| Rapports
sur les relations éthniques /
Reports on Ethnic Relations |
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ou de résumés d'articles provenant d'origines diverses
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07
/ 15 / 2003
IRIN
"Répartition
des revenus pétroliers dès le début des exportations"
Le Tchad, pays enclavé et un des plus pauvres d'Afrique,
est devenu cette semaine exportateur de pétrole lorsque
le pétrole brut a commencé à couler de son
oléoduc, long de 1 070 km, vers le terminal d'exportations
flottant au large de la côte du Cameroun.
Il
est prévu que la production des champs pétroliers
du bassin de Doba, dans le sud du Tchad, passe de 50 000 barils,
initialement, à un maximum de 225 000 barils par jour pendant
25 à 30 ans.
ExxonMobil,
la société qui exécute le projet, estime
que le boom pétrolier injectera dans les coffres de l'Etat
tchadien plus de 2,5 milliards de dollars en revenus et royalties.
Le
consortium pétrolier, composé des compagnies pétrolières
américaines ExxonMobil et Chevron, de Petronas (Malaisie)
et de la Banque mondiale, a commencé à pomper du
pétrole de l'oléoduc lundi.
Si
l'on en croit Michel Gallet, l'administrateur général
de la COTCO, l'entreprise opérant l'oléoduc, le
premier pétrolier chargé de pétrole brut
tchadien devrait prendre la mer dans trois mois au terminal d'exportations
du port de Kribi, à onze kilomètres au large du
Cameroun.
Ce
n'est pas pour autant que ce pays sahélien de huit millions
d'habitants, en proie à la guerre civile pendant une bonne
partie de ses 43 ans en tant qu'Etat indépendant, va devenir
riche et baigner dans l'abondance du jour au lendemain.
A
l'heure actuelle, le Tchad dépend de l'agriculture de subsistance,
de l'élevage et de l'exportation du coton pour générer
un produit national brut de juste 267 dollars par tête.
La Banque mondiale estime que quatre-vingt pour cent de la population
vit en dessous du seuil de pauvreté.
Le
président Idriss Déby, qui dirige depuis treize
ans cette ancienne colonie française, est considéré
par les diplomates comme étant à la tête d'un
des gouvernements les plus corrompus d'Afrique. Et bien qu'officiellement,
il tolère les partis d'opposition et organise régulièrement
des élections, à l'heure du bilan, son administration
fait piètre figure en matière de démocratie
et de liberté de la presse.
Il
n'en reste pas moins que la Banque mondiale et trois des plus
grandes sociétés pétrochimiques mondiales
ont investi 3,7 milliards de dollars pour développer les
énormes réserves pétrolières du Tchad,
après avoir établi un cadre juridique qui garantit
- théoriquement du moins - que les revenus pétroliers
du pays serviront à des projets de réduction de
la grande pauvreté au lieu d'achats d'armes ou de l'enrichissement
d'individus de l'élite régnante.
Si
cela se produit, ce sera un petit miracle. Les diplomates et le
Fonds monétaire international se demandent où va
chaque année le million de dollars de revenus pétroliers
de l'Angola. Et la population de la Guinée équatoriale
attend toujours de partager les bénéfices de la
production de pétrole qui permettent au président
Teodoro Obiang et à ses collègues au gouvernement
de mener un train de luxe.
Cependant,
en décembre 1998, la Banque mondiale qui a investi 200
millions de dollars dans le projet de développement du
pétrole tchadien, ainsi que les sociétés
pétrolières partenaires, ont persuadé le
parlement tchadien de passer une loi sur la gestion du revenu
réservant 95 pour cent des futurs revenus publics issus
des projets pétroliers à la promotion du développement
économique et social.
En
vertu de cette loi, 80 pour cent de toutes les royalties et des
dividendes issus du projet pétrolier seront réservés
aux dépenses pour les secteurs de l'éducation, la
santé, aux services sociaux, au développement rural
et à l'aménagement de l'eau. Dix pour cent seront
placés dans un fonds fiduciaire pour les générations
futures, et cinq pour cent seront alloués à des
projets de développement dans la région de Doba
productrice de pétrole, de sorte que la population locale
tire un profit direct de la manne pétrolière.
Les
communautés locales se sont en effet plaintes du peu de
profit qu'elles tiraient des revenus pétroliers, ce qui
a donné lieu à de violents conflits dans la région
du Delta du Niger, au Nigeria, et dans l'enclave angolaise de
Cabinda, qui regorge de pétrole.
Les
déboursements du Compte spécial des revenus pétroliers
tchadiens seront contrôlés par un comité spécial
de vérification constitué de représentants
du gouvernement, du parlement, de la cour suprême et de
la société civile. Celui-ci devra autoriser toutes
les dépenses issues du fonds pétrolier.
Des
vérifications annuelles des revenus pétroliers publics
et de leurs dépenses seront publiées.
La
Banque mondiale escompte donc que le Tchad, en dépit du
fait que son gouvernement soit l'un des moins prometteurs d'Afrique,
devienne un modèle de transparence et de responsabilisation
publique quand il s'agira de dépenser les futurs revenus
pétroliers.
"Je
suis rassuré que les structures soient en place pour garantir
que les ressources pétrolières conduisent à
une réduction visible de la pauvreté dans les prochaines
années et rehaussent les niveaux de vie dans le pays",
a déclaré Grégor Binkert, l'administrateur
de la Banque mondiale dans la capitale N'Djaména.
Callisto
Madavo, le vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique,
est également un brin optimiste. "Ceci constitue une
occasion unique d'améliorer le niveau de vie dans l'un
des pays les plus pauvres du monde', a-t-il conclu.
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