuser ses programmes à partir de ces deux
villes sur un rayon de 200 km.
Le
ministre avait également remis des émetteurs aux
stations locales lors de son voyage dans les provinces du Kasaï
Oriental et Occidental (centre du pays), du Katanga (sud-est),
à Goma, à Beni et à Butembo, dans le Nord-Kivu
ainsi qu'a Bukavu, dans le Sud-Kivu (les deux régions sont
dans l’Est de la RDC).
"Nous
devons permettre à tous nos compatriotes de suivre les
actions du gouvernement de transition et de connaître ce
qu'annonce notre radio nationale. Ceci consolidera l'unification
du pays," a affirmé à l'IRIN le ministre de
l'information.
"Le
pays est réunifié au plan politique et administratif.
Nous devons aussi le réunifier par les diffusions de la
radio nationale," a-t-il dit.
Depuis
plus d'une décennie, les populations de l'intérieur
de la RDC ne captent plus les émissions de la RTNC. La
vétusté des émetteurs avait, en effet, eu
raison de leur efficacité.
Kamerhe
a encore indiqué sa volonté de poursuivre sa distribution
d'émetteurs dans d'autres régions.
10
/ 30 / 2003
IRIN
"Les
magistrats sont en grève"
Les magistrats de la République Démocratique du
Congo (RDC) ont entamé jeudi une grève illimitée
à la suite de l'appel du syndicat autonome des magistrats
congolais (Synamac).
Les
1.700 magistrats de la RDC réclament l'indépendance
du pouvoir judiciaire et l'amélioration de leurs conditions
de travail.
"Tous
les Congolais attendent l'établissement de l'état
de droit. C'est dans ce cadre que nous exigeons l'indépendance
des trois pouvoirs traditionnellement reconnus et en l'occurrence,
celle du pouvoir judiciaire. Nous demandons aussi l'augmentation
des salaires et l'amélioration des conditions de travail
des magistrats," a déclaré à l'IRIN
le président du Synanmac, Sambayi Mutenda Lukusa, également
président de la Cour d'appel de Gombe (près de Kinshasa,
la capitale) et du tribunal de commerce.
Selon
lui, la grève est suivie sur presque la totalité
du territoire congolais.
"Nos
revendications sont restées vaines. Le gouvernement ne
semble pas vouloir les prendre en compte. Les magistrats congolais
touchent l'équivalent de 10 à 20 dollars américains
par mois. En plus, ils ont des arriérés de deux
mois," a-t-il encore ajouté.
Le
ministre de la justice, Kisimba Ngoy a, quant à lui, condamné
ce mouvement de grève.
"Le
groupe restreint des meneurs de la grève ne doit pas entraîner
les autres magistrats. Ce qu'ils font n'est que de l'agitation
et de la subversion, car au regard de la loi, les magistrats n'ont
pas le droit de faire grève. Ce serait comme si les ministres,
le président de la République, les policiers ou
les militaires se mettaient aussi en grève," a-t-il
déclaré à l'IRIN.
Il
a rappelé, par ailleurs, que le gouvernement de la transition
avait déjà décidé de majorer les salaires
et d'améliorer les conditions de travail des magistrats.
"Le
gouvernement vient juste d'être installé et ce n'est
pas nous qui avions décidé de les payer 20 dollars,"
a précisé Ngoy.
Les
magistrats travaillent souvent dans des conditions difficiles
dans des bureaux peu soignés. Ils sont aussi parfois suspectés
d'être corrompus. 375 d'entre eux avaient ainsi été
révoqués, sans être entendus, pour ce motif
en 1998. Les ONG de defense des droits de l'Homme avaient alors
dénoncé ces mesures en les qualifiant de licenciements
abusifs.
"Les
déplacés à l'ouest de l'Ouganda se rebellent
contre l'arrivée de réfugiés"
Les déplacés internes dans le district de Bundibugyo
à l'ouest de l'Ouganda se rebellent contre l'arrivée
depuis le mois de mars de 11.000 réfugiés provenant
de l'Ituri, une région gravement affectée par la
guerre au nord-est de la République Démocratique
du Congo (RDC), a rapporté mardi Refugee Law Project (RLP),
une organisation basée à Kampala et spécialisée
dans les questions relatives aux réfugiés.
Alors
que les réfugiés avaient été initialement
bien accueillis, des chercheurs ont découvert les inquiétudes
croissantes de la population locale appauvrie, concernant la viabilité
de la situation sur le long terme, a expliqué RLP.
Le
rapport entre le nombre de réfugiés et celui de
la population locale a, en effet, engendré une crise dans
cette région, a ajouté RLP. A Ntoroko par exemple,
une ville de 4.000 habitants à l'ouest de l'Ouganda, l'arrivée
de 8.000 réfugiés a causé d'énormes
problèmes pour la gestion des ressources limitées
de la localité, a poursuivi RLP.
Dans
la seconde moitié des années 90, une rébellion
conduite par les Forces démocratiques alliées (ADF,
Allied Democratic Forces) avait dévasté le district
de Bundibugyo. Ce mouvement dirigé par Sheikh Jamil Mukulu
voulait ré-équilibrer la composition du gouvernement
ougandais, lequel marginalisait les musulmans, selon l'ADF. Les
rebelles se sont alors répandus dans l'ouest du pays en
attaquant les villages, les centres commerciaux, en tuant et en
enlevant des centaines de civils.
La
crainte de ces attaques a forcé des milliers de personnes
à quitter leurs maisons. Les déplacés internes
avaient alors été estimés à 70.000
en 1998. En 2000, leur nombre atteignait 175.000, selon RLP.
La
population locale avait par ailleurs, malgré les difficultés,
favorablement accueilli l'installation des réfugiés
congolais le long de la frontière. Toutefois, le gouvernement
ougandais avait conditionné son aide aux réfugiés
à l'installation de ces derniers dans un camp à
200 km plus à l'est.
Le
ministre d'Etat ougandais pour les réfugiés, Helen
Aporu, a annoncé la visite d'une délégation
gouvernementale à Bundibugyo cette semaine pour discuter
de la situation. Aporu a néanmoins rappelé la clarté
de la loi ougandaise en la matière: les réfugiés
ne recevront une aide étatique que s'ils se rendent dans
les camps proposés.
"Nous
ne pouvons les assister que si leur situation est claire. Ils
doivent être enregistrés et installés. Alors
nous pourrons programmer une assistance conformément à
nos obligations résultant des conventions de Genève,"
a déclaré Aporu. "Nous ne pouvons leur donner
le statut de réfugié pour pouvoir se déplacer
comme ils le demandent sans garder une trace d'eux."
10
/ 29 / 2003
IRIN
"L'ONU publie son rapport sur
l'exploitation illégale des ressources"
Un groupe d'experts mandaté par les Nations Unies pour
enquêter sur l'exploitation illégale des ressources
naturelles en République démocratique du Congo (RDC),
a publié mardi son rapport final, a indiqué un communiqué
des Nations Unies.
"L'exploitation
illégale demeure une des principales sources de financement
des groupes impliqués dans la poursuite du conflit,"
ont constaté les experts. Pour ces derniers, il est une
priorité "d'enrayer et si possible [d’]éradiquer,
le trafic d'armes à destination de la RDC," a expliqué
le communiqué.
