TITRE
PREMIER: CAUSES INTERNES DES CONFLITS ETHNIQUES ET GUERRES
Chapitre 2 " Quand la haine interethnique remplace
le discours politique, quand le pouvoir de la terreur remplace le pouvoir
légitime, alors tous les débordements sont à craindre
". Riche en divers minerais (cuivre, cobalt, zinc ), le sud du Katanga a attiré les populations congolaises d'origines diverses grâce à la prospérité que lui conférait son industrialisation. Les ressortissants du Kasaï, amenés par le colonisateur pour travailler dans les sociétés minières (UMHK) et de chemins de fer (SNCC), ont constitué au fil des années une forte minorité représentant plus ou moins 30% de la population katangaise. Après le départ des colons, c'est eux qui héritent des meilleures postes de responsabilités dans ces entreprises ainsi que dans la classe moyenne. Cette position sociale privilégiée, combinée à leur succès aux premières élections municipales de décembre 1957, leur valut une première expérience d'épuration ethnique en 1960-1962 (42). 2.1. Le point de vue des
Katangais Certains Katangais accusent les Kasaïens de ne pas s'intégrer, de vivre séparés des autres, d'être hautains et de ne pas respecter la façon de vivre de leurs hôtes (lire notamment le journal " Temps nouveaux " n°85 du 23 au 29 juillet 1993, pp. 1-2.) 2.2. Le point de vue des
Kasaïens Les Kasaïens rappellent volontiers que leur réussite est la résultante de leur dynamisme, lequel pouvait également s'observer dans le monde des affaires qu'ils dominaient au Katanga. Ils donnent comme preuve cet aveu de Moïse Tchombé, président du Katanga en 1960, qui écrit dans ses mémoires : " Protégés (les Kasaïens) par elle (l'Union minière du Haut Katanga, actuelle Gécamines), instruits dans ses écoles, ils prenaient les meilleures places aux enfants du pays. Cependant, nous n'éprouvions aucune aversion à leur égard. Nous estimions leur ouvrage et les savions, comme les Blancs, indispensables à la prospérité de la province " (43). 2.3. Quelques précisions
2.4. La tragédie Le 25 novembre 1991, le président
national de l'UFERI, M. Jean de Dieu Nguz-a-Karl I Bond, accède
à la primature. Il est immédiatement désavoué
par ses pairs de l'union sacrée de l'opposition, qui se reconnaissent
en Etienne Tshisekedi, de l' Union pour la démocratie et le progrès
social (UDPS). Nguz et Kyungu transforment ce désaccord politique
en une haine féroce à l'endroit des corrégionnaires
de leur adversaire habitant le Katanga. C'est ainsi que, lorsque Etienne
Tshisekedi est élu Premier ministre par la Conférence
Nationale Souveraine (CNS) le 15 août 1992, le décor de
la chasse à l'homme avait été planté depuis
longtemps. Dans une ambiance préalablement chauffée à
blanc par de discours de haine prononcés quelques semaines auparavant
par M.M. Nguz et Kyungu, la joie des partisans de Tshisekedi est vite
perçue comme un acte de provocation par les militants de l'UFERI.
Des heurts entre les deux groupes vont offrir au gouverneur Kyungu l'occasion
de lancer une impitoyable chasse aux Kasaïens dans les villes et
campagnes du Katanga. Le 24 juillet 1993, le président
de l'Association des cadres pénitentiaires du Zaïre, M.
