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Here the ethnic questions are exposed as seen by Cameroon newspapers, especially Cameroon Tribune. To facilitate a comparative study, other newspapers such as Le Messager, L'Eveil du Cameroun, Galaxie, Le Temps, Aurore Plus, Dikalo, Le Patriote, La Nouvelle Expression, Génération, Le Quotidien, Inpact-Tribune, which approach the issue from a very different perspective than Cameroon Tribune are also exploited. The analytical point of departure consisted of making a census of all issues of Cameroon Tribune betweeen 1990 and 1991, a period when tribalism reached its peak and civil war loomed in the sky for purely ethnic reasons. Out of some five hundred copies only ten handled the issue of tribalism. So, only ten articles were content-analysed. The study helped in pointing out the role of Cameroon newspapers in exacerbating tribalism in the country. The findings are that Cameroon Tribune, as state-owned newspaper, mystifies, or even excludes debates on these issues. Information on ethnic issues is insignificant either on the "front page" or inside the newspaper in relation to volume of space for political, economic, and cultural questions. By so doing it is merely faithful to government policy. On the contrary, the private newspapers pick on tribalism inexorably though it is true that, solutions to ethnic fanaticism only go as far as exhuming the problem publicly. It is undoubtedly in this light that a quarterly, Inpact-Tribune, came up specialized on tribalism. Other newspapers obviously of official sympathies Le Patriote, Le Combattant, Le Courrier, and especially the spectacular Elimbi specialise on the Bamileke, instead of a healthy and constructive debate on ethnic conviviality, it has a creed to fan ethnic conflict in the democratisation opening.
Au Cameroun, le problème ethnique est inséparable de la politique, dans la mesure où il a été exacerbé surtout depuis 1960, date de l'accession du pays à l'indépendance. Lorsqu'il a fallu libérer le Cameroun du joug colonial, la première question que se posaient sles Camerounais était : " Après le départ des Blancs, quelle ethnie prendra-t-elle le pouvoir ? " En d'autres termes, quel Noir peut-il commander d'autres Noirs ? La question du pouvoir s'est donc posée d'emblée en terme d'ethnie. Avec l'instauration de la dictature monopartiste, la question est restée en couveuse pendant trois décennies, pratiquement jusqu'en 1990, l'année du premier balbutiement de la démocratie au Cameroun : multipartisme, liberté d'expression, liberté de presse, liberté d'association, liberté de déplacement. Les positions sociales ont pris la forme de crise ethnique. La presse n'en fit pas seulement l'écho, elle joua même ce que Bernard Voyenne a appelé " un rôle d'amplification sociale " (La Presse dans la société contemporaine, p.194). Quelle est la responsabilité de la presse camerounaise dans l'exacerbation du tribalisme dans le pays ? Le sujet nous invite à situer la place qu'occupe les problèmes sethniques dans les médias camerounais voire les rapports entre les différentes ethnies et les médias. Existe-t-il des médias réservés à certaines ethnies et que d'autres ethnies se refusent à fréquenter de peur d'enrichir leurs propriétaires ? En somme, en tenant compte du paramètre de démocratisation quelle est la réaction des médias vis-à-vis des problèmes ethniques au Cameroun ? Ainsi posé, le problème est très vaste. Pour le couvrir entièrement, il faudrait mener des recherches en radio, en télévision, voire en presse écrite. Nous nous sommes limités aux médias écrits. A l'ouverture démocratique, une soixantaine de titres de presse d'opinion paraissaient au Cameroun. Nous partons de l'étude du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune. Ensuite