Dans
leur rapport les experts ont cité quelques 125 compagnies
et individus directement ou indirectement impliqués dans
ces trafics. Ils ont été répartis en cinq
catégories selon leur niveau de coopération lors
de l'enquête.
La
partie de l'étude qui décrit "comment l'exploitation
des ressources contribue au financement des armes et à
la poursuite du conflit" a fait l'objet d'une transmission
confidentielle au Conseil de Sécurité des Nations
Unies, a indiqué le porte-parole de l'ONU.
Les
experts onusiens ont ensuite recommandé "le renforcement
des mesures prises pour contrôler efficacement la frontière,
la dissolution des grandes compagnies minières dont l'Etat
est propriétaire, l'intégration effective des forces
armées de la RDC et la création d'un Fonds pour
les ressources naturelles qui permettrait de s'assurer que les
revenus provenant des mines bénéficieront à
la population."
Ce
rapport final est le quatrième. Il sera officiellement
présenté au Conseil de Sécurité le
jeudi 30 octobre par le président du groupe d'experts,
l'ambassadeur égyptien Mahmoud Kassem.
>>>>>
Le
rapport final du groupe d'experts
"La
MONUC, empêchée de vérifier la présence
des troupes rwandaises"
La MONUC, la mission des Nations Unies en République Démocratique
du Congo (RDC), a dénoncé mardi les obstacles rencontrés
à l'occasion de ses missions de vérification concernant
la présence de troupes gouvernementales rwandaises dans
l'Est de la RDC.
"Des
observateurs envoyés dans le territoire du Rutshuru [province
du Nord-Kivu] se sont vus refuser l'accès au camp militaire
de Ruwangabo. Là où ils ont été admis
comme à Katale, des officiers de l'ex-ANC (anciennes troupes
du Rassemblement congolais pour la démocratie [RCD-Goma])
leur ont dénié toute possibilité de communiquer
avec les soldats trouvés sur place," a expliqué
la MONUC. Par ailleurs, le RCD-Goma participe aujourd'hui au gouvernement
d'unité nationale, installé le 30 juin dernier.
Cet ancien mouvement rebelle était auparavant ouvertement
soutenu par le Rwanda.
La
MONUC a déclaré dans ces conditions "que de
telles pratiques risquent de laisser croire que les informations
reçues ne sont pas dénuées de tout fondement".
Certains
médias avaient en effet rapporté qu'un nombre significatif
de soldats appartenant aux forces gouvernementales rwandaises
a été vu entrer en RDC.
Le
Rwanda avait néanmoins déclaré ne plus avoir
de soldats sur le territoire congolais depuis octobre 2002. Quatre
années plus tôt, en août 1998, l'armée
rwandaise entrait en RDC pour soutenir une coalition de groupes
rebelles cherchant à renverser l'ancien Président
Laurent-Désiré Kabila.
Pour
la MONUC, a indiqué le communiqué, "la présence
supposée ou réelle de troupes rwandaises à
l'Est de la RDC [...] risque de compromettre les progrès
encourageants notés dans la normalisation des rapports
entre les deux pays". Elle continuera, a-t-elle poursuivi,
à multiplier les vérifications pour confirmer ou
infirmer la présence des troupes rwandaises.
Le
gouverneur du Nord-Kivu a, par ailleurs, donné des instructions
pour que les observateurs onusiens bénéficient d'un
libre accès aux installations militaires du Nord-Kivu et
accomplissent leur mission sans obstacles, a rapporté la
MONUC.
La
MONUC a encore renouvelé sa proposition d'établir
des "équipes mixtes de vérification dans un
souci d'impartialité et de transparence".
10
/ 28 / 2003
IRIN
"IRIN
interview avec Michel Kassa, chef du Bureau des Nations Unies
pour la Coordination des Affaires Humanitaires"
Michel Noureddine Kassa, le chef du Bureau des Nations Unies pour
la Coordination des Affaires Humanitaires en République
Démocratique du Congo (RDC) termine son mandat dans ce
pays.
Kassa,
nommé chef du bureau d'OCHA pour la RDC en 2000, a accordé
samedi dernier une interview à l'IRIN. Il évoque
son expérience humanitaire après avoir passé
huit années et demi en RDC.
QUESTION:
Vous terminez votre mandat en RDC en tant que chef d'OCHA. Vous
avez également oeuvré pendant huit ans et demi dans
le domaine humanitaire dans ce pays. Quel est le bilan de vos
actions humanitaires?
REPONSE:
Ces huit années ont été, en fait, huit années
passées à observer, à tenter de répondre
aux besoins des populations ballottées par les violences
armées notamment dans l’Est du pays, mais aussi au
Sud et au Nord du Katanga [dans le sud-est de la RDC]. De plus
en plus nous avons eu des difficultés à retrouver,
à identifier, à compter et à essayer d’aider
ces populations à se relever.
Je
dirais que le phénomène le plus douloureux que j’ai
pu observer et auquel nous avons eu à faire face, c’était
surtout cette difficulté d’avoir accès aux
personnes vulnérables parmi les plus vulnérables:
les paysans, les familles rurales, les femmes rurales de l’intérieur
du Congo. Ces populations ont été victimes d'attaques
et de contre-attaques. Elles ont totalement été
déconsidérées par leurs frères armés
ou par des soldats étrangers présents sur le territoire
ou par les miliciens qui se sont servis d’eux.
Ce
qui me rassure en revanche au moment de partir, c’est de
voir que la sortie de crise dans ce pays va correspondre également
à un retour à la dignité, un retour à
la considération pour ces civils, ces gens qu’on
peut appeler des sans voix.
Par
ailleurs, il faut prendre en considération les liens avec
ce qui se passe plus largement sur la scène internationale.
Notamment le commerce des armes qui est devenu malheureusement
démocratique. N’importe qui peut s’adonner
à ce trafic compte tenu surtout du nombre d’armes
légères en circulation, libérées depuis
15 ans par l’ancien empire soviétique.
Il
convient bien entendu de prendre en compte les deux cotés
de la relation. Il faut des vendeurs mais des acheteurs aussi,
des gens intéressés par la possession d'armes parce
que cela va leur permettre d’avoir un statut politique par
des moyens violents. C’est ceux-là qu’il s'agit
surtout de combattre. Il n’y aura pas de vendeurs d’armes
ici s’il n’y a pas d’acheteurs. Il ne faut plus
qu’il y ait encore des gens convaincus qu’ils arriveront
au pouvoir par la violence. Nous les humanitaires, nous en voyons
malheureusement tous les effets collatéraux.
Les
effets collatéraux, c’est ce chiffre par exemple
de 3,3 millions de morts décomptés par l’ONG
International Rescue Committee. Des morts qui auraient pu être
évités. Ces décès résultaient
de maladies bénignes comme la malaria ou des problèmes
respiratoires aigus. Toutes ces maladies sont faciles à
gérer mais n’ont pu l’être parce que
ces personnes n’ont pas eu accès aux soins médicaux
quand il le fallait. Elles n’avaient pas les ressources
ou étaient sûres qu’en allant aux centres médicaux
près de chez eux, elles ne trouveraient pas de personnel
médical.