Kantu, projette 2 heures 30' d'images ramenées du Katanga au
centre Béthanie de la Gombe. Un journal en fait le récit
suivant : " Des personnes atrocement abattues. Des résidences
pillées et calcinées. Des scènes qui pincent le
cur, que beaucoup voyaient pour la première fois depuis
que l'on parle de ce drame. Conclusion de l'assistance au bout de la
projection : la communauté Kasaïenne vivant au Katanga connaît
une véritable tragédie humaine. La communauté nationale
ne semble pas bien saisir les souffrances des Kasaïens du Katanga,
car au delà de toute exploitation politicienne qui est faite
de ce drame, c'est une plaie qui s'ouvre sur la paix sociale au Zaïre
" (44). Selon M. Kantu, le dernier recensement
de la Croix Rouge faisait état de 68.000 personnes en situation
dramatique, et de plusieurs milliers de personnes parquées dans
des " camps de concentration ", et plusieurs autres éparpillées
à travers la région. Selon le journal, " tout
le monde a été unanime à reconnaître l'implication
de l'autorité politico-administrative. Ils ont justifié
leur jugement par certains faits dont, le recrutement des jeunes gens
à Kamfua, Luena, Lubeni, Matalu et Kamalenge ; la remise des
armes à des partisans de la jeunesse de l'UFERI et la mise à
la disposition de celle-ci d'une ambulance pour distribuer de l'essence
devant servir à brûler les maisons des Kasaïens ;
le paiement d'une prime aux éléments de cette jeunesse
à chaque campagne ; et l'évacuation des militaires du
camp génies accusés d'être acquis à la cause
des Kasaïens ". On ne saura peut être
jamais le nombre exact des victimes de cette épuration ethnique.
Mais un livre esquisse un bilan : " En quatre ans d'une féroce
épuration ethnique, ont péri au Katanga 200.000 Kasaïens,
victimes de haches, de bombes, de mitraillettes et des épidémies
consécutives à l'état d'hygiène dans lequel
ils étaient placés
Près de trois millions
des leurs ont tout perdu et se sont retrouvés réfugiés
dans leur propre pays " (45). Ces chiffres tragiques ont été
confirmés lors de la Campagne nationale contre le tribalisme
et les divisions ethniques organisées par Médias pour
la paix au Centre Bondeko (Kinshasa)du 6 au 8 septembre 1999. en effet,
dans un exposé intitulé " conflits ethniques : personnes
déplacées et réfugiées transfrontaliers
en Afrique ", Emmanuel Kabongo Malu dira : " L'épuration
ethnique qui a sévi au Katanga, au sud-est du Congo de 1991 à
1995, et dont la pertinence n'a pas encore cessé de pourrir l'atmosphère,
a occasionné deux cents milles morts enterrés dans le
cimetière le plus long du monde, allant de Sakania à Ilebo,
soit 2000Km. Ce conflit a causé le déplacement de 3 millions
des Kasaïens qui vivent aujourd'hui dans la misère la plus
absolue dans les Kasaï qui ne les attendaient pas, après
avoir abandonné le fruit d'un siècle de labeur au katanga. Ce conflit a, enfin, crée
un contentieux évalué à plus au moins 5 milliards
de dollars résultant des maisons abandonnées, de commerces
perdus, des contrats de travail illégalement suspendus
" (46) Une tragédie comme le
monde en a vécu récemment dans les Balkans, à la
différence qu'au Katanga, les caméras des médias
internationaux n'ont pas jugé utile de faire le déplacement.
D'ailleurs, sous le titre " l'exemple yougoslave tente Nguz et
le leader Katangais le dit ", Le Soft rapporte les propos de l'ancien
Premier ministre : " Je suis d'avis avec le gouverneur du Shaba,
M. Kyungu, qu'aussi longtemps que la tension ethnico-politique entre
certains ressortissants du Kasaï et leurs hôtes Katangais
persistera, personne, même pas moi, ne sera en mesure de maîtriser
dans l'avenir une situation qui risque de se muer en Yougoslavie "
(47). Les principaux responsables de cet holocauste tropical ont été promus par Laurent-Désiré Kabila à des hautes fonctions politiques ou comme officiers supérieurs et généraux de son armée. 2.5. Une idéologie
raciste systématique Le président Mobutu fit
une particulière fixation sur son principal adversaire, M. Tshisekedi.
