MOST Ethno-Net publication: Africa at Crossroads

MOST ETHNO-NET AFRICA PUBLICATIONS

Le Manifeste de la Paix en République Démocratique du Congo,

CONGO FRATERNITE ET PAIX - Omnia vincit amor, Février 2002
B.P. 16.763 Kinshasa / Gombe; Tél. (+243) 98 23 42 43; E-mail : fraternityfr@yahoo.fr, cofrapax@yahoo.com

Préliminaires I Causes internes des conflits et guerres I
Les causes externes des guerres I
Recommandations I Bibliographie

TITRE PREMIER: CAUSES INTERNES DES CONFLITS ETHNIQUES ET GUERRES


Chapitre 2
L'EPURATION ETHNIQUE AU KATANGA

" Quand la haine interethnique remplace le discours politique, quand le pouvoir de la terreur remplace le pouvoir légitime, alors tous les débordements sont à craindre ".
Amnesty International

Riche en divers minerais (cuivre, cobalt, zinc…), le sud du Katanga a attiré les populations congolaises d'origines diverses grâce à la prospérité que lui conférait son industrialisation. Les ressortissants du Kasaï, amenés par le colonisateur pour travailler dans les sociétés minières (UMHK) et de chemins de fer (SNCC), ont constitué au fil des années une forte minorité représentant plus ou moins 30% de la population katangaise. Après le départ des colons, c'est eux qui héritent des meilleures postes de responsabilités dans ces entreprises ainsi que dans la classe moyenne. Cette position sociale privilégiée, combinée à leur succès aux premières élections municipales de décembre 1957, leur valut une première expérience d'épuration ethnique en 1960-1962 (42).

2.1. Le point de vue des Katangais
Pour la majorité de Katangais, les gouvernements successifs du Congo indépendant ont continué à favoriser la prépondérance Kasaïenne dans les deux grandes sociétés de la région : la Gecamines et la Sncc. Selon eux les cadres Kasaïens, majoritaires dans ces deux sociétés, promouvraient les leurs et discrimineraient les Katangais dans l'embauche.

Certains Katangais accusent les Kasaïens de ne pas s'intégrer, de vivre séparés des autres, d'être hautains et de ne pas respecter la façon de vivre de leurs hôtes (lire notamment le journal " Temps nouveaux " n°85 du 23 au 29 juillet 1993, pp. 1-2.)

2.2. Le point de vue des Kasaïens
De leur côté, les Kasaïens estiment avoir mérité les postes qu'ils occupaient dans les entreprises citées. Ils font valoir que c'est eux et leurs ascendants qui ont fait du Katanga ce qu'il est aujourd'hui, car lorsque les bancs construisaient l'Union Minière du Haut Katanga, les Katangais avaient hésité à participer à l'œuvre d'industrialisation et de modernisation de leur province.

Les Kasaïens rappellent volontiers que leur réussite est la résultante de leur dynamisme, lequel pouvait également s'observer dans le monde des affaires qu'ils dominaient au Katanga. Ils donnent comme preuve cet aveu de Moïse Tchombé, président du Katanga en 1960, qui écrit dans ses mémoires : " Protégés (les Kasaïens) par elle (l'Union minière du Haut Katanga, actuelle Gécamines), instruits dans ses écoles, ils prenaient les meilleures places aux enfants du pays. Cependant, nous n'éprouvions aucune aversion à leur égard. Nous estimions leur ouvrage et les savions, comme les Blancs, indispensables à la prospérité de la province " (43).

2.3. Quelques précisions
Avant toutes choses, Congo Fraternité et Paix tient à préciser ce qui suit :
1. Les populations des Kasaï et du Katanga appartiennent pour ainsi dire, aux même ensembles ethniques. Ainsi, les Lulua et les Luntu du Kasaï occidental, ainsi que les Baluba Lubilanji du Kasaï oriental, appartiennent au même grand groupe ethnique que les Baluba Katanga . Les Bakete (Kasaï occidental) et les Kanyok (Kasaï oriental) appartiennent au groupe Lunda avec les Karund du Katanga. De même les tribus Tshokwe et Songye sont divisées entre les Kasaï et le Katanga.
2. Il ne s'agit donc pas d'une véritable guerre ethnique entre des peuples étrangers les uns aux autres. C'est la manipulation politique qui a réussi à installer la haine entre des communautés sœurs, partant d'un sentiment de mécontentement latent - phénomène tout à fait normal dans les circonstances de crise que traversait le Congo.
3. En utilisant ce sentiment de mécontentement pour dresser toute une province contre une minorité d'immigrés d'autres provinces, les autorités locales et le Premier Ministre de l'époque ont donné une mauvaise réponse à une question réelle.

2.4. La tragédie
Tout commence en septembre 1991. M.Gabriel Kyungu wa Kumwanza, alors président provincial de l'Union des fédéralistes et des républicains indépendants, UFERI en sigle, envoie des centaines des jeunes de son parti à Luena pour en chasser les Kasaiens, accusés d'entretenir la grève qui pénalise la Gécamines. Bilan : plusieurs morts, et la petite ville de Luena est nettoyée de sa population Kasaïenne.
Comme pour le récompenser, Kyungu est nommé le 6 novembre 1991 gouverneur du Katanga par le Maréchal Mobutu. Le nouveau gouverneur inaugure son mandant par un discours haineux hystérique, et en appelle à l'extermination des Kasaïens qu'il qualifie d' " insectes " ou " Bilulu " en swahili.