Ces
morts-là sont, pour une large partie, dûs aux seigneurs
de guerre, des potentats locaux qui nous ont empêchés
d’accéder à leurs frères qui étaient
derrière eux et qu’ils prétendaient protéger.
En fait, ils ne les ont pas protégés, ils les ont
laissés mourir en nous empêchant de faire notre travail.
C'était
le plus douloureux de toutes ces années.
Q:
Quelle est votre vision de l’humanitaire après autant
d’années passées comme un responsable onusien
dans ce domaine ?
R:
Je me suis efforcé au Congo-Kinshasa de faire de l’humanitaire
qui donne de la dignité, de l’humanitaire qui relance
l’être humain dans sa capacité d’agir
et de prendre en main sa destinée. Je n’ai pas travaillé
une seconde pour l’humanitaire-charité, l’humanitaire
qui veut se faire plaisir en nourrissant un être dépendant.
Je fais de l’humanitaire pour que l’être humain
se relève. Le succès de l’humanitaire, c’est
quelqu’un qui est debout en face de vous et qui vous dit
merci et qui veut vous dire surtout 'au revoir, je m’en
sors tout seul maintenant'.
Q:
Ne partez-vous pas avec un sentiment de frustration de n’avoir
pas toujours entrepris ce que vous vouliez en étant parfois
privé d’accès aux personnes dans le besoin?
R:
J’ai le réconfort d’avoir eu cette semaine
le rapport de mission de quelques uns de mes collègues
qui sont partis avec OCHA, d'autres ONG et la MONUC à Ubwari
dans le Sud-Kivu, voir des gens que nous avons tenté de
rencontrer pendant des années sans pouvoir le faire parce
que nous n’avions pas l’autorisation de nous y rendre.
Les
nuages sont donc en train de se dissiper. C’est toutefois
un mélange de frustration et sérénité
car il aurait été déraisonnable d’espérer
pouvoir apporter une réponse strictement humanitaire à
ces 20 millions de personnes qui souffrent dans ce pays de la
crise et des séquelles de la guerre.
Ce
pays pourra ressusciter dès que la violence armée
se sera dissipée, dès que la raison aura gagné
les chefs de tous les groupes armés de ce pays, y compris
ceux de l’armée nationale,[...] aujourd’hui.
Q:
Quel est la situation humanitaire au Congo, à l'heure de
votre départ?
R:
Le pic a été atteint en terme de déplacés
internes sûrement en juin dernier avec probablement jusqu'à
un million de personnes contraintes de quitter brutalement l’Ituri
[région du nord-est de la RDC) pendant les événements
de mars à juin. Des centaines des milliers se sont déplacées
autour de Kanyabayonga et de Lubero en raison des offensives de
juin dernier dans le Nord-Kivu. Les combats qui ont eu lieu du
coté de Chabunda, de Lulingu en juin dernier au Sud-Kivu,
ont conduit également à des dizaines des milliers
de déplacements. Ce qui fait un total d'environ 3 millions
de personnes. J’espère que l'on n'atteindra plus
jamais ce sommet-là. Un bon nombre de ces trois millions
est néanmoins déjà rentré chez lui.
Parfois
les déplacements ne durent pas plus de 48 heures, mais
le mal est fait: les objets personnels ont été pillés,
la peur s'est installée, les traumatismes parmi les enfants
se révèlent.
Par
ailleurs, une vingtaine de millions de personnes environ souffre
d'une sous alimentation chronique.
Les
violences sexuelles font, aussi, l’objet d’une grande
attention aujourd’hui. D'abord, parce que leur nombre a
considérablement augmenté. Ensuite, parce que l’écœurement
d’un nombre croissant de femmes par rapport à ce
qui leur a été fait ou a été fait
à leurs proches a conduit ces victimes à témoigner
beaucoup plus qu’auparavant. Les tabous tombent pour stopper
l’infernal et le monstrueux que tout cela représente.
Au-delà
de la violence, la mortalité maternelle atteint des chiffres
astronomiques, y compris à Kinshasa.
La
mortalité infantile est tout aussi importante. Un enfant
sur deux meurt avant d’atteindre l’âge d’un
an. Là encore, même la ville de Kinshasa n’est
pas épargnée. Cela n’est pas le fait uniquement
de la guerre. C’est le fait de décennies de budgets
de santé extrêmement minces, une sorte d’abandon
du secteur de santé et de l’éducation depuis
une vingtaine d’années.
Je
parle d’éducation, je crois qu’après
sept ans de crise ouverte, l’éducation est également
devenue un secteur d’urgence humanitaire. Considérez
simplement le cas d’un enfant qui aurait eu quatre ans en
96 quand la première guerre a commencé, il aurait
aujourd’hui 11 ans.
Il
faut un budget national d’éducation et que les instituteurs
soient payés. Il est temps que l’Etat reprenne en
charge le paiement de ses cadres chargés de l’éducation
de la jeunesse dans ce pays.
Q:
N’avez-vous pas l’impression que tout, en RDC, relève
un peu de l’humanitaire quand on considère le nombre
d’enfants abandonnés, vivant dans la rue, les salaires
des fonctionnaires impayés durant de longues périodes
ou leur caractère dérisoire quand ils sont payés?
R:
Précisément non. Je crois qu’il serait une
grosse erreur de le considérer comme cela parce que nous
courrions au devant de grandes désillusions. Bien au contraire,
il y a une meilleure réponse que l’humanitaire, mais
il faut le réserver pour les cas de vulnérabilité
aiguë.
La
réponse, elle doit être fondamentalement avant tout
économique. Vous avez des millions de personnes ici qui
sont entre le dénuement et la renaissance économique.
Il faut simplement donner un coup de pousse pour qu’elles
passent d’une case à l’autre plutôt que
de tomber dans la case des plus vulnérables qui devraient
relever de l’humanitaire.
Ce
sont ces communautés qui peuvent à la fois redémarrer
sur le plan économique et profiter d’occasions, je
l’espère. Nous sommes en train, par exemple, de procéder
à la ré-ouverture du fleuve, des rivières,
et j’espère bientôt à la réouverture
du train au Sud-est du pays et à la réhabilitation
des routes. [Toutes ces démarches favoriseront la reprise
des échanges commerciaux].
Des
milliers de tonnes de nourriture pourrissent sur pied à
l’intérieur du pays. Peut-être que dans peu
de temps, les gens qui les ont produites vont avoir une lueur
d’espoir, vont voir un train passer, vont voir des travailleurs
avec des bêches ou des matériels lourds commencer
à réhabiliter la route qui passe à côté
de chez eux. Et c’est cet espoir là qui fera reculer
cette grande pauvreté.
Q:
Parlez-nous des interventions humanitaires?
R:
Les interventions ont eu un caractère extrêmement
varié. Elles allaient de la lutte contre [la fièvre]
ebola ou marbourg au transport de des examens scolaires nationaux
à travers le pays en passant surtout par le médical,
le sanitaire et le nutritionnel. Il faut se souvenir du travail
d’ONG, comme MSF [Médecins Sans frontières],
ACF [Action contre la faim] mais aussi de toutes ces plates-formes
locales de la FOLECO [Fédération d'ONG laîques
et économiques en RDC] et du CNONGD [Conseil national des
ONG de développement] dans certains endroits qui a sauvé
des millions de vies.