Il trouva comme moyen de l'affaiblir dans l'opinion des attaques contre
sa tribu et contre les ressortissants de cette dernière, dans
le but évident de créer le chaos. Dans une analyse intitulée
" Ma vérité sur le " péril " luba
", le journal Demain le Zaïre écrit : " Pour les
raisons inavouées, le pouvoir a fait vibrer la corde la plus
sensible du peuple contre un prétendu péril Luba. Il n'est
pas inutile de signaler que cette campagne n'a pas connu de lendemain.
Pour une cause, le parti politique visé par le pouvoir, l'UDPS,
s'est avéré regrouper l'ensemble de tribus du zaïre
". Le journal poursuit : " Cette problématique relève
de la création du pouvoir de Mobutu pendant 26 ans de règne.
En effet, la propension du régime de Mobutu à régner
avec sa petite tribu de Ngbandi, a eu comme effet de placer les autres
groupements ethniques dans une position de défensive. Dans ce
contexte, il apparaît naturel que le plus grand groupe ethnique
du Zaïre en terme de quantité soit le premier à s'engager
sur la voie de la libération. En effet, sur les 13 parlementaires
qui ont pris leur courage en 1978 pour contrer Mobutu, la majorité
étaient d'origine Kasaïenne " (48). Abondant dans le même
sens, un politologue écrit : " Dans la stratégie
du régime de Mobutu, le pouvoir cherche un bouc émissaire
pour distraire et détourner l'attention de la population des
méfaits de la gestion catastrophique du pays pendant 27 ans.
En plus, il recherche singulièrement à réduire
Tshisekedi à la dimension d'un chef de tribu " (49). Dans le cadre de cette stratégie,
les gouverneurs mobutistes des provinces tentèrent de susciter
des réactions violentes contre les Kasaïens chacun dans
son entité administrative : Bieya Mbaki au Bas-Congo , Mungul
Diaka à Kinshasa, Lombeya Bossongo en Province Orientale et Omari
Sisi Lea au Maniema (qui expulsa des magistrats Kasaïens et Bandundois
de " sa " province. Mais le peuple ne les suivit pas. Pourtant, tout était fait, par les animateurs et les différents canaux du système Mobutu, pour donner des Baluba l'image la plus mauvaise possible, afin de leur attirer la haine du reste de la communauté nationale. Ainsi, dans une tribune publiée au Soft et brutalement intitulée " Oui, il existe un mal "luba" ", Bernardin Mungul Diaka, Ministre d'Etat et Gouverneur de Kinshasa, écrivait à l'endroit de ses propres compatriotes cette stupéfiante prose raciste : " Il existe un problème luba au Zaïre et ce problème est plus important que celui des frères rwandais du Kivu pour la simple raison que le problème rwandais est local tandis que celui des Baluba peut provoquer une déflagration dans toute la République et au même moment ". M.Mungul adresse alors quelques
reproches étonnants aux Baluba, du genre : " A Kikwit, non
seulement les Baluba ont investi le boulevard Mobutu, principale avenue
de Kikwit, mais ils ont racheté presque tous les magasins, maisons
et sociétés laissés par les Portugais ". Il
poursuit sur sa lancée : " A Idiofa, le Tshiluba est devenu
une langue nationale au même titre que le Kikongo traditionnel
car, si l'on ne fait pas attention, d'ici quelques années, la
population d'Idiofa peut devenir en majorité luba ". L'homme
affirme que le Baluba se présentent " comme des conquérants
et joignent le dédain au mépris " des autres. M.
Mungul Diaka pense que " le muluba deviendra comme le Texan aux
Etats-Unis, le Juif à travers le monde, c'est-à-dire une
population martyre ". Il conclut sa prose par ce qui apparaît
comme un véritable appel au génocide : " la présence
de ces compatriotes constitue tout un problème, au niveau national
" (50). Près d'une année
plus tard pendant que les Baluba vivent encore les affres de la tragédie
au Katanga, le même Mungul Diaka revient à la charge :
" Le peuple Luba possède dans sa culture un caractère
de domination doublé d'orgueil qui frustre les autres peuples,
le problème fondamental des Luba, ils n'aiment pas s'intégrer,
partout où ils passent les luba créent la frustration
" (51). Suite au refus de la population
des deux Kasaï de consommer le nouveau zaïre(Nouvelle monnaie
émise en 1993), le journal Pro-Mobutu Salongo écrivait
: " les Belges furent aussi parvenus à convaincre l'ensemble
du pays sur un stéréotype de Muluba dangereux et anti
social " (52). Des propos aussi démentiels
et ouvertement racistes n'émurent pas du tout le pouvoir de Mobutu.