Le 25 novembre 1991, le président national de l'UFERI, M. Jean de Dieu Nguz-a-Karl I Bond, accède à la primature. Il est immédiatement désavoué par ses pairs de l'union sacrée de l'opposition, qui se reconnaissent en Etienne Tshisekedi, de l' Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Nguz et Kyungu transforment ce désaccord politique en une haine féroce à l'endroit des corrégionnaires de leur adversaire habitant le Katanga.

C'est ainsi que, lorsque Etienne Tshisekedi est élu Premier ministre par la Conférence Nationale Souveraine (CNS) le 15 août 1992, le décor de la chasse à l'homme avait été planté depuis longtemps. Dans une ambiance préalablement chauffée à blanc par de discours de haine prononcés quelques semaines auparavant par M.M. Nguz et Kyungu, la joie des partisans de Tshisekedi est vite perçue comme un acte de provocation par les militants de l'UFERI. Des heurts entre les deux groupes vont offrir au gouverneur Kyungu l'occasion de lancer une impitoyable chasse aux Kasaïens dans les villes et campagnes du Katanga.

Le 24 juillet 1993, le président de l'Association des cadres pénitentiaires du Zaïre, M. Kantu, projette 2 heures 30' d'images ramenées du Katanga au centre Béthanie de la Gombe. Un journal en fait le récit suivant : " Des personnes atrocement abattues. Des résidences pillées et calcinées. Des scènes qui pincent le cœur, que beaucoup voyaient pour la première fois depuis que l'on parle de ce drame. Conclusion de l'assistance au bout de la projection : la communauté Kasaïenne vivant au Katanga connaît une véritable tragédie humaine. La communauté nationale ne semble pas bien saisir les souffrances des Kasaïens du Katanga, car au delà de toute exploitation politicienne qui est faite de ce drame, c'est une plaie qui s'ouvre sur la paix sociale au Zaïre " (44).

Selon M. Kantu, le dernier recensement de la Croix Rouge faisait état de 68.000 personnes en situation dramatique, et de plusieurs milliers de personnes parquées dans des " camps de concentration ", et plusieurs autres éparpillées à travers la région.

Selon le journal, " tout le monde a été unanime à reconnaître l'implication de l'autorité politico-administrative. Ils ont justifié leur jugement par certains faits dont, le recrutement des jeunes gens à Kamfua, Luena, Lubeni, Matalu et Kamalenge ; la remise des armes à des partisans de la jeunesse de l'UFERI et la mise à la disposition de celle-ci d'une ambulance pour distribuer de l'essence devant servir à brûler les maisons des Kasaïens ; le paiement d'une prime aux éléments de cette jeunesse à chaque campagne ; et l'évacuation des militaires du camp génies accusés d'être acquis à la cause des Kasaïens ".

On ne saura peut être jamais le nombre exact des victimes de cette épuration ethnique. Mais un livre esquisse un bilan : " En quatre ans d'une féroce épuration ethnique, ont péri au Katanga 200.000 Kasaïens, victimes de haches, de bombes, de mitraillettes et des épidémies consécutives à l'état d'hygiène dans lequel ils étaient placés… Près de trois millions des leurs ont tout perdu et se sont retrouvés réfugiés dans leur propre pays " (45).

Ces chiffres tragiques ont été confirmés lors de la Campagne nationale contre le tribalisme et les divisions ethniques organisées par Médias pour la paix au Centre Bondeko (Kinshasa)du 6 au 8 septembre 1999. en effet, dans un exposé intitulé " conflits ethniques : personnes déplacées et réfugiées transfrontaliers en Afrique ", Emmanuel Kabongo Malu dira : " L'épuration ethnique qui a sévi au Katanga, au sud-est du Congo de 1991 à 1995, et dont la pertinence n'a pas encore cessé de pourrir l'atmosphère, a occasionné deux cents milles morts enterrés dans le cimetière le plus long du monde, allant de Sakania à Ilebo, soit 2000Km. Ce conflit a causé le déplacement de 3 millions des Kasaïens qui vivent aujourd'hui dans la misère la plus absolue dans les Kasaï qui ne les attendaient pas, après avoir abandonné le fruit d'un siècle de labeur au katanga.

Ce conflit a, enfin, crée un contentieux évalué à plus au moins 5 milliards de dollars résultant des maisons abandonnées, de commerces perdus, des contrats de travail illégalement suspendus… " (46)

Une tragédie comme le monde en a vécu récemment dans les Balkans, à la différence qu'au Katanga, les caméras des médias internationaux n'ont pas jugé utile de faire le déplacement. D'ailleurs, sous le titre " l'exemple yougoslave tente Nguz et le leader Katangais le dit ", Le Soft rapporte les propos de l'ancien Premier ministre : " Je suis d'avis avec le gouverneur du Shaba, M. Kyungu, qu'aussi longtemps que la tension ethnico-politique entre certains ressortissants du Kasaï et leurs hôtes Katangais persistera, personne, même pas moi, ne sera en mesure de maîtriser dans l'avenir une situation qui risque de se muer en Yougoslavie " (47).