De
petits avions partaient chaque jour de Goma [Est de la RDC] ou
de Lubumbashi [Sud-Ouest du pays], ou à partir de Kinshasa,
en transportant du matériel et des médicaments qui
ont sauvé des milliers de vies. Parfois même, malgré
la volonté de certains seigneurs de guerre.
Je
dirai qu’il s’agissait souvent d’actions multi-disciplinaires,
très rapides par voie aérienne étant donné
que la gouvernance de ce pays pendant des décennies s’est
exprimée par le refus d’entretenir les routes par
peur des coups d’état. Donc, vous pouvez vous imaginer
le décor dans lequel nous avons travaillé ici, apocalyptique
en fait. Un pays de 2,3 millions de kilomètres carrés
sans routes. Il a été très difficile de mobiliser
de l’argent pour intervenir. Les interventions se sont faites
par petits avions parce que nous n’avions que de petites
pistes pour nous poser. Parfois l’action que vous pouviez
mener dans un village ne pouvait pas avoir d’impact dans
le village à côté, à 10 km, tout simplement
par manque de moyens logistiques. Mais ces petites actions mises
bout à bout ont sauvé, je répète,
des centaines des milliers de vies.
Q:
Estimez-vous avoir suffisamment eu de moyens de votre action?
R:
Nous avons toujours plafonné autour de 50 à 60 %
des fonds que nous demandions. Mais du coté des agences
des Nations Unies, les réponses ont souvent été
plafonnées à hauteur de la moitié de ce que
nous demandions parce qu’il y avait un certain scepticisme
de la part de la communauté internationale quant à
notre capacité à atteindre les victimes ou civils
dans des endroits retirés. Du point de vue de financement,
il y a donc toujours eu une certaine réticence liée
notamment au coût logistique de l’action humanitaire
dans ce pays et aussi, à la considération que la
réponse doit être autant politique qu’humanitaire.
Il
ne faut cependant pas passer sous silence l’effort de certains
bailleurs de fonds: la Hollande, la Belgique, l’Union Européenne
(ECHO) en passant par Fonds Européen de Développement,
mais aussi certains pays comme l’Italie, le Japon, la Suède
et la Norvège qui ont fait des efforts remarquables pendant
ces années de crise.
10
/ 24 / 2003
IRIN
"IRIN INTERVIEW avec Eugène Serufuli,
le gouverneur de la province du Nord-Kivu"
Un séminaire, organisé lundi à Kinshasa,
la capitale de la République Démocratique du Congo
(RDC), pour la mise en oeuvre du Programme multi sectoriel d'urgence
de reconstruction et de réhabilitation (PMURR), a réuni,
pour la première fois depuis cinq années de guerre,
les gouverneurs de toutes les provinces du pays.
Un
des participants, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Eugène
Serufuli, a accordé une interview, mercredi dernier, à
l’IRIN.
Eugène
Serufuli est également le deuxième vice-président
de l'ancien mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour
la démocratie (RCD-Goma), qui participe aujourd'hui au
gouvernement d'union nationale.
A
l'occasion de cette interview, le gouverneur a notamment évoqué
la présence des groupes armés rwandais et ougandais
dans la province du Nord-Kivu, le refus de trois officiers du
RCD-Goma de prendre leurs fonctions au sein de la nouvelle armée
unifiée et les lenteurs de la réunification du pays.
QUESTION:
Vous participez au séminaire pour le lancement du PMURR.
Que représente pour vous ce Programme et cette rencontre
qui réunie pour la première fois depuis le déclenchement
de la guerre les gouverneurs de différentes régions,
autrefois sous l'autorité des différents belligérants?
REPONSE:
Ce séminaire est venu à point. Vous savez qu'après
la tempête arrive le beau temps. Après des années
de guerre nous avons à présent un gouvernement d'union
nationale et des institutions de transition.
Nous
croyons qu'il est temps maintenant d'oublier tout ce qui s’est
passé et de commencer à reconstruire notre pays.
Ce programme est ainsi le bienvenu. Aujourd'hui, ce séminaire
a permis de réunir tous les collègues [les gouverneurs],
donc de tout le Congo déjà réunifié.
C'est un signal très fort montrant que nous allons vers
des programmes de reconstruction de notre pays.
Q:
La ville de Goma a particulièrement été touchée
par la guerre et les catastrophes naturelles du fait de la dernière
éruption volcanique. Le Programme concernera-t-il aussi
cette ville?
R:
Bien sûr. La province du Nord-Kivu a connu beaucoup de destructions
d'abord à cause des conflits inter-ethniques puis des deux
guerres et finalement de l'éruption du volcan.
Les
destructions ont été terribles. Mais nous avons
l'avantage d'avoir une population très dynamique qui a
compris depuis très longtemps qu'elle doit se prendre en
charge. Elle a d'ailleurs déjà commencé à
réaliser de nombreuses actions. Un Programme comme celui-ci,
qui est
soutenu [en partie] par la Banque mondiale, renforcera toutes
ces initiatives populaires.
Q:
Quelles sont les priorités du Programme pour Goma?
R:
Les réalités sont connues. Une délégation
du gouvernement [d'union nationale] s'est déjà déplacée
à Goma pour évaluer la situation.
Nous
parlons essentiellement de la réhabilitation de l'aéroport
de Goma. La piste a été touchée par l'éruption
du volcan. Vous savez aussi que la province du Nord-Kivu est le
grenier de la RDC. La province ravitaille toutes les villes du
pays, principalement la capitale, Kinshasa.
Voilà
la première priorité. Mais il y a aussi des programmes
de réhabilitation des routes de desserte agricole. Nous
vous disions que la population a déjà commencé
à travailler avec les moyens de bord et l'appui de la province.
Nous avançons petit à petit. Nous croyons que les
autres secteurs, comme la santé, l'éducation qui
occupent nos préoccupations tous les jours, seront aussi
pris en compte dans le programme PMURR.
Q:
Le Programme s’étendra-t-il à tout l’Est
du pays?
R:
Le programme PMURR a été élaboré au
préalable pour l'Ouest et le Sud de la RDC. Mais du fait
de la réunification nationale, des équipes techniques
vont se rendre sur le terrain pour intégrer la partie Est
de la RDC. Nous croyons que beaucoup d’infrastructures du
Kivu seront prises en compte dans le programme qui sera élaboré.
Q:
Vous êtes souvent accusés de ralentir le processus
de réunification. Des personnalités de votre mouvement,
le RCD-Goma, ont décidé en effet de demeurer à
Goma au lieu de prendre leurs fonctions dans les nouvelles institutions.
Qu'en est-il exactement?
R:
C'est faux. Ceux qui nous suivent de très près auront
constaté que nous sommes venus participer à la cérémonie
de prestation de serment des vice-présidents. Nous avons
ensuite été invités par notre ministre de
tutelle et nous sommes venus ici [Kinshasa] pour des séances
de travail. C'est la troisième fois que nous venons ici
dans le cadre de la réunification nationale. Donc, ces
gens qui avancent ces allégations sont parmi les politiciens
qui ont choisi le mensonge comme mode de gestion.