viennent les journaux de droite tels que Le Patriote, Le Confident, Le Combattant, Le Courrier, Elimbi, etc . D'autres de gauche tels que Le Messager, La Nouvelle Expression, Galaxie se veulent plus indépendants. Cameroon Tribune est donc ici le plat de résistance, journal financé par tous les contribuables camerounais, donc a priori sans parti pris. Comment aborde-t-il les problèmes ethniques ? D'où le nouveau titre suivant : Traitement des problèmes ethniques dans Cameroon Tribune. Le média que nous avons à étudier est un journal national, c'est-à-dire qu'il appartient à l'Etat du Cameroun, ou, en d'autres termes, à tout le peuple camerounais. Par conséquent, il est censé se placer au-dessus du lot et ne pas se mêler des problèmes ethniques qui ont pour essence de détruire l'unité nationale. Un dirigeant normal ne devrait jamais souhaiter la division de son pays . D'où l'hypothèse suivante : Cameroon Tribune combat le tribalisme. Cette énonciation signifie qu'on ne devrait pas trouver dans cette publication des articles qui incitent à la haine ethnique, comme c'est le cas dans Elimbi. La période retenue s'étale sur deux ans : De 1990 à 1991. Or, Cameroon Tribune paraît tous les jours, à l'exception des samedis, des dimanches et jours fériés. Nombre de jours exclus : 52 samedis + 52 dimanches multipliés par deux (années) = 208 jours et 11 jours fériés (fêtes officielle et religieuses) multipliés par deux (ans) = 22 jours. Soit un total de 208 + 22 = 230 jours sans journal. Nombre de numéros de journal : (365 x 2) - 208 = 500 numéros parus. Le corpus a été choisi selon une technique statistique utilisée par Jacques Kayser dans un article intitulé "Etude de contenu d'un journal ; analyse et mise en valeur". in Etude de presse, N° 20-21, 1959, repris dans son livre, Le quotidien français, en 1963. Cette technique de choix de corpus consiste à tirer les numéros de façon séquentielle et hebdomadaire. Par exemple, 1ère semaine : numéro de lundi, 2e semaine, numéro du mardi et ainsi de suite. On obtient en moyenne 50 numéros par an pour la période envisagée. L'ensemble constituera le corpus désiré. Pour des vérifications finales, des matériaux supplémentaires pourront être joints au corpus. Il reste une dernière éventualité. Les 500 numéros retenus peuvent ne pas avoir assez d'éléments sur le thème à exploiter. Auquel cas, on reprendra une dernière technique de choix de corpus, consistant à parcourir tous les 500 numéros pour n'en retenir que ceux dans lesquels on a effectivement publié un article sur le tribalisme. Cette technique est fastidieuse, mais plus sûre. Chaque article donnera lieu à une analyse de contenu selon la méthode de sémantique quantitative, fondée sur la séparation d'items et la mesure de leur fréquence. Par exemple, la répétition des mots caractéristiques (noms, verbes, adjectifs, symboles, procédés répétitifs dans la rédaction des titres et des intertitres). Le résultat général de l'analyse sera confronté aux grandes lignes générales de la politique gouvernementale en matière d'information et d'ethnies au Cameroun. Qu'en dit, par exemple, Pour le libéralisme communautaire, synthèse de la politique du président Paul Biya ? " Le brassage des populations étant un facteur de fraternité et d 'union, le RDPC entend oeuvrer à la fois pour une circulation plus accrue des Camerounais à l'intérieur de leur pays, et pour la promotion des unions inter-ethniques " (p. 137) et il ajoute : " Notre parti a donc la responsabilité de réduire les clivages ethno-culturels actuels afin de favoriser l'intégration nationale, condition préalable à l'avènement d'une démocratie pluraliste ". (p. 139) Sur le plan méthodologique, la technique statistique et l'analyse de contenu s'imposent en tant que techniques d'analyse des données visant à écrire et à interpréter de manière systématique le contenu manifeste de communications Elle sera faite en fonction de la grille suivante : Qui parle ?, Pour dire quoi ? Par quels procédés ? A qui ? Avec quel effet recherché ? Suite à la collecte des données, il a fallu préciser les catégories et le nombre de documents à traiter, puis déterminer l'unité de mesure (concepts, mots, groupes de mots, types d'objectifs à atteindre) et enfin choisir les catégories d'analyse ou valeurs des variables en fonction desquelles l'information sera répartie. Après