Les principaux responsables de cet holocauste tropical ont été promus par Laurent-Désiré Kabila à des hautes fonctions politiques ou comme officiers supérieurs et généraux de son armée.

2.5. Une idéologie raciste systématique
Comme nous l'avons relevé plus haut, il régnait au Katanga un sentiment de frustration, renforcé par la crise générale qui sévissait au Zaïre. Mais c'est l'exacerbation de la haine, mieux l'utilisation des problèmes ethniques et sociaux à des fins politiques qui a aboutit à ce qui est, depuis lors, couramment appelé " Génocide des Kasaïens ".
Maître inspirateur de cette stratégie écrite en lettres de sang : le Maréchal Mobutu. Boudé par l'ensemble de son peuple, il sut trouver dans le " diviser pour régner " l'ultime moyen de conserver son pouvoir décadent. Il ressuscita, par le biais des politiciens de sa mouvance, les conflits du Kivu et du Katanga.

Le président Mobutu fit une particulière fixation sur son principal adversaire, M. Tshisekedi. Il trouva comme moyen de l'affaiblir dans l'opinion des attaques contre sa tribu et contre les ressortissants de cette dernière, dans le but évident de créer le chaos.

Dans une analyse intitulée " Ma vérité sur le " péril " luba ", le journal Demain le Zaïre écrit : " Pour les raisons inavouées, le pouvoir a fait vibrer la corde la plus sensible du peuple contre un prétendu péril Luba. Il n'est pas inutile de signaler que cette campagne n'a pas connu de lendemain. Pour une cause, le parti politique visé par le pouvoir, l'UDPS, s'est avéré regrouper l'ensemble de tribus du zaïre ". Le journal poursuit : " Cette problématique relève de la création du pouvoir de Mobutu pendant 26 ans de règne. En effet, la propension du régime de Mobutu à régner avec sa petite tribu de Ngbandi, a eu comme effet de placer les autres groupements ethniques dans une position de défensive. Dans ce contexte, il apparaît naturel que le plus grand groupe ethnique du Zaïre en terme de quantité soit le premier à s'engager sur la voie de la libération. En effet, sur les 13 parlementaires qui ont pris leur courage en 1978 pour contrer Mobutu, la majorité étaient d'origine Kasaïenne " (48).

Abondant dans le même sens, un politologue écrit : " Dans la stratégie du régime de Mobutu, le pouvoir cherche un bouc émissaire pour distraire et détourner l'attention de la population des méfaits de la gestion catastrophique du pays pendant 27 ans. En plus, il recherche singulièrement à réduire Tshisekedi à la dimension d'un chef de tribu " (49).

Dans le cadre de cette stratégie, les gouverneurs mobutistes des provinces tentèrent de susciter des réactions violentes contre les Kasaïens chacun dans son entité administrative : Bieya Mbaki au Bas-Congo , Mungul Diaka à Kinshasa, Lombeya Bossongo en Province Orientale et Omari Sisi Lea au Maniema (qui expulsa des magistrats Kasaïens et Bandundois de " sa " province. Mais le peuple ne les suivit pas.

Pourtant, tout était fait, par les animateurs et les différents canaux du système Mobutu, pour donner des Baluba l'image la plus mauvaise possible, afin de leur attirer la haine du reste de la communauté nationale. Ainsi, dans une tribune publiée au Soft et brutalement intitulée " Oui, il existe un mal "luba" ", Bernardin Mungul Diaka, Ministre d'Etat et Gouverneur de Kinshasa, écrivait à l'endroit de ses propres compatriotes cette stupéfiante prose raciste : " Il existe un problème luba au Zaïre et ce problème est plus important que celui des frères rwandais du Kivu pour la simple raison que le problème rwandais est local tandis que celui des Baluba peut provoquer une déflagration dans toute la République et au même moment ".

M.Mungul adresse alors quelques reproches étonnants aux Baluba, du genre : " A Kikwit, non seulement les Baluba ont investi le boulevard Mobutu, principale avenue de Kikwit, mais ils ont racheté presque tous les magasins, maisons et sociétés laissés par les Portugais ". Il poursuit sur sa lancée : " A Idiofa, le Tshiluba est devenu une langue nationale au même titre que le Kikongo traditionnel car, si l'on ne fait pas attention, d'ici quelques années, la population d'Idiofa peut devenir en majorité luba ". L'homme affirme que le Baluba se présentent " comme des conquérants et joignent le dédain au mépris " des autres. M. Mungul Diaka pense que " le muluba deviendra comme le Texan aux Etats-Unis, le Juif à travers le monde, c'est-à-dire une population martyre ". Il conclut sa prose par ce qui apparaît comme un véritable appel au génocide : " la présence de ces compatriotes constitue tout un problème, au niveau national " (50).

Près d'une année plus tard pendant que les Baluba vivent encore les affres de la tragédie au Katanga, le même Mungul Diaka revient à la charge : " Le peuple Luba possède dans sa culture un caractère de domination doublé d'orgueil qui frustre les autres peuples, le problème fondamental des Luba, ils n'aiment pas s'intégrer, partout où ils passent les luba créent la frustration " (51).