Q:
Qu'en est-il des groupes armés et des milices qui continuent
à opérer dans votre province et que vous entretiendriez?
R:
Il n'existe pas de milices au Nord-Kivu. Il existe des groupes
armés et ce sont spécialement des groupes étrangers,
des [éléments] de l'Interahamwe avec des ex-FAR
(1). Il y avait évidemment quelques groupes armés
congolais comme les Mayï-Mayï [des milices traditionnelles
locales]. Mais il n'existe pas de milices. Ceux qui parlent des
milices, sont des détracteurs qui ont choisi le mensonge
comme mode de travail.
Q:
Qu'en est-il alors des "local defense" dont on dit que
vous les entretiendriez?
R:
C'est archi-faux. Les "local defense" sont l'équivalents
des FAP [Forces d'Auto-défense Populaires] existant à
Kinshasa et qui sont instituées depuis bien longtemps.
Ces "local defense" ont barré la route à
beaucoup de politiciens qui avaient des plans machiavéliques.
Ce sont ces gens-là, déçus dans leur planification,
qui essaient
de salir les "local defense" en les appelant des milices,
mais il n'en est rien. Ce sont des forces, des structures organisées
pour faire participer la population au recouvrement et au maintien
de sa propre sécurité.
Q:
Que deviennent alors ces "local defense" dès
lors que l'armée est unifiée?
R:
Tous les pays instables ont ce même système. En Tanzanie
par exemple, ils ont l'armée, la police, et les "local
defense". Au Rwanda, ils ont également le même
système. C'est pareil en Ouganda. Alors chez nous, comme
il s'agissait d'unités officiellement reconnues et légalement
installées dans le pays, le gouvernement va discuter de
l'avenir de ces "local defense". Mais il faut que je
vous dise qu'ils [local defense] n'existent pas seulement au Nord-Kivu.
Ils existent dans toutes les autres provinces.
Mais
pour le Nord-Kivu, plus de 80 % d'entres eux ont déjà
intégré l'armée et les quelques 20 % restant,
sont constitués de notables, de chefs de quartier, de chefs
de rue, de chefs de localité. Ils essaient d'organiser
la protection de leurs administrés. Mais le moment venu,
lorsque le gouvernement décidera de leur sort, ils s'inclineront
à sa décision.
Q:
A combien estimez-vous le nombre de ces "local defense"?
R:
Aujourd'hui, ils sont au nombre de 2.000. Mais comme je vous l'ai
dit, ce sont essentiellement des notables, des pasteurs, des chefs
de quartier, des chefs de groupement.
Q:
Les ONG et la population locale parlent souvent du retour des
troupes rwandaises et ougandaises. Trente six bombes ont été,
par ailleurs, découvertes au Nord de la province. Qu'en
est-il exactement?
R:
Non, ce n'est pas vrai. C'est regrettable qu'il y ait des gens
qui pensent que nous allons reconstruire le pays par le mensonge.
De
toutes les façons, nous, nous représentons l'autorité
de l'Etat dans notre province et nous ne connaissons pas la présence
des armées du Rwanda et de l'Ouganda sur notre territoire.
Nous reconnaissons, en revanche, l'existence de groupes armés
étrangers notamment le FDD [Forces pour la Défense
de la Démocratie]. Ce sont des Burundais qui font la rébellion
contre le pouvoir à Bujumbura [la capitale du Burundi].
Il existe des Interahamwe et des ex-FAR. Ce sont des Rwandais,
ils sont sur notre territoire. Ils sont très actifs et
sont en train de déstabiliser la région. Voilà
une réalité, mais l'armée [rwandaise ou ougandaise]
régulière n'est pas sur notre territoire.
Q:
On parle aussi de NALU et de l'ADF dont on aurait découvert
des camps d'entraînement dans le nord de la province du
Nord-Kivu.(2)
R:
Les NALU sont dans les montagnes de Rwenzori, dans le territoire
de Lubero. Vous savez que je n'administre pas encore les territoires
de Butembo et de Beni jusqu'à aujourd'hui. La province
du Nord-Kivu a été balkanisée et je crois
que le gouvernement va bientôt se pencher sur la question
de la réunification de notre province. Lorsque nous aurons
le contrôle général de tous les territoires,
nous aurons des informations précises sur ces NALU.
Nous
devons être réalistes. Il y a une partie du Nord-Kivu
que nous n'administrons pas. C'est une réalité.
Le processus de réunification se poursuivra afin que la
province soit, elle aussi, complètement réunifiée.
Q:
Pouvez-vous localiser ces groupes rwandais, ougandais et burundais
que vous évoquez? Combien sont-ils?
R:
Les groupes armés ne sont pas dans des camps. Ils ne sont
pas gérés par des organisations. Personne ne peut
entrer en contact avec eux pour les recenser. Tous ceux qui avancent
des chiffres ne sont que le fruit de leur imagination. Je ne voudrais
pas vous donner des chiffres imaginaires.
Q:
Trois officiers de Goma ont refusé de prendre leurs fonctions
au sein de la nouvelle armée unifiée. Des parlementaires
ont également refusé de se rendre à Kinshasa.
Quelle est la situation de ces personnes aujourd'hui?
R:
La situation des députés et des sénateurs
est presque dépassée parce que certains d'entre
eux sont déjà arrivés à Kinshasa.
Les autres, restés là-bas [dans le Nord-Kivu], ont
des raisons évidentes. Certains ont obtenu des bourses
d'étude et doivent partir étudier dans très
peu de temps. D'autres ont leurs affaires. Mais je crois que c'est
un problème qui est déjà réglé.
Lorsque certains ne sont pas disponibles pour siéger au
parlement, leurs suppléants les remplacent.
Concernant
les officiers restés à Goma, ils ont posé
des préalables à leur prise de fonction car ils
nourrissent des inquiétudes. Kinshasa examine actuellement
les conditions de leur venue.
Pour
le moment, je sais qu'ils ont donné leur accord de principe
de se rendre à Kinshasa. Je sais qu'ils n'attendent que
l'invitation de la haute hiérarchie militaire.
Q:
Le RCD-Goma ne craint-il pas qu'une fois à Kinshasa ces
officiers soient déférés devant la Haute
Cour Militaire ainsi que l'a demandé le nouveau chef d'état-major
général de l'armée unifiée?
R:
Ils ont posé des préalables. Ils ont voulu être
rassurés qu'une fois à Kinshasa, ils ne seront pas
inquiétés. C'est ce que nous attendons. Lorsque
toutes ces garanties seront réunies, ils se rendront dans
la capitale.
Q:
Les ONG dénoncent des pillages, des viols et autres exactions
commises aussi bien par les Mayï-Mayï, les Interahamwe,
les ex-FAR et par les militaires du RCD-Goma. Certains hommes
et femmes seraient contraints d'exécuter des travaux forcés
pour vos militaires. Quelles sont vos réactions?
R:
Nous vous disions qu'il existe des groupes armés très
organisés et très actifs là-bas. Et vous
savez que les Interahamwe et les ex-FAR n'ont pas de champs. Ils
ne cultivent donc nulle part. Lorsqu'ils ont besoin de se ravitailler,
ils doivent aller piller et même tuer des gens pour prendre
les vivres. C'est une réalité. Le gouvernement et
les autorités locales avec l'appui de la communauté
internationale, travaillent actuellement à neutraliser
ces malfaiteurs qui déstabilisent nos populations.