Il en encourage d'autres. 2.6. En guise de solution
Chapitre
3 " A vous tous mes
frères, je demande d'oublier ces querelles tribales qui nous
épuisent et qui risquent de nous discréditer à
l'extérieur " Les peuples Lendu et Hema habitent
le territoire de Djugu, dans le district de l'Ituri (Province Orientale).
Selon certaines sources, de l'union de ces deux groupes est née
une troisième tribu, celle de Gegere, qui du reste, parle un
dialecte Lendu. Les Lendu sont des agricultures, tandis que les Hema sont des éleveurs qui et aspirent à acquérir plus d'espace pour le pâturage de leurs troupeaux. Les deux se heurtent de temps en temps pour l'occupation des terres. 3.1. Causes du conflit Parmi les causes lointaines,
il importe de relever l'antagonisme dû à deux procès
de production économique symétrique, le sentiment de frustration
né de l'expropriation de certaines terres Lendu, la non-limitation
de façon claire des concessions acquises par les Hema et l'ignorance
de la loi foncière. Il faut également ajouter un certain
complexe de supériorité des Hema qui n'est pas pour arranger
les choses. La cause immédiate du
conflit a été l'ordre de l'administrateur de territoire
de Djugu de faire déguerpir des Lendu de leurs terres, achetées
par des riches concessionnaires dans le but d'organiser leurs concessions.
Dans un climat de frustration générale, les Lendu ont
commencé à préparer les affrontements. A partir
de juin 1999, le conflit a éclaté et s'est répandu
dans les collectivités des WaLendu Pitsi, WaLendu Djatsi, Bahema
Badjere, Saîo-Lokina, Utsupa, Buba (54), etc.
Plusieurs témoignages ont fait état du soutien que les militaires ougandais ont apporté aux Hema dans ce conflit. Leur intervention disproportionnée explique, pour une bonne part, le bilan élevé de morts enregistrés. 3.2. Le Bilan 3.3. Une tentative de pacification " Un sort si cruel pourrait leur
valoir quelque pitié, un traitement plus humain ". Congo Fraternité et Paix
ne peut pas ne pas évoquer dans ce manifeste la question des
premiers habitants du Congo, les Pygmées. Les seuls à
même de se réclamer autochtones du Congo, titre dont se
parent certains pour exclure les autres, les pygmées sont victimes
de discrimination de toutes sortes. Témoin, ce récit
d'un technicien en développement rural, qui avait fait un stage
dans un campement pygmée du Nord-Kivu : " Les Bantous considèrent
les Pygmées comme des produits mal fabriqués ou des éléments
de trop dans la société humaine. Même un enfant
est convaincu qu'un pygmée est un sous-produit de la nature.