Suite au refus de la population des deux Kasaï de consommer le nouveau zaïre(Nouvelle monnaie émise en 1993), le journal Pro-Mobutu Salongo écrivait : " les Belges furent aussi parvenus à convaincre l'ensemble du pays sur un stéréotype de Muluba dangereux et anti social " (52). Des propos aussi démentiels et ouvertement racistes n'émurent pas du tout le pouvoir de Mobutu. Il en encourage d'autres.
Ainsi, le journal Le Soft, proche du Maréchal Mobutu, publia, en le soutenant subrepticement, un document soi-disant émanant du noyau dur de l'UDPS. Ni daté, ni signé, ce tract, que le journal qualifie de " programme type " petit livre rouge " pour un combat politique sans pitié " (53), tenait à faire croire à l'opinion que l'objectif de M. Tshisekedi est de privilégier les Baluba et d'opprimer les autres communautés zaïroises. Ecrit sur le modèle des " Protocoles des sages de Sion ", ce document est un faux formel auquel les Congolais n'ont, heureusement, accordé aucune importance.
Quant à Mungul Diaka, il finit, à 66 ans , par épouser une femme Muluba de 22 ans. L'histoire ne dit pas si cette jeune femme avait " un caractère de domination doublé d'orgueil… ".

2.6. En guise de solution
Il s'agit de réparer l'injustice faite à un groupe de compatriotes. Congo Fraternité et Paix propose :
- la rétrocession de tous les biens meubles et immeubles à leurs propriétaires ;
- l'indemnisation par l'Etat des personnes ayant perdu leurs biens, ou les membres de leurs familles dans cette tragédie ;
- le paiement par la Gécamines, la SNCCe et d'autres entreprises installées au Katanga des décomptes finals de tous leurs employés Kasaïens ou autres dont les contrats de travail se sont retrouvés suspendus à cause de cette tragédie ;
- la demande officielle de pardon aux populations Kasaïennes du Katanga par le gouverneur du Katanga à l'issue du Dialogue national, et son engagement à diriger la province dans l'intérêt commun de tous ses habitants,
- l'organisation à Lubumbashi d'un Dialogue des habitants du Katanga pour harmoniser les relations futures entre toutes les communautés de la province.


Chapitre 3
LE CONFLIT HEMA-LENDU

" A vous tous mes frères, je demande d'oublier ces querelles tribales qui nous épuisent et qui risquent de nous discréditer à l'extérieur "
Patrice-Emery Lumumba

Les peuples Lendu et Hema habitent le territoire de Djugu, dans le district de l'Ituri (Province Orientale). Selon certaines sources, de l'union de ces deux groupes est née une troisième tribu, celle de Gegere, qui du reste, parle un dialecte Lendu.
Linguistiquement parlant, les Lendu appartiennent au groupe soudanais, tandis que les Hema parlent une langue bantoue proche du Kinyarwanda. Ils seraient plutôt des nilotiques proches des Tutsi. Ceci explique que certains des leurs ont été tués à Kinshasa lors de la chasse aux Tutsi à partir d'août 1998.

Les Lendu sont des agricultures, tandis que les Hema sont des éleveurs qui et aspirent à acquérir plus d'espace pour le pâturage de leurs troupeaux. Les deux se heurtent de temps en temps pour l'occupation des terres.

3.1. Causes du conflit
Les causes du conflit entre les Hema et les Lendu sont nombreuses, lointaines et immédiates.

Parmi les causes lointaines, il importe de relever l'antagonisme dû à deux procès de production économique symétrique, le sentiment de frustration né de l'expropriation de certaines terres Lendu, la non-limitation de façon claire des concessions acquises par les Hema et l'ignorance de la loi foncière. Il faut également ajouter un certain complexe de supériorité des Hema qui n'est pas pour arranger les choses.

La cause immédiate du conflit a été l'ordre de l'administrateur de territoire de Djugu de faire déguerpir des Lendu de leurs terres, achetées par des riches concessionnaires dans le but d'organiser leurs concessions. Dans un climat de frustration générale, les Lendu ont commencé à préparer les affrontements. A partir de juin 1999, le conflit a éclaté et s'est répandu dans les collectivités des WaLendu Pitsi, WaLendu Djatsi, Bahema Badjere, Saîo-Lokina, Utsupa, Buba (54), etc.…

Plusieurs témoignages ont fait état du soutien que les militaires ougandais ont apporté aux Hema dans ce conflit. Leur intervention disproportionnée explique, pour une bonne part, le bilan élevé de morts enregistrés.

3.2. Le Bilan
Selon l'ONG " Justice-Plus ", le conflit a occasionné 10.000 tués, 200.000 déplacés, des milliers des blessés, plusieurs dizaines d'écoles, de centre de santé, de centres administratifs, des églises, villages et champs incendiés ; plusieurs concessions endommagées " (55).