avoir montré l'acuité du problème ethnique dans la
société camerounaise, à travers quelques échantillons
de journaux locaux, l'on s'est penché sur le cas particulier du
journal gouvernemental, Cameroon Tribune, quitte s’interroger sur
la pratique concrète de ce journal et la politique gouvernementale
en la matière. TRAITEMENT
DE L'ETHNISME DANS CAMEROON TRIBUNE : - Cameroon
Tribune N° 4883, jeudi 9 et vendredi 10 mai 1991. p. 7 Cameroon
Tribune Numéro 4885 du 14 mai 1991. p. 23 Ce numéro relate le malaise qui persiste à l'Université de Yaoundé: L'agitation ethnique là bas est différemment perçue par certains journaux privés: 1) Le Patriote déclare à l'endroit d'un journaliste du Messager: "vous propagez un tribalisme aveugle" 2) Peuple d'Afrique estime que la responsabilité de certains journalistes est engagée dans la résurgence du tribalisme au Cameroun. 3) Selon Le Messager, l'Etat-tribal veut trancher au couteau. 4) Pour Challenge Hebdo, le tribalisme figure en bonne place parmi les dangers qui guettent notre pays à l 'aube de la nouvelle ère des libertés, par la faute de nos dirigeants qui ont entretenu et institutionnalisé le mal. 5) La Détente : Ce sont les agitateurs qui opposent Bétis et Bamilékés en publiant des tracts et autres mémorandas. 6) Pour La Nouvelle Expression, il faut en finir avec les prétendues contradictions tribales. Dans l'Afrique actuelle, la plupart des ethnies n'ont plus grand-chose à voir avec les tribus primitives et archaïques. C'est pourquoi dans les luttes socio-politiques en Afrique aujourd'hui, coexistent des revendications de plus en obstensiblement ethniques, ce qui ne veut pas forcément dire tribalistes au sens de chauvines. Cameroon
Tribune N° 4889, du mardi 21 mai 1991 Cameroon
Tribune N° 4896 du jeudi 30 mai 1991 Cameroon
Tribune N° 4903 du lundi 10 juin 1991 Cameroon
Tribune N° 4919 du 3 juillet 1991, p. 23 L'auteur s'étonne qu'on ait trouvé une justification au tribalisme au cours d'un débat télévisé d'antenne libre, le 6 juin 1991. C'est révoltant, conclut-il. Cameroon
Tribune N° 4824 du mercredi 10 juillet 1991 Cameroon
Tribune N° 4937, dimanche 28 et lundi 29 juillet 1991, p. 4 Critique : c'est un article curieux où ne figure nulle part ni le mot ni l'idée du tribalisme pourtant annoncé dans le titre. Par conséquent, le titre de l'article ne reflète pas du tout son contenu. C'est une digression. Cameroon
Tribune N° 4978, du mercredi 25 septembre 1991 p. 23 C.T. N° 3118 des 4 et 5 novembre 1984. Selon lui, " plus on prêche contre le tribalisme, plus les camerounais deviennent tribalistes. En fait qui est contre le tribalisme ? Les textes gouvernementaux ou les hommes qui les appliquent ? " Se demande-t-il . L'Etat camerounais ne veut pas enlever de la tête des camerounais l'idée qu'ils ont d'appartenir d'abord à leur ethnie. Telle est la thèse de l'auteur. Cameroon
Tribune : N° 5021 du mardi 3 décembre 1991, p. 23 L'unité d'analyse L'unité d'analyse ici est bien sûr l'article, puisqu'il s'agit des journaux. Après avoir retenu à partir de leurs titres, les articles qui relèvent de notre champ d'étude, nous avons élaboré une grille d'analyse à partir de notre technique de dépouillement. Ce dépouillement a été fait suivant la mise en valeur, d'après la catégorie suivante. A - L'EMPLACEMENT 1 - La