NOTES:
(1)Les
éléments Interahamwe sont des Rwandais Hutu extrémistes
ayant participé au génocide rwandais en 1994. A
la suite du génocide, ils ont, avec les ex-FAR, les anciennes
Forces Armées Rwandaises, également impliquées
dans le génocide, trouvés refuge en RDC.
(2)Les
NALU [National Army for the Liberation of Uganda], l'Armée
Nationale pour la libération de l'Ouganda et l'ADF [Allied
Democratic Forces], les Forces alliées démocratiques,
sont des groupes rebelles ougandais.
10
/ 23 / 2003
IRIN
"La
MONUC annonce la découverte d'armes dans le Nord-Kivu"
Madnodje Mounoubai, le porte-parole par intérim de la MONUC,
la mission des Nations Unies en République démocratique
du Congo (RDC) a annoncé mercredi la découverte,
le 18 octobre, d'une cache d'armes par des paysans de Lume, à
16 km de Mutwanga, dans le Nord-Kivu. Elle comportait trente six
pièces de RPG 9 d'origine russe, selon les experts de la
MONUC. "Les autorités locales du Rassemblement congolais
pour la démocratie-Kisangani/Mouvement de libération
(RCD-K/ML) ont confirmé leur intention de les remettre
à la Task Force I de la MONUC pour destruction," a
expliqué Mounoubai.
Le
colonel Antoine Wardini a, pour sa part, annoncé l'arrivée
d'un contingent népalais de 1200 hommes à Entebbe
en Ouganda. La MONUC, a-t-il poursuivi, prépare actuellement
leur acheminement à Bunia ainsi que leur déploiement
à travers l'Ituri.
Par
ailleurs, les groupes armés de l'Ituri, dans le nord-est
de la RDC, auront jusqu'au jeudi 23 octobre pour regrouper leurs
éléments en vue de leur cantonnement par la MONUC,
la mission des Nations Unies en RDC, a indiqué un communiqué
de la MONUC.
La
date de leur cantonnement avait initialement été
fixée au 19 octobre. Face à l'impossibilité
des groupes armés de respecter ce délai, la Commission
de Concertation des Groupes Armés de l'Ituri avait décidé
de repousser l'échéance.
L'Union
des patriotes congolais (UPC) s'est néanmoins dit prête
à communiquer les informations concernant le regroupement
de leurs troupes, a rapporté la MONUC. Le Parti pour l'unité
et la sauvegarde de l'intégrité du Congo (PUSIC)
a indiqué qu'il "finalisait ces informations"
alors que les Forces des nationalistes intégrationnistes
(FNI) sollicitaient "un soutien logistique pour pouvoir se
rendre aux différents endroits où se trouvent leurs
éléments," a précisé le porte-parole
par intérim de la MONUC.
Il
existe deux autres principales milices en Ituri: les Forces armées
populaires du Congo et les Forces populaires pour la démocratie.
Les deux prennent part à la Commission de concertation
des groupes armés.
Le
cantonnement des groupes armés s'opère concomitamment
au déploiement dans la région de la Brigade Ituri,
le nom des forces onusiennes dans cette zone.
La
première phase du déploiement de cette Brigade,
commencée le 9 octobre dernier, s'est achevée la
semaine dernière avec l'arrivée des éléments
de la Brigade à Bogoro, Marabo et à Iga-Barrière,
a rappelé Mounoubai. La deuxième phase de son déploiement,
a-t-il poursuivi, est en préparation. Il aura notamment
lieu dans les localités de Aru, Mahagi, Pandroma et de
Mongbwalu.
10
/ 22 / 2003
IRIN
"INTERVIEW avec Prega Ramsamy, le secrétaire
exécutif de la SADC"
Prega Ramsamy, le secrétaire exécutif de la Communauté
de Développement des pays de l'Afrique Australe (SADC;
http:/www.sadc.int) a récemment effectué une visite
en République Démocratique du Congo (RDC). Après
s'être entretenu, lundi à Kinshasa la capitale, avec
le président Joseph Kabila, il a accordé une interview
à l'IRIN. Il a évoqué les perspectives de
collaboration à court et à moyen terme entre la
SADC et la RDC.
La
SADC a été créée en 1992. Son but
est la promotion du développement régional et la
croissance économique, la réduction de la pauvreté,
le rehaussement des conditions de vie des peuples d'Afrique Australe,
et le soutien aux couches défavorisées à
travers l'intégration régionale.
L'organisation
compte 14 membres: l'Angola, le Botswana, le RDC, le Lesotho,
le Malawi, l'île Maurice, le Mozambique, le Namibie, les
Seychelles, l'Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie
et le Zimbabwe.
La
SADC développe des projets dans les domaines économiques
et sociaux: l'énergie, le tourisme, l'environnement, l'eau,
les transports et les communications...
QUESTION:
Vous venez de rencontrer le président Joseph Kabila. Quels
sont les sujets que vous avez abordés?
REPONSE:
C'était une visite de courtoisie et de travail en même
temps. J'ai soulevé avec le président [Joseph Kabila]
divers points, notamment ceux liés à l'exécution
des projets que nous venons d'adopter à Dar-es-Salaam [Tanzanie]
en août. Comme vous le savez, la SADC a élaboré
un plan sur 15 ans visant à éliminer la pauvreté
et à augmenter le niveau de vie de nos populations; à
développer l'enseignement primaire, secondaire et tertiaire
au profit de toute la population. Nous avons également
un programme très important en matière de promotion
de l'égalité des sexes.
Nous
avons donc fait le point sur l'exécution de ces sujets
prévus par le plan.
J'ai
proposé, par ailleurs, qu'une personne soit nommée
pour être l'interlocuteur privilégié de la
SADC. Cette personne viendrait à Gaberone, au Botswana
[siège de la SADC], pour travailler avec nous sur un programme
de formation de trois mois. Elle serait ensuite envoyée
dans quelques pays de la SADC pour voir comment fonctionnent les
structures. Elle rentrerait après au pays pour aider le
ministère à créer cette structure qui travaillerait
avec nous.
Au
niveau des infrastructures, nous avons rapidement évoqué
le réseau routier; notamment quelles étaient les
prévisions de la RDC en matière de transport fluvial
et par voies ferrées et la manière dont nous pourrions
collaborer.
Nous
avons aussi parlé de l'agriculture. Car, si l'on veut éliminer
la pauvreté, il faut tout d'abord augmenter la production
agricole.
Nous
avons aussi parlé des activités de la SADC jusqu'en
août de l'année prochaine. Et j'ai mentionné
la tenue, en février prochain, d'une réunion du
conseil des ministres ainsi qu'un sommet sur la sécurité
agricole. Il y aura aussi une réunion ministérielle
sur le NEPAD [Nouveau partenariat
pour le développement de l'Afrique].
J'ai
aussi informé le président de ma prochaine visite
au Nigeria où je m'entretiendrai avec le président
[Olusegun] Obasanjo sur le NEPAD.
Nous
avons en fin évoqué la mise en place d'un système
permettant à la RDC de travailler étroitement avec
la SADC pour l'exécution des projets. J'envoierai bientôt
des experts pour travailler avec le gouvernement.