3.3. Une tentative de pacification
Du 14 au 17 février 2001, les notables Hema et Lendu, réunis à Bunia par M.Jean-Pierre Bemba, président du Front de libération du Congo (FLC), ont signé un " protocole d'accord relatif à la résolution du conflit inter-ethnique Hema-Lendu dans l'Ituri " (56).
Avec le retour de la paix, ce document peut servir de base à une politique de réconciliation entre les deux communautés.



Chapitre 4
LA QUESTION PYGMEE

" Un sort si cruel pourrait leur valoir quelque pitié, un traitement plus humain ".
Sr. Anne-Marguerite Nouailhac

Congo Fraternité et Paix ne peut pas ne pas évoquer dans ce manifeste la question des premiers habitants du Congo, les Pygmées. Les seuls à même de se réclamer autochtones du Congo, titre dont se parent certains pour exclure les autres, les pygmées sont victimes de discrimination de toutes sortes.

Témoin, ce récit d'un technicien en développement rural, qui avait fait un stage dans un campement pygmée du Nord-Kivu : " Les Bantous considèrent les Pygmées comme des produits mal fabriqués ou des éléments de trop dans la société humaine. Même un enfant est convaincu qu'un pygmée est un sous-produit de la nature. Pour eux, les pygmées sont des primitifs. Ils ne se lavent pas, ils sentent mauvais, ils sont sales et portent des habits déchirés " (57). Cette façon de traiter une communauté humaine, qui semble sortir tout droit de l'Essai sur l'inégalité des races d'Arthur de Gobineau, décrit pourtant l'idée que les Bantous se font généralement des pygmées.

Outre ce mépris, les pygmées, surtout au Kivu, sont victimes de la confiscation de leurs terres par les Bantous. Ces spoliations sont à l'origine de fréquents affrontement entre les deux communautés, comme ceux qui avaient causé la mort de quatre pygmées à Kalehe (Sud-Kivu) en 1993 (58)

Lors de la guerre de 80 jours, le Maréchal Mobutu envoya des milliers de pygmées sans formation adéquate au devant des rebelles comme chair à canon. Cet acte inqualifiable doit être condamné comme relevant d'actes de génocide.
Les revendications et doléances des pygmées ont été exprimées par l'Association des peuples autochtones pygmées :

" Nous n'avons eu aucun ministre, aucun député, Pdg, ambassadeur, administrateur de territoire, aucun officier. Dans l'armée, le plus gradé des nôtres est un adjudant-chef, alors que beaucoup de pygmées ont fait des académies militaires.

" Si les pygmées n'ont pas émergé jusque-là, ce n'est pas parce qu'ils ne luttent pas, mais simplement parce qu'ils sont marginalisés et repoussés par leurs voisins bantous qui continuent de trouver en eux des sous-hommes. C'est la réalité.

" Nous voulons la politique d'assimilation qui intègre les pygmées dans le courant de la population majoritaire, c'est-à-dire qu'ils arrivent aussi à participer à la gestion de la choses publique " (59).

Le 3 août 2001, la Plate-forme de premier peuple autochtone natif et minorité pygmées en République Démocratique du Congo, en sigle PFPPANMP, a adressé au bureau Facilitateur du dialogue national une lettre réclamant l'insertion de deux de ses membres, Caïcha W'Otshimo et Jean-batiste Lokongo, comme délégués de ce peuple au Dialogue national. Cette requête n'a pas eu de suite.

La complexité de la question Pygmées, qui tient à leur dispersion, à leur mode de vie nomade, à la difficulté de les recenser correctement - nécessite des mesures appropriées. Pour Congo Fraternité et Paix, le gouvernement qui sortira de Négociations politiques intercongolais devra créer dans les meilleurs délais un Centre de promotion pygmées. Ce centre aura comme objectifs d'étudier et de proposer des solutions pour :
- une meilleure intégration des pygmées dans la nation congolaise,
- leur sédentarisation et leur conversion au processus de production agricole,
- un système particulier de protection contre toutes formes de spoliation de terres, d'injustice ou de discrimination à l'endroit des pygmées,
- des mesures de discrimination positive ("Affirmative action ") à prendre pour favoriser leur promotion dans tous les domaines (politique, économique, social, culturel…).

Dans l'immédiat, il importe de leur réserver un quota dans le gouvernement et le parlement de transition.


Chapitre 5
CONDITIONS D'UNE PAIX DURABLE EN R.D. CONGO

" La politique est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire "
Philippe Seguin

5.1. Assurer la coexistence pacifique entre les communautés
Les pouvoirs publics à tous les niveaux doivent déployer tous leurs efforts pour créer et maintenir une coexistence pacifique entre les communautés ayant eu à s'affronter. Les leaders religieux, les ONG de la base, les artistes musiciens, les sportifs et autres leaders d'opinion devront aider à créer des sentiments fraternels là où l'affrontement avait prévalu.

5.1.1. Le Nord Kivu
Les problèmes qui se posent au Nord Kivu sont complexes comme nous l'avons relevé plus haut. Les Bahunde devenus extrêmement minoritaires dans le Masisi, craignent à juste titre de manquer de représentation politique lors des élections.

Congo Fraternité et Paix propose le re-découpage administratif du Nord-Kivu, tant que faire se peut, de façon à réunir les territoires effectivement habités par les Banyarwanda de Masisi et Walikale en une entité administrative nouvelle(Territoire), de façon à assurer aux Bahunde, demeurés seuls dans le reste du territoire de Masisi, d'avoir droit à la représentation politique.