pagination. 2 - La
place B - LE TITRAGE Tous les lecteurs de journaux savent que les journalistes attirent leur attention par la grosseur des titres. Or cette grosseur est elle-même fonction de la longueur de l'article ou du colonnage, de la surface utilisée et des caractères d'imprimerie. On peut également mettre en exergue des titres par des effets visuels, tels que la couleur. Tous les articles de Cameroon Tribune étaient composés en caractères ordinaires ( corps 12). Les titres sont souvent en corps 24. On peut aussi mélanger les corps 24 familles de caractères comme l'a fait Dikalo dans son dossier sur le tribalisme. Ainsi Cameroon Tribune n'a -t-il utilisé aucune fioriture dans la présentation de ses titres. Tous les autres journaux ont titré à la " une " en corps 60. INPACT Tribune et Le Temps utilisent en plus de la couleur rouge pour mieux attirer l'attention de leur clientèle. Il va de soi que la valeur d'un titre ne s'apprécie que par rapport aux autres titres utilisés dans le journal. C - LA PRESENTATION Un article peut être présenté de façon attrayante et un autre de manière à en décourager la lecture. La mise en page est bel et bien un art. Le style de mise en page est également important. Une mise en page aérée, ordonnée facilitera la lecture plus qu'une mise en page chargée, chahutée ou grise. Avec une mise en page verticale, il est difficile d'apprécier les emplacements. Il est admis que les colonnes qui " ouvrent " le journal, c'est-à-dire en allant de gauche à droite, constituent les places de choix. En se fondant sur cette règle, on peut affirmer que les articles de Cameroon Tribune sur le tribalisme, n'ont aucune importance particulière. Au contraire tous les articles de INPACT Tribune et Le Temps sont illustrés et écrits en caractères variés et spéciaux, tandis que les textes de Cameroon Tribune sont composés dans les caractères courants D - LA SIGNATURE La signature d'un article rehausse automatiquement sa valeur. Un article rédigé par une personnalité (un archevêque) ou par une vedette (Mongo Béti), aux yeux des lecteurs n'aura pas la même valeur que l'article d'un inconnu. Tous les articles du dossier de la Nouvelle Expression sont rédigés par des auteurs de renom. Bien au contraire, dans Cameroon Tribune, il s'agit d'opinions émises au passage par simples lecteurs. C'est pourquoi ces articles prennent souvent la forme de la lettre à l'éditeur. Pour montrer qu'il n'est pas partie prenante de ces articles sur le tribalisme. Cameroon Tribune prend toujours la peine de faire ressortir sur fond noir la mention suivante : " Les opinions émises dans cette page n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs ". Par cette formule, les responsables du quotidien dégagent leur responsabilité de tout propos déplacé. E - TYPES D'ARTICLE Dans les genres journalistiques, on distingue les genres d'information impersonnels tels que la nouvelle brève, le filet ou la mouture ; les genres de commentaire éditorial, tribune libre, chronique, article de fond, lettre à l'éditeur, revue de la presse, et enfin les genres mixtes : interview, enquête, reportage. Ces articles peuvent être rédigés par des journalistes attitrés ou tout autre citoyen désireux de communiquer ses idées au public. Lorsqu'un
journal traite d'un thème dans son éditorial, on comprend
qu'il le tient à coeur. Il en est de même lorsqu'on fait
appel à d'éminentes personnalités pour écrire
des articles sur ce thème. Or dans Cameroon Tribune, les
articles d'opinion occupent 50 % contre 20 % de reportage et 20 % d'interview.
Par conséquent, le tribalisme qui ébranle le Cameroun ne
préoccupe pas ce quotidien national. Pour lui, le tribalisme est
un sujet très sensible, dont on doit parler avec beaucoup de précaution.