Pour eux, les pygmées sont des primitifs. Ils ne se lavent pas,
ils sentent mauvais, ils sont sales et portent des habits déchirés
" (57). Cette façon de traiter une communauté
humaine, qui semble sortir tout droit de l'Essai sur l'inégalité
des races d'Arthur de Gobineau, décrit pourtant l'idée
que les Bantous se font généralement des pygmées. Outre ce mépris, les
pygmées, surtout au Kivu, sont victimes de la confiscation de
leurs terres par les Bantous. Ces spoliations sont à l'origine
de fréquents affrontement entre les deux communautés,
comme ceux qui avaient causé la mort de quatre pygmées
à Kalehe (Sud-Kivu) en 1993 (58) Lors de la guerre de 80 jours,
le Maréchal Mobutu envoya des milliers de pygmées sans
formation adéquate au devant des rebelles comme chair à
canon. Cet acte inqualifiable doit être condamné comme
relevant d'actes de génocide. " Nous n'avons eu aucun
ministre, aucun député, Pdg, ambassadeur, administrateur
de territoire, aucun officier. Dans l'armée, le plus gradé
des nôtres est un adjudant-chef, alors que beaucoup de pygmées
ont fait des académies militaires. " Si les pygmées
n'ont pas émergé jusque-là, ce n'est pas parce
qu'ils ne luttent pas, mais simplement parce qu'ils sont marginalisés
et repoussés par leurs voisins bantous qui continuent de trouver
en eux des sous-hommes. C'est la réalité. " Nous voulons la politique
d'assimilation qui intègre les pygmées dans le courant
de la population majoritaire, c'est-à-dire qu'ils arrivent aussi
à participer à la gestion de la choses publique "
(59). Le 3 août 2001, la Plate-forme
de premier peuple autochtone natif et minorité pygmées
en République Démocratique du Congo, en sigle PFPPANMP,
a adressé au bureau Facilitateur du dialogue national une lettre
réclamant l'insertion de deux de ses membres, Caïcha W'Otshimo
et Jean-batiste Lokongo, comme délégués de ce peuple
au Dialogue national. Cette requête n'a pas eu de suite. La complexité de la question
Pygmées, qui tient à leur dispersion, à leur mode
de vie nomade, à la difficulté de les recenser correctement
- nécessite des mesures appropriées. Pour Congo Fraternité
et Paix, le gouvernement qui sortira de Négociations politiques
intercongolais devra créer dans les meilleurs délais un
Centre de promotion pygmées. Ce centre aura comme objectifs d'étudier
et de proposer des solutions pour : Dans l'immédiat, il importe de leur réserver un quota dans le gouvernement et le parlement de transition. Chapitre
5 " La politique est
l'art de rendre possible ce qui est nécessaire " 5.1. Assurer la coexistence
pacifique entre les communautés 5.1.1. Le Nord Kivu Congo Fraternité et Paix
propose le re-découpage administratif du Nord-Kivu, tant que
faire se peut, de façon à réunir les territoires
effectivement habités par les Banyarwanda de Masisi et Walikale
en une entité administrative nouvelle(Territoire), de façon
à assurer aux Bahunde, demeurés seuls dans le reste du
territoire de Masisi, d'avoir droit à la représentation
politique. Congo Fraternité et Paix
propose également qu'au niveau provincial, les élections
se fassent selon le système proportionnel avec apparentement
régional, de façon à permettre à chaque
communauté, même minoritaire, d'être représentée. 5.1.2. Le Sud-Kivu Il reste que la paix passe par la reconnaissance mutuelle et les droits, y compris politiques, qui doivent être égaux. Congo Fraternité et Paix propose l'unification, tant que faire se peut, des territoires effectivement habités par les Banyamulenge dans les territoires d'Uvira, de Fizi et de Mwenga et leur érection en un Territoire administratif. 5.2. Renforcer la lutte contre
le racisme et la xénophobie Congo Fraternité et Paix
reste disposé à apporter son expertise dans la confection
d'un cadre juridique et institutionnel de lutte contre le racisme plus
élaboré. Lors de sa déposition
au Congrès des Etats-Unis, le 15septembre 1998, Madame Susan
Rice, alors sous-secrétaire d'Etat chargée des questions
africaines évoqua le délit de faciès en RDC en
ces termes : "
nous sommes gravement préoccupés
par la détention par les forces de sécurité congolaise
de centaines, si pas de milliers de congolais d'origine Tutsi et d'autres
accusés d'être Tutsi ou sympathisants de rebelles. Beaucoup,
selon nos sources, ont été torturés et exécutés
sommairement simplement à cause de leur présumé
appartenance ethnique. La radio gouvernementale congolaise a diffusé
dans les émissions des messages parfois lus par les hauts fonctionnaires
du gouvernement, qui sont évocateurs de ceux qui avaient incité
le génocide au Rwanda en 1994. "
Les Etats-Unis
restent profondément touchés par les effets des combats
sur les non-combattants et voient à l'arrière plan le
potentiel pour la réapparition des crimes de guerre, incluant
le génocide "(61). Il faut donc se rendre à l'évidence, la haine du Tutsi a atteint, particulièrement à Kinshasa, des proportions telles que restaurer la coexistence pacifique entre eux et les autres congolais demandera beaucoup d'efforts. La communauté Tutsi est aujourd'hui menacée dans son existence en tant que groupe humain en R.D.C. Le dialogue national, ainsi que les autorités qui seront appelées à gérer la transition, devront lancer un appel vibrant à tout le peuple congolais, l'enjoignant de faire cesser toute attaque contre les personnes d'origine Tutsi, de cultiver l'esprit de concorde et de pardon mutuel. " L'épée
dévorera-t-elle toujours ? 5.3. Commission Vérité
et Réconciliation " Ne pas chercher
la vengeance A l'issue du Dialogue national,
il faudra instituer une Commission Vérité et Réconciliation.