Congo Fraternité et Paix propose également qu'au niveau provincial, les élections se fassent selon le système proportionnel avec apparentement régional, de façon à permettre à chaque communauté, même minoritaire, d'être représentée.
Pour les élections nationales, Congo Fraternité et Paix propose le système majoritaire à deux tours car il permet d'éliminer les petits partis tribaux et encourage la formation de grands partis nationaux. Congo Fraternité et Paix propose, pour les élections législatives nationales, que la circonscription électorale soit le territoire. De cette façon, chaque communauté du Nord-Kivu, devenue autonome dans une entité administrative, pourra prétendre à la représentation politique.

5.1.2. Le Sud-Kivu
Le Sud-Kivu n'a pas la complexité des problèmes de son voisin du Nord. Ici, les Banyamulenge ne représentent qu'environ 300.000 personnes, sur une population de plus de 2.000.000 d'habitant. Cependant, le sentiment de haine y semble plus vivace qu'au Nord-Kivu. Le mauvais comportement des soldats rwandais parrains de l'AFDL hier et du Rcd aujourd'hui, les massacres des populations civiles par les rebelles et leurs alliés (Makobola, Kasika, Kamituga, Mwenga, c'est toujours au Sud-Kivu) sont venus raviver les rapports déjà haineux entre les communautés.

Il reste que la paix passe par la reconnaissance mutuelle et les droits, y compris politiques, qui doivent être égaux. Congo Fraternité et Paix propose l'unification, tant que faire se peut, des territoires effectivement habités par les Banyamulenge dans les territoires d'Uvira, de Fizi et de Mwenga et leur érection en un Territoire administratif.

5.2. Renforcer la lutte contre le racisme et la xénophobie
Le racisme n'a jamais fait l'objet d'une démarche de lutte cohérence en RDC. Les solutions qui lui ont été réservées à la fois sur le plan juridique et constitutionnel sont purement conjoncturelles. Ainsi en est-il du principe de l'égalité et de la non-discrimination, notamment celle fondée sur la race, consacré par toutes les constitutions congolaises de l'indépendance à nos jours. Il en est de même de l'ordonnance loi n° 25-131 du 25 mars 1960 relative à la répression des manifestations de racisme et d'intolérance religieuse, et l'ordonnance loi n°60-342 du 7 juin 1966 relative à la répression du racisme et du tribalisme.

Congo Fraternité et Paix reste disposé à apporter son expertise dans la confection d'un cadre juridique et institutionnel de lutte contre le racisme plus élaboré.
Dans un bref avenir, la lutte contre le racisme, ce sera surtout le combat contre le délit de faciès à l'encontre de personnes d'origine Tutsi ou qui leur ressemblent selon les phénotypes consacrés : élancés, le nez droit, le front haut, les lèvres minces, selon le Dr. Sasserath (60).

Lors de sa déposition au Congrès des Etats-Unis, le 15septembre 1998, Madame Susan Rice, alors sous-secrétaire d'Etat chargée des questions africaines évoqua le délit de faciès en RDC en ces termes : " … nous sommes gravement préoccupés par la détention par les forces de sécurité congolaise de centaines, si pas de milliers de congolais d'origine Tutsi et d'autres accusés d'être Tutsi ou sympathisants de rebelles. Beaucoup, selon nos sources, ont été torturés et exécutés sommairement simplement à cause de leur présumé appartenance ethnique. La radio gouvernementale congolaise a diffusé dans les émissions des messages parfois lus par les hauts fonctionnaires du gouvernement, qui sont évocateurs de ceux qui avaient incité le génocide au Rwanda en 1994.

" … Les Etats-Unis restent profondément touchés par les effets des combats sur les non-combattants et voient à l'arrière plan le potentiel pour la réapparition des crimes de guerre, incluant le génocide "(61).

Il faut donc se rendre à l'évidence, la haine du Tutsi a atteint, particulièrement à Kinshasa, des proportions telles que restaurer la coexistence pacifique entre eux et les autres congolais demandera beaucoup d'efforts. La communauté Tutsi est aujourd'hui menacée dans son existence en tant que groupe humain en R.D.C. Le dialogue national, ainsi que les autorités qui seront appelées à gérer la transition, devront lancer un appel vibrant à tout le peuple congolais, l'enjoignant de faire cesser toute attaque contre les personnes d'origine Tutsi, de cultiver l'esprit de concorde et de pardon mutuel.