Au contraire les journaux privés que nous avons sélectionnés
ont utilisé tous les genres journalistiques , de l'éditorial
aux enquêtes. Sur les 500 numéros dépouillés (1990 et 1991) 10 seulement comportent chacun un article traitant des problèmes ethniques, soit 2 % du volume global des articles. C'est dire que le tribalisme n'entre pas dans les préoccupations de Cameroon Tribune, le quotidien gouvernemental . Analyse de contenu (des 10 numéros)
Il découle de ce tableau que le quotidien gouvernemental n'accorde aucune importance particulière au traitement des questions ethniques. Le titrage et la présentation des textes sont tout à fait ordinaires. On ne cherche pas à attirer l'attention des lecteurs. La rubrique tribune libre l'emporte sur la politique, 50 % contre 30 %. Les articles d'opinion des lecteurs sont de moitié plus nombreux que les autres. Ce sont les lecteurs, pour ainsi dire, qui imposent ces articles au journal. On comprend pourquoi 50 % des articles émanent de ces lecteurs indépendants. Durant toute l'année 1990, Cameroon Tribune n'a publié aucun article sur les problèmes ethniques. Selon ce journal, c'est l'avènement de la démocratie qui a engendré le tribalisme. Par ricochet, la quête de la démocratie est un danger pour notre peuple. Nous entendons par ethnie ou peuple, un ensemble d'individus que rapprochent un certain nombre de caractères, de traits de culture et de langue. Le mot tribu qui tend à disparaître du vocabulaire des sciences sociales à cause de son imprécision et de sa connotation idéologique, tout comme le mot civilisation, visait un ensemble de familles vivant sous l'autorité d'un même chef patriarche, dans une contrée. Ces individus sont issus d'une même souche ancestrale, ayant une communauté de langue et de traditions culturelles. Chaque groupe tribal a son espace bien délimité, une histoire, des coutumes, des danses, ses mythes, sa cosmogonie et sa langue. Bref la tribu est un microcosme. La tribalité est alors un sentiment tribal, c'est-à-dire le fait et la conscience d'appartenir à une tribu. Le tribalisme, au contraire est un excès de tribalité, c'est-à-dire ce sentiment tellement exacerbé que ceux qui n'appartiennent pas à la même tribu sont considérés comme des étrangers, voire des ennemis à abattre à tout prix, car on leur attribue tous les maux de la société. Tout ce qui vient d'autres tribus est mauvais. Avec le tribalisme, l'Etat ou la nation n'a plus de sens. Le tribalisme est un germe du colonialisme selon KOTTO ESSOME, " L'observation et l'analyse établissent la postériorité des " tribalismes " à l'avènement de la colonisation " (La Nouvelle Expression , N° 001, du 23 mai 1996, p. 23). En ce sens, le tribalisme n'est autre chose qu'une vision de la société africaine par les colonisateurs. Moukoko
Priso est donc bien fondé d'écrire : " Il est de plus
en plus connu désormais, à mon avis, que ce qu'on continue
d'appeler problème tribal en Afrique noire, c'est tout simplement
la forme, particulière que revêt dans notre continent, le
problème de nationalité Mais le colonialisme, et en réalité
la grande civilisation occidentale ne connaissent pas d'autre élément
que le mépris et le racisme comme fondement de leur vision de l'Afrique
". (Dikalo, Hors Série, N° 002, du 07 juin
1993, p.8. LE PROBLEME ETHNIQUE DANS QUELQUES AUTRES JOURNAUX De temps en temps les journaux privés publient chacun un article d'analyse sur le tribalisme. Lorsque la nouvelle Constitution, promulguée en janvier 1996, a consacré les notions d'autochtones et d'allogènes, confirmant par là que le Camerounais n'est pas partout chez lui sur notre territoire, tous les journaux ont pris position, soit pour soutenir cette distinction entre les citoyens d'un même pays, soit pour la combattre. Par ailleurs, la protection des minorités inscrites dans la même Constitution trahit l'intention des dirigeants de différencier en termes de clivage ethnique les Camerounais. Ici nous avons choisi au hasard quelques journaux qui avaient titré à la " une " sur le tribalisme. Nous nous contentons de les passer en revue, l'objectif étant de montrer que les journaux privés ont une approche différente de celle du Cameroon Tribune en ce qui concerne le traitement des questions ethniques. Le Messager,