Q:
Le programme est ambitieux. La SADC dispose-t-elle des moyens
pour réaliser ses buts?
R:
Ca dépend. Si tous les états membres payent leurs
contributions, nous aurons des moyens. Par ailleurs, nous sommes
en train de travailler avec nos collaborateurs pour financer des
projets régionaux. Nous étudions actuellement les
moyens de mobiliser nos ressources à l'intérieur
de la région. On appelle ceci, 'SADC development phone'
afin de nous permettre de réaliser les projets que nous
avons prévus.
Q:
La RDC a récemment payé une grande partie des cotisations
qu'elle avait en retard. Que peut espérer le pays en retour?
R:
La RDC a beaucoup de choses à gagner. Tout d'abord, c'est
d'appartenir à une grande famille de la région.
Il est très important de parler d'une même voix au
sein des forums comme l'OMC [Organsiation mondiale du Commerce]
et lors des accords de Cotonou [passés entre la Communauté
européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et
du Pacifique; voir les accords de Cotonou sur: http://www.acpsec.org/fr/cotonou/accord1.htm].
Il
existe, en plus, des projets régionaux, notamment sur l'énergie.
Tout
ceci constitue des apports considérables de la SADC pour
tous ses pays membres.
Nous
allons, de surcroît, bientôt établir notre
zone de libre échange ou les Congolais pourront commercialiser
leurs produits dans toute la région. Cette initiative va
créer des emplois et augmenter le niveau de vie.
"Le
CIAT incite le gouvernement à rattraper ses retards en
vue des élections"
Le Comité International d'Accompagnement à la Transition
(CIAT), chargé de superviser le processus transitionnel
en République Démocratique du Congo (RDC) a estimé
mardi que les retards pris par le gouvernement d'union nationale
"risquent d'hypothéquer la tenue d'élections
libres et transparentes dans les prochains 24 mois".
Le
communiqué du CIAT encourage ainsi le gouvernement d'union
nationale à notamment procéder, "sans délai,
à la nomination ou à la confirmation des gouverneurs
de province et leurs adjoints ainsi qu'au déploiement d'une
administration nationale sur l'ensemble du territoire national;
accélérer l'envoi sur le terrain des commandants
des régions militaires et procéder, dès que
possible, à l'élaboration d'un programme de formation
de la nouvelle armée ainsi qu'à la préparation
de la loi sur l'armée et la défense nationale".
Le
CIAT a encore préconisé la mise en place "d'une
structure de coordination chargée de l'élaboration
du programme national de DDR [désarmement, démobilisation
et réintégration], [...] et d'identifier les voies
et moyens d'accélérer le processus de désarmement,
démobilisation, rapatriement et réinsertion (DDRRR)
des groupes armés étrangers en collaboration avec
la MONUC [la mission des Nations Unies en RDC] et les pays voisins".
Le
CIAT a enfin estimé que la réalisation d'un programme
gouvernemental dans le domaine social, fidèle aux attentes
de la population et, "l'instauration d'un cadre légal
garantissant la transparence financière des préparatifs
électoraux", sont nécessaires à la réussite
du processus électoral.
La
résolution 1493 du Conseil de Sécurité des
Nations Unies, le 28 juillet 2003, appelait la MONUC, en coordination
avec les agences onusiennes, les bailleurs de fonds et les ONG
à soutenir le processus électoral en RDC.
Le
CIAT est composé d'ambassadeurs accrédités
par la RDC et présidé par William Swing, le représentant
spécial du secrétaire général des
Nations Unies, Kofi Annan, en RDC.
10
/ 17 / 2003
IRIN
"JED
dénonce la détention irrégulière d'un
journaliste"
L'ONG, Journaliste en danger (JED), a dénoncé, dans
un communiqué du 15 octobre, la détention irrégulière
depuis huit mois, de Bamporiki Chamira, un journaliste au quotidien
La Tempête des Tropiques qui paraît à Kinshasa,
la capitale de la République Démocratique du Congo
(RDC).
Le
journaliste avait été accusé de "participation
directe ou indirecte à un complot visant à éliminer
le président Joseph Kabila et de participation directe
ou indirecte à l'évasion du commandant Doris Mbenge
du cachot de l'ANR/Lemera," a rapporté JED.
Il
avait été arrêté le 14 février
2003 par des éléments de l'Agence nationale des
renseignements puis déféré devant la Cour
de Sûreté de l'Etat (CSE). "L'affaire avait
été mise en délibérée à
l'issue de l'audience du 24 juin. Près de 4 mois après,
la CSE n'a toujours pas rendu son jugement," s'est indigné
JED. Chamira est pour l'heure toujours détenu au centre
pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa,
l'ex-prison centrale de Makala, a affirmé JED.
Après
avoir dénoncé le manque de preuves à l'encontre
de l'accusé, JED a rappelé en outre l'illégalité
de la détention du journaliste. "L’article 80
du code de procédure pénale stipule qu'en matière
pénale, le verdict doit intervenir dans la huitaine."
JED
a renouvelé sa demande de grâce auprès du
président Joseph Kabila qui "en sa qualité
de Magistrat Suprême [doit] corriger toutes les irrégularités
qui entourent cette affaire [...] et ordonner la libération
pure et simple, du journaliste Bamporiki Chamira".
10
/ 16 / 2003
IRIN
"Trois officiers du RCD-Goma pourraient perdre
leurs postes au sein de l'état-major de l'armée"
Les trois officiers, qui refusent de prendre leurs fonctions au
sein de la nouvelle armée unifiée de la République
démocratique du Congo, pourraient être remplacés,
a déclaré mercredi à l'IRIN, le porte-parole
du gouvernement Vital Kamerhe depuis Kinshasa, la capitale.
Le
général de brigade Laurent Nkunda et les colonels
Elie Gichondo et Eric Ruhorimbere, nommés respectivement
commandant et commandants adjoints de la 10ième région
militaire, refusent en effet, de se rendre à Kinshasa pour
des motifs sécuritaires et préfèrent rester
à Goma, dans l'Est de la RDC. Les trois anciens officiers
du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma)
- ancien mouvement rebelle qui fait partie du gouvernement d'union
nationale - avaient, en effet, été accusés
d'avoir commis des violations graves des droits de l'Homme.
"Je
peux confirmer ceci," a dit Kamerhe, "le RCD-Goma sera
obligé de choisir d'autres officiers."
Kamerhe
a ainsi confirmé les informations communiquées à
l'IRIN par des sources militaires selon lesquelles, si les trois
officiers visés ne se rendent pas immédiatement
à Kinshasa, le RCD-Goma devra en proposer d'autres. Dans
l'hypothèse d'un refus de leur part, le gouvernement provisoire
pourvoirait alors à leur remplacement.
Kamerhe
a également confirmé l'intention de ces trois officiers
de rejoindre Kinshasa.
Le
chef d'état-major général, le lieutenant-général
Liwanga Mata Nyamunyobo, avait décidé le 9 septembre
dernier, après leur refus de participer à la cérémonie
d'inauguration de la nouvelle armée, le 5 septembre, de
les déférer devant la Haute cour militaire pour
"refus d'ordre".