" L'épée dévorera-t-elle toujours ?
Ne sais-tu pas qu'il y aura de l'amertume à la fin ?
Jusqu'à quand tardera-tu à dire au peuple de ne plus poursuivre ses frères ? "
2 Samuel 2 : 26

5.3. Commission Vérité et Réconciliation

" Ne pas chercher la vengeance
Vouloir la vérité
Exiger la justice "
Général -Major Baron Danloy

A l'issue du Dialogue national, il faudra instituer une Commission Vérité et Réconciliation. Composée de personnalités neutres et compétentes, cette commission aura comme mission de faire la lumière sur toutes les violations massives des droits de l'homme depuis 1991 et d'en établir les responsabilités. Il s'agit, notamment :
1. de l'épuration ethnique des Kasaïens au Katanga ;
2. de l'épuration ethnique des Banyarrwanda dans les deux Kivu ;
3. des appels au meurtre et à la haine des Tutsi et des massacres qui en ont découlé ;
4. des massacres des civils : - Makobola (Rcd et alliés)
- Kasika (Rcd et alliés)
- Kamituga (Rcd et alliés)
- Katogota (Rcd et alliés)
- Libenge (Fac et alliés)
- Moanda et localités du Bas-Congo (Fac et alliés)
- Et bien d'autres

5. des crimes de guerre et crimes contre l'humanité : Il s'agit ici de l'enterrement des femmes vivantes à Mwenga (Rcd et alliés) ; et l'incitation de la population à brûler vifs des êtres humains (gouvernement) ;
6. des enlèvements, tortures, disparitions et exécutions sommaires dans les cachots clandestins (Gouvernement et tous les mouvements rebelles) ;
7. le conflit Hema-Lendu

Il s'agit de ne pas consacrer l'impunité éternellement en RDC. La vraie réconciliation nationale se fera si les bourreaux reconnaissent leur tort et que justice est faite aux victime

Congo Fraternité et Paix peut s'estimer heureux d'avoir, le premier, réclamé l'institution d'une commission justice et réconciliation dans une prise de position signée le 16 mars 2000, et qui é été publié par le journal Le Phare.

Dans cette prise de position, notre association regrettait " qu'un problème aussi important que la question de la nationalité " n'ait pas été abordée par la Consultation Nationale. Tout en dénonçant le " caractère théâtral dépourvu de sentiments sincères de repentir et de compassion envers les victimes " des excuses présentées par M.Gabriel Kyungu lors de ce forum, Congo Fraternité et Paix réclamait que " le dossier des massacres des Kasaïens au Katanga soit traité par une " Commission Justice et Réconciliation " à instaurer à l'issue du Dialogue intercongolais ".

5.4. La Démocratisation

" La République est notre maison commune. Il y a de la place pour tout le monde. Ensemble, construisons une démocratie apaisée, tolérante et ouverte au dialogue ".
Jacques Chirac

5.4.1. La construction d'un Etat de Droit
Il faut instaurer en R.D. Congo un système démocratique solide, et respectueux des droits de l'homme. Nous n'allons pas nous attarder sur ce point dans la mesure où il constitue l'essentiel des programmes de tous les partis et mouvements politiques participant au Dialogue national.

Cependant, nous pouvons proposer des principes que l'on pourrait adopter comme " les lois sacro-saintes " de la démocratie congolaise :
1. Proscrire à tout jamais l'assassinat politique et l'élimination physique des adversaires ;
2. Nul n'a le droit d'accéder au pouvoir ou de s'y maintenir par la force des armes ;
3. Aucun individu, ni groupe d'individus, n'a le droit d'imposer sous aucun prétexte, le système de parti unique, l'interdiction des partis politiques ou l'interdiction des activités des partis politiques sur aucune partie du territoire national ;
4. La liberté d'expression doit être garantie aux opérateurs politiques et à tout le peuple congolais. Il s'agit, notamment de la liberté d'organiser des manifestations pour exprimer le soutien ou le désaccord vis-à-vis d'une politique donnée, sans requérir une autorisation de quelque autorité que ce soit. Une simple information endéans un certain délai devrait suffire.
5. La répression de la population, pour cause d'expression politique ou sociale, doit être totalement prohibée. Le gouvernement devra porter l'entière responsabilité si la dispersion d'une manifestation se solde par mort d'homme.
6. Il doit être admis que les ministres ne représentent pas leurs provinces respectives au gouvernement. La représentation des provinces est l'affaire des parlementaires. Si le gouvernement doit contenir au moins un membre de chaque province, le Premier Ministre n'a pas l'obligation de s'acharner à respecter la "géopolitique". Il doit assurer une juste représentation des partis de sa majorité.
7. Réaffirmer avec force le principe selon lequel la terre, le sol et le sous-sol appartiennent exclusivement à l'Etat, et le traduire dans les faits..
8. Consacrer la primauté du pouvoir politique démocratiquement élu à tous les niveaux, de la base au sommet.
9. Au niveau des provinces, tous les résidents doivent avoir les mêmes droits. La notion de "résidents" doit prendre le pas sur des notions anachroniques telles que "originaires", "autochtones" etc.
10. La carte nationale d'identité ne doit plus contenir des indications sur l'origine des citoyens. La date et le lieu de naissance devront suffire.
11. L'armée doit demeurer strictement apolitique et républicaine. Elle doit obéissance absolue et soumission totale aux autorités civiles démocratiquement élues.
12. Plus jamais un militaire ne peut exercer de pouvoir politique en RDC. Tout militaire qui aspire à une charge politique doit avoir régulièrement démissionné de l'armée au moins deux ans avant.
13. Abolition définitive de la peine de mort.
14. l'instauration du contrôle et de la sanction à l'endroit de tous les gestionnaires de la Res Publica.