N° 184 du 08 mai 1990 L'Eveil
du Cameroun, N° 002 du 28 février 1991 En conclusion, " l'intelligentsia camerounaise, elle, semble se complaire dans des combats, pour écarter tel groupe ethnique du pouvoir, ou empêcher que tel n'en prenne possession ". Galaxie,
N° 017 du 04 décembre 1991 En conclusion, le bimensuel de Douala alerte l'opinion nationale sur le fait que " des alliances nocives se nouent en ce moment au profit de la France et du groupe tribal Haoussa - Béti, dans la tradition et conformément au schéma dicté par Aujoulat pendant l'indépendance. " Le Temps
: N° 125 du 31 août 1992 Le Temps
répond à ces questions dans un dossier exclusif et vous
propose le voyage au bout de l'absurde (pages 2, 4, 5, 6, 7, 11, et 12)
"D'après les intellectuels Bamiléké la réussite économique des Bamiléké justifierait que le pouvoir politique leur revienne. D'après l'intelligentsia Béti la revendication intempestive du pouvoir politique par les Bamilékés procède d'une volonté d'hégémonie et de domination d'autres ethnies". Qui est
le Bamiléké dont on a tant peur ? En conclusion, " La guerre économique entre Béti et Bamiléké bat donc son plein. La mafia bamiléké la masque derrière le combat pour la démocratie. Les Bétis la mènent qu nom du refus de l'hégémonie des Bamiléké en estimant être le dernier rempart face à ce groupe . Les Bamiléké ont compris que les Béti sont le dernier et seul obstacle qui se dresse devant eux pour qu'il assoient leur domination sur le pays ". Aurore
Plus : N° 012, du 26 août 1992 " La notion d'ethnie supérieure que clament tout haut ses tenants à longueur de journée est malsaine pour les esprits et pour le pays. Elle peut en effet conduire à sa perte, à sa dégradation . Cette marginalisation provoque en retour un sentiment de rejet des Bamiléké chez les autres ethnies et communautés camerounaises ". " Ne pouvant accéder au pouvoir par des moyens légaux, ils ont créé une voix divine pour y parvenir : la presse privée. Celle-ci constitue leur principale arme de lutte en essayant de faire chacun de leur problème une affaire nationale ". " A eux seuls donc l'intelligence, la richesse, le courage, l'efficacité et le dynamisme et rien pour les autres ethnies du Cameroun ". Le Temps
: N° 148 du 06 mai 1993 Les deux interviews font ressortir le fait que les Bamiléké partout jouent toujours les seconds rôles et qu'ils sont toujours à la traîne des autres et que la nécessité se fait de prendre conscience de cette situation. " Certains leaders d'opinion bamilékés pensent qu'il est temps que leurs frères de l'ouest reprennent conscience des dangers qui les menacent s'ils se laissent embobiner par des mots d'ordre qui ne sont pas toujours à leur avantage. Ici, il n'importe pas, de demander aux Bamilékés de devenir les partisans de tel ou tel bord politique, il s'agit de leur faire prendre en main leur destinée, en toute souveraineté, chacun selon ses aspirations, en toute liberté, sans qu'ils ne soient nécessairement liés aux considérations régionalistes ou tribales. Car la démocratie est le libre choix des individus face aux problèmes nationaux ". Dikalo
: N° 002, du 07 juin 1993 Le Patriote
: N°155 du 19 au 26 janvier 1995 p. 10 et 11 " Dynamique et prospère, la province de l'ouest a toujours bénéficié d e la sollicitude de Paul Biya. Finis les cauchemars de l'Affaire Ndongmo et du maquis (années 1955-1970). Sereins, les Bamiléké participent, sur toute l'étendue du territoire et dans tous les secteurs, à l'essor politique, économique et social du Cameroun. Mais quelques bonimenteurs, mûs par l'appétit du pouvoir, tentent de creuser un mystique fossé entre les Bamiléké et Paul Biya ". La Nouvelle