L'état-major
de la nouvelle armée unifiée est constitué
par des officiers émanant des principales parties belligérantes:
les miliciens Mayï-Mayï, le RCD-Goma, le Mouvement de
libération du Congo, le RCD-Kisangani/Mouvement de libération,
le RCD-National et l'ancien gouvernement.
Une
distribution de rations alimentaires est également en cours
auprès d'environ 270.000 soldats de l'armée unifiée.
L'opération se déroule à l'occasion d'une
mission dirigée par le général-major Sylvain
Buki, le chef d'état-major des forces terrestres.
"16
personnes tuées dans le Sud-Kivu"
NAIROBI, le 13 octobre (IRIN) - Seize personnes ont été
tuées, lundi dernier 6 octobre, dans le village de Ndunda,
situé à 30 km au nord d'Uvira, dans la province
du Sud-Kivu à l'Est de la République Démocratique
du Congo (RDC), a rapporté vendredi la MONUC, la mission
des Nations Unies en RDC.
"Selon
les témoins, les victimes, en majorité des femmes,
ont été massacrées à coups de haches,
machettes, massues, poignards et autres armes blanches. Deux survivants
sont présentement soignés à l'Hôpital
d'Uvira et quatre personnes sont toujours portées disparues,"
a rapporté la MONUC.
La
vingtaine de personnes responsables de ce massacre, selon des
témoins, parlait Kirundi, la langue officielle du Burundi
voisin. Certains d'entre eux accusent des éléments
burundais des Forces pour la défense de la démocratie,
présents dans la zone, d'avoir perpétré la
tuerie. La région est par ailleurs, a affirmé la
MONUC, occupée par les Forces nationales de libération,
une autre faction rebelle burundaise. La MONUC a diligenté
une enquête pour identifier les auteurs des faits.
La
MONUC a condamné "avec force cet acte odieux et [a
souligné] à nouveau l'engagement de la Communauté
internationale à mettre fin à l'impunité
en RDC".
La
mission des Nations Unies a, en outre, demandé au gouvernement
burundais d'établir rapidement un programme de réinsertion
des combattants burundais opérant en RDC. Le programme
de désarmement, démobilisation, rapatriement, réinsertion,
réinstallation (DDRRR) de la MONUC ne pourra, en effet,
s'adresser aux combattants burundais qu'à partir du moment
où leur pays est prêt à les accueillir. Une
centaine de candidats au retour est déjà regroupée
dans un centre de transit onusien à Bukavu dans l'Est de
la RDC, a précisé la MONUC.
"Au
moins 55 personnes tuées à Kashele, dans le district
de l'Ituri"
NAIROBI, le 10 octobre (IRIN) - Au moins 55 cadavres, principalement
des femmes et des enfants, ont été découverts
à Kashele, une localité du district de l'Ituri dans
le nord-est de la République Démocratique de Congo
(RDC), a indiqué lundi un communiqué de la MONUC,
la mission des Nations Unies en RDC.
Kashele
est situé à 15 km au sud-est de Bule, à environ
60 km au nord-est de Bunia, le chef-lieu de l'Ituri.
Une
mission de vérification, composée d'éléments
de la Brigade Ituri - le nom des forces onusiennes dans cette
région - et d'experts des droits de l'Homme, a immédiatement
été dépêchée sur place. Elle
va dès mardi enquêter sur les circonstances du massacre
et identifier les auteurs afin de les arrêter et les traduire
devant la justice, a déclaré la MONUC.
"Il
s'agit là d'un acte odieux qui va à contre-courant
de la réconciliation qui a progressivement cours à
Bunia et que la MONUC veut étendre au reste du district
de l'Ituri, avec la pleine coopération de l'Administration
intérimaire de l'Ituri et des membres du Comité
de Concertation des Groupes Armés," a encore affirmé
la MONUC.
La
MONUC a réaffirmé dans son communiqué sa
volonté d'utiliser tous les moyens nécessaires que
lui confère son actuel mandat pour que ces crimes ne demeurent
pas impunis. La résolution 1493 du Conseil de sécurité
des Nations Unis du 28 juillet 2003 lui permet en effet de recourir
à la force pour protéger les populations civiles.
Près
de 50.000 personnes sont mortes et plus de 500.000 autres ont
été déplacées à la suite de
l'éclatement de la dernière guerre en RDC en août
1998.
Le
procureur de la Cour Pénale Internationale avait déclaré
au mois de juillet dernier faire des enquêtes sur les crimes
contre l'humanité en Ituri une de ses premières
priorités.
10
/ 03 / 2003
IRIN
"Réforme de la justice
militaire"
Cent vingt magistrats et auxiliaires de la justice militaire de
la République Démocratique du Congo (RDC) ont adopté
mercredi un projet de code militaire. Le séminaire de deux
jours avait été placé sous les auspices du
bureau du Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme
en RDC. Le Comité International de la Croix Rouge et l'ambassade
de Belgique ont également participé.
Ce
code militaire sera ensuite soumis au vote du parlement avant
d’entrer en vigueur, a annoncé Mutombo Katalay, le
rapporteur de cet atelier.
"J'ose
croire que vous présenterez un nouveau visage de la justice
militaire congolaise. Les militaires congolais doivent apprendre
à se comporter avec humanité même en temps
de guerre," a déclaré à l'issue du séminaire
Koloso Sumahili, un ancien rebelle membre du Rassemblement congolais
pour la démocratie-Kisangani/Mouvement de libération
(RCD-K/ML).
Il
a dénoncé les violations des droits de l'Homme commises
pendant plus de quatre années de guerre.
"Les
militaires qui n'ont pas respecté ces normes doivent être
punis," a-t-il dit. Il a évoqué à ce
titre le tribunal international pour la RDC que le président
Joseph Kabila a demandé, la semaine dernière, lors
de son discours à la 58ème assemblée générale
des Nations Unies.
Koloso
a néanmoins expliqué la nécessité
de conjuguer l'exemplarité et l'humanité de la justice
militaire.
"L'objectif
du gouvernement d'union nationale est de mettre en place une nouvelle
armée intégrée, restructurée, disciplinée
et républicaine. Il faudra, pour ce faire, qu'il y ait
un support en vue de permettre au commandement de l'armée
de fonctionner. Ce support est la justice militaire," a affirmé
le vice-ministre de la défense, Mohamed Bule, issu du Mouvement
de libération du Congo (MLC).
Les
120 juristes ont également recommandé l'amélioration
des conditions socio-professionnelles.
"Que
les jeunes magistrats soient nommés et promus selon les
dispositions rigoureuses de la loi," a déclaré
le rapporteur Mutombo en exigeant également la réintégration
des magistrats illégalement révoqués.
315
magistrats civils et militaires avaient, en effet, été
révoqués sous le régime de Laurent-Désiré
Kabila. Ils avaient été accusés de corruption
et évincés de la justice sans être individuellement
entendus.
Les
participants ont aussi demandé aux législateurs
de clarifier les textes pénaux.
Le
représentant de l'ambassadeur de la Belgique s'est félicité
de la conclusion de ces travaux. Il a cependant exprimé
sa préoccupation concernant la levée du moratoire
sur la peine de mort en RDC en raison de l'accroissement de la
criminalité.
|