5.4.2. Le système unitaire décentralisé
Il ne serait pas judicieux de passer d'une situation de liquéfaction totale de l'Etat au fédéralisme. Cela comporterait de risques sérieux de balkanisation du pays, dans la mesure où désormais, tout le monde a appris comment organiser une milice et lever une force armée.
C'est pourquoi, Congo Fraternité et Paix propose l'adoption du système unitaire fortement décentralisé. La constitution devra garantir aux provinces des moyens financiers énormes pour mener à bien le développement à la base.

5.4.3. Mécanismes d'intégration nationale.
Un effort particulier sera fourni pour renforcer l'unité nationale autrement que par des proclamations verbales et permettre une plus grande intégration nationale. Congo Fraternité et Paix propose quelques mécanismes à mettre en place :
1. L'institution d'un commissaire d'Etat dans chaque province et d'un sous commissaire d'Etat dans chaque district. Nommés par le gouvernement central, ces hauts-fonctionnaires représentent l'Etat central dans les provinces et les districts. Ils ne doivent pas être ressortissants des provinces et les districts où ils sont affectés. Ils doivent assurer la neutralité de l'administration publique et avoir sous leur commandement toutes les polices au niveau de la province et du district.
2. Nous avons déjà proposé plus haut que les élections provinciales se fassent selon le système proportionnel. Il faudra que lors de ces élections, chaque liste électorale reprenne au moins 30% de personnes vivant dans la province mais ressortissantes d'autres provinces ou naturalisés. Pour garantir leur éligibilité, elles doivent, au moins, être placées sur la liste à raison d'un candidat suivant deux originaires.
3. De même, Congo Fraternité et Paix propose des gouvernements provinciaux d'au plus 10 membres. Sur ce chiffre, 30% au moins doivent revenir aux ressortissants d'autres provinces. Ces derniers doivent être issus des provinces différentes dans la configuration du Congo de l'indépendance.
4. Au niveau provincial, la promotion des langues autres que nationales doit être faite. Dans les stations provinciales des médias nationaux, il faudra organiser des émissions dans les différentes langues de la province.
5. Il faudra supprimer le privilège accordé par Laurent-Désiré Kabila au swahili seul sur la monnaie nationale et les documents officiels. Ou on y ajoute les 3 autres langues nationales (le tshiluba, le lingala et le kikongo), ou on maintient uniquement le français, langue officielle de la RDC.

5.4.4. Gestion de la transition

" Vouloir être roi est idiot. Ce qui compte, c'est de faire un royaume ".
André Malraux

Congo Fraternité et Paix propose une transition de trois ans. Compte tenu des enjeux futurs, beaucoup d'opérateurs politiques voudront participer à la gestion de la transition. Cependant, notre histoire nous rappelle que c'est la cohabitation entre deux prétendants au fauteuil présidentiel qui a crée le blocage entre Tchombé et Kasa-Vubu, et Mobutu et Tshisekedi.

Pour éviter la répétition d'une gestion conflictuelle, Congo Fraternité propose que les principaux animateurs des institutions de la transition (Président de la République, Premier ministre, Président du parlement) ne soient pas éligibles lors des premières élections démocratiques à venir et ce à quelque niveau que ce soit.

" En écoutant et en observant les anciens dans leurs assemblées, j'ai appris l'importance de la démocratie et celle de donner à tout un chacun
la possibilité de faire entendre sa voix"

Nelson Mandela

Notes
(42) Kalele Ka Bila, " les idéologies régionalistes ", Ed. Labossa, Lubumbashi, 1988, pp.9-17.

(43) F.Mulumba Kabuayi, Tribalisme urbain au Zaïre-Congo : Question " luba " ou " Kasaïenne ", in le Potentiel n°423, p.3.

(44) Le Soft n° 164 du 16 juillet 1993, P. 4.

(45) Prof. Etienne-Richard Mbaya, " Livre blanc sur les présumés massacres des réfugiés Hutu Rwandais en République Démocratique du Congo ", Kinshasa, novembre 1997, p.56

(46) Campagne nationale contre le tribalisme et les divisions ethniques, Média pour la paix, Kinshasa, septembre 1999.

(47) Le soft n°82 du 25 août 1992, p.3

(48) Demain le Zaïre, n°37, 1991, p.11

(49) F.Mulumba kabuayi, op.cit.

(50) Le Soft n°107, du lundi 9 novembre 1992, p.2.

(51) Le soft n° 176, du 10 septembre 1993, p.4.

(52) Salongo du 7 décembre 1993.

(53) Le soft n°225, du 17 mars 1994, pp.6 et 7

(54) Voir Les Amis de Nelson Mandela pour la défense des droits humains, " Conflit Hema-Lendu. rapport de mission en Ituri "

(55) Le Potentiel n°2145 du 15 février 2001

(56) Agence de presse Dia, dépêche du 21 février 2001, pp.196-197

(57) Le Soft n°178, du jeudi 216 septembre 1993, p.10

(58) Idem

(59) L'Observateur, n°998 du 22 au 24 septembre 2000, p.3

(60) Dr. Sasserath , " Le Rwanda-Urundi, un étrange royaume ", Bruxelles, 1948.

(61) La Référence Plus n°1384 du 21 septembre 1998, pp2-8.

 

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