Expression : N° 001 du 23 mai 1996 ( numéro hors série
) Thèmes
: Ce numéro spécial, dossiers et documents, couvre entièrement
les 32 pages de ce bi-hebdomadaire. Il s'agit des textes denses et illustrés
auxquels ont participé de nombreuses personnalités. Génération
: N° 062 du 04 au 10 mars 1996 Quotidien
: N° 130, du mardi 25 juin 1996 INPACT Tribune est le bulletin trimestriel d'analyse et de débat de la fondation Initiative panafricaine contre le tribalisme (INPACT) dont la devise est de combattre le tribalisme, pour qu'à jamais vive l'Afrique notre mère. Depuis 1994, ce bulletin trimestriel qui traite uniquement du tribalisme en est à son dixième numéro, en 1997. Passons en revue quelques-uns INPACT
Tribune N°002 de juin-juillet-août 1994. INPACT
Tribune : N° 005 de septembre-octobre 1995 INPACT
Tribune, N° 006 de janvier - février - mars 1996 INPACT
Tribune, N° 007 d'avril - mai - juin 1996 INPACT
Tribune, N°008 de septembre - octobre - novembre 1996 INPACT
Tribune : N°009 de janvier - février - mars 1997 CONCLUSION GENERALE On le voit, que ce soit en quantité ou en qualité, la presse privée camerounaise accorde plus d'attention aux questions ethniques que le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune. C'est uniquement à titre d'illustration que nous en avons sélectionné quelques échantillons. Ici, Cameroon Tribune n'accorde aucune priorité au traitement de la question ethnique dans ses colonnes, suivant en cela la politique gouvernementale qui cherche à escamoter ce fait, de peur de faire croire que le pays ne marche pas bien. Et curieusement ce sont les dirigeants qui fomentent la haine " tribale ". " Les élites manipulent les populations à leurs propres fins "(Moukoko Priso) Ni le titrage, ni l'emplacement dans le journal ni la présentation d'ensemble des articles publiés sur le thème, ni le colonage ne permet de dire que Cameroon Tribune accorde une quelconque valeur au traitement des problèmes ethniques. En cela notre hypothèse est restée invalidée, car on se serait attendu à ce que le quotidien gouvernemental réagisse comme la presse privée, qui sans exception, voit dans le tribalisme un problème crucial pour l'avenir du Cameroun. A la limite, Cameroon Tribune souhaiterait éviter de parler de ce problème ou tout au moins d'en prendre position. Seulement 2 % des numéros en parle. Rien de surprenant. Car comment peut-il naviguer à contre-courant, alors que, tout le monde le soutient, ce sont les dirigeants qui attisent la haine " tribale " au Cameroun ? Lorsque Cameroon Tribune parle de tribalisme, c'est pour montrer que c'est la quête de la démocratie par le multipartisme qui l'a engendré. C'est pour soutenir à la suite de M. Chirac que notre peuple n'est pas mûr pour la démocratie (voyage à Abidjan en 1990) et à la rigueur il nous faut une démocratie adaptée à " notre " rythme et conforme à " nos "moeurs (voyage à Brazzaville en 1996.) Lorsque l'armée tire sur la foule, le journaliste de la CRTV annonce que les morts ont été piétinés par la foule (Bamenda en mai 1990) ; personne n'a rectifié cette bévue par la suite. En plus Radio-Centre et la Station de Ngaoundéré sont considérées comme étant des stations provinciales de la haine, car elles incitent impunément les populations à la guerre civile. On les compare à la Radio des Milles Collines du Rwanda qui incita les populations au génocide. " Il vaut mieux dormir ou cohabiter avec un diable que vous connaissez qu'avec un ange que vous ne connaissez pas. Serrez-vous les coudes, car le jour où le pouvoir ira outre rive du Mungo. Vous êtes bannis pour l'éternité ". Voilà le genre de discours que tiennent les journalistes aux contribuables camerounais qui financent ces radios.
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