Composée de personnalités neutres et compétentes,
cette commission aura comme mission de faire la lumière sur toutes
les violations massives des droits de l'homme depuis 1991 et d'en établir
les responsabilités. Il s'agit, notamment : 5. des crimes de guerre et crimes
contre l'humanité : Il s'agit ici de l'enterrement des femmes
vivantes à Mwenga (Rcd et alliés) ; et l'incitation de
la population à brûler vifs des êtres humains (gouvernement)
; Il s'agit de ne pas consacrer
l'impunité éternellement en RDC. La vraie réconciliation
nationale se fera si les bourreaux reconnaissent leur tort et que justice
est faite aux victime Congo Fraternité et
Paix peut s'estimer heureux d'avoir, le premier, réclamé
l'institution d'une commission justice et réconciliation dans
une prise de position signée le 16 mars 2000, et qui é
été publié par le journal Le Phare. Dans cette prise de position,
notre association regrettait " qu'un problème aussi important
que la question de la nationalité " n'ait pas été
abordée par la Consultation Nationale. Tout en dénonçant
le " caractère théâtral dépourvu de
sentiments sincères de repentir et de compassion envers les victimes
" des excuses présentées par M.Gabriel Kyungu lors
de ce forum, Congo Fraternité et Paix réclamait que "
le dossier des massacres des Kasaïens au Katanga soit traité
par une " Commission Justice et Réconciliation " à
instaurer à l'issue du Dialogue intercongolais ". 5.4. La Démocratisation " La République
est notre maison commune. Il y a de la place pour tout le monde. Ensemble,
construisons une démocratie apaisée, tolérante
et ouverte au dialogue ". 5.4.1. La construction
d'un Etat de Droit Cependant, nous pouvons proposer
des principes que l'on pourrait adopter comme " les lois sacro-saintes
" de la démocratie congolaise : 5.4.2. Le système
unitaire décentralisé 5.4.3. Mécanismes
d'intégration nationale. 5.4.4. Gestion de la transition " Vouloir être
roi est idiot. Ce qui compte, c'est de faire un royaume ". Congo Fraternité et Paix propose une transition de trois ans. Compte tenu des enjeux futurs, beaucoup d'opérateurs politiques voudront participer à la gestion de la transition. Cependant, notre histoire nous rappelle que c'est la cohabitation entre deux prétendants au fauteuil présidentiel qui a crée le blocage entre Tchombé et Kasa-Vubu, et Mobutu et Tshisekedi. Pour éviter la répétition d'une gestion conflictuelle, Congo Fraternité propose que les principaux animateurs des institutions de la transition (Président de la République, Premier ministre, Président du parlement) ne soient pas éligibles lors des premières élections démocratiques à venir et ce à quelque niveau que ce soit. " En écoutant
et en observant les anciens dans leurs assemblées, j'ai appris
l'importance de la démocratie et celle de donner à tout
un chacun Notes (55)
Le Potentiel n°2145 du 15 février 2001 ©
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celles de l'auteur |
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